
I
L’IMPORTANCE DE LA PRIERE
Au sixième chapitre de l’épître aux Éphésiens et au verset : 18, nous lisons des paroles qui mettent en évidence l’extrême importance de la prière avec une force qui nous saisit et qui nous subjugue :
« Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications »
Un enfant de Dieu avisé qui s’arrête pour en peser les mots et en considérer le contexte ne peut que s’écrier en lisant ce passage :
« Je dois prier, prier, prier. Je me dois de mettre toute mon énergie, toute force et tout mon cœur à la prière. En résumé : Quoi que je fasse d’autre, je dois prier. »
Mais pourquoi donc cette prière constante, persévérante :
1
Avant tout parce que le diable existe.
Il est rusé, puissant, il ne s’accorde et n’accorde aucun repos, il est en permanence en train de chercher à faire trébucher et tomber l’enfant de Dieu et si l’enfant de Dieu se relâche dans la prière le diable réussira à le prendre au piège.
C’est la pensée que l’on trouve exprimée au verset : 12 :
« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. »
2
La prière est le moyen que Dieu nous a préparé pour obtenir toute chose et que la cause secrète de toutes nos lacunes dans notre expérience, notre vie et notre travail se trouve dans la négligence de la prière.
L’apôtre Jacques dans son épître met la chose vigoureusement en évidence au chapitre : 4 et au verset : 2 :
« Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas »
Ces paroles nous révèlent la vraie cause de la pauvreté et l’impuissance de la plupart des chrétiens : La négligence dans la prière.
3
Les apôtres, établis par Dieu pour servir de modèles aux chrétiens, considéraient la prière comme le moment le plus important de leur vie.
« Les douze convoquèrent la multitude des disciples, et dirent : Il n’est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit-Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. » (Actes : 6 / 2-4)
Tous les hommes de Dieu puissants, en dehors même de ceux dont nous parle la Bible, ont été des hommes de prières. Ils ont différé les uns des autres en bien des choses mais sur ce point ils se sont tous ressemblés.
4
C’est aussi que la prière a occupé une place de tout premier plan et joué un rôle capital dans la vie terrestre de notre Seigneur.
« En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier. » (Luc : 6 / 12)
Notre Sauveur trouvait donc nécessaire, en certaines circonstances, de consacrer une nuit entière à la prière.
Les mots « prier » et « prières » sont appliqués au moins vingt-cinq fois au Seigneur dans le récit abrégé de sa vie que nous donnent les quatre Évangiles et le fait qu’il priait est mentionné en plusieurs endroits où ces mots ne figurent pas.
5
La prière est la partie la plus importante du ministère actuel de notre Seigneur ressuscité.
« Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, et il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! » (Romains : 8 / 34)
Le ministère de Christ ne s’est pas terminé à sa mort. Là s’acheva seulement son œuvre expiatoire, mais lorsqu’il ressuscita et fut élevé à la droite du Père, il entreprit, à la place, une autre œuvre tout aussi importante pour nous que son œuvre d’expiation. La prière est sa principale activité durant cette ère et c’est par ses prières qu’il nous sauve chaque jour.
6
La prière est le moyen établi par Dieu pour nous permettre d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, d’être secourus dans nos besoins.
« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » (Hébreux : 4 / 16)
C’est de miséricorde que nous avons besoin, c’est la grâce qu’il nous faut obtenir, sinon toute notre vie et tous nos efforts aboutiront à une faillite totale. Or, la prière est le moyen d’obtenir l’un et l’autre. Il y a, à notre disposition, une infinie richesse de grâce que nous pouvons effectivement faire notre par la prière.
7
La prière au nom de Jésus-Christ est le moyen que Jésus-Christ lui-même a établi pour que ses disciples obtiennent la plénitude de la joie.
« Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » (Jean : 16 / 24)
Qui donc ne désire pas être rempli de joie ? EH bien ! Le moyen d’être tout plein de joie, c’est de prier au nom de Jésus-Christ ! Comment se fait-il que la prière au nom de Christ apporte une telle plénitude de joie ? C’est en partie parce que nous obtenons par elle ce que nous demandons. Mais ce n’est pas là la seule raison, ni même la principale. La prière nous révèle la réalité de Dieu. Quand nous demandons à Dieu quelque chose de précis et qu’il le donne, oh ! Combien Dieu devient réel ! Il est vraiment présent ! C’est une bénédiction d’avoir un Dieu qui soit une réalité et non pas seulement une idée.
8
Dans tous les soucis, les angoisses et les besoins de l’existence, la prière avec actions de grâces est le moyen que Dieu a établi pour que nous obtenions la délivrance de toute anxiété et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence.
« Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » (Philippiens : 4 / 6-7)
Quoi de plus clair et de plus simple que cela ? Vous n’avez qu’à vous tenir constamment en contact avec Dieu et sitôt qu’une peine ou une contrariété grande ou petite se présente, lui en parler sans jamais oublier de lui rendre grâces pour ce qu’il a déjà fait. Quel sera le résultat ? La paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.
9
La prière est la méthode établie par Dieu lui-même pour que nous obtenions le Saint-Esprit.
« Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. » (Luc : 11 / 13)
Sans doute, beaucoup ont reçu le Saint-Esprit au moment même où ils se sont livrés à Dieu, avant d’avoir eu le temps de prier pour cela. Mais combien n’en est-il pas qui savent que leur première expérience précise du baptême du Saint-Esprit eut lieu tandis qu’ils étaient à genoux ou prosternés devant Dieu, seuls ou en compagnie d’autres frères et qui, maintes et maintes fois depuis lors, ont été remplis du Saint-Esprit tandis qu’ils priaient ? Si seulement nous passions plus de temps en prière, on verrait davantage dans notre vie la plénitude de la puissance de l’Esprit.
10
La prière est le moyen établi par Christ pour que nos cœurs ne s’appesantissent pas par les excès du manger et du boire et les soucis de la vie, et qu’ainsi le jour du retour de Christ ne vienne pas sur nous à l’improviste comme un filet.
« Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste ; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. » (Luc : 21 / 34-36)
Selon ce passage, il n’y a qu’un moyen d’être trouvés prêts pour la venue du Seigneur quand il apparaîtra : C’est de beaucoup prier. Le retour de Jésus-Christ est un sujet qui, de nos jours, éveille beaucoup d’intérêt et provoque de nombreuses discussions. Mais c’est une chose que de s’intéresser au retour du Seigneur et d’en parler, et une autre que de s’y être préparé. Celui qui n’accorde que peu de temps à la prière, qui ne s’y adonne pas d’une manière inébranlable et constante ne sera pas prêt quand le Seigneur viendra.
11
Ce que la prière accomplit.
1° La prière favorise notre croissance spirituelle comme rien d’autre ne peut le faire.
2° La prière est une source de puissance pour notre travail.
3° La prière est efficace pour la conversion des âmes.
4° La prière est une source de bénédictions pour l’Église.
Mais nous pouvons être prêts : Comment ?
Prions ! Prions ! Prions ! Prions ! Prions ! Prions ! Prions ! Prions toujours !

II
COMMENT PRIER AVEC PUISSANCE
Après avoir aperçu l’importance extraordinaire de la prière et son irrésistible pouvoir, regardons maintenant la question : Comment pouvons-nous prier avec puissance ?
1
L’Église ne cessait d’adresser pour lui des prières
Au chapitre 12 des Actes des Apôtres, il est fait mention d’une prière qui l’emporta auprès de Dieu et obtint de grands résultats. Le verset : 5 de ce chapitre décrit en quelques mots tant le mode que la méthode de cette prière.
La première chose que nous devons noter dans ce verset c’est l’expression : « à Dieu ». La prière qui a de la puissance est celle que l’on adresse à Dieu.
« Certains me dirons, que toute prière n’est-elle pas adressée à Dieu ? »
Non. Beaucoup de prières publiques ou privées ne sont pas offertes à Dieu. Pour qu’une prière soit réellement offerte à Dieu, il faut que, d’une façon positive et consciente, nous nous approchions effectivement de Dieu quand nous prions ; il faut que nous ayons positivement et vivement conscience de ce que Dieu se penche sur nous et nous écoute tandis que nous prions. Or, dans beaucoup de nos prières, la pensée de Dieu n’entre en réalité que pour une très faible part. Notre esprit est absorbé par les choses dont nous avons besoin et non par la pensée du Père puissant et tendre dont nous les attendons.
Si donc nous voulons prier de la bonne manière, deux mots doivent pénétrer jusqu’au fond de nos cœurs : « à Dieu ».
2
« ne cessait »
Un second secret de la prière pour quelle soit efficace se trouve exprimé dans ce même verset : 5 du chapitre : 12 des Actes des Apôtres par ces mots : « ne cessait ». La traduction ne nous donne pas toute la force de l’expression grecque originale, qui signifie littéralement « d’une façon tendue à l’extrême ». Il représente l’âme sous la tension d’un ardent et pressant désir. Le mot « intensément » le rendrait peut-être plus exact.
Nous lisons dans Hébreux : 5 au verset : 7, que « dans les jours de sa chair », Christ, « présenta des prières et des supplications avec de grands cris et avec larmes ».
Dans l’épître aux Romains : 15 et verset : 30, Paul exhorte les saints qui sont à Rome à combattre avec lui dans leurs prières. Et le mot traduit par « combattre » est celui qui s’appliquait aux jeux athlétiques anciens et à la lutte.
En résumé, la prière qui l’emporte auprès de Dieu, c’est celle où nous faisons passer toute notre âme vers Dieu dans l’agonie d’un intense désir.
Beaucoup de nos prières sont vides de puissance parce que le cœur n’y est pas.
Si nous mettons si peu de cœur dans nos prières, nous ne pouvons attendre que Dieu en mette beaucoup à y répondre.
Quand nous apprendrons à nous approcher de Dieu avec une intensité de désir telle qu’elle étreigne notre âme, alors nous ferons l’expérience d’une puissance dans la prière que beaucoup d’entre nous ignorent aujourd’hui !
Nous dirons donc, une fois de plus, que si nous voulons prier de la bonne manière, il faut nous attendre à l’Esprit de Dieu pour nous enseigner à prier.
3
« L’Église »
C’est le troisième secret de la véritable manière de prier qui est révélé dans ce même verset d’Actes : 12, verset : 5.
L’union dans la prière s’accompagne de puissance.
Il est vrai que la prière individuelle est puissante, mais sa puissance est largement accrue lorsqu’il y a union dans la prière.
Dieu trouve sa joie dans l’unité de ceux qui forment son peuple, et par tous les moyens cherche à insister sur ce point, aussi prononce-t-il une bénédiction spéciale sur la prière présentée par plusieurs dans l’unité.
Lisons Matthieu : 18, verset : 19 : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour quelque chose quoi que ce soit qu’ils demanderont, cela leur sera fait par mon Père qui est dans les cieux. »
Cette unité toutefois doit être réelle.
Remarquons que le passage qui vient d’être cité ne dit pas : Si deux d’entre vous s’accordent pour demander n’importe quoi, mais bien : Si deux d’entre vous s’accordent pour quelque chose que ce soit qu’ils demandent. Deux personnes pourraient être d’accord pour demander une même chose, sans qu’il y ait pourtant entre elles un réel accord en ce qui concerne l’objet de leurs requêtes. L’une par exemple demanderait la chose parce qu’elle en a véritablement le désir, l’autre simplement pour faire plaisir à la première. Mais quand il y a accord réel, quand l’Esprit de Dieu amène deux croyants à une parfaite harmonie concernant ce qu’ils peuvent demander à Dieu, quand l’Esprit dépose sur deux cœurs un seul et même fardeau, il y a dans une telle prière, quelle qu’elle soit, une puissance absolument irrésistible.

III
OBEISSANCE ET PRIERE
Voici l'un des plus importants passages bibliques relatifs à la prière.
"Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable." (1 Jean : 3 / 22)
Quelle déclaration stupéfiante ! Jean dit positivement que, quoi qu'il demandât, il l'obtenait. Combien sont ceux qui parmi nous peuvent dire : "Je reçois tout ce que je demande". ? Mais Jean nous explique pourquoi il en était ainsi : "parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable." En d'autres termes, quand on s'attend à ce que Dieu agisse comme on le lui demande, il faut faire tout ce que Dieu ordonne. Si nous prêtons une oreille attentive à tout ce que Dieu nous commande, il prêtera une oreille attentive à toutes les demandes que nous lui adresserons. Si, au contraire, nous faisons la sourde oreille à ses préceptes, il est probable qu'il fera la sourde oreille à nos prières. Nous touchons là la cause secrète qui fait que bien des prières demeurent sans réponse. Nous ne sommes pas attentifs à la Parole de Dieu, aussi Dieu n'est-il pas attentif à nos demandes.
Si nous voulons être puissants dans la prière, nous devons étudier sérieusement la Parole de Dieu pour découvrir quelle est sa volonté à notre égard et, quand nous l'aurons trouvée, l'accomplir. Une seule désobéissance non avouée de notre part fermera l'oreille de Dieu à beaucoup de requêtes.
Mais ce passage va plus loin que le simple fait de garder les commandements de Dieu. Jean nous dit que nous devons faire ce qui lui est agréable.
Il y a beaucoup de choses qu'il serait agréable à Dieu de nous voir faire sans qu'il nous les ait expressément commandées. Un enfant fidèle et bon ne se contente pas de faire simplement les choses que son père lui commande expressément. Il s'applique à connaître la volonté de son père et, s'il pense à une chose qu'il pourrait faire pour plaire à son père, il la fait joyeusement, bien qu'il n'ait jamais reçu aucun ordre particulier à ce sujet. Il en est de même du véritable enfant de Dieu. Il ne s'inquiète pas seulement de savoir si telle chose est commandée ou telle autre défendue; il s'applique à connaître en toutes choses la volonté de son Père.
Beaucoup de chrétiens aujourd'hui font des choses qui ne sont pas agréables à Dieu et n'en accomplissent point qui lui seraient agréables. Quand vous leur en parlez ils vous opposent immédiatement la question. "Y a-t-il dans la Bible quelque commandement qui interdise cela ?". Et si vous ne pouvez pas leur montrer quelque verset où la chose en question soit clairement défendue, ils pensent n'être nullement tenus de l'abandonner; mais un véritable enfant de Dieu n'exige pas un commandement spécial.
Si nous nous appliquons à rechercher et à pratiquer ce qui est agréable à Dieu, il s'appliquera à accomplir les choses qui nous sont agréables.
Cela aussi nous explique pourquoi bien des prières restent sans exaucement : nous ne faisons pas de la connaissance de ce qui serait agréable à notre Père la grande affaire de notre vie, et pour cette raison nos prières demeurent sans réponse.
"L'Éternel est près de tous ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent avec sincérité." (Psaume : 145 / 18)
Ce verset éclaire abondamment la question : " Comment prier ?"
La prière à laquelle Dieu répond est la prière sincère, la prière qui demande une chose véritablement désirée.
Beaucoup de prières sont dépourvues de sincérité. On demande des choses qu'on ne désire pas. Plus d'une femme prie pour la conversion de son mari alors qu'elle ne désire pas vraiment que son mari soit converti. Elle croit le désirer, mais si elle savait ce qu'impliquerait la conversion de son mari, quel complet bouleversement de sa manière de traiter les affaires cela nécessiterait et combien par conséquent, cela réduirait leurs revenus et rendrait nécessaire un complet changement de leur mode de vie, la véritable prière de son coeur serait, si elle était sincère devant Dieu :
"O Dieu, ne convertis pas mon mari !"
Elle ne désire pas sa conversion à un aussi grand prix.
Plus d'une église qui prie pour un réveil ne le désire pas vraiment. Ses membres croient le désirer car, à leurs yeux, un réveil signifie un accroissement numérique, une augmentation des offrandes, une plus grande renommée parmi les églises; mais s'ils savaient ce qu'est un vrai réveil et combien les chrétiens professants seraient amenés à sonder leur propre coeur; s'ils savaient quelle transformation radicale de la vie individuelle, domestique et social impliquerait le réveil, et bien d'autres choses encore qui ne manqueraient pas de se produire si l'Esprit de Dieu était réellement répandu avec puissance, alors le cri sincère de l'église serait plutôt:
"O Dieu, garde-nous d'un réveil !"
Plus d'un serviteur de Dieu demande le baptême du Saint-Esprit et ne le désire pas vraiment. Il croit le désirer parce que le baptême du Saint-Esprit signifie pour lui une joie nouvelle, une nouvelle puissance pour prêcher la parole, une plus grande renommée parmi les hommes, une autorité plus élevée dans l'Église de Christ. Mais s'il comprenait ce qu'un baptême du Saint-Esprit implique réellement, s'il comprenait, par exemple que cela le conduirait nécessairement à l'antogonisme avec le monde et avec les chrétiens non spirituels, qu'à cause de ce baptême son nom serait "rejeté comme infâme", que cela pourrait l'obliger à quitter une bonne vie confortable pour aller travailler dans les bas-fonds ou même dans quelque pays lointain, s'il comprenait tout cela sa prière serait, très probablement, s'il devait exprimer le véritable désir de son coeur :
"O Dieu, garde-moi d'être baptisé du Saint-Esprit !".
Mais quand nous en venons à désirer vraiment et à tout prix la conversion de nos amis, l'effusion du Saint-Esprit quoi qu'elle puisse comporter, le baptême du Saint-Esprit quoi qu'il puisse advenir, quand nous désirons quelque chose "avec sincérité" et que nous crions à Dieu pour cela "avec sincérité", alors certainement Dieu nous exauce.

IV
Prier au nom de Christ et en accord avec la volonté de Dieu
Dans la nuit qui précéda sa crucifixion, Jésus dit à ses disciples une parole merveilleuse, concernant la prière : "Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai." (Jean : 14 / 13-14)
1
La prière au nom de Christ est puissante auprès de Dieu. Dieu prend plaisir en son Fils Jésus-Christ. Il l'écoute toujours et il écoute toujours aussi la prière qui lui est réellement adressée en son nom. Il y a dans le nom de Christ un parfum qui rend agréable à Dieu toute prière qui s'en réclame.
Mais qu'est-ce donc que prier au nom de Christ ?
On a tenté bien des explications qui, pour la plupart des gens, n'expliquent rien. Pourtant, il n'y a rien de mystique, ni de mystérieux dans cette expression. Si l'on veut bien parcourir la Bible et examiner tous les passages dans lesquels l'expression "en mon nom" ou "en son nom" ou des expressions synonymes sont employées, on trouvera qu'elles ont un sens qui est très sensiblement celui de l'usage courant. Si je vais à la banque présenter un chèque portant ma signature, j'en demande le paiement en mon propre nom. Si j'ai de l'argent déposé dans cette banque, le chèque sera honoré, sinon il ne le sera pas. Si, par contre, je vais à la banque muni d'un chèque signé par une autre personne, c'est en son nom que j'en demande le paiement et il n'importe point que moi j'aie de l'argent dans cette banque ou dans quelque autre; pourvu que la personne qui a signé le chèque en ait, le chèque sera honoré.
Il en est de même quand je m'adresse à la banque du ciel, quand je vais à Dieu dans la prière. Je n'ai là aucun dépôt. Je n'y ai absolument aucun crédit, et si je me présente en mon propre nom, je n'obtiendrai absolument rien, mais Jésus-Christ a au ciel un crédit illimité et il m'a accordé le privilège d'aller à cette banque avec des chèques signés de son nom; si donc je me présente de la sorte, mes prières seront honorées sans aucune limitation.
Prier au nom de Christ, c'est donc prier en me fondant non sur mon crédit mais sur le sien, c'est renoncer à la pensée que j'aie un droit quelconque à faire valoir auprès de Dieu et m'approcher de lui en me fondant sur les droits de Christ. Prier au nom de Christ ce n'est pas simplement ajouter à ma prière la formule "Je demande ces choses au nom de Jésus". Je puis mettre ces mots dans ma prière et cependant me reposer en réalité sur mes propres mérites. Je puis au contraire, omettre cette formule sans pour autant cesser de me reposer réellement sur les mérites de Christ. Mais quand je m'approche vraiment de Dieu, en me fondant non sur mes propres mérites mais sur ceux de Christ, non sur mes qualités mais sur le sang de l'expiation (Hébreux : 10 / 19), Dieu m'écoute. Beaucoup de prières aujourd'hui sont vaines parce que les hommes s'approchent de Dieu en s'imaginant qu'ils ont sur lui quelque droit qui l'obligerait à exaucer leurs prières.
2
Ces paroles de l'apôtre Jean projettent beaucoup de lumière sur le sujet : "Comment prier" : "Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu'il nous écoute, quelque chose que nous demandions nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée." (1 Jean : 5 / 14-15)
Ce passage nous enseigne clairement que pour prier de la bonne manière, nous devons prier selon la volonté de Dieu. Alors, sans aucun doute, nous obtiendrons la chose que nous lui demandons.
Mais pouvons-nous connaître la volonté de Dieu ?
Pouvons-nous savoir si une quelconque prière particulière est conforme à sa volonté ?
Certainement.
Comment ?
A) D'abord par la Parole. Dieu a révélé sa volonté dans sa Parole. Si une chose quelconque fait l'objet d'une promesse précise dans la Parole de Dieu, nous savons que c'est sa volonté de l'accorder. Si donc, quand je prie, je puis trouver quelque promesse précise de la Parole de Dieu et placer cette promesse devant lui, je sais qu'il m'entend et, si je sais qu'il m'entend, je sais que je possède la chose que je lui ai demandée.
Par exemple, si je prie pour obtenir de la sagesse, je sais que c'est la volonté de Dieu de me la donner, car il le dit : "Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche et elle lui sera donnée." (Jacques : 1 / 5)
Ainsi donc quand je demande la sagesse, je sais que ma prière est entendue et que cette sagesse me sera donnée.
De même, quand je prie pour obtenir le Saint-Esprit, je sais que c'est selon la volonté de Dieu, que ma prière est entendue et que j'ai reçu l'objet de ma requête : "Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent." (Luc : 11 / 13)
Nous avons certainement le privilège de pouvoir connaître la volonté de Dieu et quand, ayant une promesse précise dans la Parole de Dieu, nous doutons que telle soit la volonté de Dieu ou qu'il veuille faire la chose que nous demandons, nous faisons Dieu menteur.
L'un des plus grands secrets de la prière victorieuse consiste à étudier les Écritures pour trouver la volonté de Dieu révélée par ses promesses et puis, tout simplement, saisir ces promesses et les déployer devant Dieu dans la prière, comptant d'une manière absolument inébranlable qu'il fera ce qu'il a promis dans sa Parole.
B) Mais il y a encore un autre moyen de connaître la volonté de Dieu: L'enseignement de son Saint-Esprit.
Nous avons besoin de recevoir de Dieu beaucoup de choses qui ne sont couvertes par aucune promesse spéciale mais, même dans ce cas, nous ne sommes pas laissés dans l'ignorance de sa volonté.
"De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les coeurs connaît quelle est la pensée de l'Esprit, parce que c'est selon Dieu qu'il intercède en faveur des saints." (Romains : 8 / 26-27)
Il nous est clairement dit ici que l'Esprit prie en nous, suscite notre prière dans le sens de la volonté de Dieu. Quand nous sommes ainsi conduits par l'Esprit de Dieu dans une direction quelconque, à prier pour quelque objet donné, nous pouvons le faire, pleinement assurés que c'est la volonté de Dieu et que nous allons obtenir la chose même que nous lui demandons, bien qu'il n'y ait dans sa Parole aucune promesse spéciale concernant ce cas. Souvent Dieu nous charge, par son Esprit, d'un lourd fardeau de prière pour une certaine personne. Nous n'avons point de repos, nous prions pour elle avec des soupirs inexprimables. Il se peut que la personne soit tout à fait hors de notre portée, mais Dieu entend la prière et dans bien des cas il ne s'écoule pas longtemps avant que nous apprenions qu'elle est effectivement convertie.
Le passage suivant "Nous avons auprès de lui cette assurance que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu'il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée." (1 Jean : 5 / 14-15) est, de toute la Bible, un de ceux dont on a fait le plus mauvais usage. C'est sans aucun doute pour encourager notre foi que le Saint-Esprit l'a placé dans l'Écriture.
Il commence par : "Nous avons auprès de lui cette assurance..." et s'achève sur : "nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée."; mais on emploie souvent ce passage si manifestement destiné à engendrer l'assurance pour introduire un élément d'incertitude dans nos prières.
Fréquemment, quand quelqu'un commence à prier avec une assurance croissante, quelque frère prudent vient lui dire :
"Ne soyez pas trop assuré. Si c'est la volonté de Dieu il le fera. Mais vous devriez ajouter à votre demande : "Si c'est ta volonté."
Sans doute il arrive souvent que nous ne connaissions pas la volonté de Dieu et dans toute prière la soumission à sa volonté parfaite devrait être sous-entendue; mais quand nous la connaissons, il ne doit plus y avoir de "si".
Ce passage n'a pas été placé dans la Bible pour que nous introduisions des "si" dans nos prières, mais pour que nous les jetions au vent, pour que nous ayons de "l'assurance" et que nous "sachions" que nous possédons la chose que nous lui avons demandée.

V
Prier par l'Esprit
1. A de multiples reprises, dans ce qui précède, nous avons pu constater que nous dépendons du Saint-Esprit pour la prière. Ceci ressort avec une grande netteté dans Éphésiens : 6 / 18 "Priant en tout temps par l'Esprit par toutes sortes de prières et de supplications". Et dans Jude 20 : "Priant par le Saint-Esprit". Effectivement, tout le secret de la prière réside dans ces mots : "par l'Esprit". La prière que Dieu le Père exauce, c'est celle que Dieu le Saint-Esprit a inspirée.
Les disciples ne savaient pas comment prier. Aussi dirent-ils à Jésus : "Seigneur, enseigne-nous à prier". Nous non plus, nous ne savons pas comment il faut prier, mais nous avons aussi un Maître et un Guide tout près de nous pour nous aider (Jean : 14 / 16-17).
"L'Esprit nous aide dans notre faiblesse" (Romains : 8 / 26)
Il nous enseigne comment prier. La véritable prière est la prière par l'Esprit, c'est-à-dire la prière que l'Esprit inspire et dirige. Quand nous nous plaçons dans la présence de Dieu, il faut que nous reconnaissions "notre faiblesse", notre ignorance des sujets à présenter dans la prière et de la manière de les présenter. Conscients alors de notre incapacité à prier comme il faut, nous devrions élever nos pensées vers le Saint-Esprit, nous reposant pleinement sur lui pour diriger nos prières, orienter nos désirs et en guider l'expression.
Rien n'est plus insensé, quand nous prions, que de nous précipiter étourdiment en la présence de Dieu pour demander la première chose qui nous vient à l'esprit, ou une chose pour laquelle quelque ami irréfléchi nous a demandé de prier.Quand nous entrons dans la présence de Dieu, nous devrions tout d'abord garder le silence devant lui. Nous devrions regarder à lui pour qu'il nous envoie son Saint-Esprit afin de nous enseigner comment prier. Il nous faut attendre le Saint-Esprit, nous soumettre à l'Esprit, alors seulement nous prierons de la bonne manière.
Fréquemment, quand nous venons à Dieu dans la prière, nous ne nous sentons pas disposés à prier. Que faire en pareil cas ? Cesser de prier jusqu'à ce qu'on s'y sente disposé ? -Point du tout ! C'est précisément quand nous nous sentons le moins disposés à prier que nous en avons le plus besoin. Nous devrions nous tenir en paix devant Dieu et lui dire combien nos coeurs sont froids et vides de prière, regarder à lui, lui faire confiance et attendre de lui qu'il envoie son Saint-Esprit pour réchauffer nos coeurs et les élever dans la prière. Il ne faut alors pas longtemps pour que l'ardeur de la présence du Saint-Esprit remplisse nos coeurs et pour que nous commencions à prier librement, d'une manière directe, fervente et puissante. Beaucoup des moments de prière les plus bénis que j'aie jamais connu ont commencé dans un sentiment profond de mort spirituelle et une absence complète d'esprit de prière. Mais, dans mon impuissance et ma froideur, je me suis abandonné à Dieu, j'ai regardé à lui pour qu'il m'envoie son Saint-Esprit afin de m'enseigner à prier, et il l'a fait.
Quand nous prions par l'Esprit, nous demandons ce qui convient et comme il convient. Il y a alors joie et puissance dans notre prière.
2. Pour prier avec puissance, il nous faut prier avec foi. Jésus dit : "C'est pourquoi je vous dis : tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu et vous le verrez s'accomplir." (Marc : 11 / 24)
Quelque posivitive que soit une promesse de la Parole de Dieu nous n'aurons la joie d'expérimenter effectivement son accomplissement que si nous nous attendons avec confiance à l'exaucement. "Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, dit Jacques, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée". Cette promesse est aussi formelle qu'une promesse peut l'être, néanmoins le verset suivant ajoute : "Mais qu'il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur". (Jacques : 1 / 5-7)
Il faut donc qu'il y ait une attente confiante et imperturbable. Mais il y a une foi qui va plus loin que l'attente, qui croit que la prière est entendue et la promesse accomplie. C'est ce qui ressort du verset déjà cité : "C'est pourquoi je vous dis : tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu et vous le verrez s'accomplir."
Mais comment acquérir une telle foi ?
Disons avec la dernière énergie que ce ne peut être en s'y évertuant. Plus d'une personne ayant lu cette promesse faite à la prière de la foi, demande les choses qu'elle désire et essaye de se persuader que Dieu a entendu la prière. Ceci ne peut amener que déception car ce n'est pas la foi réelle et la chose n'est pas accordée. C'est sur ce point qu'en essayant de produire la foi par un effort de leur volonté bien des gens provoquent, au contraire, l'effondrement de leur foi. La chose qu'ils s'étaient efforcés d'attendre avec foi ne leur étant pas donnée, le fondement même de leur foi s'en trouve le plus souvent sapé.
Mais alors comment vient la vraie foi ?
Romains : 10 / 17, répond à cette question : "Ainsi la foi vient de ce qu'on entend et ce qu'on entend vient de la parole de Dieu".
Pour avoir une foi véritable, nous devons étudier la parole de Dieu, découvrir ce qui y est promis puis, tout simplement croire aux promesses de Dieu. La foi doit être couverte par une garantie. Essayer de croire quelque chose parce qu'on veut y croire n'est pas la foi, mais croire ce que Dieu dit dans sa parole, voilà la foi. Si je veux prier avec foi, il faut que je trouve quelque promesse dans la parole de Dieu, sur laquelle ma foi puisse reposer. La foi, en outre, vient par l'Esprit. L'Esprit connaît la volonté de Dieu, et si je prie par l'Esprit et compte sur l'Esprit pour m'enseigner la volonté de Dieu. Il me conduira dans la prière selon sa volonté et me donnera l'assurance que je vais être exaucé. Mais en aucun cas la foi véritable ne vient de ce que nous avons simplement décidé que nous allons obtenir la chose désirée. S'il n'y a ni promesse dans la parole de Dieu, ni indication claire de l'Esprit, il ne peut y avoir aucune foi véritable et on ne devrait jamais se reprocher de manquer de foi en pareil cas. Mais si la chose désirée est promise dans la parole de Dieu et que nous doutions, nous avons tout lieu de nous condamner à cause de notre manque de foi, car nous faisons Dieu menteur en doutant de sa parole.

VI
Toujours prier et ne point se relâcher
Par deux paraboles de l'Evangile de Luc, Jésus enseigne avec beaucoup de force que les hommes doivent toujours prier et ne point se relâcher. La première se trouve être dans Luc : 11 / 5-8 et la deuxième dans Luc : 18 / 1-8.
Dans la première de ces deux paraboles Jésus expose d'une façon saisissante la nécessité de prier jusqu'à l'importunité. Le mot rendu par "importunité" signifie littéralement "effronterie", comme si Jésus avait voulu nous faire comprendre que Dieu voudrait nous voir nous approcher de lui avec une résolution si ferme d'obtenir les choses désirées qu'aucun refus ni retard apparents de sa part ne puisse changer notre assurance en confusion. Dieu se réjouit de la sainte audace de ceux qui ne s'accommodent point d'un refus. C'est là l'expression d'une grande foi et rien n'est plus agréable à Dieu que la foi.
Il semble presque que Jésus ait repoussé la femme syro-phénicienne avec rudesse, mais elle ne voulut pas se laisser repousser, aussi Jésus considéra-t-il son audacieuse importunité avec satisfaction et il lui dit "Femme, ta foi est grande; qu'il te soit fait comme tu veux." (Matthieu : 15 / 28). Dieu ne permet pas toujours que nous obtenions du premier coup les choses que nous nous efforçons d'acquérir par notre travail. Il veut nous exercer et faire de nous des hommes solides en nous obligeant à travailler dur pour ce qu'il y a de meilleur. De même il n'exauce pas toujours notre prière dès la première demande. Il veut par l'exercice faire de nous de solides hommes de prière en nous obligeant à prier ferme pour ce qu'il y a de meilleur. Il nous fait prier jusqu'au bout.
Je suis heureux qu'il en soit ainsi. On ne peut être exercé à la prière d'une façon plus bénie qu'en étant contraint à redemander encore et toujours, même durant de nombreuses années, avant d'obtenir ce que l'on recherche. Quand Dieu ne leur accorde pas l'objet de leur requête à la première ou à la seconde prière, bien des gens disent : "Ce n'est peut-être pas la volonté de Dieu", et ils appellent cela de la soumission !
En règle générale, ce n'est pas de la soumission, c'est de la paresse spirituelle. Dans le domaine de l'action, quand nous abandonnons après avoir fait un ou deux efforts pour obtenir quelque choses, nous n'appelons pas cela de la soumission à la volonté de Dieu, mais de la faiblesse de caractère. Quand un homme d'action énergique entreprend quelque chose, s'il ne réussit pas à la première, la seconde ou la centième fois, il continue à frapper à coups redoublés jusqu'à ce qu'il ait réussi; de même l'homme de prière énergique, quand il entreprend de prier pour quelque chose, continue à prier jusqu'au bout et obtient ce qu'il recherche. Nous devrions prendre bien garde à ce que nous demandons à Deu, mais quand nous commençons à prier pour obtenir une chose, nous ne devrions jamais cesser de prier avant l'exaucement ou avant que Dieu nous ait montré très clairement et très nettement que ce n'est pas sa volonté de nous l'accorder.
Certains voudraient nous faire croire que prier deux fois pour la même chose dénote l'incrédulité, que nous devons la "saisir" dès la première demande. Certes, il arrive que nous soyons capables, par la foi en la Parole de Dieu ou en la direction du Saint-Esprit, de revendiquer dès la première fois ce que nous avons demandé à Dieu; mais, incontestablement, il arrive aussi que nous devions prier à de multiples reprises pour une même chose avant d'obtenir l'exaucement. Ceux qui ne vont jamais jusqu'à prier deux fois pour une même chose ont dépassé leur Maître ( Matthieu : 26 / 44).
On a grand besoin, à l'heure présente, d'hommes et de femmes qui ne se contentent pas de commencer à prier, mais qui continuent à prier, prier, prier jusqu'à ce qu'ils obtiennent ce qu'ils attendent du Seigneur.
VII
Demeurer en Christ
"Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé" (Jean : 15 / 7)
Tout le secret de la prière se trouve dans ces paroles de notre Seigneur. Voici la prière qui dispose d'un pouvoir illimité : "Demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé".
Il y a donc un moyen de demander et d'obtenir exactement ce que l'on demande et tout ce que l'on demande. Christ pose deux conditions à cette prière toute puissante :
1) "Si vous demeurez en moi"
Qu'est-ce que demeurez en Christ ?
Quelques-unes des explications données sont si profondes et si mystiques que, pour beaucoup d'enfants de Dieu à l'esprit simple, elles ne signifient pratiquement rien; pourtant ce que Jésus voulait dire est en réalité très simple.
Il venait de se comparer à une vigne et ses disciples à des sarments. Quelques sarments restent attachés à la vigne, c'est-à-dire demeure dans une vivante union avec elle, de sorte que la sève ou vie de la vigne afflue constamment en eux. Ils n'ont aucune vie propre, indépendante. Tout en eux est simplement le produit de la vie de la vigne qui s'écoule en eux. Les bourgeons, les feuilles, les fleurs, les fruits qu'ils portent ne sont pas vraiment leurs bourgeons, leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits, mais ceux de la vigne. D'autres sarments sont complètement détachés de la vigne ou bien le cours de la sève est en quelque sorte arrêté en eux. Demeurer en Christ c'est donc conserver avec Lui une relation semblable à celle de la première sorte de sarments avec la vigne; demeurer en Christ c'est renoncer à toute vie indépendante qui nous soit propre, cesser de penser nos pensées propres, de former nos propres résolutions, de cultiver nos propres sentiments, pour simplement et constamment regarder à Christ qui pensera en nous ses pensées, formera en nous ses desseins, éprouvera en nous ses émotions et ses affections. C'est renoncer à toute vie indépendante de Christ et s'attendre à lui constamment pour qu'il nous infuse sa vie et la manifeste à travers nous. Quand nous faisons cela, et dans la mesure où nous le faisons, nos prières obtiennent ce que nous attendons de Dieu.
Il ne peut en être autrement car nos désirs ne seront plus alors nos propres désirs mais ceux de Christ et nos prières ne seront plus en réalié nos propres prières mais celles de Christ priant en nous. De telles prières seront toujours en harmonie avec la volonté de Dieu et le Père exauce toujours le Fils. Quand nos prières échouent, c'est parce qu'elles sont effectivement nôtres. Nous avons conçu le désir, établi la demande par nous-mêmes au lieu de nous attendre à Christ afin qu'il prie par nous.
Dire qu'il nous faut demeurer en Christ dans toutes nos prières, nous attendre à Christ pour qu'il prie par nous plutôt que prier nous-mêmes revient simplement à dire que nous devons prier "par l'Esprit". Quand nous demeurons ainsi en Christ, nos pensées ne sont pas nos propres pensées mais les siennes, notre fruit n'est pas notre propre fruit mais le sien; exactement comme les bourgeons, les feuilles, les fleurs et les fruits du sarment qui demeure sur la vigne ne sont pas ceux du sarment mais ceux de la vigne elle-même dont la vie s'écoule dans le sarment et se manifeste par ces bourgeons, ces feuilles et ces fruits.
Pour demeurer en Christ, il faut évidemment être déjà en Christ, l'avoir accepté comme le Sauveur dont l'expiation nous a rachetés de la culpabilité du péché et dont la résurrection nous a délivrés de la puissance du péché, et qui règne maintenant en Seigneur et Maître sur toute notre vie. Etant en Christ, tout ce que nous avons à faire pour demeurer (ou rester) en lui consiste à renoncer à notre vie propre, à toute pensée, tout dessein, tout désir, toute affection venant de nous-mêmes, à regarder jour après jour et heure après heure à Jésus-Christ pour qu'il forme en nous ses pensées, ses desseins, ses affections et ses désirs.
Demeurer en Christ est vraiment une chose très simple, bien que ce soit une vie merveilleusement privilégiée et puissante.
2) Mais il est une autre condition mentionnée dans ce verset et contenue en réalité dans la première, c'est : "...et que mes paroles demeurent en vous".
Si nous voulons obtenir de Dieu tout ce que nous lui demandons, les paroles de Christ doivent demeurer ou rester en nous. Nous devons étudier ses paroles, les dévorer même, les laisser s'enfoncer dans notre pensée et dans notre coeur, les garder dans notre mémoire, leur obéir constamment, les laisser façonner et modeler notre vie de chaque jour et jusqu'au moindre de nos actes.
C'est vraiment là le moyen de demeurer en Christ. C'est par ses paroles que Jésus se communique lui-même à nous. Les paroles qu'il nous dit sont esprit et vie (Jean : 6 / 63). Il est vain d'espérer être puissant en prière à moins de méditer beaucoup sur les paroles de Christ et de les laisser s'enfoncer profondément dans notre coeur et y demeurer. Beaucoup s'étonnent d'être si impuissants dans la prière, mais cela s'explique très simplement par leur négligence des paroles de Christ. Ils ne les ont pas serrées dans leur coeur; ses paroles ne demeurent pas en eux. Ce n'est pas par des élans de méditation mystique ou d'expériences extatiques que nous apprenons à demeurer en Christ; c'est en nous nourrissant de sa parole, de sa parole écrite, telle que nous la trouvons dans la Bible, et en regardant au Saint-Esprit pour qu'il l'implante dans nos coeurs et l'y fasse vivre. Si nous laissons ainsi les paroles de Christ demeurer en nous, elles nous pousseront à la prière. Elles seront le moule dans lequel nos prières seront nécessairement selon la ligne de la volonté de Dieu et prévaudront auprès de lui. Mais il est presque impossible de prier de cette manière quand on néglige l'étude de la parole de Dieu.
Une simple étude intellectuelle de la Parole de Dieu n'est pas suffisante. Il faut qu'elle soit méditée, tournée et retournée dans notre esprit en regardant contamment à Dieu pour que, par son Esprit, il la rende vivante dans nos coeurs. La prière née dans la méditation de la Parole est celle qui s'élance le plus aisément vers l'oreille attentive de Dieu.
La parole de Dieu est l'instrument par lequel le Saint-Esprit agit. Elle est l'épée de l'Esprit à plus d'un point de vue. Celui qui veut expérimenter l'action du Saint-Esprit dans une quelconque direction doit se nourrir de la parole. Celui qui veut prier par l'Esprit doit longuement méditer la Parole afin que le Saint-Esprit dispose du moyen approprié pour agir. C'est par la Parole que le Saint-Esprit forme en nous ses prières et la négligence de la Parole rend impossible la prière par le Saint-Esprit. Si nous alimentions le feu de nos prières de ce combustible qu'est la parole de Dieu, toutes nos difficultés disparaîtraient.
VIII
Prier avec actions de grâces
Il y a, dans l'enseignement relatif à la prière que Paul nous donne en Philippiens : 4 / 6-7 quelques mots auxquels on ne prend pas assez garde : "Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vous pensées en Jésus-Christ". Voici les mots importants que l'on néglige si souvent : "avec actions de grâces".
Quand nous nous approchons de Dieu pour solliciter de nouvelles bénédictions, nous ne devrions jamais oublier de le remercier pour les bénédictions déjà reçues. Si l'un quelconque d'entre nous s'arrêtait à considérer le grand nombre de fois où Dieu a répondu à sa prière et la rareté des cas où il est revenu à Dieu pour lui rendre grâces, je suis sûr qu'il serait écrasé de honte. Il nous faut être aussi précis en rendant grâces que nous le sommes en priant. Nous venons à Dieu avec des demandes bien précises mais quand nous lui rendons grâces, c'est d'une manière vague et générale.
Sans aucun doute, une des raisons pour lesquelles tant de nos prières manquent de puissance est que nous avons négligé de rendre grâces pour les bénédictions déjà reçues. Si quelqu'un venait constamment solliciter notre aide sans jamais dire "Merci", nous nous lasserions vite de secourir un être aussi ingrat; l'intérêt même de celui que nous avons secouru nous retiendrai de le faire davantage, par crainte d'encourager une telle ingratitude. Sans aucun doute notre Père céleste, par un sage égard pour notre plus grand bien, refuse fréquemment de répondre à des demandes que nous avons fait monter vers lui afin que nous soyons amenés à prendre conscience de notre ingratitude et que nous apprenions à être reconnaissants.
Dieu est profondément affligé par notre ingratitude et la négligence à lui rendre grâce dont beaucoup d'entre nous se rendent coupables. Quand Jésus guérit les dix lépreux et qu'un seulement revint lui rendre grâces, il s'écria, surpris et peiné :
"Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neuf autres, où sont-ils ?" (Luc : 17 / 17)
Comme il doit souvent baisser les yeux sur nous, attristé de nous voir oublier ses bénédictions réitérées et ses fréquentes réponses à nos prières !
Rendre grâces pour les bénédictions reçues augmente notre foi et nous rend capables de nous approcher de Dieu avec une nouvelle audace et une nouvelle assurance. Sans aucun doute la raison pour laquelle tant de gens ont si peu de foi quand ils prient et qu'ils prennent très peu de temps pour méditer sur les bénédictions qu'ils ont reçues et en remercier Dieu. Lorsque nous méditons sur les réponses qui ont été accordées à nos prières, la foi devient de plus en plus hardie et nous arrivons à éprouver au plus profond de notre âme qu'il n'y a rien de trop difficile pour le Seigneur. Lorsque nous réfléchissons d'une part à la merveilleuse bonté de Dieu à notre égard et d'autre part au peu de pensée, de force et de temps que nous avons jamais consacré à rendre grâces, nous ne pouvons que nous humilier devant Dieu et confesser notre péché.
Les hommes qui ont été puissants en prière,dans la Bible comme à travers toutes les époques de l'histoire de l'Eglise, ont toujours adressé à Dieu d'abondantes louanges et actions de grâces. David était un homme puissant en prière et voyez combien ses Psaumes abondent en louanges et actions de grâces. Les apôtres étaient des hommes puissants en prière et nous lisons à leur sujet qu'"ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu". Paul était un homme puissant en prière et combien de fois dans ses épîtres il éclate en des actions de grâces bien définies, rendues à Dieu pour des bénédictions déterminées et des exaucements précis. Jésus est notre modèle dans la prière comme dans toute autre chose. Or, nous trouvons, en étudiant sa vie, que sa manière de rendre grâces au plus simple repas était si remarquable que deux de ses disciples le reconnurent à cela même, après sa résurrection.
Rendre grâces est un des résultats qui accompagnent inévitablement la plénitude du Saint-Esprit et celui qui n'apprend pas "à rendre grâces en toutes choses" ne peut continuer à prier par l'Esprit. Si nous voulons apprendre à prier avec puissance, nous devons laisser cette expression pénétrer bien profondément dans nos coeurs :
"AVEC ACTIONS DE GRACES"
IX
Obstacles à la prière
Nous avons examiné très attentivement les conditions positives de la prière triomphante, mais il y a aussi des obstacles à la prière.
Dieu les a clairement signalés dans sa parole.
1.- Le premier obstacle à la prière se trouve mentionné en Jacques : 4 / 3: "Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions."
Un but égoïste prive la prière de puissance; or, un très grand nombre de prières sont égoïstes. Ces prières peuvent bien demander à Dieu des choses parfaitement légitimes et qu'il est selon sa volonté d'accorder, mais leur motif étant foncièrement mauvais, elles tombent à terre, impuissantes. Le vrai but quand nous prions est que Dieu soit glorifié par l'exaucement qu'il accorde. Si nous faisons une demande quelconque simplement pour recevoir quelque chose qui satisfasse nos passions ou qui serve à notre plaisir d'une façon ou d'une autre, nous "demandons mal" et ne devons pas nous attendre à recevoir ce que nous demandons. Ceci explique pourquoi beaucoup de prières demeurent sans réponses.
Bien des femmes, par exemple, prient pour la conversion de leur mari. C'est là certainement une demande tout à fait légitime, mais le motif qui pousse plus d'une femme à demander la conversion de son mari est parfaitement illégitime parce qu'égoïste. Elle désire qu'il soit converti parce qu'il serait tellement plus agréable pour elle d'avoir un mari qui la comprenne; ou bien parce qu'il lui est si douloureux de penser que son mari pourrait venir à mourir et être à jamais perdu, ou pour quelque autre raison de ce genre : sa prière est purement égoïste. Pour quelles raisons une femme devrait-elle donc désirer la conversion de son mari ? Avant tout et par-dessus tout afin que Dieu soit glorifié; parce qu'elle ne peut pas supporter la pensée que Dieu le Père soit outragé par son mari foulant aux pieds le Fils de Dieu.
Beaucoup prient pour un réveil. C'est certainement une prière qui est agréable à Dieu, et selon la ligne de sa volonté; mais beaucoup de prières pour le réveil sont purement égoïstes. Les églises désirent des réveils afin d'accroître le nombre de leurs membres, afin que l'église ait une position plus puissante et plus influente dans la communauté, afin que la caisse soit remplie, afin d'acquérir une réputation favorable parmi les autres assemblées. C'est souvent avec des motifs aussi peu élevés que les églises et les pasteurs prient pour un réveil, et c'est souvent aussi à cause de ces motifs mêmes que Dieu ne répond pas à la prière. Quels motifs devraient donc nous pousser à prier pour un réveil ? La gloire de Dieu, parce que nous ne pouvons supporter que Dieu continue à être déshonoré par la mondanité de l'église, par les péchés des incroyants, par l'impudente incrédulité de notre époque; parce que le monde annule la parole de Dieu; parce que nous désirons que Dieu puisse être glorifié par l'effusion de son Esprit sur l'Eglise de Jésus-Christ. C'est pour ces raisons avant tout et par-dessus tout que nous devrions prier pour un réveil.
Bien des prières pour recevoir le Saint-Esprit sont purement égoïstes. C'est certainement la volonté de Dieu de donner le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. Il nous l'a dit clairement dans sa parole (Luc : 11 / 13), mais plus d'une prière pour le recevoir est entravée par l'égoïsme de son motif. Des hommes et des femmes prient pour recevoir le Saint-Esprit afin d'être heureux, afin d'être sauvés de leur misérable vie de défaite ou afin d'avoir de la puissance en tant qu'ouvriers pour Christ, ou pour tout autre motif purement égoïste. Avec quels motifs devrions-nous prier pour être remplis de l'Esprit ? Afin que Dieu ne soit plus déshonoré par le niveau insuffisant de nos vies chrétiennes et par l'inefficacité de notre service, afin qu'il soit glorifié par la beauté nouvelle survenant dans notre vie et la nouvelle puissance conférée à notre activité au service du Maître.
2.- Second obstacle à la prière : "Non, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre. Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et Dieu; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l'empêchent de vous écouter." (Esaïe : 59 / 1-2)
Le péché fait obstacle à la prière. Plus d'un homme prie, prie, prie et n'obtient absolument aucune réponse. Peut-être est-il tenté de penser que ce n'est pas la volonté de Dieu de répondre; peut-être pense-t-il que les temps où Dieu répondait à la prière, si tant est qu'il l'ait jamais fait, sont révolus. C'est ce que les Israëlites semblent avoir pensé. Ils croyaient que la main de l'Eternel était raccourcie de sorte qu'il ne pouvait plus sauver, et qu'étant devenu dur d'oreille il ne pouvait plus entendre.
"Non pas, dit Esaïe, l'oreille de Dieu est tout aussi ouverte que jamais pour entendre, sa main tout aussi puissante pour sauver; toutefois il y a un obstacle. Cet obstacle ce sont vos propres péchés. Vos crimes ont mis une séparation entre vous et votre Dieu et vos péchés vous ont caché sa face, et l'empêchent de vous écouter.
Il en est de même aujourd'hui. Si bien des hommes crient à Dieu en vain, c'est tout simplement à cause du péché qui est dans leur vie. Ce peut être quelque faute passée qui n'a été ni confessée ni jugée, ou un péché actuel qu'on chérit, que très probablement on ne regarde même pas comme un péché, mail il est là, dissimulé quelque part dans le coeur ou dans la vie, empêchant Dieu d'écouter.
Celui qui constate que ses prières sont inefficaces ne devrait pas conclure que la chose qu'il demande à Dieu n'est pas selon sa volonté, mais il devrait se retirer, seul avec Dieu et prier comme le Psalmiste. "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur ! Eprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie." (Psaume : 139 / 23-24) et attendre devant lui jusqu'à ce qu'il mette le doigt sur la chose qui déplaît à sa vue. Puis il devrait confesser ce péché et le rejeter.
Le péché est une chose effroyable et plus effroyable encore est la manière dont il fait obstacle à la prière, la façon dont il coupe toute communication avec la source de toute grâce, de toute puissance et de toute bénédiction. Quiconque veut avoir de la puissance dans la prière doit être impitoyable à l'égard de ses propres péchés. "Si j'avais conçu l'iniquité dans mon coeur, le Seigneur ne m'aurait pas exaucé." (Psaume : 66 / 18). Aussi longtemps que nous restons attachés au péché ou que nous contestons avec Dieu, nous ne pouvons attendre de lui qu'il prenne garde à nos prières. Si une chose quelconque vous revient sans cesse à l'esprit dans vos moments d'étroite communion avec Dieu, c'est cette chose qui fait obstacle à la prière : rejetez-la.
3.- Troisième obstacle à la prière : "Fils de l'homme, ces gens-là portent leurs idoles dans leur coeur, et ils attachent leurs regards sur ce qui les a fait tomber dans l'iniquité. Me laisserai-je consulter par eux ?" (Ezéchiel : 14 / 3)
Les idoles dans le coeur contraignent Dieu a refuser d'écouter nos prières.
Qu'est-ce qu'une idole ? Tout être ou tout objet qui prend la place qui revient à Dieu, ou qui est le suprême objet de notre affection est une idole. Dieu seul a droit à la place suprême dans nos coeurs. Toute autre personne ou tout autre chose doit lui être subordonnée.
Beaucoup d'hommes font de leur femme une idole. Ce n'est pas qu'un homme puisse jamais trop aimer sa femme, mais il peut lui donner une place qui ne lui revient pas, il peut la faire passer avant Dieu; et quand un homme s'inquiète de plaire à sa femme plus qu'à Dieu, quand il lui donne la première place et à Dieu la seconde, sa femme est une idole, et Dieu ne peut écouter ses prières.
Beaucoup de femmes font de leurs enfants des idoles. Ce n'est pas qu'on puisse trop aimer ses enfants. Plus nous chérissons Christ, plus nous chérissons nos enfants; mais nous pouvons leur donner une place qui ne leur revient pas, nous pouvons les faire passer avant Dieu et leurs intérêts avant les intérêts de Dieu. Quand nous agissons ainsi, nos enfants sont des idoles pour nous.
Beaucoup d'hommes font de leur renommée ou de leurs affaires une idole. Renommée et affaires passent avant Dieu. Dieu ne peut écouter les prières de tels hommes.
Si nous voulons être puissants dans la prière, il nous faut élucider ce point capital : Dieu a-t-il absolument la première place ?
Est-il pour nous plus que femme, enfants, renommée, affaires, plus que notre propre vie ?
S'il en est autrement, la prière triomphante nous est impossible.
C'est souvent en ne répondant pas à nos prières que Dieu nous montre que nous avons une idole. Etant ainsi conduits à rechercher pourquoi nos prières ne sont pas exaucées, nous découvrons l'idole, et si nous la rejetons, Dieu exauce.
4.- Quatrième obstacle à la prière : "Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et n'aura point de réponse." (Proverbes : 21 / 13)
Il n'y a peut-être pas de plus grand obstacle à la prière que l'avarice, le manque de libéralité à l'égard des pauvres et à l'égard de l'oeuvre de Dieu. Celui qui donne généreusement reçoit abondamment de Dieu. "Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servi." (Luc : 6 / 38).
L'homme généreux est puissant dans la prière.
La prière de l'avare est sans puissance.
L'une des plus merveilleuses affirmations concernant la prière triomphante, est celle de (1 Jean : 3 / 22) : "Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable", est en relation directe avec la générosité à l'égard de ceux qui sont dans le besoin. Le contexe nous montre que lorsque nous aimons, non pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité, lorsque nous ouvrons nos entrailles à notre frère dans le besoin, c'est alors et alors seulement que nous avons de l'assurance devant Dieu dans la prière.
Beaucoup d'hommes ou de femmes qui recherchent la cause secrète de leur impuissance dans la prière ne devraient pas chercher bien loin.; ce n'est ni plus ni moins que l'avarice pure.
Si nous voulons obtenir de Dieu, nous devons donner aux autres. La plus merveilleuse promesse de la Bible concernant la façon dont Dieu peut subvenir à nos besoins est peut-être celle-ci :
"Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ." (Philippiens : 4 / 19)
Cette glorieuse promesse fut faite à l'église de Philippes, en relation étroite avec sa générosité.
5.- Cinquième obstacle à la prière : "Et lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses." (Marc : 11 / 25)
L'esprit de rancune est l'un des plus fréquents obstacles à la prière. La prière ne peut être exaucée que si nos péchés ont été préalablement pardonnés; mais Dieu ne peut agir avec nous sur cette base si nous sommes mal disposés envers ceux qui nous ont fait du tort. Quiconque nourrit de la rancune à l'égard d'autrui ferme hermétiquement l'oreille de Dieu à ses propres demandes. Combien crient à Dieu pour la conversion d'un mari, d'enfants, d'amis et se demandent pourquoi leur prière n'est pas exaucée, alors que tout le secret réside en quelque rancune contre une personne qui leur a fait du tort ou même qu'ils s'imaginent leur en avoir fait. Beaucoup de parents laissent leurs enfants tomber dans la perdition éternelle pour la misérable satisfaction de haïr quelqu'un.
6.- Sixième obstacle à la prière : "Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible; honorez-les comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières." (1 Pierre : 3 / 7)
Ici il nous est dit clairement que de mauvais rapports entre mari et femme sont un obstacle à la prière.
Dans bien des cas, la prière d'un mari est entravée parce qu'il manque à son devoir vis-à-vis de sa femme, et il est indubitable également que la prière de plus d'une épouse est entravée par ses manquements vis-à-vis de son mari. Si maris et femmes cherchaient soigneusement la cause de l'inexaucement de leurs prières, ils la trouveraient souvent dans leurs relations réciproques.
Il y a d'autres choses dans les relations entre maris et femmes dont il ne peut être publiquement question, mais qui, sans aucun doute, sont souvent un obstacle pour s'approcher de Dieu dans la prière. Sous le saint nom de mariage peut se dissimuler une somme de péché qui est une cause de mort spirituelle et d'impuissance dans la prière. Que tout homme ou femme dont les prières paraissent ne recevoir aucune réponse, étale devant Dieu toute sa vie conjugale et lui demande de metre le doigt sur tout ce qui déplaît à sa vue.
7.- Septième obstacle à la prière : "Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu'il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur." (Jacques : 1 / 5-7)
Les prières sont entravées par l'incrédulité. Dieu exige que nous croyions sa parole d'une façon absolue; la mettre en doute c'est le faire menteur. C'est pourtant là ce que font beaucoup d'entre nous tout en invoquant ses promesses; quoi d'étonnant à ce que nous ne soyons pas exaucés ? Combien de prières sont entravées par notre misérable incrédulité. Nous allons à Dieu, nous lui demandons une chose qu'il a positivement promise dans sa parole et nous ne nous attendons qu'à moitié à l'obtenir. "Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur."
X
Quand prier
Pour recevoir la plénitude de bénédiction que comporte une vie de prière, il importe de prier non seulement comme il convient, mais aussi quand il convient. L'exemple de Christ lui-même est riche en suggestions quant au moment qui convient à la prière.
1
Nous lisons : "Vers le matin, pendant qu'il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert où il pria." (Marc : 1 / 35)
Jésus choisit les premières heures matinales pour prier. Beaucoup d'entre les plus puissants hommes de Dieu ont suivi en cela l'exempl du Seigneur. On peut accomplir davantage en priant dans les premières heures du jour quà tout autre moment. Tout enfant de Dieu qui veut tirer de sa vie le meilleur parti pour Christ doit mettre à part la première partie de la journée pour rencontrer Dieu dans l'étude de sa parole et dans la prière. Nous devons obtenir la victoire avant que vienne l'heure de l'épreuve, de la tentation ou du service. C'est dans le lieu secret de la prière qu'il nous faut livrer nos batailles et remporter nos victoires.
2
Le chapitre de Luc, nous apporte encore une lumière quant au moment où il convient de prier. Nous lisons : "En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagnepour prier, et il passa tout la nuit à prier Dieu." (Luc : 6 / 12)
Ici nous voyons Jésus prier la nuit, passer la nuit entière en prière. Nous n'avons naturellement aucune raison de supposer que ce fût une habitude régulière de notre Seigneur; nous ne savons même pas si cela se produisait fréquemment, mais il est certain qu'il consacra parfois la nuit entière à prier. Ici il est bon de suivre les traces du Maître.
Les nuits de prière avec Dieu sont suivies de journées de puissance parmi les hommes. Pendant les heures de la nuit, le monde est assoupi et silencieux et il nous est facile d'être seuls avec Dieu, sans être troublés dans notre communion avec lui. Une nuit de prière doit être placée entièrement sous le contrôle de Dieu.
3
Jésus-Christ pria avant tous les grands événements de sa vie terrestre.
Il pria avant de choisir le douze apôtres, avant de prononcer le sermon sur la montagne, avant de partir pour une tournée d'évangélisation, avant d'être baptisé du Saint-Esprit et d'entrer dans son ministère public, avant d'annoncer aux douze sa mort prochaine, avant le grand achèvement de sa vie sur la croix (Luc : 6 / 12-13; Luc : 9 / 18, 21-22; Luc : 3 / 21-21; Marc : 1 / 35-38; Luc : 22 / 39-46)
C'est ainsi que nous devons aussi faire.
Il nous faut alors prendre largement notre temps.
4
Christ pria non seulement avant les grands événements et les grandes victoires de sa vie, mais il pria aussi après les grandes oeuvres et les crises importantes.
Quand il eut nourri les cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons, et que la multitude désira l'enlever pour le faire roi, les ayant renvoyés, il se retira à l'écart sur la montagne pour prier et il passa des heures seul en prière devant Dieu (Matthieu : 14 / 23; Jean : 6 / 15).
C'est ainsi qu'il allait de victoire en victoire.
5
Jésus-Christ priait particulièrement quand sa vie était exceptionnellement active.
Il se retira alors loin des foules qui se pressaient autour de lui et gagnait le désert pour prier. Nous lisons par exemple en Luc : 5 / 15-16 : "Sa renommée se répandait de plus en plus, et les gens venaient en foule pour l'entendre et pour être guéris de leurs maladies. Et lui, il se retirait dans les déserts, et priait."
Quelquefois il n'avait pas le temps de manger (Marc : 3 / 20), d'autres fois il n'avait pas le temps de prendre le repos ni le sommeil nécessaires (Marc : 6 / 31, 33, 46), mais toujours il prenait le temps de prier, et plus il était pressé par le travail, plus il priait.
N'oublions jamais que plus le travail nous presse, plus nous devons passer de temps en prière.
6
Jésus-Christ pria avant les grandes tentations de sa vie.
A mesure qu'il approchait de la croix et comprenait qu'il y subirait la grande épreuve finale de sa vie, Jésus prit l'habitude de se rendre dans le jardin pour prier. Il alla "dans un lieu appelé Gethsémané et il dit aux disciples : asseyez-vous ici, pendant que je m'éloignerai pour prier" (Mattieu : 26 / 36).
La victoire du Calvaire fut remportée cette nuit-là dans le jardin de Gethsémané. La calme majesté de son maintien en essuyant les terribles assauts qu'il subit au prétoire de Pilate et au Calvaire fut le résultat de la lutte, de l'agonie et de la victoire de Gethsémané.
Biens des tentations viennent sur nous inopinément et à l'improviste, et tout ce que nous pouvons faire alors est de crier à Dieu afin qu'il nous secoure sur-le-champ; mais nous pouvons voir venir de loin plus d'une tentation et dans de tels cas la victoire doit être remportée avant que la tentation ne nous atteigne.
7
Nous lisons aussi : "Priez sans cesse" (1 Thessaloniciens : 5 / 17) et aussi : "faites en tous temps toutes sortes de prières." (Ephésiens : 6 / 18)
Notre vie tout entière doit être une vie de prière. Nous devons marcher enconstante communion avec Dieu. Notre âme doit constamment regarder en haut vers Dieu. Nous devons marcher si habituellement dans sa présence que, même quand nous nous éveillons la nuit, ce soit pour nous la chose la plus naturelle que de lui adresser des actions de grâces et des supplications.

XI
La nécessité d'un réveil universel
Si nous voulons prier comme il convient à une époque comme la nôtre, beaucoup de nos prières doivent tendre au réveil universel. S'il y eut jamais un temps dans lequel il fût nécessaire de crier à Dieu, c'est bien celui dans lequel nous vivons. Il est sûrement temps que l'Éternel agisse, car les hommes ont annulé sa Loi (Psaume : 119 / 126 , version de Lausanne). La voix du Seigneur qui retentit dans sa parole écrite est réduite à néant tant que par l'Église que par le monde. Une telle époque ne doit pas nous porter au découragement; celui qui croit en Dieu et en la Bible ne peut jamais être découragé, mais il est temps pour Jehovah lui-même d'intervenir et d'agir. Le chrétien avisé, sentinelle en éveil sur les murailles de Sion, peut bien crier avec le Psalmiste d'autrefois : "Il est temps que l'Éternel agisse; ils ont annulé ta loi" (Psaume : 119 / 126 , version de Lausanne).
Le grand besoin du jour, c'est un réveil universel.
Voyons d'abord ce qu'est un réveil !
Le mot anglais que nous traduisons par l'expression courante de "Réveil" est "revival" qui signifie littéralement "retour à la vie".
C'est un temps où la vie est activée ou communiquée. Comme Dieu seul peut donner la vie, un réveil est un temps où Dieu visite ses enfants, leur communique une vie nouvelle par la puissance de son Esprit et, au travers d'eux, donne la vie en partage aux pécheurs morts par leurs offenses et leurs péchés. Il y a des excitations religieuses suscitées par les méthodes artificieuses et l'influence hypnotique de simples professionnels de l'évangélisation; mais ce ne sont là que des imtations diaboliques du réveil et nous n'en voulons point. Une vie nouvelle venant de Dieu, voilà ce qu'est un réveil.
La raison pour laquellle un réveil universel est nécessaire est que la disette, la désolation et la mort spirituelles sont également universelles. Nous avons eu des réveils locaux, l'Esprit vivifiant de Dieu a soufflé sur tel ou tel serviteur de Dieu, sur telle ou telle église ou congrégation; mais nous avons besoin, intensément besoin, d'un réveil universel.
Considérons pendant quelques instants les résultats d'un réveil. Ceux-ci se manifestent chez les serviteurs de Dieu, dans l'église et parmi les perdus.
1- Les résultats d'un réveil chez un serviteur de Dieu :
a) Le serviteur de Dieu ressent un nouvel amour pour les âmes. Ils sont mus par l'ardent désir du salut de leur prochain. Ils oublient leur ambition de prêcher de beaux sermons qui les rendent célèbres, ils ont simplement soif de voir des hommes et des femmes amenés à Christ.
b) Quand vient un vrai réveil, les serviteurs de Dieu éprouvent un nouvel amour pour la parole de Dieu et ont en elle une foi nouvelle. Un authentique réveil, vaste et irrésistible, ferait plus pour retourner les choses sens dessus dessous -et les remettre ainsi dans le bon sens- que tous les tribunaux qui aient jamais été institués pour condamner les hérésies.
c) Les réveils apportent à la prédication des serviteurs de Dieu une liberté nouvelle et une nouvelle puissance. Dans les temps de réveil, prêcher devient une joie et un rafraîchissement, et il y a de la puissance dans la prédication.
2- Les résultats d'un réveil chez les chrétiens sont généralement aussi marqués que ses effets sur le ministère:
a) Lors d'un réveil, les chrétiens sortent du monde et mènent une vie mise à part pour Christ. Des chrétiens qui auparavant folâtraient avec le monde, qui jouaient aux cartes, dansaient, allaient au spectacle et se livraient à d'autres folies semblables les abandonnent. Quand on reçoit une vie et une lumière accrues on découvre qu'elles sont incompatibles avec ces vanités.
b) Ils ont un esprit de prière tout nouveau, les réunions de prières ne sont plus un devoir. On trouve un goût nouveau à la pratique de la prière privée.
c) Ils se mettent au travail pour les âmes perdues. Ils ne vont pas aux réunions pour se divertir ou pour "être bénis". Ils y vont pour guetter les âmes et les amener à Christ.
d) Lors d'un réveil les chrétiens trouvent en Christ une joie nouvelle. La vie c'est la joie, et un renouveau de vie c'est un renouveau de joie. Les temps de réveil sont des temps joyeux, des jours de ciel sur la terre.
e) Dans les temps de réveil, les chrétiens ont un nouvel amour pour la parole de Dieu. Ils désirent l'étudier jour et nuit. Les réveils sont fâcheux pour les cafés et les salles de spectacles.
3- Mais les réveils ont aussi une influence décisive sur le monde des perdus :
a) Avant tout, ils apportent une profonde conviction de péché. Jésus disait que, lorsque l'Esprit sera venu, il convaincrait le monde de péché (Jean : 16 / 7-8). Or, nous avons vu qu'un réveil c'est l'effusion du Saint-Esprit, par conséquent il faut qu'il y ait à nouveau conviction de péché, ce qui se produit effectivement. Si vous voyez quelque chose que les hommes appellent réveil et qu'il n'y ait aucune conviction de péché, vous pouvez être assuré immédiatement que c'est un imposture. Ce signe est certain.
b) Les réveils amènent aussi la conversion et la régénération. Quand Dieu rafraîchit son peuple, il convertit toujour des pécheurs. Le premier résultat de la Pentecôte fut un renouvellement de vie et de puissance pour les cent vingt disciples dans la chambre haute, le second : trois mille conversions dans la même journée. Il en est toujours ainsi.
Pourquoi un réveil universel est-il nécessaire ?
Je pense que la simple description de ce qu'il est et de ce qu'il opère montre combien nous en avons besoin, intensément besoin, mais considérons quelques-unes des circonstances particulières qui soulignent ce besoin. Signaler ces circonstances est bien propre à vous faire traiter de pessismiste Eh ! bien, si regarder les faits en face s'appelle du pessimisme, je consens à être appelé pessimiste. Si, pour être optimiste il faut fermer les yeux et appeler blanc ce qui est noir, vérité ce qui est erreur, justice ce qui est péché et vie ce qui est mort, je ne veux pas être appelé optimiste. Cependant, je suis un optimiste tout de même, car reconnaître l'état réel des choses conduit à un état meilleur.
1- Considérons d'abord le ministère :
a) Beaucoup de ceux qui parmi nous professent l'orthodoxie sont, dans la pratique, des incrédules. Ce langage est rude, mais le fait est indiscutable. Il n'y a pas de différence essentielle entre les enseignements de tel éminent rationaliste et ceux de quelques-uns de nos éminents professeurs en théologies. Ces derniers ne sont pas toujours aussi francs et honnêtes sur le sujet. Ils s'expriment en phrases plus élégantes et mieux étudiées, mais la signification est identique. Une bonne partie de ce qu'on appelle nouvelle école et haute critique n'est autre que de l'incrédulité enrobée de sucre.
Il n'y a pas grand-chose de neuf dans la haute critique. Nos futurs pasteurs sont souvent instruits par des professeurs incrédules. Etant des jeunes gens sans maturité quand ils entrent à la faculté ou au séminaire, ils en ressortent tout naturellement incrédules eux-mêmes dans bien des cas, et s'en vont empoisonner l'église.
b) Même quand nos ministres sont franchement orthodoxes -et, Dieu merci, ceux-ci sont fort nombreux- bien souvent ce ne sont pas des hommes de prière. Combien de pasteur savent aujourd'hui ce que c'est que de lutter dans la prière, passer une bonne partie de la nuit à prier ? J'en ignore leur nombre, mais ce que je sais bien, c'est que beaucoup ne savent pas prier ainsi.
c) Parmi ceux qui exercent le ministère, beaucoup n'ont pas l'amour des âmes. Combien en est-il qui prêchent parce qu'ils en sont intérieurement pressés devant le grand nombre de ceux qui périssent et dans l'espérance d'en sauver quelques-uns ? Et combien poursuivent leur prédication comme Paul le faisait en suppliant les hommes en tous lieux d'êtres réconciliés avec Dieu ? Peut-être a-t-on assez parlé de nous autres serviteurs de Dieu, mais il est évident qu'un réveil est nécessaire dans notre propre intérêt, sinon quelques-uns d'entre nous auront à se présenter devant Dieu, accablés de confusion, au jour terrible de la reddition des comptes qui vient sûrement.
2- Regardons maintenant l'Église :
a) Voyez l'état de l'Église au point de vue doctrinal. Il est assez mauvais : beaucoup ne croient pas à la Bible en son entier; ils pensent que le livre de la Genèse est un mythe, l'histoire de Jonas une allégorie, doutent des miracles du Fils de Dieu, considèrent la doctrine de la prière comme vieillotte et raillent l'oeuvre du Saint-Esprit; la conversion leur paraît inutile et ils ne croient plus à l'enfer.
b) Voyez maintenant l'état spirituel de l'Église. La mondanité envahit ses membres. Beaucoup d'entre eux sont aussi acharnés que quiconque dans la poursuite de la fortune. Ils se servent des méthodes du monde pour accumuler des richesses et ils y sont aussi attachés que quiconque quand ils les ont obtenues.
Les membres d'église dépourvus d'esprit de prière abondent de toutes parts.
La négligence de la Parole de Dieu va de pair avec celle de la prière. Un très grand nombre de chrétiens passent deux fois plus de temps chaque jour à se vautrer dans la boue des quotidiens qu'ils n'en passent à se purifier dans cette cuve d'airain qu'est la Sainte Parole de Dieu. Combien y a-t-il de chrétiens qui passent en moyenne une heure par jour à l'étude de la Bible ?
Le manque de générosité va de pair avec la négligence de la prière et de la Parole de Dieu. Les églises s'enrichissent rapidement, mais la caisse des sociétés missionnaires est vide.
Il y a aussi le mépris croissant du jour du Seigneur. Il devient rapidement un jour de plaisir mondain au lieu d'un jour de service divin. Le journal du dimanche, avec son bavardage futile et ses potins immondes, prend la place de la Bible, tandis que les distractions mondaines, les sports, la bicyclette, aussi l'automobile prennent celle de l'école du dimanche et du culte.
Les chrétiens se mêlent au monde dans toutes sortes d'amusements douteux, et encore quand on n'apporte pas tout cela dans l'église !
Enfin, quelle faible proportion des membres de nos églises porte réellement en communion avec Jésus-Christ le fardeau des âmes !
Mais c'est assez parlé de l'état spirituel de l'Église.
3- Regardons maintenant l'état du monde :
a) Notez combien il y a peu de conversions. Il y a bien çà et là une église qui compte un grand nombre de nouvelles adhésions à sa profession de foi, mais ces églises sont des exceptions, et il est rare que ces adhésions correspondent à des conversions profondes, complètes et satisfaisantes.
b) La conviction de péché fait défaut. Il est rare que les hommes soient écrasés par le sentiment de leur terrible culpabilité, alors qu'ils foulent aux pieds le Fils de Dieu. Le péché est considéré comme un "malchance", une "faiblesse", voire "une bonne intention", rarement comme une monstrueuse offense contre le Dieu saint.
c) L'incrédulité est florissante. Beaucoup considèrent comme un signe de supériorité intellectuelle le fait de rejeter la Bible et même la foi en Dieu et à l'immortalité. C'est à peu près le seul signe de supériorité intellectuelle que beaucoup possèdent, et c'est sans doute pourquoi ils s'y cramponnent avec tant de tenacité.
d) Cette incrédulité universellement répandue va la main dans la main, comme cela s'est toujours vu, avec une monstrueuse immoralité. L'incrédulité et l'immoralité sont soeurs siamoises. Elles existent, croissent et s'amplifient toujours ensemble. Cette immoralité règne partout.
Regardez cet adultère légal que nous appelons le divorce. Des hommes épousent une femme après l'autre et continuent à être admis dans la bonne société; les femmes font de même.
Cette immoralité se retrouve aussi dans les spectacles. Le meilleur est déjà passablement mauvais, mais aujourd'hui les courtisanes, les dégénérés et autres vils et innommables accessoires de mise en scène déterminent le goût du jour, et les femmes qui s'avilissent dans de tels rôles sont encensées par la presse et bien accueillies par les personnes considérées comme les plus honorables.
Une bonne partie de notre littérature est pourrie, mais des gens convenables n'en lisent pas moins telle ignoble production parce qu'elle fait fureur. L'art ne sert le plus souvent que de paravent à une indécence éhontée; des femmes sont amenées à jeter au vent toute pudeur afin de permettre à l'artiste de perfectionner son talent et de se pervertir.
L'avidité pour l'argent est devenue la rage du riche et du pauvre. Le multimillionnaire vendra son âme et foulera aux pieds les droits de son prochain dans la folle espérance de devenir milliardaire, et l'ouvrier ira jusqu'au meurtre pour augmenter les pouvoirs du syndicat et maintenir le niveau des salaires. On fait la guerre et on tue les hommes comme des chiens pour améliorer le commerce et pour conférer du prestige à des politiciens sans scrupules qui se donnent pour des hommes d'Etat.
Aujourd'hui, la licence des moeurs redresse en tous lieux sa tête de serpent. Vous la voyez dans les journeaux, vous la voyez sur les panneaux publicitaires, sur les réclames de cigares, de chaussures, de bicyclettes, de spécialités pharmaceutiques, de corsets ou de n'importe quoi. Vous la voyez dans les rues, la nuit. Vous la voyez à la porte même de l'église.
La condition morale du monde de nos jours est répugnante, écoeurante, épouvantable.
Nous avons besoin d'un réveil profond, étendu, universel, dans la puissance du Saint-Esprit.
Ou bien nous aurons un réveil universel, ou bien nous verrons la dissolution de l'Église, du foyer, de l'Etat.
Un réveil, vie nouvelle venue de Dieu est le remède, l'unique remède. Cela seul refoulera la terrible marée de l'immoralité et de l'incrédulité. De simples discussions n'y peuvent rien; mais un vent soufflant du ciel, une nouvelle effusion du Saint-Esprit, un vrai réveil envoyé par Dieu le fera. L'incrédulité, la haute critique, la science chrétienne, le spiritisme, l'universalisme, tout cela s'effondrera devant l'effusion de l'Esprit de Dieu.
Le grand besoin du jour, c'est un réveil universel. C'est évident. On ne peut, en toute honnêteté, diverger d'opinion sur ce point.
Que ferons-nous donc ? Prions.
Reprenons la prière du Psalmiste : "Rends-nous à la vie afin que ton peuple se réjouisse en toi". (Psaume : 85 / 7)
Reprenons la prière d'Ezéchiel : "Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts et qu'ils revivent". (Ezéchiel : 37 / 9)

XII
Rôle de la prière avant et pendant les réveils
Il serait fort incomplet ce sujet "De la prière", si l'on ne considérait aussi le rôle de la prière au cours des réveils.
Le premier grand réveil de l'histoire chrétienne eut pour origine, de la part des hommes, une réunion de prière de dix jours. Nous lisons, au sujet de cette poignée de disciples, que : "Tous d'un commun accord persévéraient dans la prière" (Actes : 1 / 14). Et nous voyons le résultat de cette réunion de prière dans le deuxième chapitre des Actes des Apôtres : "Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler dans d'autres langues, selon que l'Esprist leur donner de s'exprimer" (Actes : 1 / 4). Le même chapitre nous apprend plus loin qu'"en ce jour-là, le nombre des disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes" (Actes : 1 / 41). Ce réveil s'avéra authentique et durable. Les nouveaux convertis "persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières" (Actes : 1 / 42). "Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés" (Actes : 1 / 47).
Depuis lors, tout vrai réveil a eu pour origine humaine la prière. Le grand réveil du temps de Jonathan Edwards au XVIIIè siècle, commença par son fameux appel à la prière.
La merveilleuse oeuvre de grâce parmi les Indiens, par le ministère de Brainerd, eut pour point de départ les jours et les nuits que Brainerd passa devant Dieu, en prière, afin d'être revêtu de la puissance d'en-haut pour cette oeuvre.
Ce fut un bien remarquable et vaste déploiement de la puissance revivifiante de Dieu qui éclata à Rochester (New York), en 1830, par le ministère de Charles-G Finney; non seulement il s'étendit d'un bout à l'autre de cet Etat, mais, finalement, il gagna aussi la Grande-Bretagne. Finney lui-même attribuait la puissance de cette oeuvre à l'esprit de prière qui régnait alors. Voici ce qu'il en dit dans son autobiographie.
"Etant en route pour Rochester, alors que nous traversions un village à quelque trente miles à l'est de cette localité, un frère dans le ministère, de ma connaissance, m'ayant aperçu sur le bateau fluvial, sauta à bord pour converser un moment avec moi. Il voulait seulement faire un bout de chemin et s'en retourner. Toutefois, il fut intéressé par la conversation et apprenant où j'allais, il décida de continuer et de m'accompagner à Rochester. Nous étions dans cette ville depuis quelques jours quand ce frère fut saisi d'une si profonde conviction de péché qu'à un moment donné, alors que nous passions dans la rue, il ne put s'empêcher d'éclater en sanglots. Le Seigneur lui donna un puissant esprit de prière et son coeur fut brisé. Comme nous priions ensemble, je fus frappé de sa foi au sujet de ce que le Seigneur allait accomplir. Je me rappelle qu'il disait : "Seigneur, je ne sais pas comment il se fait, mais j'ai comme l'assurance que tu vas faire une grande oeuvre dans cette ville". L'esprit de prière fut puissamment répandu, à tel point que quelques personnes se tenaient à l'écart des cultes publics pour prier, étant incapables de contenir leur émotion pendant la prédication.
"Il faut que je mentionne ici le nom d'un homme dont j'aurai fréquemment l'occasion de parler : Mr Abel Clary. Il était fils d'un excellent homme et ancien de l'église dans laquelle je fus converti. Il était le prédicateur, mais son esprit de prière était tel, il était tellement chargé du fardeau des âmes qu'il ne lui était pas possible de prêcher beaucoup, son temps et ses forces étant voués en totalité à la prière. Ce poids sur son coeur était souvent si lourd qu'il ne pouvait se tenir debout mais qu'il se tordait et gémissait comme en agonie. J'étais assez intime avec lui et connaissais quelque peu ce merveilleux esprit de prière. C'était un homme très silencieux, comme presque tous ceux qui ont un puissant esprit de prière.
"J'appris qu'il était à Rochester par un monsieur habitant à environ un mile à l'ouest de la ville qui vint me rendre visite un jour et me demanda si je connaissais un certain Mr Abel Clary, pasteur. Je lui répondis que je le connaissais bien. -Eh bien ! dit-il, il est chez moi depuis quelque temps mais je ne sais que penser de lui.- Je ne l'ai vu à aucune de nos réunions, remarquai-je.- Non, répondit-il, il dit qu'il ne peut aller aux réunions. Il prie presque tout le temps, jour et nuit, et dans une telle agonie d'esprit que je ne sais que faire. Parfois il ne peut même pas se tenir sur les genoux, mais il gît prostré sur le plancher et gémit et prie d'une manière qui m'étonne vraiment". Je dis à ce frère : Je comprends, mais je vous en prie, demeurez en paix. Tout s'arrangera : il triomphera sûrement dans la prière".
"Je connaissais à l'époque un nombre considérable d'hommes qui étaient éprouvés de la même façon. Le diacre P. de Camden dans le comté d'Oneida, le diacre T. de Rodman dans le comté de Jefferson, le diacre B. d'Adams dans le même comté, ce monsieur Clary, beaucoup d'autres hommes et un grand nombre de femmes étaient animés du même esprit et passaient une grande partie de leur temps dans la prière. Le père Nash, comme nous l'appelions, qui vint m'aider dans plusieurs de mes champs de travail, était encore un de ces hommes qui avaient ce puissant esprit de prière triomphante. Ce Mr Clary resta à Rochester tout le temps que j'y fus et ne partit qu'après moi. Il ne parut jamais en public, pour autant que je sache, mais s'adonna constamment à la prière.
"Un jour, à Auburn, c'était je pense le second dimanche que nous y passions, je remarquai dans l'assemblée le visage solennel de Mr Clary. Il paraissait accablé sous un fardeau de prière. Etant, comme je l'ai déjà dit, assez lié avec lui et connaissant le grand esprit de prières dont Dieu lui avait fait don, je fus très heureux de le voir là. Il était assis dans le coeur avec son frère, le docteur, qui faisait aussi profession de religion, mais qui, je pense, n'avait pas comme son frère Abel l'expérience de cette grande puissance auprès de Dieu.
"Entre deux réunions, comme je descendais de la chaire, Mr Clary et son frère vinrent à ma rencontre au pied des marches et le docteur m'invita à aller chez lui passer ce moment et prendre une légère collation, ce que j'acceptai.
Arrivés chez lui, nous fûmes bientôt appelés à table. Nous nous y assîmes et le Dr Clary, se tournant vers son frère, dit : "Abel, veux-tu demander la bénédiction ?" Frère Abel inclina la tête et commença à haute voix. Il avait à peine prononcé une phrase ou deux qu'il s'effondra brusquement, se retira soudain de la table et s'enfuit dans sa chambre. Le docteur, pensant qu'il s'était subitement trouvé indisposé, se leva et le suivit. Au bout de quelques instants, il redescendit et dit : "Mr Finney, mon frère Abel désire vous voir. -Qu'est-ce qu'il a ?- Je ne sais pas, mais il dit que vous le savez. Il paraît être dans une grande affliction, mais je pense que c'est son état d'esprit". Je compris alors et montai à sa chambre. Il était allongé sur son lit et gémissait : l'Esprit intercédait pour lui et en lui par des soupirs inexprimables. J'étais à peine entré dans la pièce qu'il parvint à dire : "Priez, frère Finney". Je m'agenouillai et l'assistai dans la prière, conduisant son âme dans l'intercession pour la conversion des pêcheurs. Je continuai à prier jusqu'à ce que son affliction fût apaisée, puis je retournai à table.
"Je compris que c'était là la voix de Dieu. Je vis que l'esprit de prière était sur lui, sentis son influence sur moi-même et fus assuré que l'oeuvre avancerait puissamment. Il en fut bien ainsi. Le pasteur me dit plus tard avoir constaté que pendant les six semaines que j'avais passées là, cinq cents âmes avaient été converties"
Finney, dans ses "Discours sur les réveils" parle d'autres remarquables réveils donnés en réponse aux prières du peuple de Dieu. Il dit quelque part : "Un pasteur de W... me parla d'un réveil parmi la population, qui commença par une femme zélée et consacrée de son église. Elle fut tourmentée au sujet des pécheurs et se mit à prier pour eux; plus elle priait, plus son angoisse augmentait. Finalement elle vint trouver son pasteur et lui demanda d'organiser une réunion pour les âmes troublées, car elle sentait qu'il en fallait une. Le pasteur refusa, car il ne sentait rien de semblable. La semaine suivante elle revint et le supplia de nouveau; elle savait qu'il y aurait des gens pour y assister, car elle sentait que Dieu allait répandre son Esprit. Il refusa encore. Finalement elle lui dit : "Si vous ne faites pas cette réunion, j'en mourrai, car il va certainement y avoir un réveil". Le dimanche suivant il annonça une réunion et dit que s'il y avait quelqu'un qui désirât s'entretenir avec lui du salut de son âme, il le rencontrerait ce soir-là. Il n'avait connaissance d'aucun cas, mais quand il se rendit à l'endroit convenu, il trouva à sa stupéfaction un grand nombre de personnes inquiètes venues l'interroger.
Ailleurs encore il dit : "Le premier rayon de lumière qui luit dans la nuit profonde qui enveloppait les églises du comté d'Oneida, à la fin de 1825, vint d'une femme de santé délicate qui, je pense, ne s'était jamais trouvé dans un puissant réveil. Son âme était angoissée au sujet des pécheurs. Elle était en agonie pour le pays. Elle ne savait ce qui lui arrivait, mais elle continua à prier toujours davantage, à tel point qu'il lui sembla que son agonie allait détruire son corps. Enfin, elle fut remplie de joie et s'écria : "Dieu est venu ! Dieu est venu ! On ne peut s'y tromper,l'oeuvre est commencée et s'étend sur toute la région". Et effectivement l'oeuvre commença, presque toute la famille fut convertie et le réveil s'étendit sur toute cette partie du pays".
Le grand réveil de 1857, aux Etats-Unis, commença dans la prière et se poursuivit par la prière plus que par aucun autre moyen. Le docteur Cuyler écrivait il y a quelques années, dans un journal religieux : "la plupart des réveils ont d'humbles débuts et le feu s'allume dans quelques coeurs brûlants. Ne méprisons jamais le temps des petits commencements. Pendant toute la durée de mon long ministère, presque chaque oeuvre eut une origine semblable. L'une commença dans une réunion convoquée quelques heures seulement à l'avance dans une maison particulière, une autre dans un groupe réuni par Mr. Moody pour une étude biblique dans notre salle d'évangélisation, une autre encore, la plus puissante de toutes, fut allumée par une glaciale soirée de janvier, au cours d'une réunion de jeunes chrétiens assemblés sous mon toit. Le docteur Spencer, dans ses Esquisses pastorales (le livre le plus suggestif que j'aie jamais lu dans ce genre) nous raconte qu'un réveil remarquable jaillit, dans son église, des prières ferventes d'un vieillard infirme, confiné dans sa chambre. Ce profond chrétien qu'est le Dr Thomas H. Skinner, de l'Union Theological Seminary, me fit une fois le récit d'une remarquable rencontre dans son bureau de trois hommes fervents, alors qu'il était pasteur de l'église d'Arch Street, à Philadelphie. Ils luttèrent littéralement dans la prière, purifièrement leur coeur dans la confession de leurs péchés et s'humilièrent devant Dieu. L'un après l'autre, les anciens de l'église vinrent se joindre à eux. La flamme ainsi allumée d'en-haut s'étendit à travers l'assemblée entière, en l'un des plus puissants réveils que l'on ait jamais vus dans cette ville. Au début du XVIè siècle il y eut un grand réveil religieux dans l'Ulster, en Irlande. Les terres des chefs rebelles qui avaient été confisquées par la couronne d'Angleterre étaient alors occupées par une population de colons, animés, pour la plupart, d'un sauvage esprit d'aventure. La vraie piété était rare. Sept pasteurs, cinq venus d'Ecosse et deux d'Angleterre, s'établirent dans le pays, à partir de 1613. Un contemporain nous rapporte qu'un de ces pasteurs, nommé Blair, "passait de nombreuses journées et de nombreuses nuits dans la prière, seul ou avec d'autres, et qu'une grande intimité avec Dieu lui était accordée". James Glendenning, homme très pauvre en dons naturels, avait le même esprit de prière. C'est sous sa conduite que le travail commença. Le chroniqueur déclare : "C'était un homme qui n'aurait jamais été choisi ni envoyé par un sage comité de pasteurs pour commencer une réforme dans ce pays. Pourtant, ce fut le choix du Seigneur de se servir de lui pour commencer l'admirable oeuvre de Dieu que je mentionne à dessein, afin que tous puissent voir combien la gloire appartient au Seigneur seul, d'avoir suscité une nation sainte dans ce pays impie; ce ne fut " ni par la puissance, ni par la force, mais par mon Esprit, dit l'Éternel des armées". Pendant sa prédication à Oldstone, des multitudes d'auditeurs se sentirent saisis d'une grande anxiété et terriblement repris dans leur conscience. Ils se regardaient comme perdus et damnés et criaient : "Hommes frères, que ferons-nous pour être sauvés ?". Ils furent frappés jusqu'à s'évanouir par la puissance de sa parole. En un seul jour, douze d'entre eux furent portés dehors comme morts, non pas des femmes, mais quelques-uns des esprits les plus hardis de la contrée, de ceux qui auparavant ne craignaient point de jeter l'effroi par leur épée dans tout un bourg. "J'ai entendu l'un d'eux, continue le chroniqueur, auparavant puissant gaillard et maintenant chrétien plein de puissance, dire que son but en entrant dans cette église avait été de s'entendre avec ses compagnons sur la manière d'opérer quelque mauvais coup".
Cette oeuvre s'étendit à traver tout le pays. Vers l'année 1626, il y avait chaque mois une réunion de prière à Antrim. L'oeuvre s'étendit au delà des limites de Down et d'Antrim, aux églises des pays avoisinants. L'intérêt pour les choses religieuses devint si grand qu'on venait de trente à quarante miles à la ronde pour la communion et qu'on s'en retournait sans avoir dormi et sans sentir la fatigue. Beaucoup d'entre eux ne mangeaient ni ne buvaient dans l'intervalle et quelques-uns déclaraient cependant qu'ils "repartaient plus frais et plus vigoureux, tant l'âme était remplie du sentiment de la présence de Dieu".
Ce réveil changea complètement le caractère de l'Irlande du Nord.
Un autre grand réveil en Irlande, en 1859, eut une origine à peu près semblable. nombreux furent ceux qui, n'étant pas au courant, crurent que cette oeuvre merveilleuse s'était produite inopinément et sans préparation. Mais le révérend William Gibson, président de l'Assemblée générale de l'Eglise presbytérienne d'Irlande en 1860, raconte, dans son très intéressant et pécieux historique de l'oeuvre, comment elle fut préparée pendat deux ans. On s'était fréquemment entretenu à l'Assemblée générale du misérable niveau religieux des églises et du besoin d'un réveil. Il y avait eu des sessions entières consacrées à la prière. Finalement quatre jeunes hommes, qui devinrent les initiateurs de cette grande oeuvre, commencèrent à se réunir dans une vieille école des environs de Rells. Vers le printemps de 1858, une oeuvre de puissance commença à se manifester, puis elle s'étendit de ville en ville, de comté en comté. Les assemblées devinrent trop grandes pour leurs locaux et les réunions se tinrent en plein air, souvent fréquentées par plusieurs milliers de personnes. Fréquemment aussi plusieurs centaines de personnes étaient convaincues de péché en une seule réunion. En quelques endroits, les tribunaux de justice criminelle et les prisons furent fermés faute d'occupation. Il y eut des manifestations extrêmement remarquables de la puissance du Saint-Esprit, qui prouvent clairement que le Saint-Esprit est aussi disposé à agir aujourd'hui qu'aux temps apostoliques, quand les pasteurs et les chrétiens croient en lui et commencent à préparer la voie dans la prière. Le merveilleux travail de Moody en Angleterre, en Ecosse et en Irlande, et qui s'étendit plus tard en Amérique eut, du côté humain, son origine dans la prière. Moody ne produisait que peu d'impression avant que des hommes et des femmes commençassent à crier à Dieu. C'est ainsi que sa venue en Angleterre fut en tout point la réponse aux cris importuns adressés à Dieu par une sainte personne rivée à son lit. Tant que l'esprit persista, le réveil subsista dans toute sa force, mais avec le temps on usa de moins en moins de la prière et la puissance de l'oeuvre diminua très sensiblement. Il est hors de doute que l'une des raisons fondamentales pour lesquelles beaucoup de nos soi-disants réveils modernes ne sont ni satisfaisants, ni profonds, ni réels, est qu'on les fait dépendre beaucoup plus de procédés humains que de la puissance de Dieu recherchée et obtenue par la prière fervente et persévérante. Nous vivons en un temps que caractérise l'usage sans cesse accru des procédés humains et l'abandon de la puissance de Dieu. Le cri du jour, c'est travail, activité, labeur, organisations modernes, méthodes actuelles, procédés nouveaux; et cependant, le grand besoin du jour, c'est la prière. Le diable a fait un coup de maître en obtenant que l'Église laisse de côté d'une façon si générale cette arme puissante qu'est la prière. Le diable consent parfaitement à ce que l'Église multiplie les organisations et invente des procédés habiles pour conquérir le monde à Christ, si seulement elle cesse de prier. Il rit en regardant à l'Église aujourd'hui et dit en lui-même :
"Peu importent vos écoles du dimanche et vos rassemblements de jeunes, vos unions chrétiennes de jeunes gens ou vos ligues féminines contre l'alcoolisme, vos activités chrétiennes, vos troupes d'éclaireurs, vos grandes chorales et vos belles orgues, vos brillants prédicateurs et aussi vos efforts pour le réveil, si vous n'y faites descendre la force du Dieu Tout-Puisant par la prière fervente, persévérante et pleine de foi, seule efficace".
La prière pourrait produire des résultats tout aussi merveilleux aujourd'hui si l'Église voulait bien s'y appliquer.
Or, il semble y avoir des indices croissants du fait que l'Église en prend conscience. De part et d'autre, Dieu place sur le coeur de pasteurs et d'assemblées un fardeau de prières qu'ils n'avaient jamais connu auparavant. On commence à s'en remettre moins aux procédés et davantage à Dieu. Des pasteurs crient à Dieu jour et nuit pour recevoir la puissance d'en-haut. Des églises ou des groupes de chrétiens se réunissent tôt le matin ou tard le soir; criant à Dieu pour la pluie de l'arrière saison. Tous les signes de la venue prochaine du réveil puissant et étendu se manifestent. Toutes les circonstances se trouvent réunies pour permettre qu'un réveil, survenant dans un pays quelconque à l'heure actuelle, se répande plus largement qu'aucun autre réveil de l'histoire. Les voyages et les moyens de communication par lettre et internet entre toutes les parties du monde sont extrêmement fréquents et rapides. Un authentique feu de Dieu allumé chez nous s'étendrait bientôt jusqu'aux points les plus reculés du globe.
La seule chose nécessaire pour produir ce feu, c'est la prière.
Il n'est pas non plus nécessaire d'attendre que l'Église entière s'y mette pour commencer à prier; les grands réveils commencent toujours dans le coeur de quelques hommes et femmes que Dieu incite par son Esprit à croire en lui comme en un Dieu vivant, un Dieu qui répond à la prière, sur le coeur desquels il place un fardeau dont on ne peut trouver aucun allègement si ce n'est en criant à lui avec importunité.
" ET MAINTENANT, PRIONS "
(Fin de cette étude qui est maintenant
à approfondir par vous mêmes)
Que l'Éternel vous bénisse, vous guide
et vous soutienne dans votre vie de prières de chaque instant