Épître de Paul aux Galates

par le Pasteur Mr Michel PELLETIER

(Avec l'aimable autorisation de l'auteur et tirée du journal "Pentecôte" Assemblée de Dieu de france)


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ÉPÎTRE AUX GALATES

Historique
Galates : 1 / 10

 
L’apôtre écrit aux habitants d’une région entière, alors que ses autres lettres sont adressées à des Églises particulières ou à des hommes.

La Galatie est une province de l’Asie Mineure.

Paul y annonce l’Évangile dès son deuxième voyage missionnaire.

Elle lui est donc familière et c’est sous la conduite de l’Esprit qu’il s’y rend.

« (…) empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie » (Actes : 16 / 6). Paul prend avec lui Silas et Timothée (Actes : 15 / 40 ; 16 / 1-3).

Dans cette contrée, l’apôtre va fonder des Églises.

A cette époque, il avait été, de la part de ces dernières, l’objet d’une affection extraordinaire. Les Galates impulsifs et enthousiastes, et malgré l’apparence humiliante de Paul, ne l’avaient pas méprisé et avaient reçu l’Évangile avec joie (Galates : 4 / 13-15). Il va y retourner lors de son troisième voyage (Actes : 18 / 23). Là, il affermit dans la foi les nouveaux convertis et c’est une réelle nécessité. Mais après les visites de Paul, ces Églises nouvelles sont la cible de « docteurs », observant les pratiques de la loi et prosélytes, auxquels l’apôtre et les Églises de Judée ont déjà dû se frotter (Actes : 15 / 1-5) ; Galates : 2 / 12-13).

Contrairement à la doctrine du salut et de la justification par la foi seule, ces docteurs enseignent la nécessité de la circoncision et des observances de la loi, même pour les païens convertis (Galates : 5 / 2, 11-12 ; 6 / 12). Pour arriver plus aisément à leur but, ces faux docteurs essaient de réduire l’autorité de Paul et lui contestent la qualité d’apôtre. Ils disent qu’il n’a pas reçu sa doctrine directement du Seigneur comme les autres apôtres dont eux-mêmes se réclament. Pourtant un clair consensus avait été établi dès la conversion des premiers païens lorsque cela avait été l’objet de débat et d’une décision unanime à Jérusalem (Actes : 15 / 1-29).

Cependant, comme c’est généralement le cas, les gens impulsifs sont peu stables et nos bien-aimés Galates sont réellement ébranlés dans leur foi ! (Galates : 1 / 6 ; 3 / 1 ; 4 / 9 ; 5 / 2-5). Paul apprend ces tristes nouvelles pendant son séjour à Ephèse (Actes : 19). Il écrit alors cette lettre aux Assemblée de Galatie, vers l’an 56.

Le bien que cette lettre fait aux Églises pour l’affermissement de la saine doctrine l’emporte de beaucoup sur le mal que font en Galatie les faux docteurs.

Dieu permet en effet cet envahissement de l’Église par les principes du judaïsme, dès ses premiers jours, pour que nous ayons une réponse, donnée par l’inspiration divine, à ces mêmes principes tellement conformes à la pensée humaine.

Quelle énergique décision dans la réparation de l’erreur, mais aussi dans l’exposition de la vérité !

Quel ardent amour pour les âmes inspire l’apôtre qui nous laisse là une lettre d’une grande richesse doctrinale !


Inconstance et déviations des Galates par rapport au pur Évangile
Galates : 1 / 6-7

 
« Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. »

« Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile (…) »

L’apôtre va droit au but. C’est le sujet capital de son épître. Il est pénétré d’une vive douleur et signale l’erreur fatale dans laquelle les Galates se sont laissé entraînés ; ils ne sont pas restés fortement attachés à l’Évangile qui leur a été prêché ! Le ton indigné de l’apôtre leur rappelle leur privilège d’avoir été parmi les premiers païens à entendre l’Évangile. Il les interpelle sur cette base vivante du salut qu’ils ont abandonné. Ce danger demeure et nous guette tous.

« Appelés par la grâce de Christ »

Voilà le caractère du vrai Évangile : la grâce !

L’apôtre nomme la doctrine des « docteurs » attachés à la Loi un « autre évangile ». Pourquoi ?

Tout simplement parce que ces docteurs, pour la plupart jaloux de l’influence de Paul, fiers de leur privilège de Juifs et voulant plier les païens aux mêmes contraintes qu’eux, font dépendre la grâce de la Loi. Ils ouvrent ainsi la porte à la doctrine de la justification et du salut par les œuvres, en contradiction avec celle de la foi en Jésus.

« Non pas qu’il y ait un autre Évangile (…) »

En réalité, ce n’est pas un autre Évangile, en effet, mais ces hommes pervertissent le vrai en touchant à sa substance. Ils prétendent que la grâce n’est pas suffisante et qu’il faut y ajouter l’observation de la Loi, rendant ainsi négligeable le sacrifice de Jésus ! (Actes : 15 / 1-24). Ils jettent le trouble dans les âmes et ébranlent leur foi (Galates : 5 / 10-12). De la même manière que Paul met en garde les Galates contre de tels agents de trouble, nous aussi nous devons nous prémunir contre toute nouvelle doctrine qui viendrait semer la confusion, le désordre dans l’Église et dans les cœurs. En faisant dépendre le salut des préceptes de la Loi, ces perturbateurs nient la parfaite suffisance de l’œuvre de Christ et dénaturent le véritable Évangile.

Si ces œuvres de la Loi avaient été capables de nous sauver, pourquoi, en effet, Christ serait-il mort dans des souffrances terribles que celles de la croix ?

Nous devons toujours nous rappeler que nul n’est juste devant Dieu et qu’aucune pratique religieuse, si méritoire soit-elle, ne nous permet de nous prévaloir de quoi que ce soit devant Dieu : tout est grâce !

C’est bien là le sens même de l’Évangile de Jésus-Christ, Bonne Nouvelle de Dieu aux hommes !


Nul ne peut faire valoir un autre Évangile
Galates : 1 / 8

 
« Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! »

La conduite des perturbateurs de l’Église est si intolérable qu’elle suscite de la part de l’apôtre une réaction des plus vives : il ne trouve aucune réponse assez forte pour blâmer ceux qui dénaturent ainsi l’Évangile de Christ. Il mesure parfaitement ce danger qui va gangrener l’Église au cours de toute l’histoire et pour y couper court, il emploie les grands moyens ! Il pose comme envisageable une hypothèse absurde, complètement invraisemblable : celle que lui, ou un ange du ciel, se fasse prédicateur d’un autre Évangile ! Alors, sans crainte, il prononce l’anathème sur celui qui s’en rendrait coupable.

L’anathème : cette parole d’exclusion, de malédiction, était quelque chose de terrible dans la culture juive et dans la pensée des chrétiens de l’époque. C’est un vœu d’exclusion de la communion de Christ pour être livré à la destruction. « Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur, qu’il soit anathème ! (…) » (1 Corinthiens : 16 / 22). Il en sera ainsi des adversaires ou de certains professants « religieux » qui n’aiment pas le Seigneur ni son avènement (2 Thessaloniciens : 1 / 5-10).

L’apôtre inspiré juge l’égarement des faux docteurs et considère qu’ils ne comprennent ni ce qu’ils disent ni ce qu’ils affirment. La loi en effet, n’est pas faite pour le juste, celui qui vit en Christ, dans la communion avec son Dieu et dans l’obéissance de cœur à sa Parole, mais, au contraire, pour celui qui est sous la condamnation à cause de son impiété. Elle est « le pédagogue » que Dieu utilise pour lui ouvrir les yeux sur son propre péché.

On retrouve encore ce mot d’anathème dans l’épître aux Romains ou Paul, profondément affecté de l’incrédulité de ses frères, dit : « J’ai une grande tristesse et un chagrin continuel dans le cœur. Car je souhaiterais être moi-même anathème et séparé du Christ pour mes frères, mes parents selon la chair » (Romains : 9 / 2-3). Il est évident que l’apôtre ne le désire pas littéralement, il aime trop Christ pour cela, et le mode conditionnel implique qu’il ne suppose pas la chose possible, mais ses paroles rappellent celles de Moïse intercédant pour le peuple que Dieu voulait détruire : « Pardonne maintenant leur péché ! Sinon, je t’en prie, efface-moi de ton livre que tu as écrit » (Exode : 32 / 32). Nous avons ici l’expression extrême d’un amour prêt, dans la chair, à se sacrifier pour les autres. Dans sa vive et forte émotion du moment, Paul, comme Moïse, aurait accepté d’être effacé du livre de vie pour ses frères ! Alors, en admettant que lui-même ou un ange du ciel puisse annoncer un autre Évangile, Paul suppose une chose impossible, mais il le faut ! Ainsi il rend la pensée plus absolue encore et donne un poids plus considérable à ce qu’il dit. Sa vie même ne peut pas contrebalancer la vérité de l’Évangile qu’il a annoncé.

« C’est une parole certaine et digne d’être entièrement reçue, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs (…) » (1 Timothée : 1 / 15).


Plaire aux hommes ou plaire à Dieu ?
Galates : 1 / 9-10

 
« Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. »

Ici Paul, comme s’il craignait de ne pas avoir été assez clair, se reprend et confirme l’anathème sur les faux docteurs en répétant les mêmes choses.

Cette répétition n’en a que plus de force parce que le danger est grave. Ce n’est pas le moment de biaiser avec le devoir, de faire des compromis, il faut absolument demeurer ferme dans la vérité ! Il n’y a aucune ambiguïté dans la prise de position de Paul.

« Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. »

Ces terribles paroles que l’apôtre vient de prononcer sont propres à lui attirer les vives réprimandes de tous ceux qui ne se soumettent pas à l’Évangile.

Mais elles prouvent aussi plusieurs choses :

- D’abord que tout dans son ministère, vient de Dieu ;

- Ensuite que l’apôtre est loin de vouloir plaire aux hommes ;

- Enfin qu’il ne cherche la faveur de personne, comme on le lui reproche (1 Thessaloniciens : 2 / 1-6 ; Luc : 6 / 26).

Pourquoi donc toutes ces accusations sont-elles adressées à celui qui, finalement, a été un des fondateurs des Églises du Moyen-Orient et d’Europe ? Plairait-il donc aux hommes en tempérant quelquefois la loi, en la dosant selon les circonstances ?

Sans doute n’a-t-il pas hésité un jour à circoncire le jeune Timothée, alors qu’il se refuse à le faire pour Tite (Galates : 2 / 3). Peut-être aussi peut-on s’interroger sur la grande liberté qu’il a en Christ, qui l’autorise à permettre tantôt de manger des viandes sacrifiées aux idoles, tantôt à l’interdire à d’autres moments, ou plutôt à d’autres personnes !

Est-ce du favoritisme ? Il faut bien comprendre que l’apôtre prend position, non pas selon les personnes, mais selon l’état des consciences (cf : 1 Corinthiens : 10 / 25-29, 33).

Si donc ses adversaires persistent dans leurs reproches, on comprend bien que ces derniers sont sans fondement. Pourtant, on présente Paul comme un homme qui recherche la faveur des hommes, puisqu’il les décharge du joug de la loi ! Il n’y a rien de plus fastidieux et de plus désastreux que ces calomnies répétées partout et qu’il faut toujours réfuter. Comme elles sont toujours renaissantes, l’apôtre juge qu’il faut en finir et il les repousse donc par l’argument à ses yeux le plus persuasif : « Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. »

L’idée contraire serait absurde et il faut plaindre celui qui n’en verrait pas l’inconvenance. Mais tout ceci est bien propre à nous faire rentrer en nous-mêmes.

Dans le conflit moderne entre la vérité et l’erreur, dans le labyrinthe des opinions répandues dans la chrétienté, quelle doit être notre attitude devant les corrupteurs du véritable Évangile ?

Le véritable Évangile
Galates : 1 / 10

 
« Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. »

La question de Paul nous renvoie au véritable Évangile.

« Je vous rappelle l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes » (1 Corinthiens : 15 / 1).

Si nous devons prêcher Christ, c’est celui des Écritures et non un autre ! Paul ne croyait pas en un autre évangile, il ne s’accommodait pas de la tolérance ni des méthodes mondaines : il connaissait la vérité. Il l’annonçait sans crainte et il prononçait l’anathème sur les propagateurs de mensonges qu’on pourrait comparer à des camelots essayant de faire valoir un « ersatz » de vérité, un évangile insipide et dénaturé.

« Nous refusons les cachotteries honteuses ; nous ne nous conduisons pas avec fourberie et nous n’altérons pas le parole de Dieu. Mais en manifestant la vérité nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu » (2 Corinthiens : 4 / 2 ; cf : 1 Jean : 4 / 1-6). Nous avons pour devoir de maintenir les droits de la vérité quand l’erreur, sous quelque forme que ce soit, tend à la voiler et à la corrompre.

Pour terminer, considérons les dangers lorsque la Parole de Dieu est falsifiée : « Maintenant Israël, écoute, pour les mettre en pratique, les prescriptions et les ordonnances que je vous enseigne, afin que vous viviez et que vous entriez en possession du pays que vous donne l’Eternel, votre Dieu, tels que je vous les donne » (Deutéronome : 4 / 1-2 ; cf : Deutéronome : 13 / 1).

C’est donc un commandement très sérieux qui est adressé au peuple concernant l’altération de la Parole par des ajouts ou des retraits humains. Dieu exige l’observation de ses commandements et nous savons que nul ne peut lui désobéir sans en assumer les conséquences, surtout quand il s’exprime de façon aussi claire. « Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui se réfugient en lui. N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur » (Proverbes : 30 / 5-6). « Que le prophète qui a un songe raconte ce songe, et que celui qui a ma parole rapporte fidèlement ma parole. Qu’a de commun la paille avec le froment ? Oracle de l’Eternel » (Jérémie : 23 / 28). « Je l’atteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu’un y ajoute, Dieu ajoutera (à son sort) les plaies décrites dans ce livre. Et si quelqu’un retranche des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre » (Apocalypse : 22 / 18-19).

« Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme car moi-même je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ » (Galates : 1 / 11-12).

L’Évangile que Paul a prêché était, tout d’abord, une révélation reçue de la part de Jésus-Christ lors de sa conversion, puis il est devenu par la suite un enseignement complet.

Comment pourrions-nous altérer sans risque majeur cette Parole divine ?

La vocation de Paul à l’apostolat
Galates : 1 / 11-12

 
« Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. »

Nous sommes ici au cœur du sujet. Paul s’explique sur ce qu’il a dit d’une manière condensée au verset : 1. A la question de doctrine s’ajoute une question de personne. Les croyants attachés à la Loi remettent en cause son apostolat et essaient de diminuer sa réputation.

A leurs yeux, Paul n’est qu’un apôtre de deuxième catégorie ! Son enseignement n’offre pas les garanties nécessaires comme c’est le cas pour Pierre, Jacques et Jean qui ont vécu en compagnie de Jésus. L’apôtre se voit donc obligé de traiter cette question de personne. Il établit historiquement que l’homme n’est pour rien dans son ministère, reçu par la révélation directe du Seigneur.

Au verset : 11 :

Il fait même remarquer que cet Évangile n’a pas la nature ni les limites ou les défauts qu’ont les hommes. Ce message n’a pas d’intermédiaire humain, il ne révèle que Jésus-Christ comme Paul l’affirme solennellement.
Quelle sécurité pour nous aussi !

Au verset : 12 :

Paul revient sur le fait que, certes, il n’a pas connu Jésus durant sa vie sur terre. Mais le Seigneur a comblé ce vide par une apparition spéciale, accompagnée d’une révélation personnelle ; allusion faite ici à sa conversion sur le chemin de Damas (Actes : 9 / 1-9).

A partir de cette expérience remontent sa mission apostolique et le contenu tout entier de son enseignement et de sa prédication. Très réservé d’ordinaire sur les grâces reçues, Paul ne peut taire cet événement qui a changé tout le cours de sa vie.

De même, il nous appartient de garder toute la fraîcheur de nos expériences passées avec le Seigneur. C’est avant tout cela qui suscite de l’intérêt chez nos contemporains.

Ici l’apôtre en mentionne simplement le fait, quitte à donner des détails chaque fois que l’occasion le justifie (Actes : 22 / 1-21 ; 26 / 12-18).
Cette apparition tardive, ajoutée à un temps de crise morale dans laquelle le vieil homme a reçu un coup mortel, a permis à l’homme nouveau de naître.

Par la suite, après cette grande révélation, le Seigneur a accordé à Paul, au cours de son ministère, d’autres révélations directes. Dans ses différents écrits, il y fait référence de nombreuses fois : Galates : 2 / 2 ; Ephésiens : 3 / 3 ; 2 Corinthiens : 12 / 1-7 ; Actes : 16 / 9 ; 20 / 22-23 ; 21 / 4 ; 23 / 11.

C’est une compensation abondante de tout ce dont il a été privé par rapport aux autres, témoins oculaires de la vie terrestre de son Maître. Il insiste maintenant sur son indépendance vis-à-vis de ses collègues apôtres.

Ces déclarations sont importantes pour nous, chrétiens d’aujourd’hui. Il en va de la tranquillité de notre foi ; il en va aussi de notre assurance devant les faux docteurs qui ne peuvent en dire autant.

Certains, en effet, usent d’audace, à leur exemple ; l’un d’eux me disait : « L’apôtre Paul dit cela…mais nous, nous disons le contraire ! »
Sachons sur qui nous fondons notre foi : « Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ » (1 Corinthiens : 3 / 11).

Galates : 1 / 13-24
 
« Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l’Église de Dieu, et comment j’étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes pères. »

Aux versets 11 et 12 : Paul a mis en avant la preuve de son apostolat en montrant qu’il était indépendant des hommes.

Dans ce passage il manifeste que les natures fougueuses ne font rien à demi. Dans son zèle excessif, il emprisonnait ces sectateurs qui voulaient prendre la place du judaïsme. Le terme « secte » est l’appellation dédaigneuse des croyants de ce temps (Actes : 9 / 2 ; 22 / 4 ; 28 / 22).

C’est à Antioche qu’on a donné pour la première fois aux disciples du Seigneur le nom de « chrétiens » (Actes : 11 / 26). Paul reconnaît son caractère passé de farouche persécuteur. Il le confesse désormais en toute humilité, n’apportant à sa décharge que sa bonne foi.

« …Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un homme violent. Mais il m’a été fait miséricorde, parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité » (1 Timothée : 1 / 13).

Il est important de noter avec quelle ferveur,

Au verset : 13 : il prononce leur nom véritable : « L’Église de Dieu ».

Voici la véritable Assemblée qui remplace la synagogue.

Verset : 16 : « …de révéler en moi son Fils afin que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang ».

Ce verset précise sa vocation, il va annoncer aux païens l’Évangile du Fils de Dieu.

Verset : 17 : « Je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je partis pour l’Arabie. Puis je revins encore à Damas ».

Etait-ce en vue de se préparer dans une retraite spirituelle ? N’est-ce pas dans des temps de prière et de méditation que le croyant reçoit de nouvelles révélations ?

L’apôtre « se prépare » à répondre à son appel.

Versets : 18 et 19 : « Trois ans plus tard je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui.

Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n’est Jacques le frère du Seigneur. »

Ce n’est que trois ans après sa conversion qu’il monte à Jérusalem pour voir Pierre. Il n’y demeure que quinze jours. Ce laps de temps est trop court pour instruire un disciple et former un apôtre. Il voit Pierre et Jacques le frère du Seigneur (Actes : 9 / 26-30).

Verset : 20 : « Dans ce que je vous écris, voici, devant Dieu, je ne mens pas ».

Sous le coup d’une vive émotion, il s’arrête brusquement dans son exposé pour prendre Dieu à témoin. Ce qu’il déclare est, par conséquent, la vérité. « Je dis la vérité en Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage par le Saint-Esprit » (Romains : 9 / 1). « Dieu, le Père du Seigneur Jésus-Christ, et qui est béni éternellement, sait que je ne mens pas » (2 Corinthiens : 11 / 31).

Le récit de toutes ces circonstances n’a d’autre but que de prouver que la vocation à l’apostolat et toutes les premières années du ministère de Paul sont restées indépendantes de toute influence humaine, même à l’égard des autres apôtres.

« L’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ » (Galates : 1 / 11-12).


La doctrine de Paul reconnue à Jérusalem
Galates : 2 / 1-3

 
« Quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, ayant aussi pris Tite avec moi ; et ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain. Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. »

On peut s’interroger sur les motifs du voyage de Paul à Jérusalem. L’apôtre n’a pas fini de se justifier. En effet, non seulement il n’est redevable en rien aux autres apôtres, mais encore le jour (tardif) où il les rejoint et leur expose son enseignement, il reçoit leur entière approbation.

Verset : 1 : « Ensuite, quatorze ans plus tard… ».

Cet « ensuite » (Darby) correspond à celui du verset : 18 du premier chapitre : « Trois ans plus tard… ».

Luc, dans le livre des Actes, rapporte trois voyages de Paul à Jérusalem (Actes : 11 / 29-30 ; 15 / 1-29 ; 18 / 22). Le voyage de Actes : 15 est intitulé : « Concile à Jérusalem ». « Je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas et je pris Tite avec moi ».

Barnabas est d’origine israélite : c’est l’associé bien connu de Paul et il joue un rôle de premier plan (Actes : 13 / 1-3).

Tite, quant à lui, est d’origine païenne : il est connu, outre les passages des Actes qui le mentionnent, par les écrits de Paul (2 Corinthiens : 2 / 12 ; 2 Timothée : 4 / 10). Il est connu, plus particulièrement encore, par l’épître dont il est le destinataire. En le prenant avec lui, Paul tente un test difficile : de part ses origines et son incirconcision, ce collaborateur est un sujet de controverse.

« Quelques hommes, venue de Judée, enseignaient les frères en disant : si vous n’êtes pas circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion ; et les frères décidèrent que Paul et Barnabas, et quelques-uns des leurs monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens pour traiter cette question » (Actes : 15 / 1-2).

Tite est effectivement compris dans cette désignation « un des leurs ». Le fait de l’amener avec lui n’est pas une provocation de la part de Paul ni un défi, mais simplement un acte d’assurance et de courage. Dieu demande aux siens de tels actes ! Les pharisiens d’Antioche et ceux de Jérusalem exigeaient que les chrétiens d’origine païenne soient circoncis : en voici un qui ne l’est pas, n’en est-il pas moins sauvé ? Son témoignage est-il différent ? Faut-il le contraindre à cette coutume de l’ancienne alliance ? Si Tite est traité comme un frère par les chrétiens de Jérusalem, s’il est reçu dans leurs Assemblées, dans leurs groupes, alors la cause des païens est gagnée !

Et Paul va ramener avec lui à Antioche la preuve vivante de sa victoire sur les judaïsants.

C’est aussi pour nous, croyants des derniers temps, une assurance merveilleuse que de savoir qu’il n’y a d’autre voie d’accès au salut que la foi dans le sacrifice de Jésus.

Paul, apôtre, a ainsi permis aux païens d’être mis sur un pied d’égalité avec les Juifs quant au salut. La grâce est reconnue comme le dénominateur commun de cette égalité : tout comme les Juifs étaient mis à part au travers de l’ancienne alliance avec la circoncision, l’Église est également mise à part, quelle que soit l’origine de ses membres, par la foi en Jésus et l’obéissance du baptême.


L’importance des révélations
Galates : 2 / 2

 
« … et ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain. »

Paul insiste sur le fait que c’est sur une direction divine qu’il est ainsi monté à Jérusalem pour défendre sa doctrine. Cette circonstance n’est pas rapportée dans les Actes, mais ce que l’apôtre affirme ici confirme le bon choix de la résolution de l’Église d’Antioche, quel que soit l’ordre dans lequel les événements se sont déroulés.

Dans le premier chapitre, au verset : 12, Paul parle déjà des révélations qu’il a eues, comme Pierre, du reste (Actes : 10 / 9-20 ; 12 / 6-11), conformément à la promesse de l’effusion du Saint-Esprit : »Après cela, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes et vos jeunes gens des visions » (Joël : 2 / 28).

C’est donc un privilège qui favorise les apôtres. Ils sont ainsi conduits dans leurs mouvements, et nous devons aussi nous rappeler que rien ne peut remplacer la vie de l’Esprit. C’est en effet notre avantage, comme celui de tout enfant de Dieu, de pouvoir connaître la volonté de Dieu au travers du renouvellement de l’intelligence (Romains : 12 / 2).

Pour connaître cette volonté, il y a les moyens habituels comme la prière, la méditation de la Parole, la réflexion… Mais dans les temps d’hésitation et de crainte, il est merveilleux de recevoir par l’Esprit, la lumière qui dissipe tous les doutes. « Il vous conduira dans toute la vérité », nous dit Jésus.

Ceci nous enseigne à rechercher autant que nous le pouvons, dans la prière, les directions divines, nous permettant d’avoir ces convictions intimes qui vont glorifier le Seigneur dans notre vie. C’est un besoin inhérent à tous ceux qui veulent vivre dans la justice. Déjà le psalmiste pouvait dire : « Eternel, conduis-moi dans ta justice à cause de mes ennemis, aplanis ta voie sous mes pas » (Psaume : 5 / 9). Suit la promesse de Dieu au Psaume : 32 / 8 : « Je t’instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre, je te conseillerai, j’aurai le regard sur toi ».

Mais la prière de l’enfant de Dieu est toujours cette aspiration à marcher dans la voie de Dieu par la foi (Psaume : 143 / 8-10). C’est un apprentissage que nous avons à perfectionner tout au long de notre vie. Et Jésus met en évidence la primauté de cette vie de l’Esprit lorsqu’il enseigne ses disciples et leur annonce l’accomplissement de la promesse de Joël : « Mais le Consolateur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit ».

Paul, bien conscient de cette nécessité, fait remarquer aux Corinthiens que « l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu » (1 Corinthiens : 2 / 10-13), et qu’il est d’autant plus nécessaire d’être dirigés de cette manière ! Et l’apôtre Jean de surenchérir dans sa première lettre en faisant remarquer que l’onction que nous avons reçue nous entraîne dans la vérité (1 Jean : 2 / 20-27). C’est donc, en même temps, un garde-fou contre le mensonge et l’erreur que cette onction de l’Esprit sur laquelle nous avons à veiller.

Quoi qu’il en soit, comme Paul et les autres apôtres, soyons assurés que dans les difficultés, Dieu répond toujours… si nous savons lui faire confiance.

L’importance des entretiens particuliers
Galates : 2 / 2-3

 
« … et ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain. Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. »

L’apôtre Paul est donc reconnu par les notables de l’Église de Jérusalem. Cet Évangile qu’il prêche, il l’expose aussi aux Romains dans son épître d’une manière très claire (Romains : 3 / 21-30). C’est la « justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient ».
Si Paul fait cette démarche, ce n’est certes pas pour demander leur approbation aux autres apôtres, c’eût été remettre en cause l’indépendance de son ministère, ce qu’il veut précisément démontrer ici. Il agit ainsi dans l’humble amour de la paix et dans l’intérêt de l’Évangile. Il cherche aussi à établir un parfait accord avec eux et veut éviter tout malentendu sur l’affranchissement de la loi avec, en contrepartie, une pleine justification par la foi.

« Je l’exposai en privé aux plus considérés ».

Les questions qui doivent être tranchées dans les réunions plénières sont d’abord étudiées dans des réunions privées. C’est ainsi qu’on y approfondit mieux les problèmes, chacun étant plus libre pour exposer son sentiment et faire valoir ses objections.

« De peur de courir ou d’avoir couru en vain ».

Les termes de ce verset sont ceux d’un familier du stade. Paul sait ce qu’il en coûte de courir pour la couronne ! Alors, loin de lui l’idée de voir ses efforts rendus vains par une décision qui ne lui appartiendrait pas !

«  Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible ! Moi donc, je cours, non pas comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air » (1 Corinthiens/ 9 : 24-26).

Et il confirme en écrivant aux Philippiens qu’il pourra, au jour de Christ, se glorifier de n’avoir ni couru ni travaillé en vain (Philippiens : 2 / 16). C’est donc une préoccupation  majeure pour lui, comme elle doit l’être pour nous, de mener le bon combat, loin des disputes stériles, afin de tout faire pour la gloire de Dieu.

Paul se préoccupe de son efficacité pour la vie éternelle. Il a toujours eu cette vision même lorsqu’il était dans l’ignorance et qu’il combattait l’Église, alors maintenant qu’il connaît la vérité, à plus forte raison désire-t-il déployer son zèle pour son Sauveur et Seigneur…

Devant un tel exemple, prenons-nous la mesure des enjeux qui sont devant nous ? Le monde, notre moisson, est-il notre préoccupation ou en sommes-nous encore aux rudiments* de notre bien-être spirituel, avec une vision centrée exclusivement sur l’Église locale ou notre famille ?

Il est temps de lever les yeux, la moisson est blanche…


(*) Notions élémentaires

L’importance de l’unité
Galates : 2 / 2-3

 
« Ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain. Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. »

La conduite de Paul est faite de fidélité et de prudence.

Nous avons ici un sérieux enseignement sur l’importance de maintenir l’unité et l’harmonie entre les serviteurs de Dieu qui travaillent dans les différentes parties de son règne. Avec la doctrine des judaïsants, il y a une controverse importante et il est nécessaire d’élucider la question, de faire une pleine lumière sur ce point qui risque de troubler l’Église. C’est d’ailleurs le cas dans ces Églises de Galatie auxquelles Paul adresse cette lettre… Ainsi même quand les questions paraissent résolues, elles peuvent remonter à la surface en d’autres lieux et d’autres temps.

« Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire » (V : 3).

C’est donc que les discussions avec les responsables de l’Église de Jérusalem ont été suffisamment claires pour que la notion du salut par grâce soit nettement posée. La conférence au sommet a donné le résultat escompté. Si l’on se représente les préjugés judaïques qui régnaient encore parmi les chrétiens de Jérusalem, il devait paraître fort étrange de voir un incirconcis être le compagnon d’œuvre de l’apôtre Paul. En effet, lors de la conversion de Corneille déjà, à quel remue-ménage la démarche de Pierre dans la demeure de ce païen n’avait-elle pas donné lieu ! (Actes : 11 / 1-18). Si les notables s’étaient trouvés en contradiction avec Paul, ils auraient certainement exigé que ce compagnon soit circoncis, ce qu’en l’occurrence Paul n’aurait pas accepté, bien que lui-même ait fait peu après circoncire Timothée (Actes : 16 / 1-5).

La vérité, c’est que Paul n’attachait aucune importance à ces cérémonies de la loi pourvu que l’on s’en serve pas pour affaiblir ou ruiner la doctrine du salut par grâce. Il se sent libre à l’égard de tous comme il l’écrit dans la première épître aux Corinthiens (9 / 19-23), mais il fait tout à cause de l’Évangile afin d’y avoir part. Mais bien qu’étant « comme Juif afin de gagner les Juifs », il s’opposait à eux avec la plus grande énergie quand ceux-ci mettaient en avant leurs prérogatives et leur doctrine pour ramener les nouveaux convertis à l’ancienne alliance.

C’est donc la raison majeure de la venue de Paul à Jérusalem : non seulement il désire être crédible devant les chrétiens d’Antioche qui l’ont envoyé, mais encore il veut combattre pour que cette doctrine soit la même dans toutes les Églises locales, que l’universalité de l’Évangile soit portée partout avec la même pureté et que les choses soient clairement établies pour éviter l’émergence des divisions et les sectes, ce qui hélas, ne manquera pas d’arriver.

En ce qui nous concerne, ne nous laissons pas « emporter à tout vent de doctrine » (Éphésiens : 4 / 14), mais marchons dans l’unité de la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu.

C’est là notre base sûre.


Résister aux faux frères
Galates : 2 / 4-10

 
« Et cela, à cause des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, avec l’intention de nous asservir… »

Le triomphe de la vérité n’est pas allé tout seul. De vives réactions se sont fait sentir. Paul a rencontré sur son chemin des adversaires sournois nommés dans Actes : 15 / 5 : « Alors quelques-uns du parti des pharisiens qui avaient cru, se levèrent en disant qu’il fallait circoncire les païens et exiger l’observation de la loi de Moïse. »

Sans mâcher ses mots, Paul les nomme « faux frères », des intrus qui, imbus de préjugés pharisaïques, s’attaquent à la glorieuse liberté évangélique que donne la justification par la foi. « Nous ne leur cédâmes pas un instant et nous résistâmes à leurs exigences, afin que la vérité de l’Évangile soit maintenue parmi vous » (v : 5).

Leur céder n’eût pas été supporté par des frères faibles, comme de renoncer volontairement et par charité à une liberté légitime, comme il le recommande aux Romains, (chapitre : 14), lorsqu’il marque clairement les principes de tolérance que doit rechercher l’enfant de Dieu. Dans la première lettre aux Corinthiens : (9 / 19-23), il marque bien comment lui-même se fait tout à tous et respecte le contexte dans lequel il se trouve. Leur céder, encore, c’eût été renier la vérité, doctrine fondamentale de l’Évangile et surtout, remettre les païens convertis sous le joug de la loi. Admirable distinction ! Quand il s’agit de chrétiens faibles, peu éclairés, timorés, dans l’observance de la loi, mais sans en faire une condition de salut, l’apôtre commande le support et se fait lui-même tout à tous.

Mais quand des hommes s’érigent orgueilleusement en docteurs et enseignent la nécessité d’observer la loi pour être sauvé, alors ni Paul ni les autres apôtres ne cèdent un seul instant ; sans quoi la vérité évangélique aurait certainement péri ! Paul argumente contre les Galates, priés de céder eux aussi, aux injonctions des pharisiens. Il rappelle ainsi comment il a tenu tête à Antioche comme à Jérusalem. Les Galates n’ont qu’à prendre exemple sur lui pour se dégager de ce joug : il leur sert de modèle.

« Soyez mes imitateurs, frères, et portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous » (Philippiens : 3 / 17). « Mais j’ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fasse voir en moi le premier toute sa patience pour que je serve d’exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle » (1 Timothée : 1 / 16). « Retiens dans la foi et dans l’amour le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi » (2 Timothée : 1 / 13). «  Ce qu’ils avaient été autrefois m’importe peu » (Galates : 2 / 6).

En parlant ainsi, l’apôtre Paul ne manifeste pas à l’égard des autres apôtres un quelconque dédain : ce n’est pas quand il se couvre de leur autorité qu’il affiche le peu de cas qu’on pourrait croire qu’il en fait… Par ces paroles un peu rudes, il vise, en fait, les faux docteurs qui usent et abusent de leur titre pour s’opposer à lui.

Pierre et Paul sont égaux, celui-ci n’étant inférieur en rien au premier. Bien qu’ayant tous deux leur zone principale d’apostolat, les deux champs de travail désignés ici ne le sont pas de manière absolue (v : 7-9).

Les premiers païens en effet sont amenés au salut par Pierre au travers de Corneille (Actes : 10). Et Paul, dans tous ses voyages, prêche d’abord dans les synagogues ! Mais il reste vrai que depuis sa conversion (Actes : 9 / 15 et suivants, Actes : 22 / 17-21 ; 28 / 16-29) il a reçu comme mission spéciale l’évangélisation des païens, ce qui est l’œuvre de sa vie.

Les apôtres, à Jérusalem, durent donc mettre le sceau de Dieu sur le ministère de Paul, celui-ci étant confirmé par des signes des miracles et des prodiges.

« Toute l’assemblée garda le silence et l’on écouta Barnabas et Saul qui racontèrent tous les miracles et les prodiges que Dieu avait faits par eux au milieu des païens » (Actes : 15 / 12).

Enfin, les « notables » sont nommés avec respect comme lui donnant une main d’association dans leurs sphères respectives.


La preuve de la justification par la foi
Galates : 3 / 1

 
« Ô Galates dépourvus de sens ! qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié ? »

Entre les chapitres : 2 et 3, il y a une pause et non une coupure. C’est le temps d’arrêt d’un prédicateur qui essaie de se contenir avant d’exploser. A la pensée que Jésus-Christ serait mort en vain (2 / 21), ce qui anéantirait la grâce, l’apôtre n’y tient plus ; il laisse les préliminaires de l’incident d’Antioche et revient aux Galates : il les interpelle ! Le drame se joue entre la loi et la foi !

« Ô Galates dépourvus de sens ! qui vous a fascinés ? » (Darby : ensorcelés). C’est par cette douloureuse et sévère apostrophe que l’apôtre attaque l’erreur dans laquelle les habitants de cette région se sont laissé entraîner. Il voudrait en faire sentir l’absurdité et la déraison !

Il ne faut cependant pas donner à l’épithète « insensé » un sens de mépris ou d’indignation, mais simplement celui d’un reproche. Elle est du même ordre que celle que le Seigneur adressa aux disciples d’Emmaüs : « Hommes sans intelligence(…) » (Luc : 24 / 25). Elle exprime la même surprise, la même pénible émotion. Elle va dans le sens du Proverbe : 27 / 6 : « Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité. »

L’apôtre les appelle « insensés », non parce qu’ils sont stupides, mais parce qu’ils se sont laissé fasciner, ensorceler par un enseignement corrupteur et, qu’ainsi, ils ont été détournés de la foi. « …Vous devant les yeux de qui Jésus-Christ a été dépeint, crucifié au milieu de vous » (Darby).

Par la prédication puissante de Jésus-Christ, de ses souffrances et de sa mort expiatoire (1 Corinthiens : 1 / 22-25), Paul a ainsi dépeint l’œuvre de Jésus aux yeux des Galates, comme si le drame du Calvaire avait eu lieu au milieu d’eux !

« Dépeint », littéralement « écrit d’avance », comme l’Ancien Testament (Romains : 15 / 4 ; 1 Corinthiens : 10 / 11 ; Jude : 4). Le mot a ici le sens de placarder, à la manière d’un magistrat qui annoncerait une exécution par une affiche dans un lieu public.

Si les Galates avaient fidèlement eu sous les yeux le tableau de la mort de Jésus, ils auraient été préservés de cette fascination étrangère. Ceci est illustré dans Nombres : 21 / 9 : » Moïse fit un serpent d’airain et le plaça sur une perche ; et quiconque avait été mordu par un serpent et regardait le serpent d’airain conservait la vie. »

Jésus le rappelle à Nicodème dans Jean : 3 / 14-15.

Pour s’être laissé « ensorceler » dans des conditions défavorables, il faut être « insensé », en détournant les regards de la croix pour se livrer ainsi sans défense à cette fascination de la loi.

L’apôtre veut tirer au clair cette énormité spirituelle.


La loi et la foi
Galates : 3 / 2

 
« Voici seulement ce que je veux apprendre de vous : Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi ? »

Paul fait appel à l’expérience des Galates : « Voici seulement ce que je veux entendre de vous. »

Sous la plume de l’apôtre Paul, c’est sans doute une question un peu ironique, mais elle doit cependant décider de toute l’affaire.

S’ils ont été quelque peu perspicaces pour recevoir l’Évangile par lequel ils ont été sauvés, la pertinence de la question ne peut leur échapper : « Est-ce en pratiquant la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou en écoutant avec foi ? »

Paul fait appel à leur expérience (v : 4-5) de l’action du Saint-Esprit sur leur âme et à des manifestations miraculeuses comme preuves de la vérité. Il appuie sur cela spécialement pour montrer que la justification peut être obtenue par la foi en Jésus-Christ seulement et non par les œuvres de la loi.

Nous avons ici une première mention du Saint-Esprit dans cette lettre, et désormais sa part active dans le salut des croyants y est fréquemment évoquée, ainsi que ses diverses manifestations surnaturelles. Cette question est la même que celle qu’il a posée aux disciples de Jean-Baptiste dans Actes : 19 / 1-2 : « Paul se rendit à Éphèse. Il y rencontra quelques disciples et leur dit : Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? Ils répondirent : Nous n’avons pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. »

Cette question porte sur un acte précis de leur vie, sur des expériences qu’ils ont dû faire au quotidien et que connaissent les croyants charismatiques.

Rappelons-en les traits principaux :

- En réponse à l’annonce du plein Évangile, le cœur est touché (Actes : 2 / 37-38). Dieu accorde le pardon à la repentance et à la foi, puis donne le Saint-Esprit à ceux qui obéissent à la foi (Actes : 5 / 30-32). « En lui, vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui vous avait été promis » (Éphésiens : 1 / 13).

- Ce sceau du Saint-Esprit, c’est le signe de la nouvelle naissance dont parle le Seigneur dans Jean : 3 / 5-6 : « Si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

- C’est également celui de la régénération rappelé dans Tite : 3 / 3-7. Cela nous parle aussi de l’habitation du Saint-Esprit dans le croyant selon 1 Corinthiens : 3 / 16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

Ce texte est confirmé dans Éphésiens : 2 / 22. Le Saint-Esprit est donc un élément essentiel de la vie du croyant puisque « si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Romains : 8 / 9).

Or le Saint-Esprit, qui s’accompagne de la grâce sanctifiante, est étroitement lié aux dons divers mentionnés dans 1 Corinthiens : 1 / 4-7 et 12 / 1-11.

Avec ses manifestations variées, il avait scellé la prédication de l’Évangile d’un témoignage divin (Romains : 8 / 15-17).

C’est donc dans ce sens que Paul repose la question :

A quoi les Galates devaient-ils ce témoignage de l’Esprit ?

Aux œuvres de la loi ou à leur adhésion à la foi ?

On sait, parce que c’est un fait d’expérience universelle, que jamais personne n’a « reçu l’Esprit » par l’obéissance à une loi. La réponse ne devrait pas être douteuse, elle devrait être au contraire particulièrement concluante. Aussi l’apôtre insiste au verset : 5 : « Celui qui vous accorde l’Esprit et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc parce que vous pratiquez la loi, ou parce que vous écoutez avec foi ? »

Ce raisonnement de l’apôtre conserve toute sa force aujourd’hui et s’applique à tous ceux qui, après avoir éprouvé la puissance de l’Évangile, tombent dans quelque erreur. L’Esprit d’adoption, la vie de l’Esprit, sont des grâces qui résultent de l’adhésion à la foi.


Question de bon sens
Galates : 3 / 3-5

 
« Êtes-vous tellement dépourvus de sens ? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? Avez-vous tant souffert en vain ? si toutefois c’est en vain. Celui qui vous accorde l’Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi ? »

Verset : 3 :

« Êtes-vous tellement dépourvus de sens ? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? »

« Êtes-vous tellement insensés ? »

L’épithète « insensés » du verset : 1 n’a pas été prononcée par hasard par l’apôtre Paul, et il la reprend ici. Ces chers enfants de Dieu sont-ils « insensés » au point de ne pas discerner leurs inconséquences ?

« Après avoir commencé par l’Esprit… », l’apôtre se réfère ici au moment de leur adhésion au message de l’Évangile, donc à une vie totalement nouvelle. Dans sa lettre aux Philippiens, Paul affirme : « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour du Christ Jésus » (Philippiens : 1 / 6). Le même mot « commencé » se rapporte aux opérations divines dans l’âme, par l’action du Saint-Esprit. « Allez-vous maintenant finir par la chair ? » Autrement dit : « Allez-vous retomber dans les ordonnances charnelles », dans le sens du chapitre : 4 / 9-11.

Verset : 4 :

« Avez-vous tant souffert en vain ? si toutefois c’est en vain. »

Ceux qui après avoir été éclairés retournent à ces principes, cherchent en vain l’Esprit et la vie : « Mais maintenant, après avoir connu Dieu, comment retournez-vous à de si faibles et pauvres principes élémentaires auxquels vous voulez à nouveau vous asservir ? Vous observez les jeûnes, les mois, les temps et les années ! Je crains d’avoir inutilement  pris de la peine pour vous » (Galates : 4 / 9 ; cf : Colossiens : 2 / 16-19).

Dans la pensée de Paul, une œuvre commencé doit s’achever nécessairement et logiquement. Elle doit même s’achever parfaitement. Il est inutile de rappeler ici aux nouveaux convertis que l’entrée dans la vie chrétienne n’est pas une fin, mais un début !

« Avez-vous fait tant d’expériences en vain ? » Darby traduit : « Avez-vous tant souffert en vain, » Il faut admettre que l’évocation des souffrances des nouveaux convertis est familière à Paul. Il a personnellement beaucoup souffert et il enseigne à tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ qu’ils seront persécutés (2 Timothée : 3 / 12).

Si cette traduction est exacte, Paul évoquerait ici les souffrances endurées pour l’Évangile et dont ils  avaient été avertis (Actes : 14 / 19-20).

Or, les Galates pouvaient y voir un témoignage de la réalité de leur foi, comme ce fut le cas des chrétiens de Thessalonique (2 Thessaloniciens : 1 / 3-4).

Dans ce cas, était-ce en vain qu’ils avaient tant souffert pour la cause de la croix ? Les persécutions subies de la part des Juifs n’avaient pas réussi à les éloigner de la foi ; allaient-ils maintenant succomber devant les méthodes plus subtiles des judaïsants qui prétendaient les affranchir de l’opprobre de la croix ?

« Tous ceux qui veulent se faire bien voir selon la chair vous contraignent à vous faire circoncire uniquement afin de ne pas être persécutés pour la croix du Christ » (Galates : 6 / 12).

Les Galates n’allaient-ils pas aussi être privés des bénédictions que Dieu rattache à ces épreuves ? (Philippiens : 1 / 27-30 ; 3 / 13-14).

« Si du moins c’est en vain… » : dans toute son argumentation et dans tous ses reproches, l’apôtre supposes la réalité de leur foi. Il ne peut croire que les Galates aient pu s’en détourner et il espère qu’ils se libèreront de ce faux enseignement.

C’est ce qu’il confirme au verset suivant.

Verset : 5 :

« Celui qui vous accorde l’Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi ? »

« Celui qui opère des miracles parmi vous le fait-il donc parce que vous pratiquez la loi ou parce que vous écoutez avec foi ? » La tournure dubitative dont Paul se sert lui laisse entrevoir l’espérance d’un retour à la vérité. La question de ce verset précise celle du verset : 2, en nommant les dons miraculeux du Saint-Esprit. On sent que l’argumentation de Paul est victorieuse et que les Galates consultent effectivement leurs expériences personnelles de la vie de l’Esprit. La réponse, alors, ne saurait être douteuse. Rien de la manifestation de la vie de l’Esprit ne se fait par la loi, mais tout se produit par la foi !

Le Saint-Esprit, avec tous ses dons, avait été accordé aux Galates par Dieu dès leur adhésion à la foi. Il ne pouvait donc venir à la pensée de personne de se soumettre ni au préalable ni plus tard aux prescriptions rituelles de la loi.


Abraham, père des croyants…
Galates : 3 / 6-7


 
« Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice, reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham. »

Quel excellent témoignage de l’Écriture dans cet exemple d’Abraham ! Paul en tire les conclusions qu’il reproduit dans Romains : 4 / 1-5 : « Que dirons-nous donc d’Abraham notre ancêtre selon la chair ? Qu’a-t-il obtenu ? Si en effet Abraham a été justifié par les œuvres, il a sujet de se glorifier. Mais devant Dieu il n’en est pas ainsi ; en effet, que dit l’Écriture ? Abraham crut à Dieu et cela lui fut compté comme justice. Or, à celui qui fait une œuvre, le salaire est compté, non comme une grâce, mais comme un dû. Quant à celui qui ne fait pas d’œuvre, mais croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est comptée comme justice. »

Dans Romains : 4 / 6-12 et 16, Paul développe d’une manière plus complète l’expérience d’Abraham et les rapports réels des vrais croyants avec lui. Il y fait notamment référence à la circoncision qui a été donnée comme sceau de cette justification, après que la foi a été imputée à justice au patriarche. Cette justification ne doit donc rien à la circoncision, ni aux œuvres de la loi qui ne sont intervenues que plus tard (Genèse : 17 / 9-14 ; Exode : 20).

Il est bon de se rappeler ici l’erreur des judaïsants : « Quelques hommes, venus de Judée, enseignaient les frères et disaient : Si vous ne vous faites pas circoncire selon la coutume de Moïse, vous ne pouvez être sauvés » (Actes : 15 / 1).

Cette intervention est donc en complet désaccord avec l’Écriture, même si ces Juifs voulaient s’appuyer sur leurs traditions, données pour un temps, dans le cadre de la première alliance avec le peuple d’Israël.

En Christ, Abraham devient le père de « la postérité ».

Paul présente Abraham comme « père des croyants » (Romains : 4 / 11-12). Les Juifs voyaient la qualité d’enfants d’Abraham dans des rapports tout extérieurs avec lui : « Ils lui répondirent : Notre père, c’est Abraham. Jésus leur dit : Si vous êtes enfants d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham » (Jean : 8 / 39). Ils considéraient le patriarche aussi dans la circoncision et la descendance selon la chair.
Paul montre en fait que les vrais fils d’Abraham sont ceux qui lui ressemblent spirituellement. Ce sont ceux qui sont nés d’une foi identique à celle de leur père dans la promesse de Dieu : « Reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham » (v : 7).

« Ainsi l’Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a d’avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en toi » (v : 8 ; voir aussi Genèse : 12 / 3).

« Abraham deviendra certainement une nation grande et puissante et en lui seront bénies toutes les nations de la terre » (Genèse : 18 / 18). Ici l’Écriture est personnifiée, le Saint-Esprit parlant en elle et par elle, remplissant tour à tour les auteurs. Dans sa « prévision » que Dieu justifierait le monde païen par la foi, elle a ainsi annoncé, pour ne pas dire « évangélisé » d’avance cette Bonne Nouvelle (« Évangéliser » signifie en grec : « annoncer la Bonne Nouvelle »), non seulement pour les Juifs, mais aussi pour les gentils.

« Ainsi, ceux qui ont la foi sont bénis avec Abraham le croyant » (v : 9).

En se basant sur la citation de Genèse : 12 / 3, Paul affirme que tous ceux qui croient, de quelque nation que ce soit, sont bénis, justifiés, lavés avec ou en Abraham, parce que les fils bénéficient juridiquement des biens de leur père.

Par la bénédiction d’Abraham, l’apôtre entend toutes les grâces de l’Évangile, de la justification et du salut. Elle se répercute sur celle de Christ dont il est dit : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éphésiens : 1 / 3).


La justification par la foi et non par la loi
Galates : 3 / 10-14

 
« Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le mets pas en pratique. Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu’il est dit : Le juste vivra par la foi. Or, la loi ne procède pas de la foi ; mais elle dit : Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, - car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, - afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis. »

Paul entame maintenant une nouvelle démonstration. Il définit la loi comme un régime de malédiction. Seul Christ nous en délivre par les bénédictions qu’il nous a acquises.

La loi en effet, exige la perfection et l’obéissance absolue sous peine de condamnation ! Elle est sainte et nous sommes déchus ! C’est donc en vain que nous nous attendrions à être justifiés par elle.

Livré à ses propres forces, le légaliste est voué à l’échec et à la malédiction d’après la citation qui suit : « Maudit soit celui qui n’accomplit pas les paroles de cette loi pour les mettre en pratique ! Et tout le peuple dira : Amen ! » (Deutéronome : 27 / 26).

C’est la dernière malédiction du mont Ebal qui confirme toutes les autres. Dans un sens, c’est la plus solennelle.

Aussi, tous les hommes de Dieu de l’Ancien Testament ont-ils eu recours au moyen de salut qui avait sauvé Abraham et ont proclamé la réalité de la parole du prophète Habakuk (2 / 4), citée par l’apôtre Paul : « Le juste vivra par sa foi ».

« Que nul ne soit justifié devant Dieu par les œuvres de la loi, cela est évident puisqu’il est dit : Le juste vivra par la foi » (v : 11).

L’apôtre prouve ainsi la justification par la foi et non par la loi. Il allègue le témoignage express de l’Ancien Testament et cite Habakuk qu’il a déjà rappelé aux Romains (1 / 17) : « En effet, la justice de Dieu s’y révèle par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : le juste vivra par la foi. » (voir aussi Hébreux : 10 / 38).

La justification par la foi n’est donc pas une nouvelle doctrine : elle était déjà établie dans l’Écriture longtemps avant les temps de la Réforme.

« Or la loi ne provient pas de la foi ; mais elle dit : Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles » (verset : 12 ; Lévitique : 18 / 5).

Entre ces deux moyens de salut ainsi mis en évidence, la loi et la foi, le commandement est absolu et il faut choisir : la loi ordonne, elle demande la perfection et celui qui l’accomplira totalement vivra par elle (voir Luc : 10 / 25-28 ; Romains : 10 / 5).

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi » (v : 13).

Nous étions sous la malédiction de la loi, mais nous n’y sommes plus grâce au Christ qui nous en a délivrés en payant le prix fort.


La justification par la foi promise par l’Écriture et confirmée par l’expérience
Galates : 3 / 1-14

 
Le passage a été écrit en réaction à l’action néfaste des faux docteurs.

« Ô Galates insensés ! qui vous a fascinés (ensorcelés) ? »

C’est par cette douloureuse et sévère apostrophe que l’apôtre intervient contre l’erreur dans laquelle se sont laissé entraîner ces bien-aimés. Il voudrait tellement leur en faire sentir l’absurdité. Il ajoute : «  Vous aux yeux de qui a été dépeint Jésus-Christ crucifié », comme si les scènes de Golgotha avaient eu lieu au milieu d’eux. Paul s’étonne de leur attitude et ne peut parvenir à l’expliquer que parce qu’une sorte de fascination a été exercée sur eux.

Une prédication confirmée de manière expérimentale :

Dans les versets : 2-5, Paul fait l’appel à l’expérience pratique des destinataires de la lettre en ce qui concerne l’action du Saint-Esprit dans leur vie. Avec ses manifestations puissantes, l’Esprit Saint a en effet accompagné la prédication de l’Évangile et l’a scellée d’un témoignage divin dans le cœur même de ses auditeurs. La question se pose donc de savoir si c’est par la loi ou par la foi qu’ils ont été faits participants de ces précieux dons : la réponse ne peut faire aucun doute. Celui qui ne trouve pas dans l’histoire intime de sa vie ce souvenir, ou qui a oublié l’expérience de l’action du Saint-Esprit, est totalement en dehors de la grâce. A-t-il seulement été converti à Christ ?

Les vrais enfants d’Abraham :

Les versets : 6-7 nous apprennent que les Juifs voyaient la qualité d’enfants d’Abraham uniquement dans ce qu’ils avaient de commun avec lui, c’est-à-dire la circoncision, et leur descendance selon la chair.

Paul montre que pour être enfant d’Abraham, il faut surtout lui ressembler spirituellement ! Les vrais enfants d’Abraham en effet, ce sont ceux qui sont animés de la foi, ceux dont la vie est née de la foi, inspirée et dirigée par elle. Jésus lui-même confirme cela aux pharisiens en leur disant que s’ils étaient vraiment les enfants d’Abraham, ils feraient les œuvres de leur père (Jean : 8 / 39)… Et quelle est l’œuvre majeure de ce patriarche sinon qu’il crut Dieu et que cela lui fut imputé à justice ?

Aux versets : 8-9, Paul montre que l’Écriture prévoyait, par l’Esprit qui remplissait ses auteurs, que Dieu justifierait les païens par la foi : puisque toutes les nations seraient bénies en lui, ce ne pouvait être que sous le rapport spirituel créé par l’identité de leur foi. Sans cela, ne descendant pas de lui, nous n’aurions jamais pu prétendre être ses enfants ! C’est la raison pour laquelle Abraham est nommé le « père des croyants » (Romains : 4 / 11-12).

Il a laissé l’héritage de la promesse et de la bénédiction à tous ceux qui croiraient. Ainsi, par cette bénédiction promise à Abraham et héritée par les croyants, nous avons accès à toutes les grâces de l’Évangile (le salut, la justification par la foi…).

Pour être sous la bénédiction et non sous la malédiction :

Dans les versets : 10-13, Paul ajoute à la preuve positive qu’il vient de donner à sa « thèse », une confirmation négative : celui qui cherche un moyen de justification et de salut dans les œuvres de la loi se trouve, non sous la bénédiction, mais sous la malédiction, puisque « nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi parce que c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains : 3 / 20) et que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains : 3 / 23).

Le verset : 14 en effet, nous rappelle que nous avons part à la bénédiction d’Abraham par la foi et le sacrifice de Christ. Nous avons donc été appelés à en recevoir la promesse et à sa réalisation.

« J’enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez en ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut » (Luc : 24 / 49).

« Il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père dont, leur dit-il, vous m’avez entendu parler » (Actes : 1 / 4).

Le bien immense qui était promis, c’était l’effusion du Saint-Esprit après que la rédemption a été accomplie.

« Car je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséchée, je répandrai mon Esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes rejetons » (Esaïe : 44 / 3 ; lire également Ezéchiel : 36 / 24-27).

A nous donc de puiser dans cet héritage spirituel et cette grâce promise.

La promesse et la loi
Galates : 3 / 15-16

 
« Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute. Or, les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit : et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule : et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ. »

Verset : 15 :

« Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute. »

« Frères. »

Ici l’apôtre appelle les Galates par le terme affectueux de frères et non plus de « Galates insensés » !

Toutes les expressions douloureuses, indignées, des versets : 1-3, se sont calmées, adoucies. La tension dans laquelle l’apôtre avait écrit jusqu’ici se relâche et le premier mouvement passé, la tendresse reprend ses droits.
C’est donc dans cette disposition qu’il va essayer de les persuader en leur exposant le plan de Dieu selon l’alliance de la grâce, et cela, au travers d’un raisonnement qui a sa source dans la loyauté à l’égard du Seigneur, de sa vérité et de l’amour de son peuple.

Les dispositions testamentaires ne peuvent être modifiées :

« Je parle d’après les usages des hommes » (Darby), à leur manière, d’après les principes en usage chez eux dans leurs rapports mutuels. D’ailleurs, on trouve pareille phrase dans les écrits de Paul (1 Corinthiens : 9 / 8). Ce qu’il veut, c’est amener les Galates à faire la comparaison avec un testament rédigé par un homme : personne ne peut l’annuler ni le modifier en quoi que ce soit, s’il est rédigé par quelqu’un jouissant de toutes ses facultés.

S’il en est ainsi pour les humains, il en est de même pour les dispositions testamentaires de Dieu à l’égard d’Abraham et de sa postérité : elles ne peuvent être modifiées. Elles sont à l’abri de toutes transformations ultérieures, et particulièrement de celles qui prétendraient revenir à la loi.

Souvenons-nous que le Seigneur lui-même a enseigné à ses disciples qu’il faut parfois raisonner à la manière des hommes dans l’œuvre de Dieu.

« Demandez et l’on vous donnera, cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Matthieu : 7 / 7-11).

Héritiers selon la promesse :

Verset : 16 :

« Or, les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. »

« Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. »

Les promesses sont au pluriel comme dans Romains : 9/ 4, parce que « la promesse » de Genèse : 12 / 1-3 contient le germe de toutes les autres et qu’elle est répétée plusieurs fois à Abraham sous des formes variées. «  L’Éternel apparut à Abraham et dit : Je donnerai ce pays à ta postérité » (Genèse : 12 / 7 ; voir aussi : 13 / 14-17 ; 15 : 18-20 ; 17 / 1-8 ; 18 / 18 ; 22 / 16-18). Il est utile de noter encore que ces promesses ont été confirmées à Isaac (Genèse :26 / 4) et à Jacob (Genèse : 28 / 4).

Parmi ces engagements généraux accordés au patriarche, Paul fait ici allusion à ceux que nous lisons dans Genèse : 13 / 14-18 ; 15 / 1-21 ; 17 / 7-8 où Dieu promet, entre autres, la possession de la terre de Canaan qu’il appelle « l’héritage » dans Galates : 3 / 8, puis spirituellement « le monde » dans Romains : 4 / 13, et enfin la promesse de l’Esprit : « Afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis » (Galates : 3 / 14).

Le pays de Canaan n’était pas le dernier but de la promesse, il n’était qu’un symbole. C’est pourquoi, longtemps après qu’Israël en a pris possession, David prophétisa le vrai repos : « Ainsi je jurais dans ma colère : Ils n’entreront pas dans mon repos » (Psaume : 95 / 11 ; Hébreux : 4 / 3). De même, « la postérité » à laquelle s’adresse la promesse de posséder Canaan n’était pas exclusivement  ce peuple d’Israël qui y fut conduit par Josué, mais le vrai peuple de Dieu, les rachetés de Jésus-Christ entrant par lui dans le repos éternel qu’il leur a acquis : « Et si vous êtes en Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates : 3 / 29).   
                        
La descendance et l’héritage
Toutes les promesses faites au peuple de Dieu reposent sur Christ en qui elles s’accomplissent
Galates : 3 / 16b-18

 
« Il n’est pas dit : et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule : et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ. »

Cela nous ramène aux promesses de Genèse : 13 / 15 : « Tout le pays que tu vois, je te le donnerai à toi et ta postérité pour toujours », et 17 / 7-8 : « J’établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendances après toi, selon leurs générations ; ce sera une alliance perpétuelle. » Le mot « promesse » est exprimé au singulier, ce qui permet au Saint-Esprit de faire comprendre qu’elle n’appartenait pas à toute la descendance d’Abraham. Par exemple, les enfants nés d’Agar (Genèse : 25 / 12-18) ou de Ketura (Genèse : 25 / 1-6) en sont exclus. Ils n’ont rien de commun dans l’histoire du règne de Dieu, puisque la seule descendance élue est celle d’Isaac et de Jacob dont devait sortir le Christ (Matthieu : 1 / 1-2 ; Luc : 1 / 54-55).

L’Église, corps de Christ et postérité d’Abraham :

L’emploi du singulier n’est donc pas un accident, mais il est intentionnel puisque la postérité en vue était Christ, le Messie, le Sauveur, le rejeton principal d’Abraham ! La preuve que Christ, le Messie, est le vrai Israël, ressort avec évidences dans ces passages : « Il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai » (Esaïe : 49 / 3) ; « Quand Israël était jeune, je l’aimais, et j’appelai mon fils hors d’Egypte » (Osée : 11 / 1).

Pour être exact, il faut également souligner que dans la lignée de Jacob, tous ceux qui sont de la postérité d’Abraham, ne sont pas tous ses enfants (Romains : 9 / 6-8), mais la seule vraie postérité, c’est Christ. Il s’agit là du Christ mystique, c’est-à-dire de Jésus-Christ et de ses rachetés, l’Église qui est son corps. Il ne faut, en effet, pas restreindre la personne de Jésus au Christ historique. Le contexte étend largement sa signification au Christ idéal, mystique qui permet de comprendre que la bénédiction passe par le Fils de Dieu à ses rachetés, ou mieux encore, que les enfants de Dieu en bénéficient « en Christ ». D’ailleurs, toutes les promesses faites au peuple de Dieu reposent sur Christ en qui elles s’accomplissent : « Car le Fils de Dieu, Jésus-Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous (…), car en ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est pourquoi l’Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu. Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis en nos cœurs les arrhes de l’Esprit » (2 Corinthiens : 1 / 19-22).

Notre héritage selon sa promesse :

Dans les versets : 17-18, les termes « héritage », « promesses », et même « bénédiction » (v : 14) sont synonymes, interchangeables ! La promesse divine avait une valeur, la fermeté d’un testament, d’une alliance. La bénédiction nous vient de Christ, comme l’héritage parvient à l’héritier. Le verset : 17 montre bien que la promesse n’est pas abolie par la loi venue quatre cent trente ans plus tard. Il faut donc entendre par là que cette promesse générale inclut toutes les autres, mêmes particulières, et la loi ne saurait l’abroger.

« Car si l’héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse » (v : 18). Il y a donc, à l’évidence, incompatibilité entre la promesse et la loi. Personne ne pourra jamais les associer, et l’apôtre ne transige jamais sur ce point. Il y revient d’ailleurs dans des termes formels : le salaire est dû, mais la grâce est une faveur (Romains : 4 / 4-5). On ne peut donc être à la fois héritier par la loi, puisqu’elle nous ramène à nos seuls mérites qui, nous le savons, sont vains, et par la promesse qui est l’apanage des fils.

« C’est par la promesse que Dieu a accordé sa grâce à Abraham. »

Par sa promesse seule, Dieu a témoigné sa bienveillance au patriarche, puisque la loi n’existait pas encore.


Le vrai rôle de la loi
Dans le contexte des Galates, les Juifs et les judaïsants devaient nécessairement adresser à Paul une telle injonction : il se fait donc un devoir de prévenir l’attaque et d’y répondre
Galates : 3 / 19

 
« Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite ; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. »

Pourquoi donc la loi ?

Cette question était centrale pour tous ceux qui étaient aux prises avec les différents partis.

Cette interrogation pose le problème de la nature de la loi, de son but et de son rôle. L’apôtre rempli de la vision céleste, y répond par des formules magnifiques, de forte intensité, d’une logique solidement construite, et qui réclame une véritable attention, mais l’effort qu’elle suscite est vite récompensé.

Reprenons l’objection : si le salut est par grâce, fondé uniquement sur la promesse de Dieu et reçu par la foi, sans les œuvres de la loi, pourquoi donc cette loi sainte, donnée avec tant d’éclat et qui prend une telle place dans la vie d’Israël ? La réponse est donnée, aussi spontanée qu’évidente : « Elle a été donnée ensuite, à cause des transgressions. »

La loi a mis en évidence le péché :

La loi est donc la conséquence du fait qu’il y avait toujours des transgressions, qu’elles augmentaient et que tous les commettaient. La loi est venue pour donner au pécheur la conscience humiliante de son péché et pour le pousser à soupirer après la rédemption, l’amenant ainsi à la promesse. Le péché existait bien quand la loi fut donnée, mais il n’était pas encore mis en évidence, il était simplement inscrit dans la conscience des hommes. Il n’était pas imputé, surtout pas mis en compte !

« Or, jusqu'à la promulgation de la loi, le péché était dans le monde, mais le péché n’est pas mis en compte quand il n’y a pas de loi » (Romains : 5 / 13).

« Or la loi produit la colère et là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas non plus de transgression » (Romains : 4 / 15).

C’est donc pour mettre le péché en évidence que la loi est intervenue, comme une flèche destinée à atteindre la conscience du pécheur et pour que la sentence de condamnation et de mort soit rendue sensible au cœur léger et insouciant.

La sainteté de Dieu :

La loi mettait au premier plan cette notion de la sainteté de Dieu et de la démarche de purification nécessaire, indispensable même pour s’approcher de Dieu. La purification ne pouvait avoir lieu qu’au travers du ministère sacerdotal, même si elle restait bien en-deçà des exigences divines puisque mettant en évidence la faiblesse même du souverain sacrificateur, homme parmi les hommes même s’il était l’objet d’un choix divin. C’est dons la promesse qui devait prendre le relais parce que procédant d’une justice plus grande et plus parfaite.

Tous les textes correspondants de l’épître aux Romains ne laissent aucun doute à cet égard.

« Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains : 3 / 20).

« Or, la loi est intervenue pour que la faute soit amplifiée ; mais là où le péché s’est amplifié, la grâce a surabondé » (Romains : 5 / 20).

En conclusion, la loi visait à produire en chacun l’expérience que Paul décrit dans Romains : 7 / 14-25 et 8 / 14, c’est-à-dire la prise de conscience que l’homme naturel ne saurait en aucune manière accomplir la volonté de Dieu.

Seule la justice acquise par Christ à la croix pour ceux qui croiraient en lui est véritablement efficace.

Il est « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », accomplissement divin de la promesse donnée dès la chute de celui qui écraserait la tête du serpent.

La loi était le pédagogue destinée à faire prendre conscience de cette nécessité divine.


Le rôle de l’apparition du Christ
« Jusqu’à ce que vienne la descendance à qui la promesse avait été faite »
Galates : 3 / 19

 
« Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite ; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. »

La descendance promise, nous le savons, c’est Jésus-Christ lui-même, postérité principale à laquelle se réfère la promesse.

Alors, le régime de la loi devait être remplacé définitivement par celui de la foi.

Il convient de noter aussi une autre infériorité de la loi : « Elle fut promulguée par des anges . »

Dans Exode : 20, il n’est pas fait mention d’anges dans cette promulgation, mais l’apôtre met en arrière-plan les circonstances dans lesquelles cette loi a été donnée « par des anges. » Elle est, par conséquent, inférieure à la promesse qui a été faite directement par Dieu.

Le médiateur de la loi était Moïse, selon Lévitique : 26 / 46 : « Telles sont les prescriptions, les ordonnances et les lois que l’Eternel établit entre lui et les Israélites sur le mont Sinaï, par l’intermédiaire de Moise. »

Le peuple lui-même demanda la médiation avec instance quand il fut confronté à la gloire de l’Eternel parce qu’il ne pouvait supporter ni la présence ni la parole directe de Dieu (Exode : 20 / 18-19 ; Deutéronome : 5 / 5).

«  Or, un médiateur suppose toujours deux parties, tandis qu’ici, Dieu est seul » (verset : 20) :

« Or, le médiateur n’est pas médiateur d’un seul, tandis que Dieu est un seul » (v : 20)

La question se pose de savoir ce qu’est un médiateur dans ce contexte : c’est quelqu’un qui sert d’intermédiaire entre deux parties contractantes, chacune d’elles s’engageant à observer loyalement les clauses d’un contrat.

Le texte d’Exode : 19 / 5-8 nous montre ainsi Israël prenant, par l’intermédiaire de Moïse, l’engagement présomptueux d’obéir à Dieu dans tout ce qu’il commanderait. Cet engagement scellait donc l’alliance légale dans laquelle la loi était la règle.

Hélas, l’histoire du peuple dans le désert et dans le pays promis est une longue démonstration de l’incapacité humaine à respecter cette loi et une violation permanente de l’alliance contractée par Dieu avec son peuple.

« Souviens-toi, n’oublie pas de quelle manière tu as excité la colère de l’Eternel ton Dieu dans le désert, depuis le jour où tu es sorti du pays d’Egypte jusqu’à votre arrivée dans ce lieu, vous avez été rebelles contre l’Eternel » (Deutéronome : 9 / 7).

Mais quand une seule personne s’engage, ainsi que le montre Galates : 3 / 20, alors, face à Dieu, aucun médiateur n’intervient. Le Seigneur est le seul à s’engager dans la promesse, en sorte que notre  irrémédiable faiblesse ne trouve pas à s’y manifester. Seule  la perfection divine, son infaillibilité et sa sainteté sont en jeu. Il est la vérité et sa Parole ne peut-être mise en doute.

Et non seulement Dieu est seul à s’engager dans cette promesse, mais il le fait librement, sans médiation, sans condition, sans aucun contrat ni obligation en retour. C’est son amour qui l’engage dans ce don parfait. La promesse reçoit de ce fait un caractère permanent et universel. Elle est immuable et unique comme son auteur.

Pour Paul, cette notion du seul engagement divin est bien la marque indiscutable de la supériorité de la promesse sur la loi.

La loi conduisant à Christ
Galates : 3 / 21-24

 
« La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Loin de là ! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient. Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. »

Dans ce passage, l’apôtre révèle encore une objection possible, comme s’il voulait lui-même être le magistrat mettant en accusation une proposition inepte.

N’y a-t-il pas en effet une opposition, une contradiction entre la loi et la promesse, issues toutes deux des Saintes Écritures ?

Non certes, car s’il avait été donné une loi qui puisse produire la vie, alors la justice viendrait réellement d’elle. La réponse est sans ambiguïté puisque la loi, loin de procurer la vie, n’engendre que la condamnation et la mort.

« Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise si la loi n’avait dit : Tu ne convoiteras pas. Et le péché, saisissant l’occasion, produit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises ; car sans loi, le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus » (Romains : 7 / 7-9).

Le commandement est donc placé entre ces deux ministères de la mort et de la vie (2 Corinthiens : 3 / 7-11).

La miséricorde divine :

« Mais l’Écriture a tout enfermé sous le péché afin que la promesse soit donnée par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient » (v : 22)

Cette affirmation est répétée dans Romains : 11 / 32 : « Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous. »

Dans ce verset : 22, l’apôtre ne parle pas de la loi, mais de l’Écriture parce que l’Ancien Testament concourait au même but, c’est-à-dire à manifester le péché, en faisant sentir les chaînes de l’esclavage, pour enlever tout espoir de délivrance par ses forces propres afin de mener à Christ. Si un Dieu saint avait pu sauver l’homme déchu autrement qu’en livrant son Fils à la mort par la croix, nul doute qu’il l’aurait fait. Mais sa justice ne pouvait être satisfaite autrement. C’est pourquoi nous lisons dans Romains : 8 / 3-4 : « Car, chose impossible à la loi parce que la chair la rendait sans force, Dieu, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair, et cela pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. »

La nécessité de la croix repose sur la ruine de l’homme :

« Avant que la foi vienne, nous étions enfermés sous la surveillance de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée » (V : 23).

Par « la foi », Paul entend bien « l’objet de la foi », c’est-à-dire Christ et l’Évangile.

« Ainsi la loi a été un précepteur (un pédagogue) pour nous conduire à Christ afin que nous soyons justifiés par la foi » (v : 24).

Le mot grec « pédagogue » veut dire conducteur d’enfants. Cet homme était chargé de leur surveillance pour leur apprendre les premiers rudiments de la connaissance afin qu’ils puissent, plus tard, suivre les enseignements de quelque maître renommé. Tel est le rôle de la loi.

Sous cette image de pédagogue, l’apôtre nous montre comment nous devons employer la loi afin de faire connaître au pécheur son état, et par là le besoin essentiel d’un Sauveur pour l’amener à Christ.


La foi supplante la loi
Galates : 3 / 25-29

 
« La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue. Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse.»

« Mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce précepteur (ce pédagogue) » (verset : 25) :

Chronologiquement, la foi clôt l’ère de la loi et se substitue à elle avantageusement. Le but une fois atteint, le moyen cesse. L’office éducatif préparatoire de la loi est terminé. Cette transition nous permet de passer du statut d’enfant à celui d’adulte, et nous amène de la servitude à la liberté.

« En lui, quiconque croit est justifié de tout ce dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse » (Actes : 13 / 39). «  Car Christ est la fin de la loi, en vue de la justice pour tout croyant » (Romains : 10 / 4).

« Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ » (Verset : 26) :

Par cette substitution de la loi par la foi, nous avons vessé d’être des enfants de tutelle, à la façon des esclaves, nous devenons fils d’adoption avec tous les privilèges inhérents : « Et vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un esprit d’adoption par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin d’être glorifiés avec lui » (Romains : 8 / 15-17).

« Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (verset : 27) :

Paul affectionne cette image si juste et si frappante qui est de revêtir (1 Corinthiens : 15 / 53-54 ; Ephésiens : 4 / 24 ; Colossiens : 3 / 10 ; 2 Corinthiens : 5 / 2-4).

« Revêtir Christ », c’est devenir un avec lui, c’est revêtir la justice, vivre de sa vie, en sorte que son image se reproduise en nous.

En mentionnant ici leur baptême, l’intention de Paul était probablement de leur rappeler qu’ils avaient eux-mêmes confirmé leur identification avec Christ, alors que l’enseignement des « judaïsants » en était pratiquement la négation. Il est évident que l’apôtre n’attribue cette signification du baptême qu’à ceux qui, avant de le recevoir, avaient été amenés par la foi au Sauveur. L’apôtre ne fait pas du baptême un moyen de régénération ; il ne lui attribue aucune action magique en conférant au signe le pouvoir de ce que seul Dieu peut opérer par sa grâce et que la foi seule peut s’approprier.

Dès que nous avons revêtu Christ par le baptême, toutes les distinctions nationales, sociales ou de sexe disparaissent pour permettre à ses enfants de ne former qu’un avec lui (v : 28 ; voir aussi 1 Corinthiens : 12 / 12-13 ; Ephésiens : 2 / 15-16 ; 3 / 6 ; 4 / 4 ; Colossiens : 3 / 11).

« Et si vous êtes à Christ alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (verset : 29) :

Nous voici au terme de cette laborieuse démonstration par laquelle l’apôtre conclut que les privilèges auxquels prétendaient les Juifs - c’est-à-dire être la postérité d’Abraham par la circoncision et les prescriptions légales (Actes : 15 / 1) - leur échappent en fait pour se réaliser dans les rachetés de Christ, membres de son corps, et comme tels, véritable postérité du père de la foi, et héritiers selon la promesse.

« Ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont  enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont comptés comme descendance » (Romains : 9 / 8).


Affranchis de l’esclavage et héritiers
Galates : 4 / 1-3

 
« Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout ; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père. Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde ;….»

Dans le chapitre : 3, l’apôtre avait comparé la position du croyant sous la loi, avant la venue du Christ, à celle d’un fils de parents nobles, instruit et éduqué par un pédagogue.

Verset : 1 :

« Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout,… »
Reprenant la même image, il note que l’enfant, même s’il est héritier, est soumis aux règles de ce régime, et donc à son père. Autrement dit, il ne diffère en rien d’un esclave jusqu’à sa majorité, cela, alors qu’il est le maître de tout, non pas en fait, mais en droit, en espérance.
Idéalement donc, les Juifs étaient héritiers, mais seulement dans la mesure où, étant enfants d’Abraham par la foi, ils étaient aussi juifs en esprit, en même temps qu’enfants de Jacob par la naissance de la chair.

Paul restitue bien ces choses et leurs valeurs dans l’épître aux Romains.

« Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les apparences, et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu » (Romains : 2 / 28-29).

Verset : 2 :

« …mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père.

Comme un enfant est sous tutelle jusqu’à son âge révolu, de même le Juif est sous tutelle jusqu’à l’arrivée du Messie. La loi, faisant office de pédagogue par l’intermédiaire des sacrificateurs, lui imposait des règles strictes dont il ne pouvait se dégager sous peine de perdre sa place au sein du peuple d’Israël.

Verset : 3 :

« Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde ;….»

Telle était notre condition de « non-Juifs » avant la venue de Christ. « Les principes élémentaires du monde », ou « les rudiments », sont les éléments matériels du culte, tant dans le judaïsme que dans les autres religions du monde. Cette expression ne se trouve qu’ici, au verset : 9 et dans Colossiens : 2 / 8 et 20.

Appliquée au domaine religieux, elle indique les principes élémentaires de la connaissance de Dieu, nous pourrions dire l’abc de la loi, de l’Ancien Testament, comme révélation de Dieu. « Vous en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide » (Hébreux : 5 / 12).

Dans notre texte, il s’agit bien de la loi avec toutes les minutieuses prescriptions dont elle est entourée. Ces principes élémentaires qui marquaient la vie quotidienne des Juifs, étaient, de par leur nature même, mal connus et mal vécus parce qu’étant de nature divine, « images des choses à venir », dont le sens échappait à la plupart des membres de ce peuple pourtant mis à part.

Ainsi, dans Actes : 15 / 10, Pierre en parle comme « d’un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas été capables de porter »

Dans Hébreux : 9 / 10, ces rudiments sont décrits comme  des ordonnances charnelles…qui ont été imposées jusqu’à un temps de réforme !


L’homme sous la grâce
Galates : 4 / 4-5

 
« … mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption.»

« Mais lorsque les temps furent accomplis » (verset : 4) :

Il importe de remarquer l’expression employée pour désigner l’époque précise, choisie par la sagesse de Dieu pour envoyer son Fils. Elle était déterminée dans le conseil du Seigneur pour l’accomplissement de ses desseins de rédemption en Jésus-Christ, selon Ephésiens : 1 / 9-10 : « Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il avait formé en lui-même, pour l’exécuter quand les temps seraient accomplis : réunir sous un seul chef, le Christ, tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. »

Pour accomplir les desseins du Père, le Fils ne pouvait venir qu’après une longue préparation des Juifs : celle-ci s’est accomplie au travers de révélations divines, des promesses de la loi et de toutes les institutions mosaïques. Dès que la loi eut achevé son œuvre pédagogique chez les Juifs et que les païens, comme le montre l’histoire profane résumée dans Romains : 1 / 18-32, furent « mûrs » pour la venue du Sauveur, Dieu a envoyé son Fils.

Constatant que Juifs et païens étaient sous l’empire du péché, Dieu enferma tous les hommes dans la rébellion afin de faire miséricorde à tous (Romains : 11 / 32).

Ainsi Paul constate que les Juifs n’ont rien à faire valoir en leur faveur (Romains : 3 / 9-12) et il déclare que personne, devant Dieu, n’a sujet de se glorifier (Romains : 3 / 27-30).

C’est devant ce constat que Dieu envoya celui qui ne devait pas être seulement le Messie des Juifs, mais aussi le Sauveur du monde (Romains : 15 / 7-13).

Lorsque le Seigneur parut, les temps préparatoires étaient accomplis. Jésus l’affirme lui-même au début de son ministère : « Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l’Évangile de Dieu. Il disait : le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (Marc : 1 / 14-15).

L’expression « né sous la loi » mentionnée ici montre que Jésus est venu non seulement pour accomplir la loi (Matthieu : 5 / 17), mais aussi pour en subir à notre place la malédiction.

« Afin de racheter ceux qui étaient sous la loi » (verset : 5) :

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous. Car il est écrit : maudit est quiconque est pendu au bois » (Galates : 3 / 13). Il est utile et vital d’insister sur la nécessité de la mort de Jésus à la croix. Ni l’incarnation de Christ ni son obéissance à la loi n’auraient servi à quoi que ce soit sans la croix pour ce qui concerne la rédemption des hommes. « Mais celui qui a été fait pour un peu de temps inférieur aux anges, Jésus, nous le contemplons, couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte ; ainsi, par la grâce de Dieu, il a goûté la mort pour tous » (Hébreux : 2 / 9).

L’incarnation elle-même n’est pour rien dans la rédemption qui a lieu à la croix. L’Écriture ne dit pas que Jésus a porté nos péchés dans la vie, mais dans la mort sur la croix.

« Vous savez en effet que ce n’est pas par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre : 1 / 18-19 ; voir aussi Matthieu : 20 / 28 et Ephésiens : 1 / 7).

« Pour que nous recevions l’adoption ». Nous sommes ainsi élevés à la condition glorieuse d’enfants de Dieu ! En effet, non seulement nous sommes rachetés de la malédiction de la loi, libérés de son joug, mais nous prenons conscience maintenant de notre « majorité ».

Nous sommes libérés de la tutelle des rudiments du monde et adorons Dieu, notre Père, en esprit et en vérité.

Pour la première fois l’apôtre énonce cette doctrine de la filiation divine sur laquelle il revient plus longuement dans l’épître aux (Romains : 8 / 14-17) et qu’il mentionne dans sa lettre aux Ephésiens : 1 / 5).

L’esclave est donc élevé à la place de fils et entre ainsi dans la famille de Dieu avec le droit à l’héritage !


L’adoption
Galates : 4 / 6-7

 
« Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu.»

La meilleure preuve de notre adoption c’est effectivement dans nos cœurs cette présence de l’Esprit de Dieu : « Pour vous, vous n’êtes plus sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Romains : 8 / 9).

C’est par cet Esprit que nous crions « Abba ! Père ! » C’est ce même esprit qui se joint au nôtre pour attester que nous sommes enfants de Dieu  (Romains : 8 / 15-17).

L’Esprit d’adoption met les rachetés dans un rapport avec Dieu tout à fait semblable à celui de Jésus, leur frère aîné : « Jésus lui dit : Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean : 20 / 17 ; voir aussi Romains : 8 / 28-29 et Hébreux : 2 / 11-12).

Il les pousse spontanément à l’invocation de Dieu comme « Père » !

C’est ce que l’Écriture appelle « le témoignage intérieur du Saint-Esprit » qui nous confirme dans le sentiment et la conscience de cette relation. Quelle étonnante dignité ! Quelle relation privilégiée incomparable ! Nous le disons, mais le comprenons-nous vraiment ?

« Ainsi, tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier, grâce à Dieu » (verset : 7).

Esclave, nous chrétiens, nous ne le sommes certes plus ! L’ère de la servitude est révolue, celle de la liberté lui a succédé : notre minorité a pris fin, notre « majorité » a commencé, c’est la pleine émancipation spirituelle !

Il est important de souligner ici que ce privilège est affirmé comme un fait présent, une expérience actuelle. Nous avons la même pensée, exprimée en d’autres termes, dans 1 Jean : 4 / 13 :

« A ceci nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, c’est qu’il nous a donné de son Esprit. »


Quel choix de vie ?
Galates : 4 / 8-9

 
« Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature ; mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore ? »

Verset : 8 :

« Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui, par nature, ne le sont pas. »

« Vous savez comment, quand vous étiez païens, vous étiez entraînés vers les idoles muettes » (1 Corinthiens : 12 / 2).

Autrefois païens, les Galates servaient les idoles mais étaient en quelque sorte « excusables ». Cette ignorance du vrai Dieu, si elle restait coupable (Romains : 1 / 18-21), comportait cependant des circonstances atténuantes à cause de l’obscurcissement de leur intelligence, de sa focalisation vers des buts erronés.

« Mais maintenant vous connaissez le vrai Dieu, le Dieu vivant et vrai ! » leur dit en substance l’apôtre. La responsabilité de tous ceux qui se détournaient ainsi était, de toute évidence, pleinement engagée puisque les lumières de l’Évangile leur permettaient de faire des comparaisons.

Verset : 9 :

« Et surtout après avoir été connus de Dieu » Ce n’est pas l’homme qui prévient Dieu et qui le choisit, mais c’est l’inverse.

« J’ai exaucé ceux qui ne demandaient rien, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas ; j’ai dit : me voici, me voici ! à une nation qui ne m’appelait pas de mon nom » (Esaïe : 65 / 1 ; voir aussi Matthieu : 13 / 45 ; Luc : 19 / 10 ; Romains : 8 / 28-29).

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis » (Jean : 15 / 16).

Dieu vient donc au-devant de nous dans notre ignorance (Actes : 17 / 30-31 ; 1 Jean : 4 / 19).

Paul met en évidence la « faiblesse » des principes anciens, du fait de leur impuissance à donner un quelconque résultat, spécialement au regard de la vie que procure la grâce. Cette épithète est d’ailleurs appliquée à la loi elle-même, et dans le même sens dans Romains : 3 / 19-20 ; 8 / 3.

« En effet, il y a d’une part suppression d’une ordonnance antérieure à cause de sa faiblesse et de son inutilité, car la loi n’a rien amené à la perfection, et d’autres part introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu » (Hébreux : 7 / 18-19).

Ni le code moral ni le rituel symbolique des Juifs, tout comme l’idolâtrie des gentils ne peuvent délivrer l’homme de la condamnation, le justifier et lui donner la vie. Aucun système religieux ne peut arriver à cette fin qui est cependant le besoin le plus profond de l’humanité.

Il met de même en exergue la pauvreté de ces principes parce qu’ils ne contiennent pas la moindre parcelle des trésors de la grâce de Dieu qui sont, eux, décrits dans des termes pleins des plus glorieuses perspectives dans de nombreux textes (Romains : 5 / 1-2 ; 8 / 18 ; Ephésiens : 1 / 7-8 ; 2 / 7 ; 3 / 8 et 16 ; Colossiens : 1 / 27 ; 2 / 3 ; 2 Corinthiens : 4 / 7).

Dans le langage de Luc : 15 / 20-24, les Galates avaient été reçus dans la maison du Père et jouissaient de tous les privilèges en tant que fils, et non comme mercenaires ! Les principes élémentaires, ou rudiments, résument les pratiques des religieux. Si ces pratiques diffèrent entre elles, elles ont ceci en commun, c’est qu’elles sont inefficaces et absolument incapables de satisfaire les besoins réels de l’homme, de lui ouvrir un chemin d’accès à Dieu.

Il peut y avoir une nette différence entre la lumière émise par un ver luisant et celle qui émane d’une lampe à arc, mais toutes deux sont englouties et absorbées par la splendeur du soleil, la révélation de Dieu en Christ.


Observances religieuses ?
Galates : 4 / 10-11

 
« Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous.»

Verset : 10 :

« Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! »

L’apôtre se lance dans une description des pratiques religieuses des Galates qui lui semblent « décalées » par rapport au message si simple de l’Évangile :

Les jours : les Galates observaient toujours le sabbat et les autres fêtes fixées par la loi.

«  Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête d’une nouvelle lune, ou des sabbats » (Colossiens : 2 / 16).

Les mois : c’est-à-dire les nouvelles lunes, fêtes religieuses juives (Nombres : 28 et 29).

« Les Lévites avaient à offrir continuellement devant l’Eternel tous les holocaustes à l’Eternel, aux sabbats, aux nouvelles lunes et aux fêtes selon le nombre et les usages prescrits » (1 Chroniques : 23 / 31).

Les temps : soit les trois fêtes annuelles décrites dans Exode : 23 : la fête des pains sans levain (la Pâque), la fête des moissons, et la fête de la récolte (voir Deutéronome : 16 et 2 Chroniques : 8 / 13).

Les années : ce sont les années sabbatiques et jubilaires (Lévitique : 25).

Lorsqu’on regarde attentivement le contexte, on ne peut pas dire que les Galates aient été coupables de très grands manquements. Mais l’idée probable de l’apôtre était que l’observation de ces rituels ne devait pas être prise dans un sens trop littéral, comme l’observation d’une année de jubilé, par exemple.

De toute évidence, ayant une considération rigoureuse du moindre de ces jours, c’était l’indice que le mal était déjà enraciné, et en accepter le principe équivalait à les observer tous !

Or, ces observances religieuses ne sont pas compatibles avec l’esprit de l’Évangile, elles sont en effet contraires à la liberté chrétienne.

« Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous laissez-vous imposer ces règlements : ne prend pas ! ne goûte pas ! ne touche pas ! toutes choses vouées à la corruption par l’usage qu’on en fait ? Il s’agit de préceptes et d’enseignements humains qui ont, il est vrai, une apparence de sagesse, en tant que culte volontaire, humilité et rigueur pour le corps, mais qui ne méritent pas d’honneur et contribuent à la satisfaction de la chair » (Colossiens : 2 / 20-23).

Parler d’un jour ou de jours, c’est admettre tacitement qu’un jour est plus qu’un autre, alors que pour le chrétien tous sont égaux puisque « saints ».

Verset : 11 :

« Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous.»

On voit clairement que l’apôtre est en grande peine à leur sujet : en leur prêchant l’Évangile, il avait travaillé à briser leurs chaînes et à leur rendre la liberté… Or, les voilà de nouveau sous le joug, et volontairement esclaves !

Paul en est très affecté et exprime sa crainte d’avoir travaillé en vain parmi eux.

« C’est pourquoi, n’y tenant plus, j’envoyai Timothée s’informer de votre foi, dans la crainte que le tentateur ne vous ait tentés et que notre travail ne soit réduit à néant » (1 Thessaloniciens : 3 / 5).

Son inquiétude est donc en même temps chargée de cette compassion pour les âmes qui le pousse constamment à mobiliser toute son énergie pour leur salut et leur avancement spirituel.


Les premières relations de Paul avec les Galates
Galates : 4 / 12-14

 
« Soyez comme moi, car moi aussi je suis comme vous. Frères, je vous en supplie. Vous ne m’avez fait aucun tort. Vous savez que ce fut à cause d’une infirmité de la chair que je vous ai pour la première fois annoncé l’Évangile. Et mis à l’épreuve par ma chair, vous n’avez témoigné ni mépris ni dégoût ; vous m’avez, au contraire, reçu comme un ange de Dieu, comme Jésus-Christ.»

Verset : 12 :

« Soyez comme moi, car moi aussi je suis comme vous. Frères, je vous en supplie. »

Dans cette exclamation, on sent une vive et douloureuse émotion dans le cœur de l’apôtre. L’âme de Paul est remuée par une tendresse naturelle car, après avoir fait des reproches aux Galates, il revient maintenant à cette affection première : son amour doit apparaître dans son épître. Après s’être tenu sur les hauteurs des principes, il redescend pour traiter avec les personnes…

Dans ce verset, se dessine un mouvement de tendresse, fréquent pour une nature ardente comme celle de Paul : « Notre bouche s’est ouverte pour vous, notre cœur s’est montré large, vous n’êtes pas à l’étroit au-dedans de nous, mais c’est en vous-mêmes que vous êtes à l’étroit. En contrepartie, je vous parle comme à mes enfants, montrez-vous larges, vous aussi » (2 Corinthiens/ 6 : 11-13).

« Moi aussi, je suis comme vous » : autrefois, Paul avait été zélé pour la loi, mais maintenant, il en a abandonné les privilèges pour de bien plus grands, de même que tous les préjugés en sa faveur (Philippiens : 3 / 4-9) pour se ranger aux côtés des gentils. Il les engage à l’imiter et à rester attachés à la liberté en permanence, en suivant son exemple (1 Corinthiens : 9 / 1 et 19-23).

Verset : 13 :

« Vous ne m’avez fait aucun tort. Vous savez que ce fut à cause d’une infirmité de la chair que je vous ai pour la première fois annoncé l’Évangile. »

Anticipant la suggestion qui arguerait que la vigueur de son langage serait due à un conflit antérieur, il les assure qu’ils ne lui ont fait aucune peine, s’étant toujours comportés avec lui avec une extrême délicatesse : « Vous le savez, ce fut à cause d’une maladie (ou d’une infirmité de la chair), que je vous ai, pour la première fois, annoncé l’Évangile. »

Par ces paroles, et par d’autres semblables (1 Corinthiens : 2 / 3), on voit que Paul devait souffrir de quelque infirmité corporelle qui le rendait désagréable à regarder.

Verset : 14 :

« Et mis à l’épreuve par ma chair, vous n’avez témoigné ni mépris ni dégoût ; vous m’avez, au contraire, reçu comme un ange de Dieu, comme Jésus-Christ.»

On ne sait pas exactement en quoi consistait cette infirmité, mais les Galates le savaient de toute évidence ; il faut sans doute se rapprocher de cette mystérieuse écharde qu’il dit avoir dans la chair (2 Corinthiens : 12 / 7-9). Cette épreuve peut-être celle de l’ophtalmie, qui est une affection inflammatoire des yeux, si répandue en Orient et qui expliquerait les termes du verset : 15 : « Vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner », ainsi que celle de : 6 / 11 : « Voyez avec quels gros caractères je vous écris de ma propre main. »

« Reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus » : malgré son infirmité, les Galates avaient reçu l’apôtre comme l’envoyé de Dieu. C’est la signification du terme « ange », messager de Jésus-Christ (Malachie : 2 / 7 ; 1 Thessaloniciens : 2 / 13). C’était, à la lettre, la réalisation de Matthieu : 10 / 40 : « Celui qui vous reçoit me reçoit et reçoit celui qui m’a envoyé. » (Voir aussi Luc : 10 / 16 ; Jean : 13 / 20).

Les envoyés de Dieu devraient être attentifs au caractère solennel de leur ministère en se souvenant humblement que : « Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous » (2 Corinthiens : 5 / 20 et que : « Celui donc qui rejette ces préceptes ne rejette pas un homme, mais Dieu qui vous a aussi donné son Esprit » (1 Thessaloniciens : 4 / 8).

Amour et vérité
Galates : 4 / 15-16

 
« Où donc est l’expression de votre bonheur ? Car je vous atteste que, si cela eût été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? »

Verset : 15 :

« Où donc est l’expression de votre bonheur ? Car je vous atteste que, si cela eût été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. »

De quelle source en effet pourrait venir le bonheur ? Serait-ce de la servitude de la loi ou au contraire de l’assurance de leur salut par grâce ? (Romains : 4 / 6-9).

« Car je vous atteste que si cela vous avait été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. »

L’attachement des Galates était tel qu’ils lui auraient témoigné leur gratitude par les plus douloureux sacrifices. Où était donc leur premier amour ? Après s’être arrêté un instant devant la douceur de tels souvenirs, Paul revient maintenant à la réalité présente.

Verset : 16 :

« Suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? »

Cet apôtre qu’ils avaient donc respecté jusqu’alors serait-il, parce qu’il leur parlait selon la vérité, passé dans le camp de ceux qui voulaient leur perte ?

Malheureusement, il arrive parfois que les hommes, à cause de divergences d’opinions, en viennent à considérer comme leurs ennemis ceux qui sont en réalité leurs meilleurs amis ! Et quelquefois, les serviteurs de Dieu, en s’acquittant fidèlement de leur devoir, se suscitent aussi des ennemis. Le Seigneur, en premier lieu, l’a cruellement appris : « Mais maintenant, vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu » (Jean : 8 / 40).

C’est en réaction à son message remettant en question leurs pratiques, que les religieux du temps de Jésus ont été insensibles à la voix de Dieu et ont monté la populace contre celui qui était là comme un berger pour des brebis laissées à l’abandon.

Ce fut aussi le cas d’Elie (1 Rois :18 / 16-18 ; 21 / 17-20) et d’Amos : « Ils haïssent celui qui les reprend à la porte et ils ont en horreur celui qui parle sincèrement » (Amos : 5 / 10).

« Tu m’as séduit, Eternel, et je me suis laissé séduire ; tu m’as saisi et tu m’as vaincu, et je suis chaque jour en dérision. Tout le monde se moque de moi » (Jérémie : 20 / 7).

Paul a fait lui aussi cette malheureuse expérience avec les Galates, mais pour lui, comme pour Jean, le véritable amour est inséparable de la vérité.

« L’ancien à Kyria, l’élue et à ses enfants que j’aime dans la vérité… La grâce, la miséricorde et la paix seront avec nous de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus-Christ, le Fils du Père, dans la vérité et l’amour » (2 Jean : 1 et 3).

« L’ancien à Gaïus, le bien-aimé que j’aime dans la vérité » (3 Jean : 1).

« Mais en disant la vérité  avec amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ » (Ephésiens : 4 / 15).

« Mieux vaut une réprimande ouverte que l’amour tenu caché. Les blessures d’un ami sont dignes de confiance, les baisers d’un ennemi sont trompeurs » (Proverbes : 27 / 5-6).

Parce que les gens sont changeants et arrivent parfois à mépriser ceux qui autrefois avaient leur estime, il faut tout faire pour être approuvé de Dieu, car en définitive, le jugement des hommes est bien peu de chose :

« Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain » (1 Corinthiens : 4 / 3-4).

« Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ » (Galates : 1 / 10).


Opposition au zèle des judaïsants
Galates : 4 / 17

 
« Le zèle qu’ils ont pour vous n’est pas pur, mais ils veulent vous détacher de nous, afin que vous soyez zélés pour eux.»

Verset : 17 :

« Le zèle qu’ils ont pour vous n’est pas pur… »

Dans ce verset, comme pour un retour à la source du problème, l’apôtre fait référence aux docteurs de la loi judaïsants, qui cherchaient à détourner du pur Évangile les Galates (1 / 7). Leur démarche ne paraît pas de bon aloi puisque c’est un zèle partisan, reposant sur une connaissance toute intellectuelle, qui la motive : « Car je leur rends ce témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans connaissance » (Romains : 10 / 2).

Ce zèle « religieux » n’est donc pas inspiré par l’amour et le bien-être spirituel de ceux qui en sont l’objet. Il a pour but d’amener les nouveaux convertis à porter le même joug qu’eux. Remarquons ici la différence entre faire du prosélytisme et évangéliser, entre déployer du zèle pour un credo et témoigner pour sauver une personne !

Les judaïsants faisaient une sorte de « cour » aux Galates pour les attacher à leur parti et ainsi infléchir la marche d’un Évangile de liberté dans lequel ils ne trouvaient pas leurs repères traditionnels.

Paul, quant à lui, s’était attaché à les gagner à Christ : « Ministre du Christ Jésus pour les païens, je m’acquitte du service sacré de l’Évangile de Dieu afin que les païens lui soient une offrande agréable, sanctifiée par l’Esprit-Saint » (Romains : 15 / 16).

Le Seigneur lui-même censure les activités de mauvais aloi de ces hommes légalistes : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous » (Matthieu : 23 / 15).

Verset : 17 :

« … ils veulent vous détacher de nous, afin que vous soyez zélés pour eux »

La souffrance de Paul est réelle quand il évoque ces relations, car il entretient avec tous ses néophytes l’attachement d’un père ou d’une mère avec ses enfants : « Mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants, nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Évangile de Dieu, mais encore notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers… Vous savez aussi que nous avons été pour chacun de vous ce qu’un père est pour ses enfants » (1 Thessaloniciens : 2 / 7-8, 11).

L’opposition de Paul aux judaïsants n’était donc pas une indigne jalousie contre d’autres serviteurs de Christ, même s’ils avaient pu détourner l’affection des Galates de ceux qui les avaient amenés à Christ. L’esprit de l’apôtre était heureusement au-dessus d’une telle mesquinerie et libre de tout préjugé : « Qu’est-ce donc qu’Appolos ? Et qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun » (1 Corinthiens : 3 / 5).

« Quelques-uns, il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute ; mais d’autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent par amour, sachant que je suis établi pour la défense de l’Évangile, tandis que ceux-là, animés d’un esprit de dispute, annoncent Christ avec des intentions qui ne sont pas pures et avec la pensée de me susciter quelque affliction dans mes liens. Qu’importe ! De toute manière, que ce soit pour l’apparence, que ce soit sincèrement, Christ n’est pas moins annoncé : je m’en réjouis, et je m’en réjouirai encore » (Philippiens : 1 / 15-18).

Paul encourage ainsi tout ministère sincère du véritable Évangile, mais il est vigilant et inflexible contre ceux qui veulent en corrompre le message originel.


Le vrai zèle
Galates : 4 / 18

 
« Il est beau d’avoir du zèle pour ce qui est bien et en tout temps, et non pas seulement quand je suis présent parmi vous.»

Verset : 18 :

« Il est beau d’avoir du zèle pour ce qui est bien… »

Après avoir dénoncé le faux zèle des judaïsants, qu’il connaît bien puisqu’il est issu du parti des pharisiens, Paul veut redéfinir le bon zèle : « J’étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes pères » (Galates : 1 / 14).

Le zèle exemplaire, pour l’apôtre, se caractérise par une grande activité inspirée par la foi. C’est le dévouement, l’affection, comme ceux de Jésus, ainsi qu’il en parle à ses jeunes collègues : « Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres » (Tite : 2 / 14).

Ce zèle pour Dieu, vu d’en haut, peut engendrer une bénédiction particulière comme ce fut le cas pour Phinées, lors de l’affaire des filles de Moab (Nombres : 25 / 7-13). Cet homme de Dieu, animé de zèle pour combattre le péché qui contaminait le peuple, s’est levé et a agi avec ce que certains pourraient appeler du fanatisme. Mais c’est son geste qui a arrêté la plaie qui commençait à frapper le peuple.

Au verset : 11, Dieu nous dit : « Il a été animé de mon zèle au milieu d’eux », et au verset : 13 : « Il a été zélé pour son Dieu. » Quel témoignage extraordinaire pour cet homme que d’aucuns auraient pu accuser d’être un meurtrier… Mais quelle bénédiction pour lui que de savoir que Dieu traitait avec lui une alliance de paix. En fait, il a réagi comme Dieu lui-même le faisait en envoyant cette plaie mortelle ; mais le fait que la réaction vienne d’un homme a calmé la colère divine.

Balaam, lui, a eu le tort de faire aller les filles de Moab vers Israël pour le corrompre (Nombres : 31 / 16), tant par l’idolâtrie que par l’impudicité. Cela a eu pour effet de mettre le peuple sous l’interdit et d’éloigner de lui la bénédiction.

Béni soit Dieu pour le zèle de Phinées qui est intervenu pour faire cesser cet état de fait !

« Ils s’attachèrent à Baal-Peor, et mangèrent des victimes sacrifiées aux morts, ils irritèrent l’Eternel par leurs actions, et une plaie fit irruption parmi eux. Phinées se leva pour intervenir et la plaie s’arrêta ; cela lui fut imputé à justice, de génération en génération pour toujours » (Psaume : 106 / 28-31).

Verset : 18 :

« …en tout temps, et non pas seulement quand je suis présent parmi vous.»

Comme l’Église serait bénie, prospère et heureuse si les chrétiens observaient cette règle de garder le zèle pour la maison de Dieu, tel que celui qui animait Jésus : « Le zèle de ta maison me dévore ! » (Jean : 2 / 17).

Ce zèle ne s’en est pas tenu à des paroles religieuses, il s’est mis en action en nettoyant le temple des impuretés qui s’y trouvaient. Et Jésus n’a pas hésité à bousculer les traditions, ni même les personnes, renversant les tables des changeurs de monnaies, chassant les animaux et ceux qui trafiquaient, ceux qui « avaient changé la maison de prière en caverne de voleurs ».

Dieu recherche de tels hommes, capables de défendre son honneur devant tous, et d’aller à contresens de la pensée communément admise, et cela même dans l’Église.

A ceux qui prennent de telles positions, qui sont capables de confesser son nom devant les hommes , Jésus promet qu’il confessera leur nom devant son Père.


Mes enfants !
Galates : 4 / 19

 
« Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous… »

Cette affectueuse expression est souvent employée lorsque des circonstances douloureuses taraudent l’affection.

Parlant une dernière fois avec ses disciples avant de mourir, Jésus le fait avec la même tendresse : « Mes petits enfants » (Jean : 13 / 33).

Le disciple Jean, très âgé et envahi par l’émotion, fait de même à la pensée des dangers qui menacent la foi de ses frères : « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point(…). Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus » (1 Jean : 2 : 1, 12, 28). « Petits enfants, n’aimons pas en parole et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (1 Jean : 3 / 18 ; aussi 1 Jean : 4 / 4 ; 5 / 21).

Paul est profondément ému par les attaques sans scrupule dont ses enfants spirituels sont les objets. Il parle d’eux avec la tendre sollicitude d’un parent : « Il est juste que je pense ainsi de vous tous, parce que je vous porte dans mon cœur, soit dans mes liens, soit dans la défense et la confirmation de l’Évangile, vous tous qui participez à la même grâce que moi. Car Dieu m’est témoin que je vous chéris tous de la tendresse de Christ » (Philippiens : 1 / 7-8 ; voir aussi 1 Corinthiens : 4 / 14-15 ; 2 Timothée : 1 / 2).

Avec un tel amour des âmes, on comprend tous les prodiges de l’Évangile aux temps apostoliques !

Si parfois, nous nous demandons pourquoi la prédication de l’Évangile ne produit pas aujourd’hui les mêmes effets, peut-être serait-il utile que nous nous posions la question de savoir si nous manifestons ce même amour.

Les « recettes » de Dieu ne changent pas parce qu’il sait parfaitement de quoi l’homme est fait et il sait que le besoin le plus important dans la vie de tout homme est l’amour.

Lorsqu’il nous demande de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, n’est-ce pas pour que le monde reconnaisse que nous sommes vraiment ses disciples ? (Jean : 13 / 35).

Ce qui devrait être le vrai thème de l’Église partout où elle est affermie, c’est l’amour fraternel ; c’est la pierre de touche de tout véritable enfant de Dieu. Lorsque l’amour de Dieu est ainsi inscrit dans nos cœurs, il prend tellement le pas sur toutes nos petites dissensions que tout s’efface pour permettre à l’Esprit de Dieu d’agir dans notre témoignage et au sein de l’Église, convainquant le pécheur et l’attirant inexorablement vers le lieu où l’amour de Dieu a été manifesté à sa plus grande échelle : la croix.


Christ formé en vous
Galates : 4 / 19-20

 
« Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous, je voudrais être maintenant auprès de vous, et changer de langage, car je suis dans l’inquiétude à votre sujet.»

Verset : 19 :

« Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous… »

Authentique cri de tendresse et de profonde douleur qui s’échappe sous la plume de l’apôtre. La première fois, celui-ci les avait enfantés par la puissance de l’Évangile… Ce travail devrait-il être recommencé dans la douleur ?

« Christ formé en vous » est le grand but, non uniquement du salut, mais aussi de la régénération. Nous devons tendre à être conformes à l’image du Fils de Dieu : «  Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être conforme à l’image de son Fils » (Romains : 8 / 29).

Il nous est également demandé de grandir jusqu‘à la stature parfaite de Christ : « Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ephésiens : 4 / 13).

Dans quelle mesure ressemblons-nous à Christ ?

Lui ressembler : on s’arrête devant cette pensée, inquiet, humilié, confus !

Cette réflexion ne se limite pas au domaine moral, mais lorsque le moment sera venu de la résurrection, elle s’étendra au domaine physique. Notre corps d’humiliation sera rendu conforme au corps de sa gloire ! « Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ qui transformera le corps de notre humiliation en le rendant conforme au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses » (Philippiens : 3 / 20-21).

« Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en nous, l’espérance de la gloire » (Colossiens : 1 / 27).

La métamorphose que nous connaîtrons peut-être comparée à l’expérience de la « transfiguration » (Matthieu : 17 / 2).

Verset : 20 :

« …je voudrais être maintenant auprès de vous, et changer de langage… »

Encore un vœu du cœur de Paul, tendrement exprimé ; il dévoile la force de son amour des âmes. Alors qu’ils passent par ce passage critique de leur vécu spirituel, il émet le souhait d’être auprès d’eux afin qu’au travers de leur conversation, son ton puisse passer de la sévérité à la douceur selon les dispositions qu’il observerait en eux : « Que voulez-vous ? Que j’aille chez vous avec un bâton, ou avec amour et dans un esprit de douceur ? » (1 Corinthiens : 4 / 21).

Verset : 20 :

« …car je suis dans l’inquiétude à votre sujet.»

Cela nous rappelle le verset : 11 : « Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous. »

De loin, Paul ne sait que penser. Il est rempli de crainte et c’est la raison de son écrit. Il serait tellement heureux d’apprendre que les choses vont mieux que ce qu’il pense et de pouvoir louer les Galates au lieu de les reprendre.

Sa perplexité a quelque chose d’analogue avec celle qu’il éprouvait pour les Corinthiens (2 Corinthiens : 1 / 23-24 ; 2 / 1-4).

L’apôtre voudrait pouvoir écrire aux Galates la même chose qu’à l’Église précédemment citée :

« Je me réjouis de pouvoir en toutes choses me confier en vous » (2 Corinthiens : 7 / 16).


Agar et Sara
Galates : 4 / 21-23

 
« Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi ? Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. Mais celui de l’esclave naquit selon la chair et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse.»

Nous avons ici un nouvel argument en faveur de la liberté. Agar et Sara sont les symboles de deux alliances.

L’arrêt de Paul, dû à l’émotion, n’est pas de longue durée. Ce nouvel exemple scripturaire se présente et la typologie de ces femmes citées dans la Genèse, dont sont sortis deux peuples différents, évoque les deux alliances, ou les deux testaments.

L’interpellation du verset : 21 prend la suite de la supplication du verset : 12, interrompue par l’aparté de Paul concernant les relations particulières avec les Galates, et l’argumentation reprend, serrée, mais sereine.

Verset : 21 :

« Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi ? »

Ici, la loi est prise au sens le plus général du terme, non pas du point de vue de la violation d’un texte juridique, mais dans le sens de l’Écriture sacrée.

Les judaïsants se vantaient d’être les descendants d’Abraham, à l’exemple des pharisiens (Matthieu : 3 / 7-12 ; Jean : 8 / 30-59). Paul, qui est aussi un descendant d’Abraham, va leur montrer la supériorité de la promesse sur la loi, et la supériorité de la foi sur la descendance naturelle.

Verset : 22 :

« Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. » (voir aussi Genèse : 16 / 15 ; 21 / 1-3)

Dans la comparaison de Paul, les deux femmes ne sont pas nommées par leur nom mais par leur condition sociale, elles sont le symbole des deux alliances. L’apôtre marque bien ici que ce qui importe, ce n’est pas tant la famille dans laquelle les deux enfants sont accueillis, mais la manière dont ils entrent dans la vie en tant que types d’un peuple soumis à la loi d’une part, et d’un peuple libre d’autre part.

Verset : 23 :

« Mais celui de l’esclave naquit selon la chair et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. »

C’est-à-dire qu’il est venu au monde dans les conditions ordinaires, accomplissement d’une promesse particulière (voir Genèse : 17 / 15-19 ; 18 / 9-15), ce qui suppose l’intervention divine nécessitée par l’état physique des parents d’Isaac, « usés de corps ».

Ce fils est donc né par un acte de la puissance de Dieu qui accomplit sa promesse, alors que les parents n’avaient plus d’espoir de la voir se réaliser du point de vue humain et naturel. Une opposition majeure est mise en évidence par l’apôtre qui éclaire l’histoire sainte de la lumière du Saint-Esprit.

Agar, femme esclave, donne naissance à Ismaël, fils selon la chair. Abraham est alors âgé de 86 ans (Genèse : 16 / 15-16).

Sara, femme libre, donne naissance à Isaac, fils selon la promesse. Abraham est âgée de 100 ans (Genèse : 21 / 1-5).

« Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite ; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur (…). Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates : 3 / 19 et 29).


La valeur des allégories
Galates : 4 / 24-25

 
« Ces choses sont allégoriques ; car ces femmes sont deux alliances. L’une du mont Sina, enfantant pour la servitude, c’est Agar - car Agar c’est le mont Sina en Arabie, - et  elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants.»  (Sina : Sinaï)

Verset : 24 :

« Ces choses sont allégoriques »

L’apôtre fait ainsi ressortir qu’un sens profond est ainsi enfermé dans les faits historiques. Autrement dit, cette histoire en apparence anecdotique du patriarche a une valeur symbolique qui nous concerne tous ; elle a une portée universelle. Elle prend donc une valeur d’enseignement comme celui de 1 Corinthiens : 10 / 2-4 : « Ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. »

Les termes « aliments », « breuvage » ou « rocher » sont qualifiés de spirituels parce que typiques de vérités spirituelles.

Le rocher était Christ. Il prend là une figure dans laquelle le symbole est personnalisé et acquiert une dimension tout autre que ce que le lecteur néophyte, s’arrêtant au seul terme brut du rocher, pourrait croire.

Christ est aussi qualifié de nourriture ou de breuvage et il se présente lui-même ainsi après la multiplication des pains (Jean : 6 / 41, 58).

La persistance de Paul sur ce thème résulte du fait qu’il a reçu de Dieu ces révélations (Galates : 1 / 11-12). Et cette allégorie ne fait qu’éclairer, confirmer et rendre plus intelligible encore une thèse déjà bien étayée. C’est une démonstration supplémentaire que nous ne sommes pas sauvés par les œuvres mais par la foi.

Verset : 25 :

« car Agar c’est le mont Sina en Arabie »

Agar est le type de l’alliance légale : « Ces femmes sont deux alliances, l’une du mont Sinaï, enfantant pour la servitude, c’est Agar… »

L’histoire de ces deux femmes a donc un sens allégorique par lequel l’Esprit de Dieu souligne qu’elles sont les images de deux dispensations différentes. L’esclave Agar ne peut enfanter que des esclaves comme la loi du Sinaï. Agar, en effet, a enfanté à Abraham un fils qui, bien qu’étant issu du patriarche, n’était pas son héritier légitime, mais son esclave.

De même, le mont Sinaï, où le peuple d’Israël reçut la loi, enfanta « un fils » c’est-à-dire un peuple, qui étant bien la descendance d’Abraham, ne l’était que selon la chair, assujetti à des rites charnels, et donc n’était pas l’héritier spirituel de Dieu.

Nous avons là l’explication de l’allégorie historique : « Elle correspond à la Jérusalem actuelle qui est dans la servitude avec ses enfants. »

La Jérusalem actuelle est bien le type de l’alliance légale. Ainsi les Juifs de nos jours, encore, s’obstinent à vouloir rester attachés à la loi, dans la servitude de la loi du Sinaï.

Comme ils repoussent la grâce et sa liberté, ils restent naturellement dans l’esclavage spirituel.

Et c’est bien là tout le thème de l’intervention de Paul auprès de cette Église de Galatie.


Les deux Jérusalem
Galates : 4 / 26


 
«Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère »  

Du conflit qui a donné lieu à cette épître, il ressort une belle pensée consolante pour tous les chrétiens.

Nous avons vu, dans les versets précédents comment Abraham a eu :

- un fils de l’esclave (Agar), né selon la chair en la personne d’Ismaël ;

- un fils de la femme libre (Sara), né selon la promesse en la personne d’Isaac.

L’apôtre, au verset : 24, présente tout cela comme une allégorie des vérités spirituelles concernant les deux alliances, la loi et la grâce.

La première alliance, personnifiée par Agar, est celle du Sinaï qui enfante pour la servitude, et elle correspond à la Jérusalem actuelle, encore en esclavage avec ses enfants.

Le verset : 26 nous présente Sara, de qui descendent les enfants de la promesse, figure de l’alliance de la grâce, la vraie Église de Dieu, la Jérusalem d’en haut.

« C’est notre mère ! » s’exclame Paul, parce que nous sommes nés de son sein, par le moyen de la grâce : elle est notre « mère » comme Abraham est notre « père ».

« C’est pourquoi les héritiers le sont par la foi, pour que ce soit par grâce, afin que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à celle qui est sous la loi, mais aussi à celle qui a la foi d’Abraham, notre père à tous, selon qu’il est écrit : Je t’ai établi père d’un grand nombre de nations. Il est notre père devant celui auquel il a cru, Dieu, qui donne la vie aux morts et qui appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient » (Romains : 4 / 16-17).

« La Jérusalem d’en haut est libre » :

Au verset : 31, l’apôtre réaffirmera : « Nous ne sommes pas enfant de l’esclave, mais de la femme libre. »

C’est donc la liberté des croyants de la nouvelle alliance qui est présentée ici, ceux qui sont affranchis par Christ (Jean : 8 / 30-36).

« La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Romains : 8 / 2).

En conséquence, pour différencier les deux alliances par des types bibliques, Paul marque encore cette opposition entre Agar et Sara, la chair et la promesse, l’esclavage et la liberté.

Développant cette allégorie, il enchaîne sur une autre pour mieux rendre cette même pensée : le Sinaï et la Jérusalem terrestre face à la vraie gloire de Dieu et à la Jérusalem d’en haut.

La différence est flagrante !

Dans Hébreux : 12 / 22-24, les croyants en Christ se sont approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste… Etant venus spirituellement à cette cité comme leur père Abraham, ils cherchent la cité à venir, dont Dieu est l’architecte et le constructeur (Hébreux : 11 / 9-10 ; 13 / 16).

Au moment voulu, selon la vision de Jean (Apocalypse : 21 / 2), cette cité descendra du ciel, d’auprès de Dieu, prête comme une épouse parée pour son époux.

Au même chapitre, dans le verset : 9 et suivants, sous la direction de l’ange, l’apôtre Jean est invité à la contempler en détails. Le langage qu’il emploie est aussi une allégorie et dans la ville vivent les rachetés dans leur condition nouvelle, dans des corps à l’image de Jésus, quand le dessein de Dieu aura été accompli et que toutes choses seront « devenues nouvelles ».


Les mêmes choses se reproduisent
Galates : 4 / 28-29

 
« Pour vous frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse ; et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant. » 

Verset : 28 :

« Pour vous frères… »

Il faut traduire dans le contexte : « Pour vous, chrétiens, Juifs ou païens qui croyez au Christ pour votre justification et votre salut. »

« Comme Isaac, vous êtes les enfants de la promesse ». Cela nous ramène à l’intervention divine qui a permis la naissance du fils d’Abraham, comme la nôtre.

Bien que n’étant pas la postérité naturelle d’Abraham, les rachetés en Christ sont sa postérité spirituelle, les héritiers de la promesse et de la bénédiction qui en découle (Galates : 3 / 16 et 29). « Bien qu’ils soient de la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants ; mais il est dit : « En Isaac, tu auras une postérité appelée de ton nom, c’est-à-dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont appelés enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme postérité » (Romains : 9 / 7-8).

Verset : 29 :

« …et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit... »

Paul fait remonter ici la mésintelligence entre les deux fils d’Abraham et la solution du conflit par l’expulsion hors du camp de l’esclave et de sa mère (verset : 30).

Ismaël avait environ quatorze ans quand Isaac est né (Genèse : 16 / 16 ; 21 / 5). C’est précisément à ce moment que le conflit commença (Genèse : 21 / 5-13).

Aux versets : 8 et 9 de ce dernier texte, il n’est pas dit qu’Ismaël persécutait Isaac, mais seulement qu’il riait et se moquait, qu’il ridiculisait la mère âgée et son enfant nouvellement sevré. Paul semble interpréter cette moquerie comme l’indication d’un esprit hostile. L’histoire de la descendance de ces deux fils révèle un antagonisme invétéré.

Verset : 29 :

« …ainsi en est-il encore maintenant. » 

On sait par le témoignage de tout le Nouveau Testament que les Juifs ont été les premiers ennemis des chrétiens. Nul ne le sait d’ailleurs mieux que Paul, l’ancien Saul de Tarse, persécuteur de l’Église, rencontré par le Seigneur sur le chemin de Damas, qui devint l’apôtre rédacteur de ces lignes. Lui-même est passé du camp des persécuteurs à celui des persécutés : « Pour moi frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? » (Galates : 5 / 11).

« Tous ceux qui veulent se rendre agréables selon la chair vous contraignent à vous faire circoncire, uniquement afin de n’être pas persécutés pour la croix de Christ » (Galates : 6 / 12).

« Car vous, frères, vous êtes devenus les imitateurs des Églises de Dieu qui sont en Jésus-Christ dans la Judée, parce que vous avez souffert de la part de vos compatriotes les mêmes maux qu’elles ont soufferts de la part des Juifs. Ils ont fait mourir le Seigneur Jésus-Christ et les prophètes, nous ont persécutés, et ne plaisent point à Dieu ; et ils sont ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux païens pour qu’ils soient sauvés, en sorte qu’ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la colère a fini par les atteindre » (1 Thessaloniciens : 2 / 14-16).

« (…) moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais il m’a été fait miséricorde parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité » (1 Timothée : 1 / 13).

Dans ces textes apparaît le contraste saisissant entre les hommes attachés à leurs traditions et ceux qui acceptent de se laisser interpeller par Dieu.

C’est ce qui ressort de cette expression « persécutés pour la croix du Christ ».

Jésus le disait : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean : 15 / 20).


La liberté chrétienne
Galates : 5 / 1

 
«C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. »  

L’Évangile nous affranchit et nous libère du joug de la loi, en sorte que nous ne sommes ni liés par des exigences désapprouvées ni par la malédiction qui doit atteindre les transgresseurs.

Nous devons cette liberté à l’acte expiatoire du Seigneur. Notre devoir consiste donc à tenir ferme et à ne plus retourner à aucun esclavage, sans aucune exception. Telle est l’exhortation générale que l’apôtre appuie de différents arguments.

1. C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis :

Tous les arguments scripturaires ont été produits ! Que fallait-il ajouter ? Le suprême argument qui emporte toutes les résistances !

« Maintenant donc, pourquoi tentez-vous donc Dieu en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères, ni nous n’avons pu porter ? (Actes : 15 / 10).

« Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. Et cela, à cause des faux frères qui s’étaient secrètement introduits et glissés parmi nous pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, avec l’intention de nous asservir. Nous ne leur cédâmes pas un instant et nous résistâmes à leurs exigences, afin que la vérité de l’Évangile soit maintenue parmi vous » (Galates : 2 / 3-5).

2. Demeurez donc fermes :

Voyez combien souvent l’apôtre recommande cette position vraie ! (1 Corinthiens : 15 / 33 ; 16 / 13 ; Philippiens : 4 / 1 ; 1 Thessaloniciens : 3 / 8 ; 2 Thessaloniciens : 2 / 15 ; 2 Timothée : 3 / 14).

Ne pas tenir compte de cette recommandation serait nous exposer à des ruses renouvelées de l’adversaire.

3. Et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude :

Il est question ici du joug des rites et des cérémonies de la loi qui ne donne ni liberté pour le présent ni espérance pour l’avenir.

« Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure à cause de son impuissance et de son inutilité, car la loi n’a rien amené à la perfection, et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu » (Hébreux : 7 / 18-19).

La liberté chrétienne est nommée, dans 1 Corinthiens : 9 / 21, « la loi de Christ », c’est-à-dire la loi de la liberté en Christ qui est faite toute d’amour et de support d’après le contexte des versets : 19 à 23.

Dans Galates : 6 / 2, cette liberté est définie dans les mêmes termes de « loi de Christ », et elle consiste à nous aimer les uns les autres comme Christ nous a aimés (Jean : 13 / 34-35 ; 2 Jean : 5).

Cela implique que l’amour de Christ doit avoir force de loi pour nous avec toutes les exigences de cette notion juridique. Cet amour doit être le principe intime de tous nos actes, parce que le résumé de la loi, c’est aimer.

Enfin, dans Jacques : 1 / 25 et 2 / 12, cette loi de Christ est appelée « la loi parfaite, la loi de la liberté » parce qu’elle est la loi royale qui nous apprend à faire avec joie et sans contrainte la volonté du Seigneur.

Elle est donc libre et parfaite !

Voir aussi : 1 Jean : 2 / 7-11 ; 3 / 11, 23 ; 4 / 20-21 ; 2 Jean : 5-6.


La circoncision
Galates : 5 / 2

 
«Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. »  

« Moi Paul, je vous le dis… »

Lorsque Paul précise, en termes énergiques et formels, l’aboutissement inévitable du chemin dans lequel s’engagent les Galates, il devient plus personnel, plus vigoureux encore, comme il se montre parfois dans d’autres circonstances (2 Corinthiens : 10 / 1-6 ; 13 / 1-4).

Ici, il se nomme avec emphase, sans doute pour rappeler son autorité apostolique déjà affirmée dans son introduction : « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père » et aussi dans Galates : 1 / 11-12 : « Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme, car je ne l’ai pas reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. »

« …si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. »  

Paul place donc les Galates, avec cette autorité spirituelle, devant cette évidence : il faut choisir, la circoncision ou Christ !

Se soumettre au rituel de la circoncision, dans le sens des judaïsants, c’est le faire pour être sauvé. Ceux-ci avaient fait de ce rite un point de doctrine qu’ils partageaient autour d’eux avec une grande conviction. Ainsi à Antioche, il nous est relaté un épisode qui motiva le grand concile de Jérusalem où ce point fut traité : «  Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères en disant : Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés » (Actes : 15 / 1). Cette déclaration impliquait une contradiction avec la foi chrétienne et une déchéance de tous les avantages de la foi en Jésus-Christ. Dans 1 Corinthiens : 7 / 17-19, l’apôtre demande aux gentils* convertis de ne pas se faire circoncire ! De même, dans Actes : 15 / 22-29, après un débat sur ce sujet, est relatée la décision du concile de Jérusalem de ne pas imposer la circoncision.

On a quelquefois accusé Paul d’inconséquence et de contradiction avec ses propres principes lors de ce dernier concile ! Mais pour l’accuser ainsi, il faut ne rien avoir compris à ses vrais principes : c’est par égard pour les chrétiens faibles et pour avoir un plein accès auprès des Juifs qu’il fit circoncire Timothée (Actes : 16 / 1-3). Ce geste de Paul était bien plus un acte de sagesse et de charité à leur égard alors que lui-même n’y attachait aucune importance.

 C’est en fait un geste de conciliation pour ne pas scandaliser les Juifs qu’il n’aurait pu évangéliser sans cela. Il fait ainsi une concession aux traditions des pères et selon la grande maxime de 1 Corinthiens : 9 / 19-21 : « Car bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Avec les Juifs, j’ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi (quoique je ne sois pas moi-même sous la loi), afin de gagner ceux qui sont sous la loi ; avec ceux qui sont sans loi comme sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. »
Mais jamais Paul, ni aucun autre apôtre d’ailleurs, n’a admis qu’on parle de la circoncision comme d’une condition au salut. La preuve, au concile de Jérusalem, évoqué plus haut, il était accompagné de Tite, un gentil*, et a refusé de le circoncire (Galates : 2 / 1-5).

« Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Ephésiens : 2 / 8).

Ainsi est affirmée, une fois encore, la vanité de tous les efforts humains, quels qu’ils soient, pour s’attirer les faveurs de Dieu.


* Gentil = Non-juif
 

L’unité de la foi
Galates : 5 / 3

 
«Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. »  

Accomplir la loi tout entière :

En effet, dans Jacques : 2 / 10-11, l’unité de la loi est catégoriquement affirmée. Elle est également implicite dans la déclaration de Matthieu : 5 / 18 où le Seigneur lui-même notifie la nécessité de l’accomplir jusqu’au dernier trait de lettre.

« Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi et ne le met pas en pratique » (Galates : 3 / 10).

Une fois engagé par la circoncision dans la voie légale, il n’y a plus à choisir : la loi ne fait aucune concession… Elle exige d’être accomplie tout entière. Les Galates circoncis se devaient de suivre les rites des judaïsants dans les moindres détails et plus encore d’appliquer tous les commandements dans toute leur rigueur.

Paul applique ici le principe suivant : celui qui se place sous un article de la loi se replace de fait sous la loi tout entière, et il est considéré comme tel par Dieu, en fonction de son engagement. La loi ne fait qu’un tout indivisible et on ne peut choisir les commandements à son gré. Elle est l’expression de la justice et de la sainteté de Dieu qui demande à son peuple « d’être saint comme lui est saint » (Lévitique : 19 / 2). Au travers de la loi sont exprimés tous les désirs que l’homme appartenant au peuple de Dieu doit avoir pour plaire à Dieu, mais aussi tous ceux que la nature humaine doit réprimer pour atteindre le niveau demandé par le Seigneur afin de lui être agréable. C’est dans ce sens que l’Écriture peut nous affirmer : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ! » (Romains : 3 / 23).

C’est par grâce :

En fait, c’est un choix personnel et il faut l’assumer : c’est la loi du tout ou rien ! Rompez un anneau et la chaîne est rompue… Attachez un bateau à un anneau de la chaîne, et toute la chaîne le tient fermement !

A la lumière de cette démonstration, nous comprenons mieux l’explosion indignée de l’apôtre au chapitre : 1, et aux versets : 6 à 10.

Echanger la puissance de la grâce de Dieu en Christ pour embrasser les exigences de la loi mosaïque était une si incroyable folie que l’ancien pharisien ne peut que s’écrier : « O Galates dépourvus de sens ! » (3 / 1). Ils étaient comme des gens « ensorcelés », et c’est la raison de l’apostrophe de l’apôtre…mais que dirait-il de la chrétienté d’aujourd’hui ?

Retourner à la loi alors que seul le Fils de Dieu a pu l’accomplir, c’est aussi l’expression d’un orgueil démesuré… Mais n’est-ce pas aussi l’origine de la chute qui s’est en partie fondée sur cette affirmation du serpent : « Vous serez comme Dieu connaissant le bien et le mal ? »

Et n’est-ce pas aussi l’apanage de tous ceux qui veulent « gagner leur ciel » en faisant des œuvres dignes de Dieu ? Du moins, c’est ce qu’ils disent, en contradiction avec ce que l’Évangile nous affirme puisque « c’est par grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu » (Ephésiens : 2 / 8). La recherche de la propre justice, que ce soit au travers des œuvres de la loi ou au travers de quelque autre moyen est ainsi le déni même du don de Dieu aux hommes, la non-reconnaissance de son amour et le mépris du sacrifice de Jésus à la croix.

La loi est une entité. On ne peut rien enlever à la perfection divine et le fait de violer un seul commandement entache la sainteté que Dieu attend de ceux qui lui appartiennent. Le seul moyen d’échapper au châtiment est donc le refuge que nous avons en nous confiant en l’œuvre rédemptrice de Jésus à la croix.


Les fruits de la loi et de la grâce
Galates : 5 / 4-5

 
«Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice. »  

«Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi… »

Littéralement, l’apôtre utilise l’expression forte : « coupés de Christ », similitude avec l’acte de la circoncision. En fait, il exprime ici la séparation avec tout le bénéfice qu’il y a dans la foi en Jésus-Christ. Dès que l’on accepte la doctrine des judaïsants, on se sépare de Christ, comme une branche qui serait coupée de l’arbre (Jean : 15 / 4-6). « Vous êtes déchus de la grâce » : le terme « déchus » s’emploie à l’exemple des fleurs qui se fanent et tombent. « Le soleil s’est levé avec sa chaleur ardente, il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée et la beauté de son éclat a disparu » (Jacques : 1 / 11).

Au concile de Jérusalem, de la même manière, l’apôtre Pierre déclare explicitement que c’est « par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés » (Actes : 15 / 11). Comment pourraient donc être sauvés ceux pour qui Christ ne sert de rien, qui sont séparés de la grâce et qui sont déchus de celle-ci ?

Tous ceux qui se tournent vers la loi ne peuvent atteindre que la malédiction (Galates : 3 / 10) outre la condamnation et la mort : « Or si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire de son visage, bien que cette gloire fut passagère (…) Si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur » (2 Corinthiens : 3 / 7 et 9).

La loi produit la colère (Romains : 4 / 15), mais la grâce de Dieu apporte le salut.

« La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée » (Tite : 2 / 11).

« Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice. »

Pour lui, comme pour tous les autres Juifs qui ont embrassé la foi chrétienne, Paul fait une déclaration solennelle, incompatible avec la position légaliste des pharisiens.

Il affirme que c’est par la foi seule (Galates : 2 / 16) et par la vertu régénératrice du Saint-Esprit qu’ils attendent l’espérance de la justice.

Autrement dit, il y voit la justification devant Dieu et toutes les espérances qui s’y rattachent ! Bien plus que la loi, la foi est riche en promesse puisque « le juste vivra par la foi. » L’apôtre rentre ainsi de plain-pied dans les héritages promis au père des croyants.

* La première chose, c’est la justice, c’est-à-dire la possession actuelle du croyant :dès ici-bas, le chrétien est justifié, avec la paix et tous les biens qui en découlent (Romains : 5 / 1-5), et cela parce que Dieu tient pour juste celui qui croit en Christ : « Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture : Abraham crut à Dieu, et cela lui fut compté comme justice ; et il fut appelé ami de Dieu » (Jacques : 2 / 23).

* La seconde chose qui en découle, c’est que la plénitude de cette justice et de des fruits sont encore l’objet de son espérance et de son attente (Romains : 8 / 3-25). Tout comme Abraham n’a pas vu l’accomplissement total de la promesse qui s’est pourtant réalisée, de même Paul place les croyants sur le roc de cette promesse éternelle et entre dans une vision spirituelle et céleste. « L’espérance de la justice », cette expression embrasse la complète conformité du croyant à l’image du Christ : « Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils » (Romains : 8 / 29).

« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsque cela sera manifesté, nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean : 3 / 2).

Ce serait par conséquent la plus grande folie pour ceux qui n’ont jamais été sous la loi, de se mettre sous un joug et d’en attendre le salut…

Un salut qui ne viendra jamais !


La valeur de la foi
Galates : 5 / 6

 
«Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité. »  

Depuis la mort de Christ, la nationalité ne confère aucun privilège religieux aux hommes qui, devant Dieu, sont tous au même niveau de faiblesse, d’impiété, et d’iniquité.

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être mourrait-il pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous en e que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains : 5 / 6-8).

En conséquence, toute distinction de nationalité tombe. Rien d’extérieur n’assure le salut : ni les privilèges des Juifs ni la moralité de quelques païens !

« Non, le vrai Juif, ce n’est pas celui qui se conduit extérieurement comme un Juif, et la vraie circoncision, ce n’est pas la marque faite sur le corps. Le vrai Juif, c’est celui qui est Juif au-dedans, et la vraie circoncision, c’est celle du cœur. Elle vient de l’Esprit de Dieu et non de la loi écrite. Le vrai Juif ne reçoit pas sa louange des gens, il la reçoit de Dieu » (Romains : 2 / 28-29).

Par conséquent, tout sujet de se glorifier est exclu.

« Alors, est-ce qu’il y a encore des raisons de se vanter ? Non, pas du tout ! Pourquoi donc ? Parce que, ce qui compte, ce n’est pas d’obéir à la loi, c’est de croire » (Romains : 3 / 27-29).

Ce ne sont donc pas les signes extérieurs qui ont de la valeur, c’est ce que le Saint-Esprit dit par Paul : « La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais l’observation des commandements de Dieu est tout » (1 Corinthiens : 7 / 19).

« Car ce n’est rien que d’être circoncis ou incirconcis ; ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature » (Galates : 6 / 15).

En nous régénérant, opérant ainsi une nouvelle création, Dieu produit en nous la caractéristique essentielle de sa nature : l’amour, car Dieu est amour (1 Jean : 4 / 7-8). C’est pourquoi Paul ajoute : » Mais la foi est agissante par l’amour. »

La vraie foi, qui est une grâce agissante, active, se traduit par l’amour de Dieu et des frères. Là se résume toute la vie chrétienne. La foi est inséparable de la charité, elle se prouve par les faits, par les bonnes œuvres (Ephésiens : 2 / 10), selon ce que nous lisons dans Jacques : 2 / 18 : « Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi je te montrerai la foi par mes œuvres. »

La foi est la racine, la charité le fruit, et non l’inverse !

En effet, d’où viendrait la charité, si elle devait exister avant la foi qui seule peut la produire ?


Les fausses doctrines entravent la marche du chrétien
Galates : 5 / 7-8

 
« Vous couriez bien : qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité ? Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle. »

« Vous couriez bien ! »

Nous retrouvons là une image familière chez Paul, empruntée aux courses du stade (Galates : 2 / 2 ; 1 Corinthiens : 9 / 24-27). Pour les engager à rentrer en eux-mêmes et à se ressaisir, l’apôtre rappelle ici, comme il l’a fait précédemment (3 / 1), le début de leur conversion alors qu’ils montraient tant de zèle et de fidélité en tant que disciple de Christ.

La vie chrétienne est comparée à une course dans laquelle il faut persévérer pour obtenir le prix.  Et ici, il ne s’agit pas seulement de courir, mais de « bien » courir ! Autrement dit, il faut être à la hauteur de notre profession de foi.

« Je ne veux pas dire que j’ai déjà atteint le but ou que je suis déjà parfait ! Mais je continue à courir pour saisir le prix, parce que le Christ Jésus m’a déjà saisi. Non, frères et sœurs, je ne pense pas que j’ai déjà obtenu le prix. Mais j’oublie la route qui est derrière, je suis tendu en avant, et je fais la seule chose importante : courir vers le but pour gagner le prix » (Philippiens : 3 / 12-14).

« Qui vous a arrêtés pour vous empêcher d’obéir à la vérité ? »

Dans son émotion, les idées s’enchaînent rapidement, comme par flashes, et il passe de la vérité à l’influence subie par les Galates. «  Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle », il met l’accent sur ce ferment de levain (verset : 8). Voilà les Galates arrêtés, mais qui donc a pu les amener à cela ? (verset : 9). Paul le sait fort bien et il met en exergue le faux évangile des judaïsants qui veulent faire dépendre le salut des œuvres, en tout ou partie ! E posant cette question, il désire encore les faire rentrer en eux-mêmes sérieusement afin de les amener à voir s’ils ont raison d’écouter ces religieux.

Il y a ici, entre autres, un avertissement à tous les nouveaux convertis devant qui l’adversaire pose toujours des pierres d’achoppement afin de les faire trébucher sur le chemin et les arrêter dans leur course. En lui obéissant, on n’obéit plus à la vérité et on risque d’en perdre le bénéfice.

L’Évangile prêché et reçu était la vérité. Le fait de croire la vérité ne suffit pas, il faut aussi lui obéir. C’est une suite logique et il est déraisonnable, pour tout un chacun, de s’arrêter en chemin.

Cette funeste influence s’exerçant sur les Galates ne vient pas de Dieu, rappelle Paul : « Lui, vous a appelés  à une foi sans réserve en son Fils pour la justification » (Galates : 1 / 6). Cette influence ne vient pas non plus de Paul car, quoi qu’en disent les faux docteurs, il a toujours été un opposant à la circoncision et au mélange entre la loi et la foi pour le salut.

Si, dans certains cas, il s’y est soumis, ce fut pour ramener la paix, mais il n’a jamais engagé les chrétiens à s’y soumettre et encore moins à l’imposer comme nécessaire au salut.

En conséquence, cette persuasion ne pouvait venir que de Satan et de ses instruments. Par ces agissements, les judaïsants voulaient enrayer les progrès de l’Évangile. C’est pourquoi, Paul enjoint aux Galates de rejeter cette fausse doctrine et de rester ancrés dans la vérité reçue.

Afin de juger exactement toutes les suggestions qui nous sont faites au cours de notre vie chrétienne, notre devoir est de nous demander d’où elles viennent et si elles sont fondées sur l’autorité du Christ et des apôtres. Si, après examen, elles ne paraissent pas avoir ce fondement, nous devons les rejeter sans hésitation et non nous y soumettre.


Le levain et la persécution
Galates : 5 / 9-11


 
«Un peu de levain fait lever toute la pâte. J’ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine. Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? »

«Un peu de levain fait lever toute la pâte ! »

Voici encore une expression familière de l’apôtre Paul, comme Jésus qui recommandait aux disciples de « se garder du levain des pharisiens et des sadducéens. Alors ils comprirent que ce n’était pas du levain du pain qu’il avait dit de se garder, mais de l’enseignement des pharisiens et des sadducéens » (Matthieu : 16 / 11-12 ; voir aussi : 1 Corinthiens : 5 / 6).

Le levain, dans l’Écriture, est le symbole d’une activité corruptrice. Comme une plaie peut amener une infection chez ceux qui entrent en contact avec elle, une mauvaise doctrine peut aussi corrompre la vie d’une Église. En associant la circoncision à la foi, les Galates altéraient la nature de celle-ci et tout l’état de grâce qui en découlait. L’apôtre fait ainsi ressortir le fait qu’il faut bien peu de chose pour altérer la vérité et lui donner un autre sens que celui qu’elle avait à l’origine.

« J’ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. »

Afin d’amener ses lecteurs à prendre en considération ce qu’il leur fait remarquer, Paul leur exprime sa confiance en eux : ces Églises qui lui étaient si chères ne pourraient que revenir de leur erreur et resteraient dans la liberté évangélique qu’il leur avait prêchée. A la fois sûr de ses arguments et de la sincérité de ceux auxquels il s’adresse, il en appelle à la confiance qu’il a en eux « dans le Seigneur », renforçant ainsi ses propres sentiments d’attachement humain par des liens spirituels.

« Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine. » Paul formule son jugement, non à partir de préjugés ou de ressentiments personnels, mais pour des raisons claires et solides. Par conséquent, celui qui est la cause de tout ce trouble portera effectivement la peine au jugement, quand chacun devra rendre compte à Dieu.

« Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui ; car chacun portera sa propre charge » (Galates : 6 / 4-5 ; voir aussi Romains : 14 / 12 ; Matthieu : 18 / 6-7 ; Jacques : 5 / 1-2).

On pourrait se demander si Paul visait quelqu’un personnellement, mais il est probable que non. Conscient que certains les troublaient (Galates : 1 / 7), Paul donne à sa pensée un sens général. Il dit « celui » pour les désigner tous.

« Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous ! » (Galates : 5 / 12).

« Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? »

Cette question laisse supposer que certains l’accusaient de prêcher encore la circoncision dans d’autres Église, voulant ainsi ruiner son influence parmi les chrétiens nouveaux convertis en le mettant en contradiction avec lui-même. Probablement, ceux qui l’accusaient, appuyaient-ils leur argumentation sur le fait que Paul avait fait circoncire Timothée (Actes : 16 / 1-3), retirant le fait de son contexte bien particulier, et oubliant tout le reste.

La réponse de l’apôtre, puisée dans les tristes expériences de sa vie, est sans réplique !

Si ses accusateurs disaient la vérité, il ne serait certainement pas persécuté par les Juifs, comme cela avait lieu sous l’emprise des pressions populaires, et à cause de l’insouciance de la mauvaise volonté des autorités païennes. Si Paul avait, en même temps que le message de la croix, prêché la circoncision et l’observation de la loi pour être sauvé, le scandale de la croix aurait cessé, et au lieu de le haïr et de le persécuter, les Juifs l’auraient approuvé comme un prédicateur de leur religion. Mais si l’apôtre souffrait de leur part, c’est bien que les Juifs ne s’accommodaient pas de son enseignement : « Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs » (1 Corinthiens : 1 / 23).

«  De même qu’alors, celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant. » (Galates : 4 / 29).


Le scandale de la croix
Galates : 5 / 11-12


 
«… Le scandale de la croix a donc disparu ! Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous ! »

« …Le scandale de la croix a donc disparu ! »

Dans 1 Corinthiens : 1 / 23-24, l’apôtre Paul nous apprend que la prédication de la croix, c’est-à-dire Christ crucifié pour la pleine justification des pécheurs, était un scandale pour les Juifs et une folie pour les païens. Mais pour ceux qui sont appelés, Juifs comme Grecs, le cœur de la prédication, Christ, devient la prescience et la sagesse de Dieu.

De ce fait, la circoncision et toutes les dispositions légales devenaient caduques : cela soulevait évidemment l’opposition immédiate et viscérale des Juifs qui allaient jusqu’à persécuter tous les adhérents à la doctrine de la grâce.

L’expression « scandale de la croix » est violente, mais pas autant que la haine profonde vouée aux chrétiens pat les « disciples de Moïse ». En effet, ils avaient été enseignés à répéter « maudit est quiconque est pendu au bois » (Galates : 3 / 13 ; Deutéronome : 21 / 23). Ils ne pouvaient donc pas maintenant proclamer le contraire, à moins de se renier eux-mêmes. Mais en Paul, ils trouvaient un fougueux héraut qui pouvait s’écrier : « Pour moi, Dieu me garde de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Galates : 6 / 14).

Il faut entrer dans le contexte historique pour comprendre l’explication - mais non la justification - de ce scandale : d’abord, la croix était un supplice réservé aux esclaves et aux malfaiteurs de la pire espèce, en sorte qu’une particulière ignominie était attachée ne serait-ce qu’à l’évocation de ce simple mot. Ensuite elle les offensait puisqu’elle déniait leur rêve et leurs aspirations les plus chères, à savoir que le Messie serait celui qui les libèrerait du joug Romains dont les aigles flottaient sur l’orgueilleuse Jérusalem. Son antique gloire avait en effet disparu pour laisser place à une occupation idolâtre et le peuple même se sentait étranger dans son propre pays. On comprend donc les difficultés de la prédication de la croix au milieu d’un peuple aveuglé par tant de préjugés… Cependant, Paul préfère risquer ses aises, son crédit, sa vie même, quelles que soient les souffrances en résultat, plutôt que de compromettre la vérité, la prédication fidèle de la liberté évangélique. La croix est une folie pour les païens. Rien ne scandalise plus la propre justice et la sagesse humaine que d’affirmer la réconciliation et la justification du pécheur devant Dieu par la prédication de la croix. Cette doctrine rejette en effet tout mérite des œuvres. L’affaiblir ou l’effacer, c’est le plus sûr moyen de rapprocher le christianisme de l’esprit du monde et d’en abolir le scandale.

La croix renvoie en effet au péché de l’homme, qu’il soit élégant et raffiné, vulgaire ou grossier.

C’est le seul lieu de rencontre possible entre Dieu et le pécheur.

« Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous ! »

En grec, le mot employé signifie « coupés » par une opération violente, comme dans Marc : 9 / 43-45 : «  Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne. »

Paul manifeste ainsi l’exclamation de son âme ardente et combative contre ceux qui bouleverseraient les croyants.

Puisse cette sainte indignation demeurer chez les prédicateurs et les enfants de Dieu rachetés par le précieux sang de l’Agneau !


La liberté chrétienne
Galates : 5 / 13


 
«Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. »

Voilà le thème central de cette épître :

La liberté opposée à l’esclavage !

Maintenant que la bataille est gagnée, l’apôtre envisage toutes les conséquences. Il ne faut pas s’étonner si les exhortations qu’il va adresser à ses lecteurs se ressentent parfois de l’émotion qui a sous-tendu tout le débat ! Cette liberté, qu’il défend farouchement, n’est pas exempte de périls : elle peut dégénérer en licence. Paul craint que ses lecteurs ne l’entendent comme un affranchissement de toute règle. Il les met donc en garde contre ce danger, car si Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, il ne nous libère pas de ses obligations (Romains : 8 / 1-4).

Verset : 13 a :

« Vous avez été appelés à la liberté. » Le terme « appelés » a la même signification qu’au verset : 8, et la mention « liberté » est bien la même que celle du verset : 1. Si nous sommes appelés à la liberté par Christ, c’est bien au prix de son sacrifice et de son sang répandu ! Il est toujours salutaire de rappeler le prix de notre rachat : c’est un trésor précieux que nous ne pouvons pas négliger (1 Pierre : 1 / 17-19). Il faut rappeler que Paul ne se livre pas simplement à une démonstration académique », son but est bien de montrer que la vérité pour laquelle il combat a des conséquences vitales pour tous les chrétiens.

Verset : 13 b :

« Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair. » Tout privilège a ses dangers. Celui de la liberté ne fait pas exception à la règle : l’apôtre met donc ses lecteurs en garde contre le mauvais usage de ce privilège.

« Un prétexte » ou « une occasion », ceci étant un terme militaire se référant, entre autres, à « une base d’opérations ». On le trouve par exemple dans Romains : 7 / 8-11 : « Et le péché, saisissant l’occasion, produisit en moi par le commandement, toutes sortes de convoitises, car sans loi, le péché est mort. Or le péché, saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui, me fit mourir. »

Paul explique ainsi que le péché, saisissant l’occasion, ou prenant appui sur la base d’opérations de la loi, se réveilla ou en profita pour se manifester en produisant en nous toutes sortes de convoitises (Genèse : 4 / 7).

On le trouve encore dans 1 Timothée : 5 / 14 où la conduite imprudente de jeunes veuves donne l’occasion au monde de médire - mais c’est également vrai pour chaque croyant - et à Satan une base d’opération contre la foi (verset : 15).

Le salut, qui nous a affranchis d’une manière fantastique, nous met en garde contre les « dérapages » de tous ordres : « Ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair », autrement dit : « Soyez responsables, c’est l’apanage d’enfants de Dieu matures. »

Les enfants du Roi des rois sont appelés à vivre sur un haut standard de moralité, tout comme Jésus nous en a montré l’exemple et comme il nous en donne le pouvoir par la puissance qui agit en nous.


La loi et l’amour
Galates : 5 / 14

 
«Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

La loi, expression de la sainte volonté de Dieu, n’est jamais abolie, elle subsiste éternellement ! Elle se résume dans un seul précepte : l’amour.

Aimer, c’est accomplir la loi

L’enseignement de ce verset semble directement émaner de celui du Seigneur : « Les pharisiens, ayant appris qu’il avait réduit au silence les sadducéens, se rassemblèrent et l’un d’eux, docteur de la loi, lui posa cette question pour l’éprouver : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus répondit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement, et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu : 22 / 34-40).

Si Paul rapporte seulement un côté du grand commandement de l’amour, celui qui concerne le prochain, c’est que celui-ci était le sujet de son exhortation, tandis que le Seigneur répondait à une question sur la juste interprétation de la loi.

Les chrétiens, pour leur part, ont reçu du Seigneur le commandement spécial de s’aimer les uns les autres, c’est en effet par là qu’ils démontrent qu’ils sont ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean : 13 / 34-35 ; voir aussi Jean : 15 / 12).

Ce devoir, le disciple Jean le rappelle dans ses lettres : 1 Jean : 2 / 7-11 ; 3 / 11-23 ; 4 / 21 ; 2 Jean : 5).

La loi royale

En pratiquant ce devoir, les chrétiens vivent dans la loi de Christ (1 Corinthiens : 9 / 21 ; Galates : 6 / 2), mais aussi dans la loi parfaite de la liberté (Jacques : 1 / 25), ce que l’Écriture nomme « la loi royale » (Jacques : 2 / 8-9, 12-13). Cette loi est bien plus élevée que la seule loi mosaïque puisqu’elle participe de l’obéissance du cœur et non plus simplement d’une loi extérieure.

En la pratiquant, les chrétiens se placent sur un plus haut standard que la loi des Juifs qui est pourtant des plus exigeante.

Ce n’est que par la vertu et la présence du Saint-Esprit agissant en nous qu’il est possible de vivre cette vie de sainteté, et ainsi, d’accomplir la loi que Jésus, le premier et le seul, a accomplie dans son ensemble (Matthieu : 5 / 17) sans commettre de péché.

Sans être sous un tel joug, les enfants de Dieu peuvent en effet vivre en aimant, chose impossible à la nature humaine en tant que telle.


Les divisions
Galates : 5 / 15

 
«Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. »

Ces deux termes « mordre » et « dévorer », empruntés aux mœurs des bêtes sauvages, sont très forts ! Mais Paul n’a pas coutume de prononcer des mots en l’air. Ces termes semblent indiquer que ceux qui se tournaient vers la loi étaient loin d’en garder les exigences !

L’amour du prochain était loin de leurs préoccupations. Et l’avertissement de l’apôtre est fort : en se mordant les uns les autres, ils risquent de se détruire les uns par les autres.

On comprend alors aisément que sous l’influence des judaïsants, toujours eux, il devait y avoir des partis qui s’opposaient les uns aux autres, tout comme à Corinthe les partisans de Paul, d’Appolos ou de Céphas étaient capables de se heurter et de s’affronter sur des points de détail alors que l’essentiel était bien assis : 1 Corinthiens : 3 / 1-4, 21-22. Ces « adhésions » étaient plus liées aux personnes et aux affinités qu’aux principes bibliques et à la doctrine.

L’amertume du ferment se fait sentir chez les Galates. Aussi Paul réagit-il énergiquement en mettant en évidence le danger encouru d’une destruction mutuelle.

«  Lequel d’entre vous est sage et intelligent ? Qu’il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse. Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n’est pas celle qui vient d’en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions » (Jacques : 3 / 13-16).

Ce coup de massue asséné, Paul s’arrête. Il veut passer à des choses plus essentielles, vitales pour la vie spirituelle de ses lecteurs.

Pour lui, ce problème est clos.

Pour conclure, il lui suffira de quelques allusions : « Ne cherchons pas une vaine gloire en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres » (Galates : 5 / 26).

Il veut replacer les choses dans leur véritable contexte, séparer ce qui est de la chair et ce qui est de l’Esprit.

« Comme Jésus connaissait leurs pensées, il leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou toute maison divisée contre elle-même ne peut subsister » (Matthieu : 12 / 25).


Vivre selon l’Esprit et non selon la chair
Galates : 5 / 16-23

 
«Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi. Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. »

Paul dans ce passage, assure le règne de la liberté chrétienne par le triomphe de l’Esprit sur la chair.

Au verset : 13, il avait écrit ce mot, « la chair », et il revient dessus avec le besoin intense de s’explique. Au verset : 5, il avait cité un autre mot, « l‘Esprit » qu’il a aussi visiblement gardé en mémoire et qu’il oppose au premier.

Verset : 16 :

Si ces deux termes se sont présentés à lui « séparément », il est évident qu’ils se cherchent comme deux ennemis faits pour la rencontre !

Et effectivement, les voici joints dans le verset qui suit avec toute leur puissance d’affrontement : « Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. »

Cette assurance est donnée aux croyants s’ils marchent par l’Esprit, c’est-à-dire s’ils se laissent influencer et guider par l’Esprit qui les a régénérés et qui les assiste dans le combat ; bien qu’ils ne puissent éviter les oppositions de leur ancienne nature, ils seront gardés d’en accomplir les convoitises. Ils sortiront donc victorieux de ce combat intérieur. En suivant les impulsions du Saint-Esprit, ils ne cèderont pas aux coupables impulsions de la chair.

Verset : 17 :

Sentir la résistance de la chair n’est pas condamnable, mais y être asservi, y céder l’est manifestement puisque c’est entrer en conflit avec la volonté de Dieu. Evidemment, cette lutte n’existe pas chez l’inconverti qui n’est dirigé que par sa propre nature : « Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair, ils sont opposés entre eux afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. »

Pour comprendre l’opposition absolue entre la chair et l’Esprit, il suffit de regarder les passages révélés dans Romains, chapitre : 7 et 8, où cet antagonisme est dépeint en larges tableaux (7 / 14-25 ; 8 / 1-17).

La condition de notre existence spirituelle est celle d’une lutte perpétuelle entre ces deux tendances qui s’affrontent : la chair et l’Esprit. Les deux natures coexistent en nous tout en étant fondamentalement opposés dans leurs désirs profonds : l’une vise à satisfaire les désirs d’une nature non régénérée ; l’autre va chercher à faire ce qui plaît au Seigneur.

Ce sont des tendances complètement contradictoires et pourtant, au sein de l’âme chrétienne, les extrêmes se touchent.

C’est toujours dans le choix que nous faisons que se situe notre liberté.

Autrement dit, si vous êtes nés de nouveau, étant des rachetés de Christ, vous n’êtes point sous la loi. Si vous êtes fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ, vous n’êtes plus sous la surveillance du pédagogue (Galates : 3 / 25-26).

Ne plus être sous la loi, ni dans le sens d’une règle de conduite ni comme moyen de justification, c’est la conséquence logique du fait d’être « morts à la loi. »

« De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. Car, lorsque nous «étions dans la chair, les passions des péchés provoqués par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli » (Romains : 7 / 4-6).

« Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi. »

On ne peut être sous deux régimes en même temps !

L’affranchissement est assuré !

Il y a un parallèle étroit entre ce verset : 18 et Romains : 6 / 14 où l’apôtre affirme, inspiré par le Saint-Esprit : « Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. »

Le croyant est assuré que la domination du péché sur lui n’est plus une fatalité puisqu’il n’est plus sous la loi qui réclame l’obéissance sans en donner les moyens, mais sous la grâce qui supplée à la faiblesse et le fortifie victorieusement contre la chair.

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »

En effet, la loi de l’esprit qui donne la vie en Jésus-Christ ma libéré de la loi du péché et de la mort. Car ce qui était impossible à la loi parce que la nature humaine la rendait impuissante, Dieu l’a fait. Il a condamné le péché dans la nature humaine en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une nature semblable à celle de l’homme pécheur. Ainsi, la justice réclamée par la loi est accomplie en nous qui vivons, non conformément à notre nature, mais conformément à l’Esprit. » (Romains : 8 / 1-4).

« Je prie qu’il vous donne, conformément à la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur (…) A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècle, Amen ! » (Ephésiens : 3 / 16, 20-21).

« Or, les œuvres de la chair sont manifestes »

Nous les connaissons. Elles sont au nombre minimum de seize ! A cela, il faut ajouter les désirs de la chair ou, plus simplement, les convoitises du verset : 16. Si ces dernières sont plus cachées, il n’en est pas moins vrai qu’elles expriment les mouvements intérieurs de l’âme, autrement dit ses tendances naturelles.

« Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. »

« Les œuvres de la chair » sont directement en rapport avec les désirs de la chair. Elles sont connues de notoriété publique et elles apparaissent dans leurs manifestations extérieures.

« Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. »

Paul oppose aux œuvres et aux désirs de la chair le fruit de l’Esprit.

« C’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. »

L’expression « le fruit de l’Esprit » vient du Seigneur lui-même : « Produisez donc du fruit digne de la repentance et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres, Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

Déjà, la cognée est mise à la racine des arbres. Tout arbre qui ne produit pas de bon fruits sera coupé et jeté au feu » (Matthieu : 3 / 8-10).
La racine de l’arbre chargé de si beaux fruits se nomme la charité (ou l’amour). C’est elle qui, lorsqu’elle existe, les produit. Cette réalité était déjà dans la pensée de Paul au verset : 14 : « Or toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : ti aimeras ton prochain comme toi-même. »

Enfin, l’ensemble de ces belles vertus n’est que le portait moral de Christ et peut-être ris comme :

- L’explication apostolique de Galates : 2 / 20 : « J’ai été crucifié avec Christ, et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. »

- La définition des fruits dont parle Seigneur dans Jean : 15 / 8 : « Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié et que vous serez mes disciples. »

Puissions-nous porter ce fruit en abondance afin de glorifier le Seigneur !


La loi et l’Évangile
Galates : 5 / 23-26

 
«… la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres. »

Verset : 23 : «… la loi n’est pas contre ces choses. »

La loi ne peut effectivement pas être opposée au fruit de l’Esprit, puisque celui-ci est inspiré par l’amour ! Les œuvres de l’Esprit sont au contraire l’accomplissement de la loi.

Là où ces vertus - le fruit de l’Esprit - dominent, la loi n’a rien à condamner et à punir car elle n’est point établie pour les justes - ceux qui ont été rachetés par Jésus-Christ -, mais pour les iniques.

« Sachant bien que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, la parricides, les meurtriers, les impudiques, les infâmes, les voleurs d’hommes, les menteurs, les parjures et tout ce qui est contraire à la saine doctrine » (1 Timothée : 1 / 9-10).

En conséquence, il est bon de le répéter, la loi n’est pas violée par l’Évangile, au contraire, celui-ci en est l’accomplissement.

Verset : 24 : « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. »

Bien que ce crucifiement soit un processus continuel de la foi et doive durer toute la vie terrestre, l’apôtre le considère comme un fait accompli, puisque cette puissance de corruption ne règne plus en nous et qu’elle est destinée à périr.

« Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres comme des instruments de justice » (Romains : 6 / 6-7, 11-14).

Verset : 25 : « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. »

Ayant affirmé ces vérités, l’apôtre peut conclure : « Si nous professons avoir reçu l’esprit régénérateur » (Jean : 8 / 36), « S’il a créé en nous une vie nouvelle, montrons-le dans notre conduite en en portant les fruits » (Jacques : 2 / 14-17).

Verset : 26 : « Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres. »

A vrai dire, il ne semble pas y avoir grand-chose à reprocher aux Galates ; les défauts signalés sont la monnaie courante de la faiblesse humaine, mais il est temps de rétablir la situation compromise partiellement chez les égarés d’une heure !

Ainsi tous les conseils prodigués relèvent plus ou moins directement des besoins de la communauté.

Proscrivant la vaine gloire, il fait référence à celle qui viendrait de l’homme au lieu de glorifier Dieu.

Combien nous aussi, nous devons y être attentifs !


Répréhension fraternelle : frère en chute
Galates : 6 / 1

 
« Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur.»

Ceux qui sont spirituels sont ceux qui se conforment à l’instruction précédente : « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit » (5 / 25).

Or le Saint-Esprit est un esprit de douceur, selon 5 / 23.

Il y a des fautes dans lesquelles nous tombons par surprise, c’est-à-dire sans avoir voulu nous y engager délibérément : dans ce cas, il faut reprendre dans un esprit de douceur, sans aigreur, sans passion ni rigidité, avec amour, autrement dit avec les sentiments que nous voudrions que l’on nous témoigne si le même malheur nous arrivait. Ayons l’honnêteté intellectuelle de songer à notre propre faiblesse !

« Que celui qui croit être debout prenne garde de ne pas tomber » (1 Corinthiens : 10 / 12).

« Si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jacques : 5 / 19-20).

« Ayez les uns pour les autres une ardente charité, car la charité couvre une multitude de péchés » (1 Pierre : 4 / 8).

Nous avons ici quelques exhortations qui doivent nous gouverner dans le pénible exercice de la répréhension. Et cela nous amène à marquer d’une manière toute particulière l’importance de la restauration.

Cette question est vitale et l’indifférence à cet égard n’est pas digne de spiritualité, mais elle en est l’opposé. Puissions-nous porter les vraies marques de la spiritualité en revoyant nos voies et notre manière de juger devant le Seigneur !

Une âme égarée ne peut être comparée qu’à un instrument de musique désaccordé : le violoniste ne va pas se séparer de cet instrument pour autant, même si une corde est cassée, il va faire tout ce qui est nécessaire pour le remettre en état.

Réfléchissons sur la manière d’accorder au plus juste la vie de notre semblable.


Aide mutuelle
Galates : 6 / 2

 
« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ.»

Le fait de redresser un frère, humblement et avec douceur, selon l’Esprit de Christ nous charge d’un fardeau. C’est la même idée qui est développée dans Actes : 13 / 16-18 où il est rappelé que durant toutes ces années de voyage dans le désert, à sa sortie d’Egypte, Dieu a supporté comme une mère le fardeau de la conduite de son peuple.

« Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas et ne pas nous complaire en nous-mêmes. Que chacun de vous complaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l’édification… Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres, selon Jésus-Christ » (Romains : 15 / 1-2 et 5).

Dans nos rapports avec Dieu, nous ne pouvons pas ne pas nous remémorer ce que Christ a fait pour nous (Esaïe : 53 / 4-5).

« Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts au péché nous vivions pour la justice » (1 Pierre : 2 / 24).

Devant cela, pouvons-nous rester indifférents à l’exhortation que l’apôtre nous adresse, inspiré par le Saint-Esprit ? La chair nous suggèrerait de ne penser qu’à nous… La charité nous invite à penser aux autres en accomplissant ainsi la loi de Christ !

« J’ai été avec ceux qui sont sans loi comme si j’étais sans loi - bien que je ne sois pas sans la loi de Dieu puisque je me conforme à la loi de Christ - afin de gagner ceux qui sont sans la loi » (1 Corinthiens : 9 / 1).

Paul rappelle ainsi cette loi de Christ que Jacques nomme ailleurs « cette loi parfaite de la liberté » : « Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité » (Jacques : 1 / 25).

Cette loi royale consiste à nous aimer les uns les autres, comme Christ nous a aimés.

Les Galates voulaient une loi a tout prix, eh bien la voilà, bien supérieure à la loi de Moïse puisque venant directement du Fils de Dieu !

L’amour est le résumé, la synthèse de cette loi : il est le lien de la perfection.

« Mais par-dessus toutes ces choses, revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection » (Colossiens : 3 / 14).


Humilité
Galates : 6 / 3-4

 
« Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui-même. Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui…»

Paul veut replacer ses lecteurs en face des vraies valeurs, celles que Dieu voit et apprécie et il en vient à un fait qui a souvent fait la fierté des Juifs : leur Loi. Mais il la présente comme ce miroir qui montre la juste vérité et non ce qu’on s’imagine être : « Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun » (Romains : 12 / 3).

« Car, qu’est-ce qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Corinthiens : 4 / 7 ; voir aussi 1 Corinthiens : 8 / 2 et 2 Corinthiens : 10 / 12).

Il est bien imprudent de se vanter et de croire qu’on est quelque chose. Il y a un grand danger de séduction si, par orgueil, on croit n’avoir pas de faiblesse qui soit un fardeau pour les autres : « Que chacun examine ses actes, et alors il gardera pour soi la satisfaction qu’il en tire, et n’en fera plus part à autrui » (verset : 4 - ancienne traduction).

Il reste toujours à la vanité la ressource de fermer les yeux sur autrui et de ne contempler que soi-même, et on trouve toujours facilement quelque chose à admirer en soi !

En résumé, pour ne pas se séduire en estimant être quelque chose, il y a un bon moyen : examiner sa propre œuvre, son état d’âme, sa conduite, non par rapport à autrui, mais par rapport à Dieu, pour découvrir devant lui sa propre valeur. Lorsqu’on se regarde ainsi soi-même, on a de quoi se glorifier, ceci dit avec ironie, bien sûr !

Paul excelle dans ce domaine, par exemple dans Romains : 2 / 17-24. « Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou comme ce publicain ! » (Luc : 18 / 11).

L’authentique humilité ne fait de mal à personne…ni à soi-même d’ailleurs.

Jésus disait : « Je suis doux et humble de cœur. »

Soyons à son image !

A chacun son fardeau
Galates : 6 / 5

 
« … car chacun portera son fardeau »

« A chacun suffit la charge qu’il porte » (Galates : 6 / 5 ; version synodale)

« Chacun en effet, portera son propre fardeau » (Version Darby)

Il ne faut pas confondre le terme « fardeau » de ce verset avec celui du verset : 2. Dans l’original, les termes sont différents et le sens est déterminé par le contexte.

Au verset : 2 : « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ »

Le mot grec employé est « baroo » et s’applique à un frère surpris en quelque faute : il a trébuché dans une tentation soudaine ; la faute est accidentelle et non une habitude. On peut la ranger dans la catégorie de la faute de Pierre à Antioche (Galates : 2 / 11-14). Il était blâmable et il fut repris et restauré par Paul lui-même.

Au verset : 5 : « …car chacun portera son propre fardeau »

En revanche, le mot est « phortion ». Il n’est pas là question de tomber dans une faute, mais au contraire de l’accomplissement de notre service pour le Seigneur. Dans ce cas, chacun a sa responsabilité personnelle, son propre fardeau, et personne ne peut le faire à sa place.

« Ainsi, chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Romains : 14 / 12).

« Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail » (1 Corinthiens : 3 / 8 ; voir aussi : 2 Corinthiens : 5 / 10 ; apocalypse : 22 / 12).

Comme il s’agit de notre fidélité dans nos devoirs, nous ne devons pas nous glorifier, car au jour du jugement, chacun portera le fardeau de ses responsabilités. Voilà une bonne raison d’éprouver notre propre œuvre (au lieu de nous livrer à la critique des autres), puisqu’il est prévu un grand jour où elle sera examinée et rétribuée (1 Corinthiens : 4 / 1-5).

« Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun » (Romains : 12 / 3).

Cette exhortation qui, à première vue, a l’air d’être jetée au hasard, ne l’est cependant pas. Elle est inspirée à l’apôtre par l’état d’âme qu’il a observé chez certains Galates, au cours de son conflit avec eux.

L’énergique réaction de Paul contre l’influence pernicieuse des judaïsants a, en effet, fait ressortir des états d’âme variés chez ceux qui ont été gagnés à leurs tendances et qui se traduisent chez certains par une bonne opinion d’eux-mêmes. Cette exhortation vise donc à les ramener à un équilibre spirituel plus sain et plus stable.


L’esclavage dans le Nouveau Testament
Dans le Nouveau Testament, tous les hommes sont déclarés être sous l’esclavage
Galates : 6 / 3-5

 
Les Juifs, comme esclaves de la loi

« Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde » (Galates : 4 / 3)

« Mais maintenant, nous avons été libérés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli » (Romains : 7 / 6)

Ainsi la loi est considérée comme étant un facteur d’asservissement dans le sens qu’elle imposait des normes qui n’étaient pas vécues par amour de Dieu, mais par obligation religieuse.

Les gentils, comme esclaves des idoles

« Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas par nature » (Galates : 4 / 8)

« Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers des idoles muettes, selon que vous étiez conduits » (1 Corinthiens ; 12 / 2)

Nous rappelant que tout ce qui prend la place du Dieu vivant et vrai dans nos cœurs est une idole, nous pouvons comprendre cette allégation de Paul qui vit la pleine liberté évangélique.

Tous, comme esclaves du péché.

« Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché » (Romains : 6 / 6)

«  Mais grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits » (Romains : 6 / 17)  (voir aussi : Romains : 7 / 14-23)

Aussi, leur affranchissement est décrit dans le langage de l’esclavage social

Cette conception du salut, développée ensuite, vient des paroles du Seigneur lui-même :

« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libre » (Jean : 8 / 36)

Les hommes sont rendus à la liberté, affranchis de l’esclavage du péché par Christ qui les a rachetés.

« Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Corinthiens : 6 / 20)

Le grand prix payé pour notre rachat, c’est le sang de Jésus (1 Corinthiens : 7 / 23). Ce prix payé nous rachète au diable pour nous placer sous la dépendance de Dieu.

« Pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang » (Actes : 20 / 28 ; voir aussi : 1 Pierre : 1 / 18-19)

En conséquence, ceux qui étaient esclaves de la loi, des idoles et du péché, deviennent esclaves de Christ. Ils changent de maître pour passer d’un esclavage contraint à un esclavage choisi par amour.

« Car l’esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur ; de même, l’homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ » (1 Corinthiens : 7 / 22)

Ainsi les anciens esclaves du prince de ce monde sont désormais esclaves de Dieu et de sa justice.

De ce fait, l’affranchi du Seigneur ne peut se remettre sous aucun autre joug d’esclavage sous peine d’être privé de sa liberté.

« Et cela à cause des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avions en Jésus-Christ avec l’intention de nous asservir » (Galates : 2 / 4)

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates : 5 / 1 ; voir : Romains : 6 / 12-14)

C’est de cette manière qu’un homme est libéré de la loi par la mort de Christ (Romains : 7 / 4).

Les exigences de la loi sont néanmoins accomplies en lui parce qu’il ne marche plus selon la chair, mais selon l’Esprit (Romains : 8 / 4).

« Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. - Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de voir chair…Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle » (Romains : 6 / 18 et 22)

« Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit » (Galates : 5 / 25)

C’est donc une marche nouvelle, une manière de se conduire dans le monde qui est dégagée des contraintes que nous imposait le péché qui habitait en nous. Nous sommes nés de nouveau pour servir, non plus les exigences de la nature charnelle, mais le Dieu vivant et vrai qui met en nous l’image de son Fils.

« Mais maintenant, nous avons été libérés de la loi, car nous sommes morts à ce qui nous retenait prisonniers, de sorte que nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit et non sous le régime périmé de la loi écrite » (Romains : 7 / 6)

L’apôtre dira ailleurs que nous avons été « crucifiés » avec Christ ! La mort de notre nature propre est donc bien chose faite, même si le père du mensonge veut souvent nous faire croire le contraire. Ce qui importe maintenant est de réaliser la pleine liberté que nous avons en Jésus-Christ : celle de refuser les mensonges du diable, celle de marcher en « fixant nos regards sur Jésus, le chef de notre foi et celui qui la mène à la perfection » (Hébreux : 12 / 2) et d’entrer dans les œuvres bonnes préparées d’avance afin que nous les pratiquions (Ephésiens : 2 / 10). Cela parce que la liberté est active, et qu’elle nous est aussi donnée pour que nous contribuions à l’avènement du règne de Christ.

Avec cette œuvre glorieuse de Jésus qui a « dépouillé les dominations et les autorités et les a publiquement livrées en spectacle en triomphant d’elles par la croix » (Colossiens : 2 / 15), nous sommes effectivement « réellement libres ».






  Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Jean : 8 / 31 – 32   





Ancienne Jérusalem


Jérusalem capitale d'Israël

Jérusalem

Mur des lamentations

Jérusalem au nord de la rue Jaffa

Jardin des Roses à Jérusalem

Vieille ville à Jérusalem

Mur du Temple à Jérusalem

 

Le dome du rocher à Jérusalem

Gethsémané

Porte de Damas à Jérusalem

Couché de soleil sur Jérusalem

 

Chandelier à 7 branches

Colline située à l'est de Jérusalem

Fleur de sauge de Jérusalem

Cerisier de Jérusalem

La porte des Lions à Jérusalem

Pomme de Jérusalem