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LA SIGNIFICATION DE LA VOCATION D'ISRAËL (1)
Tous mes auditeurs qui ont lu la Bible doivent connaître presque par cœur cette parole que Dieu, un jour, adressa à Abraham qui s'appelait encore Abram : «Va t'en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je rendrai ton nom grand et tu seras une source de bénédiction. Toutes les familles de la terre seront bénies en toi.» (Gen. 12/1-3).
Et maintenant, voici deux autres passages de l’Ecriture où l'Eternel fait au peuple d'Israël, un certain nombre de promesses : (Exo, 19/5-6) - «Vous m'appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi ; vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte,» (Esaïe 2/1-4) - « Car de Sion sortira la Loi, et de Jérusalem, la Parole de l’Eternel, Il sera le juge des nations, l'arbitre d'un grand nombre de peuples. Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, et l'on n'apprendra plus la guerre,»
Ces quelques extraits du Tanach (Ancien Testament) sont assez significatifs pour retenir notre attention sur le fait que la Bible est un document très particulier qui n'a d'intérêt que pour ceux qui veulent sincèrement y reconnaître la main de Dieu, La Bible n'est pas une encyclopédie construite d'après les exigences d'une pensée rationnelle, elle est plutôt le recueil de faits, de récits et d’écrits, comme il n'en existe pas de semblable, dont le but est de nous révéler la réalité d'une présence souveraine sur le règne des hommes : Dieu.
Mais Dieu est un nom qui ne veut rien dire s'il n'est qu'un mot et ce mot peut être interprété de mille façons. Si Dieu désigne un être réel et vivant, cet être doit pouvoir se discerner comme une personnalité pensante et agissante au travers de la réalité de l'histoire humaine. C'est pourquoi la Bible revêt un caractère particulier à cause de l'histoire qu'elle relate et qui se prolonge jusqu'à notre époque moderne, et avec une précision de plus en plus remarquable.
La vocation d'Israël est d'être un peuple spirituel par lequel Dieu purifiera les marécages corrompus de toutes les religions du monde. On voit donc combien la présence d'Israël dans notre monde actuel est lourde de signification, une pierre lourde à soulever pour les nations matérialistes et ignorantes de ses implications spirituelles.
Il est intéressant de noter l'acuité des problèmes internes, dans le domaine religieux, qui agitent parfois la politique sociale de ce pays. La coquille de la tradition doit pourtant un jour être brisée pour permettre l'éclosion d'une vie nouvelle. Ce qui a été une réelle protection pendant la longue période d'incubation de la nation d’Israël dans le désert des peuples, est de moins en moins supportable quand vient le moment de l'éclosion.
La liberté spirituelle est une expérience continuellement progressive de Dieu dans une existence heureuse exigeant l'abandon de certain formalisme ou contraintes spirituelles au bénéfice de la spontanéité et de l'efficacité.
Nous savons, par les Evangiles, comment Jésus s'est souvent élevé contre l'asservissement de l’âme à des formes purement matérielles du comportement religieux.
Pensons simplement au sabbat, symbole par excellence de la libération de l'esprit et du corps, et qui est devenu pour certains, encore aujourd'hui, une autre forme d'esclavage. Israël a démontré au monde son attachement à la liberté physique, il lui reste encore à témoigner de sa libération spirituelle.
Envisagé uniquement sur le plan diplomatique ou militaire, le problème d'Israël est insoluble. Seul, celui qui considère la question sous son angle spirituel, peut le comprendre. Car il s'agit d'un problème spirituel et les nations sont restées dans l'infantilisme à ce sujet ou dans ce domaine. Alors que le développement intellectuel s'intensifie et se précise pour la conduite des affaires humaines, de la recherche scientifique ou des applications techniques, les notions sur la réalité spirituelle restent extrêmement vagues. A tel point, même, qu'on croit devoir assimiler le spirituel à l'intellectuel, au lieu de l'y subordonner. Ne cherchons pas ailleurs la cause de l'échec constant des institutions religieuses pour opérer une transformation du monde vers la justice et la paix.
Tout le monde s'accorde à reconnaître que le monde est menacé d'être anéanti par l'explosion de forces matérielles Personne n'a la vraie solution et, encore moins, l'autorité pour l'appliquer. Seul, l'individu est en mesure de faire un choix décisif pour sa propre existence et trouver ainsi en lui-même ce qu'il peut trouver dans le monde : la présence libératrice de l'Esprit de Dieu.
Ce qui se produit chez les individus qui font l'expérience de la foi et deviennent ainsi vraiment de nouvelles créatures par la divine énergie spirituelle, est une preuve qu'il existe «une super puissance» capable d'unifier ce monde en désordre.
Cette puissance supérieure l'est qualitativement et non quantitativement. Ce n'est pas la science matérielle qui peut l'acquérir, mais la foi. Non pas la foi en une religion quelconque de la terre, mais celle qui se branche directement sur l'Esprit de Dieu et en démontre l'efficacité par les fruits qui en résultent.
Or, la vocation d’Israël est de faire un jour l'expérience d'une nouvelle naissance spirituelle sur le plan national devant toutes les autres nations comme un individu peut, en tout temps, qu'il soit Juif ou non, le faire devant les autres individus. Cette expérience unique est imprévisible par les méthodes de prévision humaine. Elle est inexplicable par les démonstrations de la psychologie et inconcevable pour la science politique.
Cette expérience a été maintes fois annoncée par les prophètes d'Israël. Jésus en a averti ses disciples en leur parlant des signes précurseurs, comme ceux qui concernent la floraison du figuier après l'hiver. Les Juifs l'attendent confusément comme étant l'époque messianique. Les courants idéologiques mondiaux tendent de plus en plus à se structurer sur des valeurs immatérielles qui présagent de la prise de conscience d'un besoin spirituel.
Ce n'est finalement rien d'autre que quelque chose de transcendant qui est confusément espéré. Le monde attend son jugement, non pas au sens négatif par lequel on comprend trop souvent ce mot, mais par ce qu'il signifie réellement, au moins au sens biblique, c'est à dire, sa crise. Ce sera la crise libératrice de l'esprit.
Le mot MESSIE veut dire oint de l'Esprit et à cet égard, Israël est vraiment un peuple messianique parce qu'il est le signe annoncé d'un événement spirituel. Il est le peuple du dénouement et c'est pourquoi il est, pour l'instant, celui de la crise qui s'intensifie. Cette nation entrevoit déjà à sa façon, sa vocation messianique.
Il n'existe pas de Vérité juive ou de vérité chrétienne ou autre, mais un témoignage à la Vérité. Jésus ne s'est jamais opposé à son peuple ni à sa loi, mais il a accompli sous les yeux des hommes et d'une façon parfaite, les preuves d'une existence pleinement unifiée et harmonisée sous le contrôle de l'Esprit. La Vérité ne se discute pas, elle se constate.
Le judaïsme comme le christianisme, ne sont que des jalons sur la route de la Révélation divine et non des places fortes pour y défendre des opinions sur la Vérité.
Jésus n'est pas venu pour fonder ou prêcher le christianisme, mais pour réaliser les promesses de Dieu concernant le Royaume de Dieu, c'est-à-dire, le règne de l'Esprit de Dieu dans le coeur des hommes, en commençant par la nation d'Israël, c'est Israël qui, en effet, a été préparé pour être le peuple témoin, la nation sainte, le royaume de prêtres, c'est-à-dire, l'instrument intermédiaire de Dieu pour être en bénédiction à toutes les nations.
Jésus, mes chers amis, Jésus est le Messie, non parce que les chrétiens en ont décidé ainsi, mais parce qu'il a donné à son peuple la preuve de l'accomplissement des promesses divines sur l'effusion spirituelle d'une nouvelle connaissance de Dieu. Les Israélites ne devraient pas oublier que les premiers disciples étaient aussi des Juifs et qu'ils témoignaient par la réalité précise de leur propre transformation spirituelle.
Les ombres et les figures des rites de leur religion traditionnelle avaient cédé le pas aux réalités spirituelles et vivantes que le rituel mosaïque annonçait et préfigurait. Au-dessus et au-delà de toutes les combinaisons et de tous les cloisonnements de la dogmatique et de la théologie qui suivirent, en dépit de toutes les politiques et de tous les systèmes qui cherchèrent à l'exploiter, la religion de l'Esprit s'est propagée et a toujours porté ses fruits bénis dans la vie des croyants sincères.
La religion vraie, celle de l'Esprit, n’appartient à aucun groupe particulier parce qu'elle vient directement de Dieu et c'est pourquoi le Juif, l'Israélite, s'il veut comprendre et recevoir les enseignements de Jésus, ne peut pas être un renégat, car, fils de la loi qu'il était, il passe à l'expérience spirituelle d'être un fils de Dieu. Frères Juifs, nous avons hâte que vous deveniez le peuple de oints, c'est à dire messianique pour annoncer au monde votre résurrection spirituelle par une effusion nouvelle de l'Esprit de Dieu sur les petits et les grands, sur les chefs et sur tout le peuple afin que le nom divin soit sanctifié aux yeux du monde entier et que tous reconnaissent que Dieu est Souverain sur le règne des hommes.
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LA SIGNIFICATION DE LA VOCATION D'ISRAËL (2)
Je désire poursuivre avec vous notre étude sur la signification de la vocation d'Israël pour notre existence.
Il n'est pas toujours possible d'expliquer le processus du développement d'une nation, ni la raison de sa permanence dans l'histoire. On est bien souvent obligé de pressentir, comme c'est le cas pour Israël, l'action d'une volonté supérieure; et si l'on n'est pas capable d'admettre, de concevoir Dieu à l'origine de toute évolution, on enlise alors sa pensée dans des situations sans issue.
Puisqu'à l'origine du peuple d'Israël, il y a avant tout un homme, nous parlerons d'abord de cet homme. La personnalité d’Abram est le premier jalon d'une révélation qui doit finalement toucher tout l'univers. Jamais Dieu n'a manifesté son action sur le monde au détriment de l'individu.
La masse anonyme n'existe pas pour lui. Ecoutez bien ce que je vais dire : Dieu n'a pas commencé à appeler un peuple, mais il s'est adressé à un individu pour en faire un peuple. Mais même cet appel adressé à Abram a respecté la liberté de l'individu en lui laissant le choix d'un libre consentement.
Par sept fois au moins, Abram a été conduit à prendre des décisions personnelles qui engageaient sa foi et sa confiance en Dieu pour lui et pour toute sa descendance.
Tout d'abord, Abram avait derrière lui une longue tradition nationale et familiale. Il avait grandi au milieu d'une civilisation étroitement structurée et encadrée solidement par toutes sortes de traditions philosophiques et religieuses. L'individu était littéralement enseveli sous la complexité des cultes, des cérémonies et des rites consacrés à des divinités insensibles auxquelles on prêtait souvent des exigences plus ou moins cruelles. L'homme était un rouage égaré dans une mécanique spirituellement absurde.
Que font de mieux nos idéologues modernes ? Si nos civilisations tiennent davantage compte de la personne humaine, elles le doivent, justement, à cet appel adressé à Abram, Dieu se révèle à lui comme le seul Dieu véritable parce qu'il s'adresse personnellement à lui. Une personne parle à une autre personne. Elle se propose même de l’accompagner partout où elle lui demande d'aller.
Le Dieu d'Abram est celui que nous propose la Bible, celui qui respecte notre liberté individuelle et fait appel à notre confiance affectueuse en sa divine personne pour être conduit avec sûreté vers notre destinée éternelle, c'est celui qui décide si nous le voulons, de nous accompagner sur tous les chemins de notre existence terrestre, pour nous aider à tirer le meilleur parti de l'expérience humaine. c'est ce Dieu qui attend avec patience, et une patience infinie, que nous fassions les choix volontaires des valeurs spirituelles.
C'est enfin celui qui s'inclut dans nos vies par la présence vivante de son Esprit comme il le fit pour Abram qui vit son nom changé en Abraham,
Une lettre a été ajoutée à son nom et cette lettre n'est rien d'autre qu'une particule du nom divin.
La religion que Dieu veut pour le monde est celle d'une relation vivante et affectueuse avec chacun de nous parce que c'est quand l'homme connaît et aime Dieu de tout son cœur qu'il commence à respecter et aimer la personne d'autrui, seulement il ne faut pas oublier la loi de l'équilibre qui veut que l'on aime son prochain comme soi-même.
L'homme qui reste peureusement rivé aux chaînes de sa tradition et refuse de grandir spirituellement pour choisir librement de rencontrer personnellement Dieu, cet homme ne s'aime pas comme il faudrait et ne peut aimer vraiment les autres qui ne pensent pas comme lui, La religion d'Israël, si riche de signification, d'élévation morale et de promesses spirituelles risque d'emprisonner l'esprit si elle ne suscite pas une foi personnelle, vivante et joyeuse dans le coeur du croyant.
Abram a donc consenti à laisser derrière lui le cycle fermé de sa tradition et l'illusion d'éternité que lui donnait la religion conservatrice de son pays pour aller au devant d'une aventure spirituelle dans laquelle la foi libératrice pourrait faire ses preuves.
La foi qui répond à l'appel de Dieu ne met pas l'individu en marge des réalités de l'existence comme le pensent bien souvent les incrédules. Elle lui permet, au contraire, de faire la démonstration pratique de la réalité de Dieu et c'est finalement la seule vraie façon de connaître Dieu.
C'est l'existence qui est le vrai terrain de la révélation et c'est pourquoi Israël, parce qu'il est l'instrument d'une révélation, doit être une nation qui s'intègre intimement à l'Histoire, L'histoire d’Abram est retracée dans ses grandes lignes par le récit biblique et elle ressemble à beaucoup d'autres dans ses difficultés, ses perplexités et ses imprévus.
C'est dans la réalité de son existence journalière que cet homme Abram est exercé dans sa foi et qu'il apprend à connaître Dieu. Mais plus il connaît Dieu, plus il éprouve le besoin de lui faire confiance. C'est encore vrai aujourd'hui cour tous ceux qui ont consenti à faire la même expérience, plus on fait confiance à Dieu, plus on se sent libre et libéré des entraves de la peur et des contradictions apparentes et momentanées de la destinée humaine.
En fait, on peut dire qu'un des aspects les plus fondamentaux de la vocation d'Israël est celui d'EXISTER
Il faut se souvenir de la façon dont l'Eternel s'est révélé à Moïse. Dieu lui fit connaître par quel nom il devait l'annoncer aux enfants d'Israël en lui disant ces paroles surprenantes : «Je suis celui qui suis,,» Dieu veut se faire appeler : «Je suis.»
Dans la langue hébraïque, cette construction grammaticale renferme tous les temps du verbe ETRE : futur, présent et passé (Exo. 3/14). Dans l’épître aux Hébreux, il est mentionné que la foi qui est agréable à Dieu, est celle qui consiste à croire que Dieu existe.
Mais ce mot, traduit plus littéralement, pourrait se lire : EST ; c'est à dire que la foi qui est agréable à Dieu consiste à croire que Dieu EST. Et croire que Dieu EST, c'est croire CE qu'il est.
Comme on le voit, la révélation de Dieu, est beaucoup plus qu'une question de croyance en un système religieux ou doctrinal quelconque. Elle s'inclut dans l'EXPERIENCE de l'EXISTENCE.
Cela veut dire que tout homme conscient de vivre et d'exister peut, s'il le veut bien, faire sa propre preuve de la réalité de Dieu et acquérir une foi personnelle dans une relation personnelle avec un Dieu personnel.
Maintenant, je vais poser une question à laquelle je m'efforcerai de répondre : pourquoi Israël est-il choisi de Dieu ? Dieu ne fait pas de choix arbitraire, il ne prend jamais parti pour un peuple contre un autre et ne favorise personne au détriment de quelqu'un d'autre. L'enseignement des Ecritures montre qu'Israël n'était pas un peuple meilleur ni plus juste que les autres peuples et qu'il était, dans ses défauts comme dans ses qualités, représentatif de tous les autres peuples.
Ce que Dieu proposait de faire avec ce peuple était donc également représentatif de tout ce qu'il désirait faire avec tous les autres. C'est parce que toute la terre est à lui que Dieu se choisit un peuple par lequel il se propose d'en faire l'instrument de la révélation de son amour pour tous les hommes.
Dans le livre du prophète (Malachie 1/2), il existe un passage assez étrange s'il est lu superficiellement et qui risque même auprès des lecteurs les mieux disposés de créer un certain trouble. Ce passage, le voici : «J'ai aimé Jacob, dit le Seigneur, et j'ai haï Esaü.»
Cette parole a de quoi choquer si nous y voyons un effet de 1'injustice divine. Mais l'injustice est inconcevable de la part du Créateur. Aucune création en évolution ne serait imaginable, physiquement, mentalement et spirituellement s'il n'y avait, à la source, l'équité absolue, l'iniquité étant la négation du réel.
Cette parole de l'écriture s'explique donc par le fait que Dieu avait rejeté Esaü en qualité d'instrument de sa révélation. Le caractère d'Esaü qui avait refusé d'attacher une valeur primordiale à sa vocation spirituelle de fils aîné ne pouvait servir de témoin et de preuve au plan que Dieu établissait pour le salut de l'humanité entière. Entendez bien :
Dieu avait rejeté un instrument mais ne méprisait pas pour autant l'individu Esaü.
Evidemment, tout cela ne signifie pas que son frère Jacob ait eu un meilleur caractère ou des capacités supérieures. Intentionnellement, Dieu avait permis qu'ils soient frères jumeaux et qu'ils partent à égalité dans la vie.
La seule chose qui les a différenciés a été le choix qu'ils ont LIBREMENT consenti. C'est surtout cela qui répondait au plan comme à la nature de Dieu.
Jacob avait accepté la charge, spirituelle du droit d'aînesse alors qu'Esaü n’envoyait pas l'utilité si ce n'est que le bénéfice matériel. C'est pourquoi Esaü s'était ravisé plus tard pour retrouver son droit, mais en vain.
Mais, si Jacob avait volontairement accepté cette charge, il commit lui, l'erreur de la prendre lui-même au lieu d'attendre que Dieu la lui donne.
C'est là où Jacob montre qu'il ressemble à tous les hommes qui veulent souvent les fruits avant de planter l'arbre, chers amis, si Dieu a aimé Jacob, ce n'est donc pas parce qu'il était plus aimable que les autres mais parce que Dieu l'aimait comme instrument futur de son amour pour tous.
Jacob est donc choisi pour DEVENIR un instrument et cela implique pour lui une formation. Elle sera longue et difficile, elle demandera de longs siècles, mais le résultat est certain : Dieu triomphera et c'est précisément ce que signifie le deuxième nom de Jacob : Israël.
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LA SIGNIFICATION DE LA VOCATION D'ISRAËL (3)
Nous avons déjà étudié ensemble pourquoi Israël a été choisi par Dieu. Nous examinerons cette semaine Israël en tant que symbole spirituel, ce qui n'enlève rien, évidemment à sa profonde réalité historique et religieuse.
L'histoire humaine du personnage Jacob résume en elle la longue et pénible route de tout un peuple au cours des siècles. L'exil et le retour en sont les points saillants. Jacob a dû mener un combat très dur contre les tempêtes et les tourmentes de son existence matérielle et affective.
Mais, c'est dans le livre de la Genèse au chapitre 12 que nous trouvons le récit d'événements qui furent décisifs pour l'accomplissement de sa vocation spirituelle. C'est là que Jacob réalise que, seules, les forces spirituelles lui permettent de poursuivre son chemin.
C'est là qu'il devient Israël. Depuis l'appel d'Abram, tout a évidemment contribué à forger l'âme d'un peuple. Son éducation particulière autour d'une loi unique en son genre et tout un concours de circonstances conditionnées par les exigences d'une morale élevée et d'une tradition rigide ont fait que ce peuple a acquis une mentalité, un état d'esprit, qui l'a amené à être ce qu'il est.
Certains peuvent supposer qu'Israël doit ses victoires à la qualité ou à la quantité de ses armes, mais c'est là, me semble-t-il, une fausse appréciation. C'est davantage la façon dont il s'en sert et aussi l'état d'esprit typique qui règne chez ce peuple qu'il faut retenir. Il y a donc à la base de cette existence étonnante un élément essentiellement spirituel qui s'est propagé depuis l'aventure de Jacob.
Cependant, cet état d'esprit n'est pas encore un état spirituel. Les Juifs ne sont pas tous des croyants et l'attachement aux valeurs traditionnelles s'oppose encore aux énergies spirituelles de l'Esprit de Dieu pour un renouvellement complet de la foi.
Selon la prophétie d'Ezéchiel sur la vallée des ossements desséchés que Dieu lui fait voir, Israël n'est encore qu'un grand corps reconstruit dans lequel un jour, l'Esprit soufflera pour qu'ils prennent réellement vie.
On a l'habitude d'appeler le récit biblique : histoire sainte. En vérité, cette histoire n'est pas plus sainte que les autres dans le sens qu'on donne habituellement à ce mot. Dans la Bible, le mot saint signifie ce qui est mis à part. L'histoire biblique est donc en réalité comme un extrait de l'histoire en général et dans laquelle Dieu révèle son action d'une manière toute particulière. En vérité, Dieu est présent dans toute l'histoire des hommes et aucun événement n'échappe à son divin contrôle.
Il n'y a pas d'histoire sainte ni d'histoire profane, toute la création et toutes les créatures sont incluses dans le plan de Dieu et toutes choses doivent évoluer suivant le fil d'une pensée souveraine vers l'accomplissement d'une destinée digne d'un créateur infiniment glorieux, bon, parfait et juste.
On remarque donc que l'histoire biblique traite principalement d'Israël, non comme étant seul à retenir l'attention des hommes sur la réalité de la souveraineté divine sur toutes choses.
Le comportement de la nation d'Israël au cours de l'histoire biblique montre bien que ce peuple n'est pas différent des autres, mais qu'il les représente tous. Ce qui diffère, c'est l'intention divine d'en faire un peuple témoin pour amener tous les autres peuples à connaître Dieu et à recevoir sa bénédiction.
L'histoire biblique, si elle n'est pas toujours très claire à nos intelligences non spiritualisées, offre cependant à notre réflexion des enseignements d'une incontestable clarté. Ce qui est en tout cas très clair, c'est que la question d'Israël devient une affaire planétaire et que les anciens prophètes de Dieu en avaient depuis longtemps averti les nations.
C'est pourquoi cette histoire nous intéresse tous, car elle nous concerne tous. Elle nous révèle, comme je le soulignais tout à l'heure, la présence d'une pensée directrice et suprême et nous devons découvrir, pour notre compte personnel, ce Dieu qui a parlé à Abram, l'a conduit et l'a béni pour laisser dans ce monde obscur et matériel, la lumière d'une espérance vraie, et la chaleur d'une foi sincère.
Les Juifs comme les non-juifs ont tous besoin de comprendre par les leçons de l'expérience vécue, que c'est vraiment l'Eternel qui est le Maître souverain du monde et que c'est seulement par lui que pourront régner enfin la droiture et la justice.
Jérusalem est symboliquement la "Ville de la Paix" ou la "Cité de paix" puisque c'est ce que signifie son nom, mais c'est aussi une réalité que c'est dans cette ville que sera inaugurée la paix mondiale.
Pourquoi ? Pour la simple raison que Dieu en a décidé ainsi et que cela correspond, géographiquement, socialement, économiquement et encore pour beaucoup d'autres nécessités à la meilleure et à la plus juste de n'importe quelle solution.
Comme il n'est pas possible que l'aspect ou le seul aspect religieux de la question d'Israël soit pris en considération par les autorités mondiales, il est évident que nous assisteront tôt ou tard à un enchaînement absolument imprévisible des événements.
Il faudra alors se rendre compte que de plus en plus cette affaire est supervisée d'ailleurs, c'est à dire de plus haut. Le prophète Zacharie a annoncé, voici maintenant plus de vingt siècles que Jérusalem deviendrait une pierre pesante pour les nations.
Et elle l'est devenue maintenant par la complexité des problèmes diplomatiques qu'elle pose. Cette complexité est due au fait qu'une donnée essentielle de ce problème est négligée, celle qui concerne précisément la révélation de Dieu à ce sujet.
Je le répète, il ne faut évidemment pas s'attendre à ce que la diplomatie prenne en considération l'aspect essentiellement religieux et prophétique et encore moins biblique de Jérusalem ou de la nation israélienne dans son ensemble.
L'évolution mentale de l'humanité ne s'est malheureusement produite que dans le sens des considérations limitées au niveau de l'intellect, mais elle est, en général, restée primitive quant à la perception des valeurs spirituelles et des réalités divines. Indépendamment des voies officielles, il existe, heureusement, des hommes de toutes les nations, de toutes les races et de toutes les religions, qui cherchent et trouvent, en dehors des sentiers battus, la vérité vivante et spirituelle propre à les éclairer sur leur propre destinée comme sur celle de l'humanité.
C'est ainsi que nous avons la certitude qu'il existe une solution aux problèmes mondiaux, et principalement à la question d'Israël, et que cette solution sera donnée en temps utile par des événements qu'il n'est guère possible d'imaginer, mais qui n'en seront pas moins réels.
Pour celui qui connaît Dieu et ce qu'il a fait en réponse à la foi de ceux qui croient en lui, la position des nations à l'égard du peuple d'Israël est significative. Elle démontre l'absurdité de certains efforts humains devant un problème inextricablement lié à un fait spirituel, ce fait spirituel est la promesse faite à Abram par le Dieu souverain sur la destinée des nations.
On peut faire preuve de droiture politique en admettant qu'Israël a le droit d'exister, mais ce n'est pas cela qui lui confère ce droit. Si les nations avaient dû décider de l'existence de ce peuple, il y a longtemps qu'il aurait disparu de notre humanité.
Si Israël existe, c'est parce que Dieu existe. Même quand Israël voudrait ne plus exister en tant que peuple, il y serait contraint par un irrésistible courant historique. La preuve en a été faite plusieurs fois et le sera encore d'une incroyable façon, si d'aventure, toutes les nations de la terre décidaient d'en finir avec lui.
Il faudra probablement en venir là pour que les yeux des hommes s'ouvrent enfin sur la réalité des forces supérieures de l'Esprit qui préside à la marche de l'univers. Le Dieu qui est, sait sagement attendre le moment le plus convenable pour manifester sa présence et empêcher l'humanité de sombrer dans le néant.
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