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L'appel du prophète Élisée

(d'après : 1 Rois : 19/19-21)



L’APPEL DU PROPHETE ELISEE

Nous essaierons de découvrir au moyen d’une étude approfondie du texte les vérités essentielles concernant la vocation du prophète Elisée, vérités qui doivent s’imprimer dans le cœur de quiconque veut servir Dieu aujourd’hui encore.

La première personne qui fut la cause de la vocation d’Elisée, c’est Dieu. Cela est général à toute vocation. En effet, le Seigneur n’accepte pas dans son armée des engagés (ceux qui se donnent eux-mêmes une vocation). Le Seigneur accepte uniquement des hommes qu’Il a lui-même appelés selon son bienveillant dessein.

La seconde personne qui intervient dans cet appel, c’est Elie. Il est important de remarquer que Dieu ne s’est pas adressé directement à Elisée, mais qu’Il a employé un intermédiaire en la personne d’Elie.

Pour nous parler, Dieu se sert quelquefois des hommes ; et il faut aussi reconnaître que cela ne nous fait pas toujours plaisirs ! Elie est donc la personnalité humaine marquante de l’appel du futur prophète Elisée et aussi de sa formation. Au verset 19 de notre lecture, c’est lui qui paraît.

« Elie… » ; il portait dans son nom même, le caractère divin du Maître qu’il servait. Son nom signifie « mon Dieu est l’Eternel » ; c’était plus qu’un nom, pour lui, c’était une expérience vécue et aussi renouvelée ; c’était une réalité. Son Dieu était l’Eternel, cela il le savait parce qu’il vivait en communion avec Lui. Ce qui est important pour nous, ce n’est pas que nous ayons le nom de chrétiens, de pentecôtistes ou même de serviteurs de Dieu, ce qui est très important, c’est que nous vivions la vie chrétienne, c’est que nous vivions la Pentecôte, c’est que nous soyons réellement des serviteurs de Dieu.

Faisons une rétrospective en ce qui concerne Elie. Lorsque nous le rencontrons pour la première fois, c’est lors de sa visite au roi Achab duquel il nous est dit qu’il «  fit ce qui est mal aux yeux de l’Eternel » (1 Rois : 16 / 30). Il lui annonça une sécheresse dans tout le pays ; et c’est au cours de cette période que Elie put expérimenter que « son Dieu était l’Eternel ».

Il fut nourri par des corbeaux (1 Rois : 14 / 4 à 6).

Pus tard, chez une veuve, il expérimenta la puissance de Dieu (1 Rois : 17 / 8 à 16).

Ensuite, il fut l’instrument pour ressusciter le fils de cette veuve.

Il sut que son Dieu était l’Eternel, Celui de la résurrection des morts ! Alléluia !

Elie fut aussi l’homme qui sut triompher des 400 prophètes de Baal (1 Rois : 18 / 16 à 40).

Nous serions tentés de dire : Quel homme !

Je crois que ce n’est pas la réaction que Dieu attend de nous.

N’oublions pas que Dieu a pris soin de nous rappeler, et ceci afin que nous ne l’oublions jamais, qu’Elie « était un homme de la même nature que nous » (Jacques : 5 / 17).

Nous devrions donc plutôt dire : Quel Dieu que Celui d’Elie !

Je suis heureux de savoir que le Dieu d’Elie c’est aussi le mien.

Alors moi aussi je peux dire « mon Dieu est l’Eternel ».

Elie était un homme, avec tout ce que cela comprend de faiblesse, et de lacunes. Après tant d’expériences bénies, après tant de manifestations puissantes de Dieu ? Elie connut une période de fatigue et de découragement (1 Rois : 19 / 1 à 18).

Voilà qui est encourageant pour nous !

Le découragement d’Elie est un encouragement pour nous. Il nous montre que les hommes quels qu’ils soient, ayant fait les plus belles expériences avec Dieu, sont aussi capables de faiblir. Les hommes restent des hommes, Dieu Lui est l’Eternel ; Il est le « Je suis Celui qui ne change pas ».

Il nous montre qu’au travers de notre faiblesse, Dieu se glorifie, et aussi qu’Il renouvelle ses enfants. Dieu fortifia Elie.

Il fut son cuisinier (1 Rois : 19 / 6).

Ce fut une expérience toute nouvelle pour Elie :


Ses forces furent renouvelées pour aller plus loin, à la montagne de Dieu. Là, le serviteur découragé reçoit encouragements et aussi des directives nouvelles de la part du Maître.

La dernière directive que Dieu a donnée à son serviteur à Horeb fut celle-ci : « Tu oindras Elisée, fils de Shaphath, d’Abel-Mehola pour prophète à ta place ».

Je ne sais pas quelle fut la réaction d’Elie en entendant ces paroles : « Prophète à ta place ».

Plusieurs en pareil cas, se seraient demandés : «  Vais-je peut-être mourir ? » ; « Est-ce que je suis rejeté de Dieu ? » ; « Est-ce que mon découragement est une faute irréparable ? ».

Il ne nous est rien dit concernant la réaction d’Elie ; peut-être se doutait-il du peu de temps que Dieu le laisserait encore sur la terre ; mais une chose est certaine : « Il devait oindre Elisée pour prophète, à sa place ».

Arrêtons-nous ici quelques instants :


Pensez-vous qu’Elisée fut choisi à la place d’Elie parce que ce dernier était devenu un propre à rien ? Ou bien parce que son ministère devenait stérile ? Ou bien parce qu’il eut une mauvaise passe ? Ou bien encore parce que Dieu avait changé d’avis ? Non, rien de tout cela ! L’expérience qui couronna la fin terrestre d’Elie prouve la trempe spirituelle de cet homme et sa valeur aux yeux de Dieu. Il fut un des deux hommes de
la Bible qui n’ont pas connu la mort.

C’est une grâce extraordinaire surtout lorsqu’on sait quelle fut sa fin terrestre.

Nous retrouvons Elie dans le Nouveau Testament, sur la montagne de la transfiguration parlant avec Jésus.

Nous le reverrons dans le ciel, si du moins nous mêmes nous nous y trouvons.

Que signifie donc : « Tu oindras Elisée, fils de Schapphath, pour prophète à ta place ? ».

J’aimerais que nous fassions une comparaison entre ces paroles et le verset : 28 de 1 Samuel : 15.

« L’Eternel déchire aujourd’hui de dessus toi la royauté d’Israël et Il la donne à un autre » (1 Samuel : 15/ 28)

Les paroles que Dieu adresse ici à Saül, sont empruntes de condamnation et d’un sévère rejet de la part de Dieu.

La pensée, est de remplacer Saül par un autre, meilleur, plus droit, plus intègre et il n’y a pas de discussion possible, Dieu parlant assez clairement pour cela.

En ce qui concerne Elie, la pensée de Dieu est toute différente.

Dieu choisit Elisée pour continuer son œuvre.

« Tu oindras Elisée pour prophète à ta place » semble vouloir dire, dans la pensée de Dieu : « J’ai décidé de poursuivre mon œuvre et de l’achever en me servant des hommes et cela en dépit de leurs faiblesses et de leurs limites ». Elisée n’était pas choisi pour sa supériorité sur Elie mais parce qu’il y avait dans le cœur de Dieu le désir de voir son œuvre se poursuivre.

Dieu ne nous adresse pas une vocation pour que nous considérions ceux qui nous ont précédés comme des propres à rien, comme des gens qui ont perdu l’onction. Il ne nous a pas appelés pour que nous regardions de haut les anciens avec un sourire de pitié aux lèvres, tout en les poussant de l’épaule et en les plaçant au dernier rang de notre église, quelquefois même sur le banc des pénitents ! Toutefois que, les anciens se rappellent aussi le conseil de Paul à Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse «  (1 Timothée : 4 / 12).

Il y a des chrétiens qui sont tellement spirituels ou qui ont une vocation tellement puissante qu’ils ne supportent aucune réflexion, ni aucun conseil. Cela n’était pas la pensée de Dieu lorsqu’Il a appelé Elisée.

Dieu, de tout temps, a appelé des hommes, et Il en appelle encore pour que son œuvre se poursuive. Il est bon que nous prenions conscience de cela.

Maintenant, parlons de quelqu’un d’autre :


A l’heure où Dieu s’entretient avec Elie, à l’entrée de la caverne, à Horeb, un homme travaille dans les champs à plusieurs centaines de kilomètres de là, c’est Elisée.

Elie ne le connaît pas.

Mais Dieu le connaît et l’a choisi.

Ce qui est essentiel pour notre vocation, ce n’est pas que nous soyons connus des hommes mais de Dieu.

Quelles étaient les dispositions intérieures d’Elisée au moment où Dieu s’entretient avec Elie ? Nous ne savons rien de précis à ce sujet. C’était un petit laboureur qui travaillait sur ses terres, c’est tout. Certains hommes de la Bible ont senti personnellement l’appel de Dieu ; certains même ont eu une révélation ; c’est le cas d’Esaïe, par exemple (Esaïe : 6 / 1 à 8).

Mais cela n’est pas une règle générale.

Elisée, lui, a su que Dieu le voulait à son service, par l’intermédiaire d’un homme. Elisée ne se doutait pas de ce qui l’attendait lorsqu’il était derrière ses 24 bœufs ! Elisée n’étaient pas du genre de ceux qui veulent à tout prix une vocation ; d’ailleurs, Dieu n’est pas toujours du même avis qu’eux !

Le désir d’être appelé et l’appel proprement dit sont deux choses bien différentes. Je dirais même qu’il n’y a aucun lien entre les deux. La vocation divine d’un individu ne prend pas ses racines dans les prédispositions de cet individu mais dans la seule et parfaite volonté de Dieu, car, ne l’oublions jamais, c’est Lui et Lui seul qui adresse l’appel. Dieu voulait Elisée à son service ; voilà ce qui justifie sa vocation. Elisée pouvait être blond ou noir, avoir les yeux bleus ou verts, être pauvre ou riche, instruit ou ignorant, tout cela était secondaire. Ce qui importait, c’est que Dieu le voulait pour Lui.

Notons encore un détail :


Avez-vous remarqué comment est introduit le récit de l’appel d’Elisée ?

« Elie partit de là ».

Elisée n’a pas eu à forcer les circonstances, il ne savait rien du dessein de Dieu. La providence divine était à l’œuvre et rien ne pouvait arrêter le plan de Dieu. Je me réjouis de savoir que Dieu a un plan pour moi et que rien ne pourra l’entraver. Dieu agit toujours avec nous selon sa providence divine, sans que nous nous en apercevions, du moins à l’avance. Dieu a su choisir, pour la formation d’Elisée, un homme d’expérience, un homme qui savait que son Dieu était l’Eternel. Dieu a toujours d’excellents moyens pour nous former à son service.

Il nous suffit de nous laisser conduire par Lui.

Verset 19 :


« Elie partit de là, et il trouva Elisée »

C’est un prophète « tout neuf » que nous retrouvons maintenant.

Elie vient d’être renouvelé par le Seigneur dans ses forces physiques et spirituelles, car Dieu n’est pas seulement Celui qui s’occupe de notre esprit, mais Il est aussi Celui qui prend soin de notre corps puisqu’Il a désiré, dans sa é, en faire « Le temple du Saint-Esprit » (1 Corinthiens : 6 / 19).

Que va faire Elie ?

Va-t-il se croiser les bras, s’étendre et dormir ?

Non ! il va partir de là.

Nous avons ici une leçon spirituelle :


Savez-vous pourquoi Dieu veut que nous le rencontrions dans la prière ?

Parce qu’Il veut nous donner des forces nouvelles pour que, nous aussi, nous partions de là et que nous allions plus loin avec Lui.

Dieu veut, avec nos années de vie chrétienne, nous donner de le connaître davantage ; Il veut que nous ayons plus de profondeur spirituelle. Le « Surplace », dans la marche avec Dieu est synonyme de recul. Si nous n’avançons plus, si nous ne prions plus avec la même soif, si nous ne venons plus aux réunions avec le même désir brûlant de rencontrer Dieu, c’est que nous sommes en train de reculer et que nous avons besoin d’être renouvelés par Dieu « Pour partir de là ».

Elie partie de là, et c’était la preuve de son obéissance. Il est parti pour aller là où Dieu le voulait. Oh ! si nous pouvions être comme Elie ! Partir, c’est très bien, à condition d’aller là où Dieu nous attend. S’il nous fallait partir pour ne pas aller là où Dieu nous attend, il vaudrait mieux ne jamais partir ; cela nous éviterait de faire de tristes expériences, voir à cet effet (2 Pierre : 2 / 21).

Jonas est de ceux qui sont mal partis ; c’est-à-dire à l’opposé du plan de Dieu. Je crains qu’aujourd’hui encore, il y ait des Jonas. Quand Dieu nous fait « Partir de là », pour aller plus loin, cela signifie qu’Il veut nous apprendre des choses nouvelles, Il veut nous faire connaître davantage ce que c’est que de marcher avec Lui. « Partir de là », implique que la croix que nous portons devient un peu plus lourde à chaque pas. Ne pensez pas qu’elle deviendra plus légère. Savez-vous jusqu’où Dieu veut nous ammener ?

Jusqu’à notre propre Golgotha. Le but de Dieu est de nouer clouer sur la croix que nous portons ; c’est là la perfection du Christ. Nos années avec le Seigneur ne doivent pas nous ammener à crucifier nos frères et nos sœurs ; mais elles doivent nous crucifier nous-mêmes.

Un jour, Dieu a demandé à Abraham de « Partir de là », nous lisons cela en (Genèse : 22 / 1 à 2), et pourquoi ?

Pour le sacrifice, pour le renoncement à ce qu’il avait de plus cher.

Lisons aussi (Matthieu : 11 / 1 ; 12 / 9 ; 14 / 13 ; 19 / 15 ; Marc : 7 / 24).

Que Dieu nous fasse « Partir souvent de là », afin que nous tendions vers la perfection du Maître (Hébreux : 5 / 8 à 9)

Il est bon que nous remarquions autre chose :


Avez-vous lu le petit mot qui sépare les expressions « Elie partit de là », « Il trouva Elisée » ? Il y a le petit mot « Et », « Elie partit de là et il trouva Elisée ». C’est un mot de coordination qui unit deux expressions ou deux phrases. Ce petit mot est très important ici. Il nous apporte un enseignement. Il unit le succès du voyage d’Elie à la manière dont il est parti. Elie est parti, fortifié par Dieu, avec une nouvelle part du Saint-Esprit, avec une direction divine ; « Et (c’est normal, on pouvait s’y attendre) il trouva Elisée ».

Nos résultats spirituels, nos victoires, dépendent de la manière dont nous partons dans la vie chrétienne, dans le ministère, et de la manière dont nous nous y maintenons. Si Elie était allé n’importe où là où le climat est plus favorable, là où les gens sont plus sympathiques, là où il était plus connu, il n’aurait pas trouvé Elisée. Il est parti comme Dieu le voulait et il à réussi dans son entreprise. (Josué : 1 / 8)

« Il trouva Elisée »


Dieu cherchait un homme pour prophète à la place d’Elie et Il l’a trouvé. Elie ne fut ici qu’un instrument pour la réalisation du plan de Dieu. C’est Dieu qui a trouvé Elisée. C’est au cours de cette rencontre que va se jouer le destin d’Elisée. Savez-vous ce que Dieu va faire avec cet homme ? Il ne fera pas de lui un automate ; Dieu ne va pas le prendre par les épaules, le secouer et lui dire : « marche, marche, marche à ma suite » ; Il ne va pas lui passer des menottes, ce ne sont pas les méthodes de Dieu ! Il ne contraint personne. Il va le placer devant un choix. Lorsque Dieu trouve un homme, Il le place toujours devant un dilemme. Eve, en Eden, a eu le sien, Jésus au désert, a eu son dilemme, le brigand, sur la croix, e eu un choix à faire, et tant d’autres ont eu leur dilemme. Quand Dieu propose le salut à un individu, Il lui pose le dilemme suivant : « Garder sa liberté et le péché, ou devenir esclave de Christ » ; lorsque Dieu propose la sanctification et la consécration, Il nous place devant le dilemme « L’entretien du moi, avec ses intérêts, ses avantages, son temps, son argent, ou bien la mort du moi ».

Elisée allait être pesé dans la balance de Dieu. Nous sommes aussi, pesés dans la balance de Dieu. Puissions-nous être trouvés lourds ! Des monts Horeb à Abel-Mehola, il y a plus de 250 kilomètres à vol d’oiseau. Quand Dieu décide de choisir un homme, les distances ne comptent pas. Elles ne doivent pas compter non plus pour ceux qui sont à son service.

Elie a dû l’apprendre.

Plusieurs, à sa place, auraient dit : « Tu as renouvelé mes forces et voilà qu’aussitôt tu me demandes de faire plus de 250 kilomètres à pied ; tu sais, Seigneur, ce n’est pas bon pour la santé de faire trop de marche ; et puis, maintenant, je suis un prophète au seuil de la retraite ; n’y a-t-il pas quelqu’un qui pourrait envoyer Elisée ici ?

Cela, c’est le raisonnement de la désobéissance. Elie a obéi. Il savait que, sur la terre, il n’y a pas de retraite pour le service de Dieu, elle venait, elle était proche, mais en attendant, il fallait obéir jusqu’au bout. N’avez-vous jamais remarqué que lorsque nous commençons à discuter avec Dieu et avec Sa Parole, cela prouve que nous ne sommes plus tout à fait décidés à obéir ?

Puissions-nous retenir ceci des leçons suivantes :

Nos victoires spirituelles dépendent de la manière dont nous nous maintenons dans la vie avec Lui et de la manière dont nous sommes partis avec le Seigneur.

Lorsque Dieu nous place devant un dilemme, sachons prendre position pour Lui.

Souvenons-nous enfin de l’obéissance d’Elie, qui n’avait pas tari avec les années.

Verset : 19 :


« Elisée, fils de Schaphath, qui labourait »

Elisée avait un nom merveilleux qui signifie : « Dieu est salut ».

Il était le fils de Schaphath, c’est-à-dire fils de «  Il a jugé ».

De ces deux noms, il est possible de découvrir une leçon importante pour nous.

Quelle famille, que celle de ce laboureur !

« Il a jugé » engendre « Dieu est salut ».

Ce que nous essaierons de montrer, c’est que Dieu exerce, quelquefois, son jugement sur nous, pour notre bien, dans un but salutaire.

Lisons dans le livre du prophète (Esaïe : 53 / 5)

« Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris ».

Il est question de Jésus-Christ.

Tout le message de l’évangile est résumé dans ce texte. Dieu en voyant la misère des hommes, a voulu les sauver, pour ce faire, Il a envoyé Jésus, son Fils unique sur la terre et c’est Lui qui a subi la condamnation de Dieu à notre place ; c’est Lui, qui sur la croix, a pris sur son corps, le poids écrasant de l’humanité souillée par le péché. Dieu, en son fils Jésus, a jugé le péché, notre péché, et ainsi «  Est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel » (Hébreux : 5 / 9)

Le jugement exercé par Dieu sur son Fils est devenu la source de notre salut.

Jésus était lui aussi «  Dieu est salut », fils de «  Il a jugé ».

Paul écrivant aux Corinthiens dit ceci :

«  Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés » (1 Corinthiens : 11 / 31)

Il n’est plus question de l’homme, en face de Dieu, mais du chrétien face à lui-même, et nous avons ici la clef d’un principe divin extraordinaire. Le chrétien doit exercer sur son cœur, son propre jugement, un jugement honnête devant Dieu. Il doit être capable de reconnaître ce qui peut déplaire à Dieu dans sa vie. S’il fait cela, Dieu n’a plus à juger puisque le jugement est déjà exercé par nous-mêmes, est-ce pour cela que Dieu nous approuve ? Loin de là ! Mais si, étant conscients de notre faute « Nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner »  (1 Jean : 1 / 9).

Le jugement contribue alors à notre salut.

Nous lirons encore ceci :

«  Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’Il te reprend, car le Seigneur châtie celui qu’Il aime » (Hébreux : 12 / 5 à 6)

Il s’agit là, du jugement que Dieu exerce sur nous lorsque nous avons besoin d’être redressés. Dieu prend quelquefois des mesures à notre intention, pour nous remettre dans le droit chemin, à l’heure du jugement de Dieu, notre chaire n’y trouve pas son compte mais le châtiment est salutaire.

Si Dieu n’avait pas exercé son jugement sur David, lorsqu’il pécha avec la femme d’Urie, il se serait fourvoyé dans une voie de perdition. Le jugement prononcé par Nathan lui fut salutaire.

Il est de même pour nous.

Avez-vous remarqué l’occupation du futur prophète chois par Dieu ?

«  Il labourait « 

Elie vient de faire une longue marche, et alors qu’il côtoie un vaste champ, un homme est en plein travail, derrière douze paires de bœufs.

Je ne sais pas ce que vous auriez fait à la place d’Elie ?

Quelques-uns se seraient peut-être cachés et auraient examiné ce laboureur.

«  Quoi ! C’est cet homme que Dieu a élu prophète à ma place ! Un laboureur ! Mais il n’a certainement pas les capacités intellectuelles  pour faire un bon prophète ».

Quel rapport y a-t-il entre un laboureur et un prophète de Dieu ?

Savez-vous que le Seigneur n’attend pas après les diplômes d’universités ou d’écoles bibliques pour prendre un individu à son service ?

Car, réfléchissons un peu, quel rapport y a-t-il entre un pêcheur et un apôtre ? Entre un péager et un disciple de Christ ?

La seule réponse que nous pouvons donner c’est que, entre la situation que nous occupons et celle où Dieu veut nous introduire, il y a Sa Sainte volonté, Sa providence et Sa puissance qui sont à l’œuvre.

Elie avait une mission à remplir et il l’a remplie :

« Oindre ce laboureur qui travaillait dans son champ ».

Elisée labourait, et il le faisait courageusement.

Il y avait longtemps que Dieu regardait Elisée labourer. Il avait déjà les yeux sur lui alors que le prophète était encore à Horeb. Personne ne se serait arrêté pour regarder un laboureur, tableau quotidien et banal. Dieu, lui, s’est arrêté pour le choisir. Il nous semble que parfois nous labourons seuls, dans notre champ, et que personne ne s’arrête pour nous encourager, non ! Quelqu’un examine notre travail, c’est Dieu.

Dieu en examinant Elisée, devait se dire : «  Celui-là, j’en ferai un prophète à la place d’Elie ».

Le Seigneur appelle toujours des gens occupés, des gens courageux, Il n’aime pas les oisifs, les paresseux. Rêver de servir Dieu, ce n’est pas le servir. Elisée était de ceux qui ne perdent pas leur temps, et Dieu aime de tels hommes.

Apprenons encore une leçon spirituelle quand au métier d’Elisée :


Dans (Genèse : 3 / 17), nous assistons à la punition que Dieu inflige à Adam à cause de sa désobéissance : «  Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie … » J’imagine l’angoisse d’Adam lorsque, chaque jour, il devait se rendre dans les champs, pour accomplir le métier de sa condamnation.

Quelle tragédie ! Chaque pas, chaque geste, chaque goutte de sueur criait sur la surface de la terre, la désobéissance d’Adam. Plus tard, son fils Caïn accomplira lui aussi le métier de laboureur.

Quel tableau sombre que celui de la vie de cet homme !

Il fut le premier assassin.

Et nous retrouvons Elisée accomplissant lui aussi le métier de laboureur.

Il n’était pas sans savoir que ce métier était celui de son ancêtre, Adam, ancêtre transgresseur de la loi de Dieu. Je suppose que derrière sa charrue, Elisée était conscient de son péché, ce sont des hommes conscients de leur péché et de leur faiblesse que Dieu emploie. C’est au travers de tels instruments qu’Il se glorifie. Elisée exerçait «  Le métier de la condamnation » ; mais il s’appelait « Dieu est salut ».

Dieu a voulu imprimer son salut dans notre cœur pécheur mais régénéré par sa grâce. Dieu n’a jamais employé des surhommes pour son service, Paul dit aux Corinthiens :

« Dieu, ce me semble, a fait de nous apôtres, les derniers des hommes » (1 Corinthiens : 4 / 9)

Ailleurs l’apôtre se taxe de « Plus grand des pécheurs ». Il n’était pas ignorant de la bassesse de sa nature et cependant quel ministère il eut ! Celui qui se croit capable de servir Dieu prouve au fond qu’il ne l’est pas. Voilà l’enseignement qui se cache derrière les sillons d’Elisée.

Verset : 19 :


« Il y avait devant lui douze paires de bœufs et il était avec la douzième »

Nous avons ici la manière pratique employée par Elisée pour labourer.

Elle nous révèle sa personnalité.

1. Elisée était un homme de bon sens :


Il savait que pour faire du bon travail, il fallait mettre la charrue APRES les bœufs. C’est évident. Les bœufs étaient devant eux ils étaient visible de par leur masse imposante et le long cortège qu’ils formaient.

La charrue, au contraire devait être cachée par tous ces bœufs. Mais, au fond, bien qu’invisible, c’est elle qui faisait le travail. C’est elle qui remuait la terre et qui traçait les sillons dans lesquels le laboureur Elisée jetterait, plus tard, la semence. Il y a là une grande leçon pour nous. Dieu veut que nous soyons des hommes de bon sens pour que nous placions la charrue au bon endroit. J’emprunterais à la charrue l’image de la communion avec Dieu par la prière. Dieu, qui nous a adressé une sainte vocation, veut nous apprendre à labourer avec cette charrue-là.

Si nous voulons faire du bon travail dans le champ de Dieu, il faut nous servir de la prière.

Jésus a passé des nuits dans la prière, Il a dit un jour à ses disciples impuissants pour chasser un démon « Cette sorte de démon ne sort que par le jeûne et la prière » (Matthieu : 17 / 21)

Dieu veut nous apprendre que la prière est le seul moyen pour labourer les terrains si difficiles des cœurs. C’est elle qui remue la terre. C’est elle qui brisera l’incrédulité, l’indifférence, la moquerie. C’est elle qui tracera les sillons dans lesquels la Parole de Dieu sera semée et pourra alors porter des fruits. La charrue d’Elisée nous parle de la prière SECRETE.

C’est cela la charrue placée derrière les bœufs. Si nous prions seulement pour montrer aux autres notre vie de prière, il n’y aura aucun sillon de tracé et le travail sera vain. La prière secrète engendre des victoires extraordinaires. La Bible est pleine de gens qui firent des prières secrètes et qui virent des choses glorieuses.

2. Elisée nous parle d’humilité :


Il n’était pas avec la première paire de bœufs mais avec la douzième. Il savait se placer en arrière. Il était derrière ses bœufs là où se trouvait la charrue. Notre vie de communion avec Dieu ne contribuera pas à nous placer en avant et à faire prévaloir notre personnalité, elle nous amènera à l’humiliation. La prière nous portera en arrière pour que nous comprenions que le travail de Dieu ne se fait pas avec ses propres forces, mais avec les forces divines. Il faut nous rendre à cette évidence : « Moins nous passons de temps avec le Seigneur, moins Il en passe avec nous ».

Que Dieu nous apprenne à manier convenablement la charrue qu’Il nous a confiée.

3. Elisée était un homme pratique :


Le fait qu’Elisée était avec la douzième paire de bœufs, présentait pour lui des avantages. Il pouvait DIRIGER le travail. Si les « Ouvriers » d’Elisée avaient été derrière lui, la direction du travail n’aurait pas été facile. Jésus, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde, le Maître des douze, leur a lavé les pieds ; oui, Il s’est abaissé jusque là et c’est aussi pour cette raison qu’Il peut être le chef de l’Eglise et la diriger parfaitement.

De plus, Elisée pouvait SURVEILLER le travail.

Jésus a dit : « Veillez et priez, afin de ne pas tomber dans la tentation » (Matthieu : 26 / 41)

L’humilité nous permet de surveiller notre vie spirituelle. Lorsqu’un homme tombe dans l’orgueil, il se trompe lui-même, il s’égare, et il est incapable de surveiller sa vie, n’ayant plus une vue claire de sa situation.

Acceptons d’êtres placés en arrière, dans le service de Dieu, nous souvenant que le disciple n’est pas plus que le maître qui fut «  Doux et humble de cœur ».

Elisée étant avec la douzième paire de bœufs, il lui était facile de redresser un travail imparfait ou inconvenable. C’est aussi un avantage de l’humilité dans notre service pour Dieu. Un jour, les disciples de Jésus cheminaient ensemble ; et ils se mirent à discuter pour savoir lequel était le plus grand. Ils étaient en train de tracer un sillon tortueux, ceux-là ! Jésus leur donna une bonne leçon qui dut porter dans leur cœur ; et savez-vous pourquoi ?

Parce que, bien que le plus grand, Il s’est placé lui-même le dernier et Il s’est fait le serviteur de tous.

Que Dieu nous aide à posséder l’humilité du Maître !

Verset : 19 :


« Elie s’approcha de lui, et il jeta sur lui son manteau ».

Voilà le point déterminant du changement dans la vie d’Elisée.

La mission d’Elie s’achève, celle d’Elisée commence. Ce qui a provoqué une réaction de la part d’Elisée, c’est qu’il fut revêtu du manteau d’Elie. Au verset suivant, nous lisons qu’il courut après Elie. Ce dernier était donc déjà reparti. Nous ne savons pas combien de temps Elisée garda le manteau d’Elie sur le dos, peut-être voulait-il terminer le sillon ? Ce qu’il est important de remarquer, c’est qu’Elisée ne pouvait pas continuer son travail de labourage avec le manteau d’un prophète sur le dos. Il fallait maintenant prendre une décision. Nous insisterons sur ce point, tout à l’heure.

Lisons dans l’évangile de (Marc : 10 / 49 à 50)

« L’aveugle jeta son manteau et, se levant d’un bond, vint vers Jésus ».

Quelle leçon spirituelle nous apporte ces deux textes opposés !


Un homme choisi par Dieu pour être prophète, est revêtu d’un manteau ; un autre, appelé  par Jésus, jette son manteau. Que signifie ceci ?

Arrêtons-nous sur le manteau de Bartimée. Pour un mendiant, tel que cet aveugle, un manteau est très précieux. Il lui assure la protection contre le froid ; il lui permet de cacher un peu sa misère. Ce manteau est l’image des appuis que l’homme, sans Dieu essaie de se constituer pour cacher sa misère physique, morale et spirituelle. Nous comprenons alors pourquoi Bartimée jeta son manteau lorsqu’il entendit la voix de Jésus et qu’il alla vers lui. Lorsqu’un homme décide de venir à Jésus, il doit cesser de se confier dans ses propres appuis pour placer toute sa foi en Dieu. Ce manteau là, Jésus nous demande de le jeter. Bartimée savait qu’il pouvait abandonner son manteau parce que Jésus avait quelque chose de meilleur pour lui. Lorsque Dieu nous adresse une vocation, il y a un manteau dont nous devons nous débarrasser : « C’est le manteau de notre vieille nature, cette nature mendiante que nous revêtions à cause de notre péché, c’est aussi le manteau de notre propre sagesse ». Ce manteau là, Paul l’avait laissé de côté : «  Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens : 2 / 1 à 2)

La sagesse humaine n’a aucune place dans la vocation que Dieu nous a adressée, Il veut nous apprendre à compter sur sa propre Sagesse. C’est aussi le manteau de nos intérêts et de nos avantages. Ah ! Il nous était pourtant utile ce manteau ! Beaucoup de gens pensent que Dieu lui-même l’ôtera, sans qu’il y ait d’effort à faire. Ceci est absolument faux.

Savez-vous que Dieu attend que nous-mêmes, nous renoncions à nos intérêts pour Lui ? Il nous faudra jeter, de notre propre gré, ce manteau de mendiant, c’est du moins, ce que Bartimée a réalisé ce jour-là.

Maintenant, il nous faut nous arrêter sur le manteau d’Elie. Il est l’image de la puissance du Saint-Esprit. Jésus fut revêtu de ce manteau, les apôtres également et tant d’autres ! Ce fut le signe visible de l’appel d’Elisée. Il ne s’attendait certainement pas à cela lorsqu’il était derrière sa charrue avec ses vêtements de laboureur. Le baptême du Saint-Esprit est le sceau de la nouvelle alliance. Il nous a été donné pour que nous soyons de puissants témoins de la vérité. Il est le sceau de notre vocation céleste. Sans Lui, il est impossible de répondre puissamment à cette vocation.

Le Seigneur est le meilleur tailleur que je connaisse. Il sait nous confectionner un manteau à notre taille. La mode est ridicule. Elle change continuellement : «  Tantôt les gens sont habillés trop long, tantôt ils le sont trop court ». Tandis que « La mode du Seigneur », en ce qui concerne les manteaux, est constante depuis des siècles et des siècles. Dieu veut donner à chacun de ses enfants un manteau à sa taille. Pour cela, Il a besoin de prendre nos mesures. A la place du mot « Mesures » employons le mot « Limites ». Ce n’est pas facile de reconnaître ses limites, surtout lorsque c’est Dieu qui pratique l’examen. Mais cela est absolument nécessaire si nous voulons un manteau à notre taille.

Il y a deux excès qui rendent un manteau ridicule. Le premier consiste dans la longueur excessive. Lorsqu’un manteau est trop long, c’est que les mesures ont été mal prises. On a grandi les mesures et le résultat est une catastrophe. Un manteau trop long est encombrant ; on ne se remue pas facilement avec. Il y a des chrétiens qui n’ont pas laissé Dieu prendre les mesures de leur vie spirituelle et ce fut la chute. Ils ont évalué eux-mêmes leurs limites et, bien sûr, ils ont pris des mesures excessives. Ils ont agrandi leurs limites. Cela s’appelle tout simplement l’orgueil : « Se prendre pour plus grand que l’on est en réalité, il est encombrant ce manteau là ! Il nous rend ridicule et incapable dans le service de Dieu. L’autre excès, est le manteau trop court ; et cela vient du fait que les mesures ont été prises trop justes. On a diminué les vraies dimensions. C’est alors que l’on porte un manteau dans lequel on est mal à l’aise. Cela est l’image de l’excès d’humilité « Fausse humilité ». Il y a des chrétiens qui sont tellement modestes qu’ils ne demandent qu’une chose : « Vous savez, moi, pourvu que j’aille au ciel, cela me suffit largement ». Ne demandez pas à ces gens là de priez dans l’assemblée, ne leur demandez pas de témoigner, n’attendez pas d’eux qu’ils gagnent des âmes, ils sont sauvés, cela leur suffit largement. Quel manteau trop court et ridicule ! Oh ! Si Dieu prenait lui-même nos mesures ! Le manteau que Dieu veut nous donner, la puissance avec laquelle, Il veut nous revêtir, sont à notre taille si, du moins, nous le laissons faire son œuvre en nous. Alors Dieu nous donnera une mesure de son Esprit selon le travail qu’Il nous confiera.

Lisons maintenant dans (2 Rois : 2 / 13)

« Il releva le manteau qu’Elie avait laissé tomber. Puis il retourna et s’arrêta au bord du Jourdain ».

Là, Elie est parti au ciel. Le plan de Dieu se réalise merveilleusement ; Elisée devient vraiment prophète à la place d’Elie. Ce qu’il importe que nous remarquions, c’est que le manteau est toujours là. Quelle leçon pour nous ! Dieu ne nous a pas donné son Saint-Esprit, seulement pour les premières heures de notre vie chrétienne, ou pour les premières semaines, les premiers mois, voire même les premières années, mais pour que nous le gardions, avec une intensité renouvelée, toute notre vie. Le Saint-Esprit est non seulement nécessaire à l’appel et dans les premières prédications, mais dans tout le service de Dieu.

Nous remarquons autre chose à propos de ce verset :


Il est dit : « Il prit le manteau qu’Elie avait laissé tomber… »

Elie, partant pour le ciel, n’a pas laissé Elisée sans rien, il lui a laissé son manteau ; dans ce manteau, il y avait le souvenir du ministère passé d’Elie ; il y avait aussi le souvenir de la puissance qui l’accompagnait. Elisée qui prenait la succession du prophète, a ramassé le manteau. Ceci nous fait penser à ce que le Seigneur Jésus a laissé à ses disciples lorsqu’Il est remonté au ciel.

« Il vous est avantageux que je m’en aille, dit-il, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai » (Jean : 16 / 7)

Jésus, remonté au ciel a envoyé la puissance du Saint-Esprit sur son Eglise ; notre attitude à l’égard de ce puissant baptême doit être semblable à l’attitude d’Elisée à l’égard du manteau d’Elie ; nous lisons en effet au verset 14 du chapitre 2, du deuxième livre des Rois : «  Il prit le manteau qu’Elie avait laissé tomber, et il en frappa les eaux ». Le manteau fut sa propriété, il lui appartint, il devint son manteau à lui. Sachons saisir la puissance du Saint-Esprit pour nous ; que nous puissions faire notre, ce don de Dieu.

Nous remarquons aussi qu’Elisée s’est servi du manteau.

Il ne l’a pas gardé dans son armoire comme souvenir, mais il l’a mis en service. Que faisons-nous de la puissance du Saint-Esprit que Dieu nous a donné ?

Que nous soyons de ceux qui s’en servent pour la gloire de Dieu.

C’est pour cela que Dieu nous l’a donné. Il nous faut en être conscient.

Quel malheur pour ceux qui n’auront pas prévu une réserve d’huile dans leur lampe, lorsque Jésus paraîtra ! La porte du ciel leur sera fermée. Soyons donc remplis du Saint-Esprit.

(Notez : 1 Rois : 19 / 13) Elie s’était enveloppé le visage, de son manteau pour rencontrer Dieu.

Nous avons dit, au début de ce chapitre, qu’Elisée n’aurait pas pu continuer son labourage avec un manteau de prophète sur le dos.

Le fait qu’il soit revêtu du manteau était le signe visible de l’appel de Dieu. C’est le premier temps de la vocation « Au sens propre d’appel ». Ce que Dieu attendait d’Elisée, c’était sa décision. C’est le deuxième temps de la vocation. Car c’est une chose que de recevoir une vocation de la part de Dieu et c’en est une autre que de répondre à cette vocation.

Imaginons-nous la scène.

Elisée en en train de labourer. Un homme qu’il ne connaît pas ou seulement pour en avoir entendu parler, s’approche, le revêt de son manteau, puis s’éloigne. Il est bien évident qu’Elisée doit prendre une décision. S’il avait refusé de suivre Elie, je suppose que ce dernier serait revenu chercher son manteau. C’est ce qui se passe avec un individu qui refuse de répondre à l’appel de Dieu. Dieu vient lui enlever l’onction qu’il avait reçue de sa part et c’est ainsi qu’il perd la édiction. N’oublions jamais ces deux temps de la vocation divine :

L’appel proprement dit et la réponse à l’appel.

Un individu peut très bien avoir reçu une vocation de la part de Dieu ; et échouer par la suite parce qu’il aura compromis son appel par son attitude. Je citerai quelques exemples : Adam, en Eden avait reçu une vocation splendide de Dieu ; mais il l’a compromise par son péché ; nous en savons quelque chose ! Saül avait reçu une belle vocation et vous savez ce qu’il en a fait. Le peuple d’Israël avait reçu une vocation au sein du monde entier ; mais par quel chemin est-il passé pour avoir compromis cette vocation ?

Il faut que nous veillions à répondre entièrement aux exigences de Dieu sous peine de voir le manteau ôté de dessus nos épaules par Celui qui l’y aurait placé auparavant.

Verset : fin : 19 et 20 :


« Elisée, quittant ses bœufs, courut après Elie, et dit laisse-moi embrasser mon père et ma mère, et je te suivrai. Elie lui répondit : va, et reviens ; car pense à ce que je t’ai fait ».

Nous assistons ici au deuxième temps de la vocation d’Elisée, celui où il a pris une décision. Notons que derrière ses bœufs, il savait apprécier la valeur de la providence divine car il a tout quitté pour marcher avec Dieu.

« Elisée quittant ses bœufs… »

Il y a dans cette courte expression, une leçon fondamentale pour répondre favorablement au plan de Dieu. Elisée a quitté ses bœufs autrement dit, il a tourné le dos à ses occupations, à son travail, pour servir Dieu. Que représentaient-ils, ces bœufs ? C’était sa richesse, sa propriété, et Elisée a quitté tout cela pour Dieu. D’ailleurs, il me semble qu’on ne peut  pas servir Dieu et Mammon. Ces bœufs étaient aussi le reflet du travail d’Elisée, c’était son temps toute la journée, il travaillait dans les champs, mais il a laissé son temps entre les mains de Dieu. Elisée est le type d’un choix excellent, parfait. Il est le reflet d’un dépouillement total pour la cause de Dieu. Il n’est pas possible d’être à la fois à ses occupations et à celles de Dieu, il faut faire un choix. Souvenons-nous que Jésus s’est dépouillé de sa gloire céleste pour réaliser le plan de Dieu. Le disciple n’étant pas plus que le maître, si le Maître est passé par ce chemin, le disciple devra lui aussi se dépouiller.

« Elisée courut… »

Ah ! Il était pressé d’obéir à Dieu, il n’avait pas de temps à perdre. Il n’a pas fait une petite marche, il a couru. Maintenant, qu’il savait ce que Dieu attendait de lui, Elisée s’est empressé d’aller à sa suite.

Je crois que nous vivons une époque où Dieu nous demande de courir racheter le temps. L’épître aux Hébreux ne dit-elle pas : « Nous donc aussi…courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte » (Hébreux : 12 / 1)

Pour courir, il faut du souffle ; sinon, après quelques mètres, nous sommes fatigués et incapables d’aller plus loin. Dans notre vie avec Dieu, si nous n’avons pas le souffle du Saint-Esprit, nous serons vite lassés et impuissants pour achever la course.

Maintenant, il faut noter autre chose :


Elisée n’a pas couru n’importe où, n’importe comment, il a « Couru après Elie ».

Il s’est élancé sur les traces d’un homme qui vivait avec Dieu. Attention à la manière dont nous courons et avec qui nous courons.

« Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs ».

Le diable n’essaiera pas toujours de nous empêcher de courir par des épreuves terribles, mais quelque fois par les gens avec lesquels nous courons. Il y a des compagnies qui nuisent à notre vie spirituelle. Je ne parle pas des relations entre frères et sœurs dans l’église, mais des relations que les enfants de Dieu peuvent avoir avec le monde. Ceci est un piège et nous devons y veiller. Dans le texte que nous avons lu dans les Hébreux, il est dit : « Courons avec persévérance…ayant les regards sur Jésus ».

C’est après Lui que nous devons aller, Il est un guide sûr.

Avec la promptitude à servir Dieu, un autre sentiment prend son essor dans le cœur d’Elisée, c’est le sentiment familial. Nous avons ici un grand avertissement de Dieu. Elisée était un bon fils, il était reconnaissant. Je crois que c’est une vertu de plus en plus rare ! Juste avant de suivre Elie, il a eu une petite pensée pour ses parents. Cela, c’est bien, mais il y avait un piège pour lui.

Lisons dans (Luc : 9 / 61 à 62)

« Un autre dit : Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui répondit : Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière n’est pas propre au royaume de Dieu ».

Ce que Dieu veut nous montrer dans ce texte, c’est que la famille, NOTRE famille, peut-être un piège pour nous empêcher de répondre à la vocation de Dieu.

Dans ce récit, Jésus appelle un homme ; et cet homme voulut prendre congé de ceux de sa maison avant de suivre le Maître, chose légitime à première vue.

Le diable ne se sert pas toujours des choses contraires à la Parole de Dieu pour nous faire pécher. Il nous fait simplement substituer nos exigences à celle de Dieu. C’est un drame. Jésus n’a pas dit à cet homme « Je te défends d’aller prendre congé de ceux de ta maison, c’est un ordre, tu n’iras pas ». Il lui a donné un conseil qui est, en même temps, un sérieux avertissement : « Celui qui met la main à la charrue et qui regarde en arrière n’est pas propre au royaume de Dieu ».

Qu’est-ce que cela veut dire ?


Jésus semble avertir cet homme : «  Tu as entendu ma voix, tu as bénéficié de ma parole, de mes directives, tu as goûté ma présence, tu m’as vu à l’œuvre, tu as entendu mon appel, si pour ta famille, tu refuses de me suivre, tu n’es pas propre au royaume de Dieu ».

Si Jésus a pris soin de donner un tel avertissement, c’est parce qu’Il sait qu’il y a dans le sentiment familial, un piège pour la marche avec Dieu. Elisée a voulu dire au revoir à papa et maman. Elie dit alors : « Va…et reviens ». Autrement dit : « Va, fais vite, ne t’attardes pas, ne perds pas de temps ». Il y a dans les paroles d’Elie, toute une sagesse spirituelle acquise par sa communion avec le Seigneur. Il semble dire au futur prophète : « Souviens-toi du manteau dont je t’ai vêtu, souviens-toi de ce que Dieu veut faire avec toi, souviens-toi du but de ma mission, que ta famille ne soit pas un obstacle pour toi, pour répondre à la vocation de Dieu. Attention, Elisée ne laisse pas entrer dans son cœur un sentimentalisme familial ! »

J’imagine facilement la scène. Elisée a dû courir. Arrivant tout essoufflé, il pousse la porte de la maison. Sa maman est là, préparant le dîner pour son petit laboureur fatigué :

- Appelle papa, je viens vous embrasser, je pars,

- Quoi ?

- Je pars pour Dieu !

- Mais où donc ?

- Heu…je ne sais pas.

- Oh ! Assied-toi là mon fils, tu es malade !

- Non, je pars !

Et je suppose qu’Elisée a raconté l’histoire du manteau d’Elie, de l’appel de Dieu pour le ministère « Service ».

On ne l’a peut-être pas pris au sérieux. Lorsque l’on parle à des parents de vocation, d’appel divin, de renoncement à une situation, on n’est pas toujours pris au sérieux, ou on nous considère avec pitié comme des fous. Elisée a dû continuer, c’est cela lutté contre le sentiment familial !

- Je labourais comme à l’habitude, un prophète est venu, il a jeté sur moi son manteau, et ça, ça veut dire que Dieu me veut à son service !

La maman a peut-être dit à son mari, comme d’autres ont dit :

- Tu sais chéri, il faut que tu ailles chercher, le docteur, le petit est atteint et sérieusement !

- Non, je pars !

Il y a peut-être eu un combat dans le cœur d’Elisée, un moment où il a considéré que c’était une aventure dont l’issue était incertaine ; je pense que le conseil d’Elie retrouve toute sa valeur, c’est cela le piège familial.

- Dis mon fils, as-tu pensé à tes bœufs, à tes terres, à ton argent, à ta situation ?

Il y a des parents qui ne voient pas plus loin que les intérêts terrestres.

Certains sont des freins, pour leurs enfants, dans les voies de Dieu.

- Alors comme ça, tu nous quittes ?

- C’est comme cela que tu nous remercies de t’avoir fait une situation, de t’avoir donné une

   bonne éducation ? Tu es un ingrat !

Ah ! Mes amis, le sentiment familial !

- Je pars et je viens vous dire au revoir.

C’était décidé, une décision solide que celle d’Elisée ! Il semble entendre Jésus dire : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu : 10 / 37)

Je veux croire que Dieu a aidé Elisée à fermer la porte derrière lui pour s’élancer dans la carrière qui lui était maintenant ouverte.

Verset : 21 :


« …Il revint prendre une paire de bœufs, qu’il offrit en sacrifice ; avec l’attelage des bœufs il fit cuire leur chair, et la donna à manger au peuple. Puis il se leva, suivit Elie et fut à son service ».

Je ne considère pas ce verset comme faisant partie de la vocation d’Elisée proprement dite. Je pense qu’il en est plutôt la glorieuse conséquence.

Elisée a donc quitté le domicile familial pour être au service de Dieu.

Que va-t-il faire ?


Il offre à Dieu un sacrifice et pas n’importe lequel :

Ses bœufs avec leur attelage.

C’est un sacrifice complet qu’il fait à Dieu. Nous sentons nettement que dans cet acte il n’y a pas de regrets, Elisée a tout donnée à Dieu. Nous avons lu dans le chapitre précédent qu’Elisée a quitté ses bœufs ! Dans cette autre partie, il offre ses bœufs à Dieu ; c’est un nouveau pas de fait dans la consécration. Nous avons signalé ce que représentaient les bœufs pour Elisée. Il nous faut prendre conscience qu’Elisée a tout donné à son Maître. En offrants ses bœufs, il offrait son argent, son temps, ses biens, sa situation.

Savez-vous quel fût le résultat de ce sacrifice ?

Il donna à manger au peuple et le peuple fut nourri.

Le peuple mangea sur le sacrifice d’Elisée.

Et savez-vous ce qu’il a mangé, en prenant les morceaux de bœufs ?

Chaque personne du peuple mangeait un peu de la richesse d’Elisée ; un peu de son temps aussi ; un peu de ses biens ; quelle leçon !

Si nous tournons le dos à nos intérêts, et à nos avantages pour nous occuper de ceux de Dieu, alors nous aussi nous pourrons nourrir ceux qui nous entourent. Ils pourront manger notre temps, notre argent, nos forces, parce que nous les auront offert à Dieu en premier. Les contemporains de Jésus ont mangé son temps, sa puissance, ses forces, parce qu’Il venait s’offrir pour eux. Si nous pouvions entendre l’appel de Dieu à la consécration au travers de la conduite d’Elisée.

Nous ferons une dernière remarque concernant cette vocation :


Quand Elisée s’est levé et qu’il est parti avec Elie, il fut à son service. Il a servi Elie.

Lisons dans (2 Rois : 3 / 11)

« Mais Josaphat dit : N’y a-t-il ici aucun prophète de l’Eternel, par qui nous puissions consulter l’Eternel ? L’un des serviteurs du roi d’Israël répondit : Il y a ici Elisée, fils de Schaphath, qui versait l’eau sur les mains d’Elie ».

La Parole de Dieu nous révèle ici, l’occupation d’Elisée au début :

Il versait de l’eau sur les mains d’Elie.

Elisée n’est pas devenu d’emblée le grand prophète. Il a appris que le service de Dieu impliquait le service des hommes.

Il y a des hommes qui veulent bien servir Dieu, mais qui ne veulent pas servir les autres.

Ceci n’est pas dans la volonté de Dieu.

Jésus s’est fait le serviteur de tous ; Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir.

Un soir, Il a lavé les pieds de ses disciples, Lui le Fils de Dieu (Jean : 13 / 5)

Nous lirons aussi (Luc : 22 / 27)

« Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ».

Si nous voulons servir Dieu de tout notre cœur, il nous faut aussi apprendre à servir les autres.

En conclusion, voilà ce que nous enseigne ce récit de l’appel d’Elisée.

Puissions-nous nous souvenir de l’enseignement de la Parole de Dieu et la faire nôtre, en l’appliquant dans nos relations avec Dieu et avec le monde.





 
 
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