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LE BAPTEME D’EAU

Introduction :

Le christianisme du Nouveau Testament n’est pas une religion de rites ou de cérémonies ; tout est centré sur un contact direct entre l’homme et Dieu par le Saint-Esprit (Jean : 4 v 23-24 ; Philippiens : 3 v 3). C’est pourquoi il n’y a pas de règlement ferme rigoureux pour le culte. Il y a pourtant deux cérémonies qui sont essentielles parce qu’elles ont été divinement prescrites : le baptême d’eau et la Sainte Cène.

Le baptême est le symbole de la vie spirituelle commencée, la Sainte Cène signifie que la vie spirituelle continue.

Le baptême n’est administré qu’une fois, car on ne peut naître qu’une fois à la vie spirituelle la Sainte Cène est administrée fréquemment car elle enseigne que la vie spirituelle doit être nourrie.

Le Nouveau Testament fait mention de divers baptêmes qu’il ne faut pas confondre les uns avec les autres :

LE BAPTEME DE JEAN LE BAPTISEUR

Matthieu : 3 v 1-12 ; Luc : 3 v 1-20

Ce fut essentiellement un baptême d’eau pour la repentance (Jean : 3 v 23).

Ceux qui étaient baptisés par Jean dans le Jourdain confessaient leurs péchés et s’en repentaient (Matthieu : 3 v 8 ; Marc : 1 v 4 ; Actes : 19 v 4).

Il préparait à recevoir le Seigneur (Matthieu : 3 v 3-11).

Ce baptême a été mis de côté et ne doit pas être confondu avec le baptême chrétien (Actes : 19 v 1-5).

LE BAPTEME DE JESUS au commencement de son ministère public

Matthieu : 3 v 13-17

Bien que le Seigneur soit venu auprès de Jean pour être baptisé par lui, il n’était évidemment pas question pour Jésus ni de confession ni de repentance, étant sans aucun péché (2 Corinthiens : 5 v 21 ; 1 Pierre : 2 v 22 ; 1 Jean : 3 v 5).

Mais par cet acte, il s’identifia lui-même avec la nation d’Israël, bien qu’il fût complètement étranger à ses transgressions.

LE BAPTEME DU SAINT-ESPRIT


Il fut annoncé par Jean le baptiseur (Matthieu : 3 v 11). Il fut réaffirmé par le Seigneur (Actes : 1 v 5). Il eut lieu le jour de la Pentecôte pour les disciples de Jésus (Actes : 2 v 1-4), et un peu plus tard pour les Samaritains (Actes : 8 v 14-17) et pour les Gentils (Actes : 10).

Ce baptême est une immersion dans la puissance du Saint-Esprit ; par conséquent, c’est un revêtement de puissance pour le service divin (Luc : 4 v 14-15 ; Luc : 4 v 18 ; Actes : 1 v 8).

LE BAPTEME CHRETIEN


C’est celui au sujet duquel nous allons examiner ensemble ce que dit l’Ecriture. Nous allons considérer successivement : dans les Evangiles, le baptême institué ; dans les Actes, le baptême pratiqué ; dans les Epîtres, le baptême expliqué.

Le mot « baptême » dérive du grec « baptisma ». Il désigne l’action de laver ou de plonger dans l’eau. Le mot « baptizo » d’où vient le verbe « baptiser » est un dérivé du verbe grec « bapto », ce mot que l’on rencontre près de 24 fois dans le Nouveau Testament et qui signifie plonger, immerger.

Le baptême d’eau est, par conséquent, l’acte de plonger l’être tout entier dans l’eau.

A) L’ORIGINE DU BAPTEME CHRETIEN

Le baptême, comme cérémonie de lavage dans l’eau comportant une signification Spirituelle, remonte à la plus haute antiquité (cf. les cérémonies de lavage en milieux païens). L’épître aux Hébreux : 6 v 2 parle de la « doctrine des baptêmes ».

Ce qui laisse entendre que, parmi les juifs, plusieurs sortes de baptêmes (bains ou ablutions) étaient pratiquées, bien avant la venue de Jésus-Christ, ainsi qu’à son époque.

Dans l’Ancien Testament, il est question de diverses ablutions (Hébreux : 9 v 10), entre autres, celles des sacrificateurs en rapport avec leur consécration (Exode : 29 v 4 ; 40 v 12-15) et leur service (Exode : 30 v 17-21).

Voir aussi les textes suivants où il est question d’ablutions ou de lavage : Lévitique : 6 v 21 ; 13 v 54, v 58 ; 14 v 8-9 ; 16 v 3-4 ; Deutéronome : 21 v 6 ; Psaume : 51 v 1-2, v 7-10 ; Marc : 7 v 4).

Il était aussi de coutume en Israël de baptiser les prosélytes : c’était le signe qui marquait la conversion des païens au judaïsme.

Toutes ces ablutions (ou bains) constituaient non seulement un symbole de purification, mais aussi le signe d’un abandon d’un état de vie antérieur pour une consécration à un état nouveau.

Le baptême de Jean auquel Jésus prit part était le baptême de repentance en vue la rémission des péchés (Marc : 1v 4).

Ce baptême, ainsi que celui pratiqué par les disciples de Jésus pendant qu’il était encore sur terre (Jean : 4 v 1-2), était donné une fois pour toutes ; il différait par conséquent des bains quotidiens répétés que l’on rencontrait à l’époque, dans les cercles de la communauté de Qumrân.

Le baptême de Jean s’explique uniquement comme un acte volontaire de solidarité à la condition pécheresse des hommes et des femmes ; par conséquent, il marque essentiellement le départ (inauguration) de son ministère rédempteur qui a été plus tard consommé à la croix de Golgotha (Jean : 19 v 30).

B) INSTITUTION DU BAPTEME CHRETIEN

C’est dans les Evangiles que nous trouvons les textes bibliques relatifs à l’institution du baptême.

Peu de temps avant son ascension, Jésus a commandé à ses disciples : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu : 28 v 19 ; Marc : 16 v 15).

C’est ainsi qu’il institue le baptême comme marquant l’entrée du pécheur repentant dans le royaume de Dieu. Cette institution basée sur l’autorité du Seigneur ressuscité (Matthieu : 28 v 18) va impliquer la responsabilité des douze et par la même occasion, celle de tout serviteur de Dieu.

En leur confiant la grande et belle mission de prêcher l’Evangile à toute créature, d’annoncer la repentance et la rémission des péchés à toutes les nations (Luc : 24 v 47), Jésus a donné aux disciples l’ordre de baptiser ceux qui auront reçu la parole (ceux qui auront cru), puis de leur enseigner à garder tout ce qu’il leur avait commandé.

Ainsi, la responsabilité des apôtres va consister d’abord à conduire les âmes à Christ par la prédication de l’Evangile et à les baptiser afin qu’ils deviennent à leur tour les disciples et ensuite seulement, à leur enseigner tout le conseil de Dieu (Actes : 2 v 38-42).

Ainsi la repentance, la foi et le baptême sont étroitement liés pour produire un disciple de Christ. Il est clair que le baptême ne contribue pas au salut, il le suit.

Par conséquent, l’idée d’un chrétien non baptisé ne se trouve tout simplement pas dans le Nouveau Testament.

C) PRATIQUE DU BAPTEME CHRETIEN

Le baptême institué par le Seigneur dans les Evangiles a été pratiqué par les apôtres.

Le livre des Actes nous fournit plusieurs vérités importantes sur cette pratique du baptême. Il est important de noter que tous les passages en relation avec la pratique du baptême dans les Actes sont en parfaite harmonie avec ceux considérés dans les Evangiles.

1) le mode d’administration

C’est conformément au sens du mot « baptiser », qui est plonger ou immerger, que le baptême chrétien est pratiqué dans le nouveau Testament, c’est à dire : l’immersion totale du néophyte (Actes : 8 v 38-39 ; Marc : 1 v 10 ; Jean : 3 v 33 ; Romains : 6 v 3-5 ; Colossiens : 2 v 12 ; 1 Pierre : 3 v 21).

En plus du sens du mot « baptiser », il y a une bonne raison pour croire qu’aux Juifs de l’époque apostolique, le commandement d’être baptisés suggérait l’immersion.

Les disciples de Jésus connaissaient le baptême de Jean et surtout celui des prosélytes qui se pratiquait couramment à cette époque.

Le païen qui se convertissait ainsi au Judaïsme restait plongé dans l’eau jusqu’au cou pendant qu’on lui lisait la Loi. Après quoi, il se plongeait lui-même sous l’eau, en signe qu’il était purifié des souillures du paganisme et avait commencé de vivre une nouvelle vie comme membre du peuple de l’alliance de Dieu.

D’autre part, la plupart des exégètes, théologiens, historiens, archéologues et lexicographes sont unanimement d’avis qu’aux temps bibliques, le baptême était administré sous la forme d’une immersion totale.

Ce n’est qu’au début du 2ème siècle que la simplicité du Nouveau Testament fut abandonnée, suite à l’influence du paganisme.

A cette époque, le baptême fut considéré comme la condition sans laquelle il ne pouvait y avoir de régénération.

Cette nouvelle conception de la doctrine du salut a favorisé la pratique du baptême sur les bébés (pédobaptisme), sur les malades, sur les mourants et sur les morts.

Puisque l’immersion était hors de question dans de tels cas, d’autres formes ont été peu à peu introduites.

* L’infusion : le terme dérive d’un mot latin qui signifie verser, répandre sur. L’infusion est dans l’action de verser ou de répandre de l’eau sur la tête du baptisé.

* L’aspersion : il s’agit dans ce cas de jeter l’eau en gouttes sur la tête du baptisé. Outre l’infusion et l’aspersion adoptées par les Réformés, les Luthériens, les Catholiques romains et plusieurs autres groupes comme mode de baptême, on rencontre ailleurs d’autres méthodes telles que : l’immersion de la tête et l’immersion trinitaire (le baptisé est plongé trois fois dans l’eau).

En définitive, la signification du baptême en tant que symbole de notre identification dans la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Christ est essentiellement représentée par l’immersion (Romains : 6 v 1-4).

Par conséquent, l’immersion constitue le seul mode scripturaire du baptême chrétien.

2) La formule du baptême

Alors que les baptêmes antérieurs (le baptême des prosélytes, le baptême de Jean et celui des disciples de Jésus) étaient anonymes, le baptême chrétien va être administré avec une formule toute faite : « au nom du père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu : 28 v 19).

La révélation du Dieu trinitaire par Jésus exige une telle formule.

Ainsi donc, le baptême est l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu (1 Pierre : 3 v 21).

C’est donc au nom du Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit que Jésus ordonne à ses disciples de baptiser.

Qu’est-ce donc que la recommandation de Pierre au jour de la Pentecôte quand il disait : « Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés » ? (Actes : 2 v 38).

Il est bien évident que les mots de Pierre ne représentent pas une formule baptismale, mais c’était pour indiquer à ses interlocuteurs qui pour la plupart étaient des Juifs qui, pour être sauvés, devaient reconnaître et accepter Jésus comme le Christ, le Messie, le Seigneur.

La traduction littérale de la parole de Pierre est : « baptisé sur le nom de Jésus-Christ ». Ce qui veut dire que les néophytes (juifs et païens baptisés) devaient faire reposer toute leur espérance et leur confiance dans son autorité messianique.

Dans 1 Corinthiens : 10 v 1, l’apôtre Paul fait mention d’Israël baptisé dans la mer rouge « en Moïse ».

Paul ne fait pas ici allusion à une formule mais il veut spécifier que, par cet acte (le fait d’être passé au travers de l’eau), « les Israélites acceptèrent Moïse comme leur guide envoyé des cieux et leur enseignant ».

D) LA SIGNIFICATION DU BAPTEME CHRETIEN

Les Epîtres nous fournissent le sens spirituel du baptême chrétien institué par le Seigneur dans les Evangiles et pratiqué dans le livre des actes des apôtres.

1) Le baptême est le symbole de l’identification du croyant avec Christ

Selon Romains : 6 v 1-11, le baptême est la figure de trois choses : notre mort, notre ensevelissement et notre résurrection avec Christ.

a) identifié avec Christ dans sa mort

« C’est en sa mort que nous avons été baptisé » (v3). Le baptême en sa mort est le symbole de notre identification avec lui dans sa mort. Ainsi donc, étant devenu une même plante avec lui par la conformité à sa mort, désormais, le croyant est mort au péché (Romains : 6 v 2).

2). Mort à moi-même (Galates : 2 v 20). Mort au monde (Galates : 6 v 14).

b) identifié avec Christ dans son ensevelissement

« Nous avons été ensevelis avec lui » (v 4, Colossiens : 2 v 12). L’acte du baptême est un ensevelissement du croyant avec Christ. Lorsqu’une personne est baptisée, plongée dans l’eau, c’est comme un cadavre que l’on ensevelit dans une tombe. Sa disparition sous l’eau, témoignage impressionnant, est un tableau parlant de l’état de cette personne, (comme morte et ensevelie avec Christ).

« Afin que le corps du péché soit réduit à l’impuissance…car celui qui est mort est libre du péché » (Romains : 6 v 6-7).

C’est ici l’effet logique de la mort et de l’ensevelissement du croyant avec Christ : une libération totale de l’emprise et de la domination du péché sur le croyant.

Toutefois, cette libération ne peut devenir une réalité pratique dans la vie du croyant sans une prise de position personnelle dans la foi (Galates : 2 v 20 : « Si je vis dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu »).

c) identifié avec Christ dans sa résurrection

« Comme Christ est ressuscité des morts, de même nous aussi marchons en nouveauté de vie ».

S’il y a eu dépouillement du pouvoir du péché dans la mort et l’ensevelissement avec lui, il y a aussi revêtement de vie dans sa résurrection (Galates : 3 v 27 ; Rom. 13 v 14).

Ainsi, l’identification à la personne de Christ par la foi en sa mort et son ensevelissement se poursuit par une identification à sa résurrection dans une puissance de vie nouvelle, produite dans le coeur du croyant par le Saint-Esprit (Romains : 6 v 5-11).

Etant séparé du monde par la croix et le tombeau, le croyant a désormais pour le restant de sa vie à rechercher les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu (Colossiens : 3 v 1-3 ; 2 Corinthiens : 5 v 14-15 ; Ephésiens : 2 v 5-6).

En résumé, le baptême pris dans la foi est non seulement une source de libération effective du péché qui ne peut plus désormais imposer sa domination, mais il est une source de vie de résurrection par l’oeuvre du Saint-Esprit qui trouve alors un accès libre dans le coeur du croyant et peut désormais le remplir (Actes : 19 v 1-5).

2) le baptême est le témoignage public de la foi en Jésus-Christ

Le baptême suit la foi dont il est une expression. Seule la foi sauve car c’est par elle que le pécheur repentant s’identifie avec Christ dans sa mort, dans son ensevelissement et dans sa résurrection. En tant que « confession de foi en Jésus-Christ » le baptême revêt la valeur d’un engagement envers Dieu (1 Pierre : 3 v 21).

L’acte du baptême est d’autant plus nécessaire à cause du principe spirituel selon lequel une foi intérieure doit être manifestée extérieurement (confessée) pour devenir efficace (Romains : 10 v 9-10 ; 1 Timothée : 6 v 12).

Ainsi donc par l’acte du baptême, témoignage public de sa foi, le croyant affirme d’abord devant le monde spirituel (Dieu, les anges, le diable et les démons) et devant les hommes, qu’il accepte la seigneurie de Christ dans sa vie et qu’il rejette celle de Satan.

Ensuite il s’engage volontairement à suivre le Seigneur.

3) le baptême est le témoignage de l’appartenance du croyant à l’Eglise

C’est à dire à la communauté spirituelle et universelle de ceux qui professent la foi au même Seigneur et le moyen visible qui identifie le converti au groupe local des croyants. Lorsqu’un individu répond à l’appel au salut, il doit être baptisé pour être introduit visiblement dans la société humaine de l’Eglise (l’assemblée locale) pour en devenir membre (Actes : 2 v 37-47).


Conclusion : L’Ecriture dit expressément : « Il y a un seul baptême » (Ephésiens : 4 v 5). Il va de soi que c’est celui que le Seigneur a ordonné : c’est le baptême d’identification avec Christ et qui doit être administré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est ici qu’il est convenable d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Actes : 5 v 29).



  Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Jean : 8 / 31 – 32   





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Jérusalem

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