Le jeûne


LE JEÛNE

 

Un jeûne pratiqué avec un cœur pur et des mobiles droits est une clé qui ouvre les portes fermées, là où d’autres clés n’ont pas réussi (moyens de la chair, du monde, prière seule). C’est une fenêtre ouverte sur un nouvel horizon, une arme spirituelle puissante pour renverser des forteresses.
 


POURQUOI JEUNER ?


Dans bien des églises le jeûne est aujourd’hui, au 20ème siècle, quelque chose de démodé. Pour la plupart des chrétiens, la pensée que quelqu’un devrait jeûner paraît bizarre et étrange. Ils mettent le jeûne en rapport avec les coutumes du Moyen-âge. Des leaders politiques comme Gandhi l’ont utilisé comme une arme de la résistance passive. D’autres, pour faire passer leur droit, ou en signe de protestation, font la grève de la faim.

Certains pensent que le jeûne, en tant qu’exercice spirituel, se limite à quelques chrétiens qui paraissent un peu extrémistes ou fanatiques. Il y en a d’autres qui font des réserves concernant le côté pratique. Pour eux, jeûner et mourir de faim sont des expressions synonymes. Et ils craignent que cela n’ait des suites dangereuses. Puisque « Jamais personne n’a haï sa propre chair, mais qu’il la nourrit et en prend soin » (Ephésiens : 5. 29), ils sont presque instinctivement contre le jeûne. « Soyez prudents », disent-ils, « Vous pouvez nuir sérieusement à votre santé ! Dans une vie aussi trépidante, vous ne pouvez pas vous permettre de vous affaiblir physiquement !!! »

 

Mais pourquoi de telles attitudes au sujet d’un usage qui est si évident dans la Bible ? Il y a une réponse à cela.

Le jeûne était une des caractéristiques dominantes des temps apostoliques. Mais au Moyen-âge, il a pris les formes d’un ascétisme extrême qui a exercé une influence très répandue. Par après, la balance a penché de l’autre côté : les gens se sont opposés à tout ce qui ressemblait à de l’ascétisme « Ensemble de pratique d’abstinence avec mortifications, vie austère, ce qui correspond au salut par les œuvres ». Le résultat, c’est que bien des chrétiens ont hérité une fausse opinion du jeûne, ils n’ont pas recouvré l’équilibre spirituel du Nouveau Testament. On a été déformé par tous ces travers des siècles passés.

 

« Le Carême : il remonte au 4ème siècle. Le salut par les œuvres est affirmé par le Carême. Suivant le Larousse du 20ème siècle : « Les lois civiles ont prêté main forte pour l’application du Carême par un décret du Parlement de 1595, ordonnant la peine capitale contre les bouchers qui vendraient de la viande pendant le Carême ».Le Carême n’a pas de fondement biblique, c’est une œuvre morte. Encore de nos jours, le Carême est pour l’Eglise de caractère divin, lié à la liturgie solennelle de la Passion et de la mort du Seigneur. Pie XII l’a confirmé le 16 Novembre 1955 par son décret « Maxima Rédemtionis ».

 

La Bible nous apprend beaucoup sur l’importance du jeûne par différents exemples. Parmi les grands saints de la Bible

, on peut compter Moïse, l’homme de la loi ; David, le roi ; Elie, le prophète et Daniel, le voyant. Dans le Nouveau Testament, nous avons l’exemple du Seigneur et celui des apôtres. Le jeûne avait clairement sa place dans la vie de l’église primitive. C’est un usage biblique qui ne se limitait pas à des hommes, car nous trouvons dans l’ancien comme dans le nouveau testament, le nom de Anne dans les rangs des hommes et des femmes de prière qui jeûnaient.

 

 

Quelques-uns des grands hommes de Dieu dans l’histoire de l’Eglise ont confirmé l’importance du jeûne. Parmi eux on trouve Jonathan Edwards, Knox, John Wesley, David Brainerd, Charles Finney, William Bramwell, etc… Derrière ces noms se cachent des prédicateurs de réveil, des missionnaires, des évangélistes. La serait longue pour mentionner ceux que Dieu prépare et utilise par la prière et par le jeûne. Leurs œuvres ne peuvent rester cachées. Mais c’est seulement quand les livres seront ouverts dans le ciel que sera manifesté le nombre de ces saints inconnus, qui n’ont jamais eu de biographie, mais qui ont invoqué en jeûnant le Seigneur, ce Dieu qui voit dans le secret. Puissions-nous nous trouver parmi eux !

 

Dans l’église primitive, le jeûne était un canal de la puissance divine. Mais avec le temps, parce que l’accent n’a plus été mis sur le spirituel, le monde a fleuri dans l’église, et la puissance et les dons de l’Esprit ont disparu. Et quand on perd la puissance intérieure, on ne peut s’attacher qu’à des choses extérieures. C’est ainsi qu’on a de plus en plus souligné l’acte extérieur du jeûne. Mais ce n’est que l’Esprit, à l’intérieur du croyant, qui peut donner au jeûne sa véritable valeur. Ainsi, le jeûne est devenu la caractéristique de la piété et de la spiritualité extérieure. Ce fut le cas du pharisien dans le temple, qui s’en est glorifié : « Je jeûne deux fois la semaine » (Luc : 18 / 12). Jésus a dit à ses disciples : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent » (Matthieu : 6  / 16). Paul parle de ceux qui ont l’apparence de la piété, mais qui renient ce qui en fait la force  (2 Timothée : 3 / 5).
 



LE JEUNE NORMAL 
 

« Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim » (Matthieu : 4 / 2)

 

Quand le sens littéral d’une déclaration biblique ne nous plaît pas, on est tenté de la spiritualiser et de ce fait, on la dépouille de son efficacité. Quand la vérité est obscurcie, elle pratiquement plus applicable. On a émoussé son tranchant, elle ne peut plus pénétrer. C’est ce que l’église d’aujourd’hui a tendance à faire avec l’enseignement biblique du jeûne.

On nous dit que jeûner n’est pas seulement renoncer à la nourriture, il y beaucoup de choses qui peuvent nuire à notre communion avec Dieu. En général, il est également vrai que nous devons renoncer à nous-mêmes. Mais cela ne change rien au fait que « Jeûner » signifie avant tout « Ne pas manger ».

Nous allons voir que dans les temps bibliques, il existait trois formes principales de jeûne ; mais pour chacune, il est question d’une abstinence littérale. Même s’il arrive que le jeûne peut comprendre d’autres formes de renoncement, cela ne change en rien sa signification fondamentale.

 

La première forme, la plus connue, nous l’appellerons « Le jeûne normal ». Ce dont il est question ici, cela ressort clairement de la première mention du jeûne dans le Nouveau Testament. Jésus a jeûné, après quoi il eut faim. Le jeûne normal, c’est renoncer à toute nourriture sous forme solide ou liquide, sans toutefois renoncer à l’eau. Il semble ressortir des détails mentionnés, que c’est de cette façon que notre Seigneur a jeûné.

Il nous est dit dans (Luc : 4 / 2), qu’il ne mangea rien durant ces jours-là, et non pas qu’il ne but rien. Si Jésus n’avait pas bu, cela serait certainement mentionné, comme c’est le cas pour le jeûne absolu que nous traiterons plus loin. Après cela, il est écrit : il eut faim, et non pas : il eut soif. Satan l’a tenté dans le domaine de la nourriture, et non dans celui de la soif, bien que d’avoir soif soit plus mauvais que d’avoir faim. Tout cela nous laisse supposer que ce jeûne était un renoncement à la nourriture, mais pas à l’eau. Le corps humain ne pourrait d’ailleurs pas vivre quarante jours sans eau, à moins d’être entretenu d’une manière surnaturelle.

 

Il n’y a pas de raison d’admettre que le jeûne inclus le renoncement au sommeil. Dieu peut nous appeler à le faire pour un temps très court, par exemple ; sacrifier le sommeil d’une nuit. Paul parle des « veilles » à la différence des « jeûnes » (2 Corinthiens : 6 / 5 et 11 / 27). Si se passer de sommeil était important pour le jeûne, un jeûne prolongé ne serait jamais possible, à moins qu’il ne se produise là encore quelque chose de surnaturel. Le corps a besoin de sommeil encore plus que d’eau, et succomberait tôt ou tard, et le jeûne devrait être interrompu.

 

Dans (1 Corinthiens : 7 / 3 à 5), nous voyons que le véritable jeûne implique aussi pour les époux le renoncement aux relations conjugales. Mais cela doit se faire d’un commun accord. La pensée du jeûne existe dans ce passage où il est question d’un temps de prière particulier et intensif (cf : Exode : 19 / 15 ; Joël : 2 / 15 à 16). (Romains : 12 / 1 à 2) veut que tout notre être soit consacré à Dieu, le corps compris.

 

 Dans le jeûne normal, il s’agit de renoncer à toute forme de nourriture à l’exception de l’eau. La tentation de manger est là : (Matthieu : 4 / 2 à 3). Mais le Seigneur nous aide à résister.

 


 

LE JEUNE ABSOLU 


« Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea, ni ne but » (Actes : 9 / 9)

 

La Bible

nous donne quelques exemples de ce que nous appelons « le jeûne absolu », c’est à dire le renoncement au manger et au boire. Normalement, cela ne durait  pas plus de trois jours, parce qu’au delà, cela serait nuisible au corps. Le corps peut rester longtemps sans nourriture, mais sans eau, il ne peut tenir que très peu de temps.

 

« Esdras se retira de devant la maison de Dieu, et il alla dans la chambre de Jochanan, fils d’Eliaschib ; quant il y fut entré, il ne mangea point de pain et il ne but point d’eau, parce qu’il était la désolation à cause du péché des fils de la captivité » (Esdras : 10 / 6). La peine et la consternation ont saisi Esdras quand il a vu le compromis honteux dans lequel vivait le peuple d’Israël, entraîné par les sacrificateurs et les Lévites. Il a déchiré son vêtement et son manteau, s’est arraché les cheveux de la tête et les poils de la barbe, et il s’est assis désolé (Esdras : 9 / 3). La crainte de Dieu l’a conduit au jeûne où il ne mangea point de pain et ne but point d’eau.

La reine Esther a donné la directive suivante à Mardochée : « Va, rassemblé tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, sans manger ni boire pendant trois jours, ni la nuit, ni le jour. Moi aussi, je jeûnerai de même avec mes servantes, puis j’entrerai chez le roi, malgré la loi ; et si je dois périr, je périrai » (Esther : 4 / 16). Une très grande crise menaçait de destruction tout le peuple Juif. Même Esther comme reine ne pouvait s’attendre à être épargnée. C’est pourquoi, elle a proclamé ce jeûne absolu, car des situations désespérées réclament des mesures radicales.

Le roi de Ninive en fit de même à la prédication de Jonas : « Les gens de Ninive crurent à Dieu, ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis les plus grands jusqu’aux plus petits. La chose parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre. Et il fit faire dans Ninive cette publication, par ordre du roi et de ses grands : Que les hommes et les bêtes, les bœufs et les brebis, ne goûtent de rien, ne paissent point, et ne boivent point d’eau » (Jonas : 3 / 5 à 7).

Saul de Tarse est arrivé à Damas, aveuglé par la rencontre avec le Christ réssuscité, et « pendant trois jours, il ne mangea ni ne but ». Cette rencontre l’a complètement bouleversé. Dieu préparera son cœur pendant ces trois jours. C’est pendant ces jours qu’il a vu Ananias en vision. (Actes : 9 / 12).

Il y a dans la Bible des exemples de jeûne absolus, qui dans leur genre, étaient des jeûnes surnaturels, parce qu’ils duraient très longtemps.

Par deux fois, Moïse s’est tenu respectivement 40 jours et 40 nuits dans la présence de Dieu, sans manger et sans boire : « Lorsque je fus monté sur la montagne, pour prendre les tables de pierre, les tables de l’alliance que l’Eternel a traitée avec vous, je demeurai sur la montagne quarante jours et quarante nuits, sans manger de pain et sans boire d’eau » … « Je me prosternai devant l’Eternel, comme auparavant, quarante jours et quarante nuits, sans manger de pain et sans boire d’eau… » (Deutéronome : 9 / 9 à 18 ; Exode : 34 / 28). Il est monté une première fois vers Dieu pour recevoir les dix commandements. La deuxième fois, il est monté directement après avoir découvert que le peuple de Dieu avait adoré le veau d’or, ayant ainsi rompu la loi de Dieu, avant même de l’avoir officiellement reçue. Ces deux temps de jeûne ont été effectivement observé sans intervalle, et, réunis, ils forment certainement le plus long jeûne dans la Bible, à savoir quatre vingt jours sans manger ni boire.

Il semble aussi qu’Elie a parcouru le chemin jusqu’au mont Horeb pendant un jeûne absolu. Si tel est le cas, il s’agirait d’un jeûne surnaturel. Par deux fois, l’ange lui a dit de manger et de boire : « Il se leva, mangea et but, et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu à Horeb » (1 Rois : 19 / 8). Ce verset nous donne à entendre qu’Elie n’a plus pris de nourriture pendant tout son voyage à travers le désert brûlant. Cela représente un jeûne absolu, qui est aussi surnaturel que le temps de jeûne de Moïse. Nous trouvons d’ailleurs un parallèle significatif entre ces deux représentants de l’ancienne alliance : Moïse fut le donateur de la loi et Elie le restaurateur de la loi (Malachie : 4 / 4 à 6 ; Marc : 9 / 12). La vie des deux hommes s’est terminée surnaturellement ; de même, leur apparition avec Christ sur la montagne fut aussi surnaturelle (Marc : 9 / 4).

 

Nous pouvons conclure en disant que le jeûne absolu est une mesure exceptionnelle dans une situation exceptionnelle, une détresse spirituelle ; il est particulièrement approprié dans des cas de fortes possessions démoniaques. Si on veut jeûner plus de trois jours, il faut absolument être sûr que c’est conduit par Dieu.
 

 
 

LE JEUNE PARTIEL
 

« En ce temps-là, moi, Daniel, je fus trois semaines dans le deuil. Je ne mangeai aucun mets délicat, il n’entra ni viande ni vin dans ma bouche, et je ne m’oignis point jusqu’à ce que les trois semaines fussent accomplies » (Daniel : 10 / 2 à 3).

 

Dans notre passage, l’accent est mis sur la restriction de nourriture, non sur la totale abstention. Daniel reçoit une révélation concernant l’avenir de son peuple. Il décrit comment il a cherché le Seigneur. Il ne nous est pas dit pourquoi Daniel n’a pas jeûné normalement comme nous le voyons dans (Daniel : 9 / 3). Les affaires du royaume ou d’autres circonstances ne le lui permettaient peut-être pas, ou c’était peut-être tout simplement Dieu qui l’a conduit de cette manière. En tout cas, c’est une bénédiction que de réduire sa nourriture en des temps particuliers pour chercher Dieu. Pour Daniel, il en résulta une grande victoire spirituelle sur les puissances des ténèbres, ainsi qu’une vision de l’ange de l’Eternel.

 

Ce que nous voyons chez Elie lors de sa préparation spirituelle est comparable au jeûne partiel. Au torrent de Kérith, les corbeaux lui apportèrent du pain et de la viande matin et soir, et il buvait l’eau du torrent. Plus tard, dans la maison de la veuve de Sarepta, il vivait de simples gâteaux de farine et d’huile ( 1 Rois : 17 ). Le renoncement à soi-même est indispensable pour un homme de Dieu qui doit être équipé de la puissance d’en-haut. Etant donné qu’il y avait une grande famine dans le pays, il était convenable que la nourriture du serviteur de Dieu soit très simple. Pour aider ceux qui sont dans le besoin, il faut nous identifier à eux et nous tenir là où ils se tiennent. Dieu bénit toujours le renoncement à soi-même pour la cause des autres.

Dans le Nouveau Testament, nous avons l’exemple de Jean-Baptiste. Les Evangiles nous disent qu’il se tenait à la plus simple nourriture qui consistait en sauterelles et miel sauvage. (Matthieu : 3 / 4).

 

Une méthode du jeûne partiel consiste à ne vivre exclusivement que d’une seule sorte d’aliments pendant toute la période du jeûne. Pendant un certain temps, John Wesley n’a mangé que du pain sec. Il s’agissait d’un cas en rapport avec une possession démoniaque. Une autre méthode consiste à s’abstenir d’un certain repas chaque jour pendant la durée du jeûne : par exemple : sacrifier le repas de midi pour passer cette heure avec Dieu. Mais il faut veiller que le manque de nourriture ne soit pas rattrapé aux autres repas !

 

Le jeûne partiel est très utile, principalement quand les circonstances rendent impossible ou pénible un jeûne normal. Il se prête particulièrement aux personnes âgées ou à celles qui sont de faible constitution et qui ne pourraient pas tenir un jeûne normal. Il peut aussi servir de tremplin pour le jeûne normal pour ceux qui n’ont encore jamais jeûné.
 


 

 

 LE JEUNE VOLONTAIRE
 

Nous devons remarquer que dans la Bible, jeûner peut aussi se rapporter à un renoncement involontaire à de la nourriture. Il y a deux sortes de jeûne involontaire : lorsqu’on ne ressent pas le besoin de nourriture, à cause des soucis, du chagrin (Daniel : 6 / 18), et lorsqu’on se trouve dans une situation où il n’y a pas de nourriture disponible (Matthieu : 15 / 32 à 33 ; 1 Samuel  30 / 11 à 13). Il semble que l’apôtre Paul connaissait très bien cette dernière sorte-là. Certains commentateurs comprennent sa mention « du jeûne » dans (2 Corinthiens : 6 / 5 et 11 / 27) comme cette sorte de jeûne involontaire. Paul savait que son Dieu pouvait pourvoir à tous les besoins (Philippiens : 4  / 19), mais il a quand même fait l’expérience des temps de privations. Il savait que vivre un temps sans nourriture et sans les moyens de s’en procurer, était une épreuve de foi nécessaire permise par Dieu pour son bien. En rapport avec cette merveilleuse promesse, il dit : « …J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette » (Philippiens : 4  / 11 à 12).

 

Si Dieu devait aussi nous appeler à marcher pendant un temps sur « le chemin de la disette », et que nous nous trouvions dans un jeûne que nous n’aurions pas choisi, alors nous ne voulons pas craindre. Il va changer notre captivité et bénir notre fin plus que notre commencement.
 



"LORSQUE » - NON PAS « AU CAS OU ! »
 

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu : 6  / 16 à 18).

 

L’ordre de Jésus à ses disciples : « Faites de toutes les nations des disciples…et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu : 28 / 19 à 20) est encore valable aujourd’hui. Que dit le Seigneur à ses disciples au sujet du jeûne ? Ce verset contient une des deux plus importantes déclarations de Jésus sur ce thème.

 

Dans ce sixième chapitre, Jésus parle des aumônes (Matthieu : 6 / 2) et de la prière (Matthieu : 6 / 5). Lorsqu’il parlera de faire l’aumône, de prier et de jeûner, Jésus avertit ses auditeurs de ne pas pratiquer leur piété devant les hommes, pour être vus. Sa consigne n’est pas : « Au cas où tu feras l’aumône », mais « lorsque tu fais l’aumône ». Pour Jésus, il était normal que les futurs disciples considèrent que donner ferait partie de leur devoir. Il n’a pas dit non plus : « Au cas où tu prieras », comme si la prière était laissée au libre arbitre de chacun, mais « lorsque tu pries » ; là aussi, il supposait également qu’ils jugeraient la prière comme une chose vitale. Et encore moins a-t-il déclaré : « Au cas où vous jeûneriez », comme si les disciples devaient s’attendre à une révélation particulière pour le faire ou pas, ou pensant peut-être que cela était réservé à une certaine élite ! Mais Jésus a déclaré clairement et catégoriquement à tous les disciples, quelque soit leur qualification : « LORSQUE vous jeûnez… » Il ne nous a pas laissé dans le doute au sujet de sa conviction que les disciples se laisseraient conduire par le Saint-Esprit dans le jeûne, comme dans la prière et l’aumône, si la situation le réclamait, même si nos projets du moment doivent être renversés. Pour Jésus, il y va de soi que les disciples accompliront ces choses. Il ne s’attend à rien d’autre. Décevons-nous son attente ? Il est à remarquer que le Seigneur parle du jeûne comme d’une pratique spirituelle indépendante de la prière. Bien que dans l’Ecriture et dans la pratique, ils soient le plus souvent liés, cela n’est pas absolument nécessaire. Le jeûne est bâti sur son propre fondement et peut à lui seul remplir un but spirituel.

 

De même que nous prions sans jeûner, ainsi le jeûne sans la prière peut aussi être agréable devant Dieu. En ce qui concerne le jeûne absolu d’Esther et des Juifs (Esther : 4 / 16), il n’est pas fait mention de prières simultanées. Le jeûne doit être considéré comme un service pour le Seigneur (cf : Actes : 13 / 2). Si on ne peut pas se consacrer exclusivement à la prière pendant le jeûne, cela ne veut pas dire que ce temps est sans valeur spirituelle (cas d’un couple où un seul conjoint est chrétien). Le jeûne en dehors de l’intercession a encore d’autres fonctions dont nous parlerons plus tard.
 



VOICI LE TEMPS
 

« Alors les disciples de Jean vinrent auprès de Jésus, et dirent : Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous, tandis que tes disciples ne jeûnent point ? Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux ? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront » (Matthieu : 9 / 14 à 15).

 

Cette seconde citation importante sur le jeûne fut une réponse à la question des disciples de Jean-Baptiste : « Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous… ? «. Jésus répond à cette question et nous montre que les chrétiens doivent jeûner aujourd’hui. « Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux ? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront ». Il y eut un temps où Jésus et ses disciples avaient faim où ils n’avaient même pas assez de temps pour manger à cause des besoins de la foule, mais il n’y a pas de preuve que les disciples aient jeûné avec Jésus. La raison est donnée : l’époux était encore avec ses amis de noces. C’étaient un temps de fête et non de jeûne, de joie et non d’affliction.

 

Le royaume de Dieu s’est approché par la venue de Jésus. Le vieux système des rites, des cérémonies et de l’esclavage de la loi est passé. Même lorsque l’époux leur sera enlevé, il n’y aura pas de retour au légalisme. Les disciples allaient certainement encore jeûner, mais pour d’autres raisons et dans un autre esprit, non pas de la manière qui caractérisait le jeûne des pharisiens ou même des disciples de Jean-Baptiste. Comme Jésus l’explique par la suite, les vieilles outres de la loi ne sont pas appropriées pour recevoir le vin nouveau du Saint-Esprit.

« Les jours viendront… » dit Jésus. Déclaration décivise du Nouveau Testament concernant le jeûne. De quels jours parle le Seigneur ? Est-ce qu’il pensait au temps très court qui suivait sa captivité jusqu’à sa résurrection ? Après quoi, plus de tristesse, d’affliction, ni de trouble ? Non. Notre temps n’est pas un temps de joie sereine. Bien sûr, il y a de la joie, mais elle est mélangée avec de la tristesse. Il y en aura toujours aussi longtemps que le péché, les soucis et les combats nous environneront. C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume des cieux. Le Seigneur lui-même attend encore pour prendre possession de son règne, de voir le travail de son âme. Les mots de Jésus : « Heureux les affligés, car ils seront consolés » sont certainement encore valables pour nos jours.

 

Il y a deux périodes dans les paroles de Jésus : le temps de la joie « pendant que l’époux est avec eux ». Ce temps a été accompli. Le temps des souffrances devait suivre : « les jours arriveront… » L’époux leur sera enlevé : il est donc question d’une absence indéterminée. Quand le reverront-ils ? Les années de son ministère terrestre représentent le temps de joie et de fêtes. Le temps de son absence est une période de jeûne et de tristesse. Ce temps correspond aux jours de son ascension jusqu’au jour de son retour des cieux. C’est ce que les apôtres ont compris, puisque après l’ascension du maître, ils ont jeûné (Actes : 13 / 2).

 

L’Eglise attend toujours l’appel de minuit : « Voici l’époux, allons à sa rencontre » (Matthieu : 25 / 6). Quand Jésus dit : « alors ils jeûneront », il pensait aussi à nos jours. Les paroles de Jésus étaient prophétiques, car les premiers chrétiens les ont accomplies. Où sont les chrétiens qui les accomplissent aujourd’hui ? Pour retrouver la puissance des apôtres, il faut aussi suivre leur principe de foi et de consécration. Pour que la puissance puisse couler, il faut que les canaux soient préparés. Le jeûne est un moyen que Dieu utilise pour faire couler sa grâce et sa force. Le jeûne de nos jours n’est pas seulement l’expression de notre tristesse à cause de l’absence de l’époux, mais aussi un moyen pour nous préparer pour son retour. L’Eglise qui entendra le cri : « Voici l’époux vient » est une église qui aura jeûné et prié. Alors il essuiera toute larme et la fête des noces de l’Agneau succédera au jeûne.
 



JEUNE REGULIER ET PUBLIC 


Sonnez de la trompette en Sion ! Publiez un jeûne, une convocation solennelle ! Assemblez le peuple, formez une sainte réunion ! Assemblez les vieillards, assemblez les enfants, même les nourrissons à la mamelle ! Que l’époux sorte de sa demeure, et l’épouse de sa chambre ! » (Joël : 2 / 15 à 16).

Il a déjà été dit que normalement, nous jeûnons parce qu’il y a un besoin, une nécessité, et que le jeûne est une affaire personnelle entre l’individu et Dieu. Les jeunes réguliers et publics, dont l’Ecriture mentionne bien des exemples, sont apparemment des exceptions. Il existe une relation entre ces deux sortes de jeûnes : dans la Bible, presque tous les jeûnes réguliers étaient aussi des jeûnes publics ; toutefois, tous les jeûnes publics n’étaient pas forcément des jeûnes réguliers. Le jour des expiations, où chaque israélite devait humilier « ou mortifier » son âme, comme Dieu l’avait ordonné, était le seul jeûne régulier prescrit par la loi de Moïse (Lévitique : 23 / 27 à 32 ; Nombres : 29 / 7 à 11 ; Psaumes : 35 / 13 ; Esaïe : 58 / 5).

 

Dans (Actes : 27 / 9), à l’époque du Nouveau Testament, nous apprenons que ce jeûne se pratiquait encore chez les Juifs. A part le « jour de jeûne » au temps de Jérémie (Jérémie : 36  / 6 à 9), nous lisons encore dans (Zacharie : 8  / 19), que quatre jeûnes réguliers étaient célébrés en souvenir de quatre évènements principaux concernant la destruction de Jérusalem : début du siège de Jérusalem au 10ème mois (2 Rois : 25  / 1), sa chute le 4ème mois (2 Rois : 25 / 3 à 4), la destruction du temple le 5ème mois (2 Rois :25 / 8  à 9 ) et l’assassinat de Guédalia et de ses compagnons Juifs le 7ème mois (2 Rois : 25 / 25).

 

Jusqu’au temps de Jésus, les pharisiens ont développé cette pratique du jeûne régulier. Mais comme avec toutes choses spirituelles, ils en ont fait un rite légaliste, un esclavage. Christ met devant nos yeux l’image du pharisien typique qui se vante ainsi dans sa prière : « Je jeûne deux fois la semaine » (Luc : 18 / 12). Au 2ème et 3ème siècle après Jésus-Christ, le mercredi et le vendredi de chaque semaine étaient fixés comme jour de jeûne. Il existe toujours le danger qu’une pratique spirituelle accomplie régulièrement, ne devienne plus qu’un simple rite vidé de tout contenu spirituel. Mais en raison de ce danger, nous ne pouvons pas non plus renoncer tout simplement à la pratique du jeûne régulier, étant donné que nous ne rejetons pas non plus les moments de prière réguliers ou l’offrande régulière que nous donnons au Seigneur. Le jeûne régulier ne doit pas dégénérer en un simple rite, de même pour la prière.

 

Il y assurément une grande bénédiction dans le jeûne régulier et il est bon de prendre cette habitude, mais en veillant pour qu’il y ait toujours la vie de l’Esprit. Peut-être avez-vous besoin d’être renouvelé en cela ? Dans un jeûne régulier, il y a aussi une possibilité régulière de sonder sa vie spirituelle et aussi d’être dirigé spirituellement. Consacrons donc nos corps et nos âmes au royaume de Dieu de cette manière là. Le jeûne régulier contribue à la croissance spirituelle et nous amènera à marcher plus intimement avec Dieu. Nous pouvons aspirer à ressembler à certains hommes de Dieu qui nous ont marqués par leur vie sainte, sans toutefois être prêts à suivre le chemin qu’ils ont suivi. Nous sommes enthousiasmés quand nous regardons au but, mais nous ne prêtons pas attention au chemin qui y mène.

 

Dans l’Ancien Testament les jeûnes réguliers étaient aussi publics et ils étaient célébrés par tout le peuple. Mais il y avait aussi des jeûnes publics qui n’étaient pas réguliers, mais qui se limitaient à des temps de détresse particulière. (2 Chroniques : 20 / 1 à 4) : Quand l’ennemi s’est avancé vers Juda, le roi Josaphat a convoqué le peuple pour le jeûne. Ils ont tout quitté pour chercher l’Eternel. Si l’église connaît un jour des dangers particuliers, puissions-nous sortir de nos villes et de nos villages pour nous rassembler pour chercher l’Eternel !

(Esdras : 8 / 21) : Esdras a exhorté les Juifs à faire de même, étant donné le voyage dangereux qu’ils allaient entreprendre pour retourner à Jérusalem avec les précieux ustensiles du temple. Le jeûne et la prière sont la sauvegarde de nos biens spirituels. Plus tard, nous parlerons encore du jeûne public que la ville de Ninive a célébré, suite à la prédication de Jonas.

 

Ces exemples nous montrent que les jeûnes publics étaient publiés dans des temps de crise nationale ou spirituelle. Au 19ème siècle, en Angleterre, du temps de Wesley, il y a eu un jour de jeûne et de prière particulier, étant donné l’invasion menaçante des français. Toutes les églises de Londres étaient pleines, un grand sérieux était sur tous les visages. Dieu a répondu à leurs prières, car cette invasion n’a jamais eu lieu. Voir (2 Chroniques : 7 / 14).

Partout où nous lisons dans la Bible qu’une détresse a conduit tout le peuple à jeûner, nous voyons sans exception que Dieu a répondu par la délivrance. Sans aucun doute, nous avons devant nous des temps de crise nationale et internationale, et il serait bon de se rappeler l’exhortation de Paul dans (1 Timothée : 2 / 1 à 2).
 


 

JEUNER POUR DIEU


« …La Parole de l’Eternel des armées me fut adressée, en ces mots : Dis à tout le peuple du pays et aux sacrificateurs : Quand vous avez jeûné et pleuré au cinquième et au septième mois, et cela depuis soixante et dix ans, est-ce pour moi que vous avez jeûné ?... » (Zacharie : 7 / 1 à 7).

 

Dieu pose une question importante au peuple : « Est-ce pour moi, pour moi que vous jeûnez ? ». La plupart du temps, nos pensées sont dominées par ce principe égoïste : « Qu’est-ce que le jeûne m’apporte personnellement ? ». Le Moi peut encore être assis sur le trône, même dans nos désirs spirituels. La croix doit faire son œuvre en nous, si Dieu doit être au centre de notre vie. Par là, nos motivations spirituelles seront transformées et dirigées vers Christ au lieu vers nous-mêmes. (2 Corinthiens : 5 / 15).

 

Nous mettons peut-être trop l’accent sur l’utilité personnelle du jeûne. On jeûne pour être revêtu de la puissance d’En-Haut, pour recevoir des dons spirituels, pour guérir physiquement, pour l’exaucement de prières spéciales, mais avec cela on n’oublie l’autre aspect qui est le motif du jeûne. Il n’est pas faux d’aspirer à ces choses, mais nos motifs fondamentaux doivent d’abord être justes. C’est justement dans la première déclaration de Jésus sur le jeûne qu’il est question du motif (Matthieu : 6 / 16 à 18). C’est un point de vue qui est très important. Dieu ne se préoccupe pas tellement de ce que nous faisons, mais aussi pourquoi nous le faisons. Une action juste peut être aux yeux de Dieu dépourvue de sa valeur, s’il y a de faux motifs à la base.  (Esaïe : 58 / 3) : « Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme, si tu n’y a point égard ? ». Voilà une question intéressées. De même (Malachie : 3 / 14) : « Vous avez dit : c’est en vain que l’on sert Dieu ; qu’avons-nous gagner à observer ses préceptes, et à marcher avec tristesse à cause de l’Eternel des armées ? » La réponse de Dieu : « Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants… » (Esaïe : 58 / 3). Derrière le jeûne qu’ils ont pratiqué se cachaient leurs propres intérêts. Il n’est pas étonnant que Dieu déclare avec indignation : « Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, un jour où l’homme humilie son âme ?... » (Esaïe : 58 / 5). Notre service pour Dieu doit être désintéressé. Jésus nous le montre dans (Luc : 17 / 7 à 10) : « …Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné ? Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire ».

 

On a remarqué l’égoïsme caché derrière le manteau de la piété dans le jeûne des pharisiens : dans le sermon sur la montagne, Jésus s’est élevé contre leur hypocrisie honteuse. Les pharisiens ont étalé leur piété pour être admirés des hommes. Ils s’assuraient que le public était au courant de leur jeûne. Ils ne servaient pas Dieu, mais leur égoïsme. Quand Il nous décrit le pharisien priant dans le temple : « O Dieu, je te rends grâces… », Jésus nous fait remarquer qu’il « priait ainsi en lui-même » (Luc : 18 / 11 à 12). Il s’est élevé, s’est mis en avant. Le jeûne doit être fait pour Dieu, oui, devant Dieu le Père qui voit dans le secret. Il existe deux manières de prier : « Seigneur, je… », et « Seigneur, tu… ». Ne cherchons pas avant tout à gagner quand nous jeûnons, à recevoir. Que tout ne se tourne pas autour de notre propre personne, sinon, le service de Dieu n’apparaît plus.

 

Dans Esaïe : 58, le passage classique sur le jeûne, Dieu rappelle au peuple qu’Il se choisit lui-même le jeûne qui lui est agréable. Le jeûne, comme la prière doit venir de Dieu et doit être ordonné par Lui. Le point de départ de la prière efficace est en Dieu : par l’Esprit, il dépose sur nous un fardeau et nous réagissons en conséquence. La prière qui a son origine en Dieu retournera toujours vers Lui. Il en est de même pour le jeûne. Quand Dieu décide notre jeûne, il ne nous demandera pas comme il l’a demandé au peuple d’Israël : « Quand vous avez jeûné…est-ce pour moi que vous avez jeûné ? «  (Zacharie : 7 / 5).

 

Naturellement, tout cela ne nous dispense pas de notre responsabilité. De notre côté, il s’agit de reconnaître que le jeûne a son sens et qu’il est nécessaire. Si la volonté de se discipliner et de disposer son cœur devant Dieu existe, alors le résultat sera de l’initiative de Dieu. Le moment du jeûne, la longueur du jeûne, la sorte de jeûne, et les buts spirituels poursuivis, tout cela est déterminé par Dieu, et le disciple obéissant s’y prête joyeusement. Ce principe est aussi valable pour le jeûne régulier, par exemple : un jour de la semaine, qui ne sera pas forcément toujours le même jour. Le Saint-Esprit veut aussi nous conduire pour le jeûne régulier. Regardez Anne, la prophétesse. Elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. Et le Saint-Esprit l’a conduit au temple pendant que Jésus y était présenté (Luc : 2 / 36 à 38). La direction de l’Esprit se fait aussi dans les choses régulières. Nous ne voulons pas être liés par des règles ! Mais le jeûne régulier ne doit pas être considéré comme une loi, mais comme un principe. La loi amène la mort, tandis que l’Esprit vivifie « Si vous êtes conduit par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi » (Galates : 5 / 18).

 

Quand le prophète Joël s’écrie : « Publiez un jeûne », littéralement : « Sanctifiez un jeûne » (Joël : 2 / 15), il veut dire : mettez-le à part pour Dieu. Ceci est absolument fondamental si nôtre jeûne doit être agréable à Dieu. Alors, nous oublierons le gain personnel et nous serons saisis d’étonnement, de louange et d’amour pendant que nous jeûnons pour Dieu. Il est que Anne, la prophétesse, âgée de 84 ans, servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. Les docteurs et les prophètes de l’église d’Antioche servaient le Seigneur et jeûnaient (Actes : 13 / 2). Ceci est certainement la plus grande conception du jeûne : adorer le Seigneur et le servir, en nous donnant nous-mêmes à Dieu. Et c’est seulement en deuxième position que nous poursuivons les buts spirituels. Nous devons nous garder de nous imaginer que nous avons des mérites devant Dieu par notre jeûne. Le jeûne n’est qu’un chemin de grâce que Dieu a ordonné et sur lequel il a promis de nous bénir, sans nos mérites.

 

Un Jeûne agréable à Dieu est donc un jeûne que Dieu a arrêté, qui est mis à part pour Lui, pour le servir, pour l’honorer et le glorifier, pour accomplir la volonté souveraine de Dieu. Le jeûne fait pour Dieu retournera sur nos têtes comme une bénédiction. De cette manière, nous serons gardés de donner plus d’importance aux bénédictions qu’au Donateur des bénédictions. « C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui soit la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains : 11 / 36).
 



JEUNER POUR ETRE EXAUCE 


« …Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, pour que votre voix soit entendue en haut » (Esaïe : 58 / 4).

« C’est à cause de cela que nous jeûnâmes et que nous invoquâmes notre Dieu. Et il nous exauça » (Esdras : 8 / 23).

 

Le jeûne est ici en rapport avec : chercher Dieu, s’approcher de Dieu, prier Dieu avec persévérance. Mais ces buts ne furent pas atteints, parce que leurs motifs étaient faux. Dieu a dit : « Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, pour que votre voix soit entendue en-haut ». C’est justement là le but précis que nous devons atteindre par le jeûne. Après avoir décrit le jeûne qui lui est agréable, Dieu dit : « Alors, tu appelleras, et l’Eternel répondra ; tu crieras et il dira : Me voici ! » (Esaïe : 58 / 9).

Le jeûne est destiné à laisser monter la prière comme sur des ailes d’aigle. Le jeûne doit conduire celui qui prie dans la chambre d’audience du roi. Le jeûne repousse l’oppression de la puissance des ténèbres. Il donne de la puissance à l’intercession et à la prière du chrétien. Le ciel est prêt à tendre son oreille et à écouter, lorsque quelqu’un prie en jeûnant.

 

Combien de fois avons-nous prié Dieu sérieusement pour une chose, dans la certitude d’être dans la volonté de Dieu ; mais malgré cela, la réponse s’est fait attendre. Pourquoi ? Dieu dit : « Vous me chercherez et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur » (Jérémie : 29 / 13). Quand quelqu’un est prêt à mettre de côté les besoins justifiés de son corps, pour se concentrer sur la prière, il montre par là que c’est son devoir de chercher Dieu de tout son cœur pour ne pas le laisser avant qu’il n’ait répondu.

 

Dans l’appel de Joël au peuple, il ressort clairement que le jeûne est l’expression du don de soi fait avec tout son cœur : « Maintenant encore, dit l’Eternel, revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes… » (Joël : 2 / 12). Le jeûne confirme et approfondit la décision que nous sommes prêts à tout sacrifier, à nous sacrifier nous-mêmes pour recevoir ce que nous voudrions atteindre pour le royaume de Dieu. Il y a une vieille coutume irlandaise qui consistait à « jeûner contre une personne », ce qui signifiait que « l’on s’asseyait, sans manger et sans boire, à la porte d’un débiteur qui refusait d’accorder une demande justifiée ». En dehors du domaine spirituel, nous voyons cela dans le jeûne des politiciens, des prisonniers, ou d’autres personnes, pour exercer sur les autorités une pression afin d’atteindre le but souhaité.

 

Naturellement, nous ne devons pas faire du jeûne une grève de la faim, qui doit contraindre la main de Dieu à faire ce que nous voulons. La prière est une chose bien plus importante qu’une simple demande à un bon Père, qui doit donner ce dont son enfant à besoin. La prière est un combat où des puissances adverses sont à l’œuvre. Il y a des contre-courants spirituels. Quand nous crions au juge de la terre : « Fais-moi justice de ma partie adverse » (Luc : 18 / 3), alors Satan est là (Job : 1 / 6 ; Job : 2 / 1 ; Zacharie : 3 / 1). Il ne suffit pas que le juge soit de bonne volonté ; la puissance adverse doit d’abord être vaincue (Daniel : 10 / 12 à 13). Il y a là un domaine où le mystère subsiste. L’Ecriture mentionne des faits, mais elle ne les explique pas. Il faut souvent rester persévérant, avant de pouvoir percer dans le combat céleste. Il y a des situations où seuls les violents peuvent s’emparer du royaume (Matthieu : 11 / 12).

 

Celui qui prie et qui jeûne démontre qu’il prend la chose vraiment au sérieux, qu’il ne veut pas abandonner ou laisser Dieu, sans avoir reçu la bénédiction, qu’il n’a pas l’intention d’accepter un « non » comme réponse. Il montre son sérieux en utilisant un moyen que Dieu lui-même a choisi, pour faire entendre sa voix dans le ciel. Le jeûne est parfois le point culminant de longues prières. Quand le ciel reste fermé malgré les prières sérieuses et persévérantes, les chrétiens sont parfois poussés au jeûne, comme seule solution. Dans le livre des (Juges : 20), les Benjamites avaient commis un crime effroyable, et Dieu a dit aux autres tribus d’Israël de marcher contre eux. Ils obéirent, mais furent battus par deux fois, bien qu’ils pleuraient et priaient devant le Seigneur. La troisième fois, ils ont pleuré et jeûné, et Dieu leur a donné une grande victoire. La prière avec le jeûne a la puissance, de par Dieu, pour amener un revirement. Pour transporter un important chargement d’or et d’argent au temple de Jérusalem, Esdras a publié un jeûne pour demander la protection de Dieu, sur un chemin où les bandits sont nombreux. Et Dieu a répondu merveilleusement ! Ne sommes-nous jamais dans des situations critiques, dans lesquelles nous avons besoin de directives et de protection divine, et dans lesquelles nous devrions agir comme Esdras ? Serait-ce une guérison que nous aurions vainement attendue malgré sa promesse ? Ou attendons-nous la promesse du Saint-Esprit, nous étonnant que nos prières ne sont pas exaucées ? Nous croyons que nous attendons le ciel, mais c’est le ciel qui nous attend ! Quand le ciel peut dire de nous « Voici, il prie » (Actes : 9 / 12), alors la réponse est devant la porte. La prière et le jeûne sont de puissantes armes spirituelles pour l’Eglise pour affronter les jours de crises de la fin des temps.



JEUNER POUR LA SANCTIFICATION PERSONNELLE


« Je verse des larmes et je jeûne… » (Psaumes : 69 / 11)

« Heureux les affligés, car ils seront consolés » (Matthieu : 5 / 4)

 

Nous avons établi que le jeûne est un usage biblique, qui doit encore être pratiqué aujourd’hui. Nous avons différencié plusieurs sortes de jeûnes et nous avons vu qu’il est important que nos mobiles soient justes, que nous devons jeûner pour Dieu. Nous avons vu qu’un des buts est d’être exaucé par Dieu, mais le jeûne est aussi une aide précieuse pour la sanctification personnelle.

 

Si l’humilité est l’élément de base pour une véritable sainteté, si elle est le terrain sur lequel fleurissent les dons de la grâce, n’est-il pas alors nécessaire d’humilier de temps à autre notre âme par le jeûne, comme David l’a fait ? Derrière beaucoup de péchés et la défaillance personnelle, derrière les nombreuses maladies qui infectent nos Eglises et qui obstruent les canaux du service chrétien ; derrière le conflit des personnalités et des tempéraments ; derrière les querelles et la division se tient l’orgueil perfide du cœur humain.

 

D’où vient que le jeûne peut ici nous aider ? L’orgueil et un estomac trop plein sont de vieux compagnons. Quel fut le péché de Sodome ? Pas en premier lieu cette grande impudicité, appelée la sodomie, mieux connue aujourd’hui sous l’homosexualité. La Bible dit dans (Ezéchiel : 16 / 49) : « Voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur. Elle avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles. Et elle ne soutenait pas la main des malheureux et de l’indigent. » Si nous regardons aujourd’hui les nations occidentales, où le péché de Sodome s’accroît outre mesure, nous pouvons reconnaître les mêmes raisons. L’histoire se répète toujours à nouveau. Quand les mêmes circonstances se retrouvent, les mêmes défauts suivent inévitablement.

 

Dieu avait prévu que l’orgueil et les excès de nourriture seraient un piège pour Israël, lorsqu’il serait entré dans le pays de la promesse. « Souviens-toi de tout le chemin que l’Eternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements. Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Eternel » (Deutéronome : 8 / 2 à 3). Ces jours de châtiment sont maintenant passés, et le pays de l’abondance qu’ils doivent posséder entraînerait de nouvelles tentations. C’est pourquoi, Moïse les avertit encore : « Garde-toi d’oublier l’Eternel, ton Dieu, au point de ne pas observer ses commandements, ses ordonnances et ses lois, que je te prescris aujourd’hui. Lorsque tu mangeras et te rassasieras, lorsque tu bâtiras et habiteras de belles maisons, lorsque tu verras multiplier ton gros et ton menu bétail, s’augmenter ton argent et ton or, et s’accroître tout ce qui est à toi, prends garde que ton cœur ne s’enfle, et que tu n’oublies l’Eternel… » (Deutéronome : 8 / 11 à 14). Le prophète Osée nous rapporte que c’est justement ce qui est arrivé, malgré l’avertissement (Osée : 13 / 4 à 6).

 

Le jeûne est une correction divine pour le cœur orgueilleux de l’homme. C’est une discipline du corps avec l’intention d’humilier notre âme. « Là, près du fleuve d’Ahava, je publiai un jeûne d’humiliation devant notre Dieu », nous rapporte (Esdras : 8 / 21). Un chrétien orgueilleux jeûne rarement, à la rigueur pour ses besoins personnels. Jeûner est aussi un signe d’humilité.

 

Si donc le jeune représente pour le pieux israélite de l’humiliation, il représente aussi la tristesse et l’affliction. Dans les jours de l’Ancien Testament on a jeûné comme signe d’affliction pour les morts (1 Samuel : 31 / 13). On a déchiré ses vêtements et marché avec le sac et la cendre (Esdras : 9 / 5). Dans (Matthieu : 9 / 15), nous avons lu comment notre Seigneur utilise « affligé » et « jeûné » comme des termes interchangeables. C’est dans la suite des choses si nous passons de l’humiliation personnelle à la repentance et la contrition. Du temps de Samuel et de Néhémie, Israël a jeûné dans la repentance : (1 Samuel : 7 / 6 ; Néhémie : 9 / 1 à 3). L’affliction sur ses propres péchés et sur son échec personnel est un degré indispensable dans le processus de la sanctification et se trouve facilité par le jeûne. Néanmoins, Dieu voudrait nous conduire plus loin pour que nous ne nous affligions pas seulement sur nos péchés personnels. Il voudrait que nous soyons émus par le Saint-Esprit pour nous affliger sur le péché de l’Eglise, de la nation, et même du monde entier. Il est très important pour Dieu de trouver ceux qui partagent son sentiment pour la situation spirituelle comme elle se présente partout (cf. Philippiens : 2 / 19 à 21).

 

Ezéchiel a vu dans une vision le jugement que Dieu voulait laisser venir sur Jérusalem à cause de leurs actions abominables. Avant que les bourreaux divins ne tuent les habitants de la ville, un homme a été envoyé devant eux pour marquer le front « des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause des abominations qui s’y commettent ». Ensuite, il a ordonné aux bourreaux de s’avancer et de frapper tous sans miséricorde, à l’exclusion de ceux qui avaient la marque, et de commencer par le sanctuaire (Ezéchiel : 9 / 1 à 7). Le ciel marque ceux qui, avec Dieu, sont sensibles au péché qui brise son cœur et qui détourne sa face de nous. Les mêmes abominations sont encore toujours commises dans le sanctuaire et dans la ville. Si, aujourd’hui, Dieu faisait une marque sur ceux qui soupirent et gémissent sur ces choses, et qu’ensuite il enverrait ses bourreaux pour exterminer tous ceux qui ne sont pas marqués, est-ce qu’alors nous y échapperions ?

 

Est-ce qu’on atteint quelque chose par un tel jeûne ? Il peut produire son effet salutaire aussi bien dans le domaine commun que dans le domaine personnel. Dans la vision d’Ezéchiel, il est vrai que le péché du peuple a atteint un point de non retour. Le jugement était inévitable, mais cela ne doit nullement être toujours le cas. Il y a toujours l’espérance que des forces spirituelles seront libérées qui produiront la repentance et le rétablissement. Les yeux de l’Eternel parcourent encore aujourd’hui la terre, pour trouver les Esdras, qui confessent dans les larmes les péchés d’un reste infidèle et qui tombent à genoux devant le Seigneur, ou les Néhémie, qui pleurent et qui s’affligent, jeûnent et prient à cause des murailles en ruines et des portes consumées par le feu. Si de par la présence du Seigneur, il doit y avoir un rétablissement et un renouvellement et qu’y a-t-il comme espérance en dehors de cela ? Alors ce seront de tels hommes et de telles femmes que Dieu emploiera pour modifier les courants.

 

Dans le jeûne pour la sanctification personnelle, nous devons aussi inclure le point de vue positif de la consécration à Dieu. Le meilleur exemple pour cela est peut-être le jeûne de quarante jours de notre Seigneur avant son ministère public. Son baptême dans le Jourdain a été sa consécration dans la mort, dans le pressentiment du chemin qui le mènerait à la croix. Bien qu’il eut reçut le Saint-Esprit avec une plénitude illimitée, cette puissance n’a pas été agissante avant qu’il ne revienne du désert. En acceptant ces six semaines de jeûne, il a confirmé son intention d’accomplir la volonté de son Père jusqu’au bout. C’était sa préparation et sa consécration définitive pour son mandat céleste. Lorsqu’il est retourné en Galilée dans la puissance du Saint-Esprit, les œuvres de Dieu ont été manifestées en lui.

 

Nous apercevons quelque chose de semblable dans le choix de Barnabas et de Paul pour leur ministère apostolique : (Actes : 13 / 3). L’envoi des premiers missionnaires ne s’est pas fait autour d’une tasse de café, mais dans un jeûne pour la consécration. Dans (Actes : 14 / 23), nous lisons que les apôtres ont nommés des anciens dans chaque église, dans la prière et dans le jeûne. C’est ainsi que les conducteurs locaux ont été consacrés à leur saint ministère.

 

Si tu te trouves au plus bas à cause d’une défaite personnelle ; si ton âme crie après une purification plus profonde, après une nouvelle consécration ; si tu es devant une nouvelle tâche pour laquelle tu ne te sens pas équipé, alors il est temps de demander à Dieu s’il ne souhaite pas que tu te mettes à part pour lui dans le jeûne.
 


JEUNER POUR CHANGER LE DESSEIN DE DIEU


Lire : (Jonas : 3 / 1 à 10)

 

La force capable de toucher Dieu ne s’est montré nulle part aussi clairement que lorsqu’un jugement divin annoncé a été détourné ou différé. « Encore quarante jours et Ninive est détruite », a crié le prophète hébreu. Le roi de Ninive a proclamé un jeûne absolu pour les hommes et les bêtes, et les habitants ont crié à Dieu et se sont repentis de leur mauvaise voie. « Qui sait », disait la publication royale, « peut-être que Dieu se repentira et renoncera à son ardente colère, pour que nous ne périssions point ». Et leur espérance n’a pas été déçue, car « Dieu se repentit du mal qu’il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas ».

 

Leur repentance, qui s’est exprimée dans la prière et dans le jeûne, a amené Dieu à modifier son jugement qu’il leur avait annoncé. Cette action de Dieu nous place devant une question difficile. Dieu s’est révélé comme étant omniscient comme le seul qui dès le commencement voit déjà la fin. Sa prescience est parfaite et infaillible. Son être et ses pensées sont invariables. « Je suis l’Eternel, je ne change pas ». (Malachie : 3 / 6).

 

Alors pourquoi tant de passages de l’Ancien Testament affirment-ils que l’Eternel se repentit ou qu’il a modifié son dessein ? Quand il a envoyé Jonas, Dieu savait certainement déjà à l’avance que Ninive se repentirait et qu’ainsi la destruction de la ville serait évitée. Le but de Dieu en envoyant Jonas était d’accorder à ce peuple la grâce. Le message de Jonas concernant ce jugement imminent était donc attaché à une condition, bien que Jonas ne le montre pas clairement et que cela ne fut pas dit aux gens de Ninive. Dieu a des lois inébranlables dans ses agissements avec les hommes. Le jugement suit le péché, mais la grâce suit la repentance. Dieu l’explique clairement dans les paroles de Jérémie : « Soudain je parle sur une nation, sur un royaume, d’arracher, d’abattre, et de détruire ; mais si cette nation, sur laquelle j’ai parlé, revient de sa méchanceté, je me repens du mal que j’avais pensé lui faire. Et soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, de bâtir et de planter ; mais si cette nation fait ce qui est mal à mes yeux, et n’écoute pas ma voix, je me repens du bien que j’avais eu l’intention de lui faire » (Jérémie : 18 / 7 à 10).

 

Cette repentance de Dieu n’a donc rien à voir avec « l’humeur » de Dieu, mais elle est pleinement en accord avec ses intentions exprimés auparavant. Parce que l’homme se repent de ses péchés, Dieu se repent du jugement. A proprement parler, ce n’est donc pas Dieu qui change vraiment, mais l’homme. Le changement du cœur humain donne à Dieu la possibilité de se conduire autrement à son égard et d’agir malgré cela en accord avec ses saints principes.

 

Pourquoi l’Ecriture dit-elle que Dieu s’est repenti ou qu’il a changé son dessein ? Nous avons là un langage biblique usuel, par lequel la personne ou les agissements de Dieu sont vus à partir du point de vue humain. C’est à dire que le Saint-Esprit a utilisé un langage qui correspond à notre compréhension limitée. Pour ce qui est de la déclaration de ses intentions, nous pouvons dire que Dieu s’en est repenti, parce qu’elles étaient liées à une certaine condition ; mais pour ce qui est de son caractère et de ses principes, nous lisons : « Dieu n’est point un homme pour mentir, ni fils de l’homme pour se repentir » (Nombres : 23 / 19). Après la mort de Naboth et l’acquisition de sa vigne par Achab, Dieu a envoyé Elie pour lui annoncer le jugement divin (1 Rois : 21 / 27 à 29). Le jugement a été différé, parce que même un homme comme Achab était prêt à s’humilier dans le jeûne. Combien est grande la grâce de Dieu ! Combien est grande la puissance du jeûne qui amène la grâce à se manifester !

 

Davis a apparemment saisi ce fait en rapport avec la prière et le jeûne. A cause de son grave péché contre Urie, Dieu a dit que le fils de David qui naîtrait de Bathschéba allait mourir. Lorsque l’enfant devint malade, David savait que s’il y avait quelque chose qui pouvait changer l’ordonnance de la justice divine, c’était la prière et le jeûne.  « David pria Dieu pour l’enfant et jeûna, et quand il rentre il passa la nuit couché par terre ». Après la mort de l’enfant, David déclara : « Lorsque l’enfant vivait encore, je jeûnais et je pleurais, car je disais : Qui sait si l’Eternel n’aura pas pitié de moi et si l’enfant ne vivra pas ? » (2 Samuel : 12 / 12 à 23).

 

Parmi les nations, nous assistons à une marée montante de l’impiété et de l’anarchie ; une période semblable a fini autrefois à son apogée dans le déluge, qui a effacé toutes les civilisations. Les péchés qui ont fait pleuvoir le feu et le souffre du ciel sur Sodome et Gomorrhe, deviennent de plus en plus acceptables dans notre société. Ceux qui devraient être des prédicateurs de la justice et des défenseurs des lois de Dieu parlent en faveur de la « nouvelle morale ». L’Ecriture sur le mur est certainement déjà visible, comme du temps de Belschatsar. Les sons du jugement à venir sont assez clairs pour celui qui a une oreille pour les entendre. Même si cela a déjà été résolu dans le ciel et que le processus s’est déjà mis en marche, il existe encore une arme puissante que nous pouvons reprendre. Après avoir parlé du jour de l’Eternel, le prophète Joël dit : « Maintenant encore dit l’Eternel, revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations ! Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l’Eternel votre Dieu ; car il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et il se repent des maux qu’il envoie » (Joël : 2 / 12 à 13). Et le prophète ajoute comme s’il voulait donner une explication : « Qui sait s’il ne reviendra pas et ne se repentira pas, et s’il ne laissera pas après lui sa bénédiction… ? ». Il ressort clairement des écrits prophétiques, qu’à la fin, le jugement doit atteindre tous les peuples qui rejettent Christ. En fin de compte, même Ninive a été détruite. Mais si Dieu peut trouver des gens qui se tiennent à la brèche, même dans cette onzième heure, et qui s’humilient dans la prière et dans le jeûne, une prolongation de notre paix pourrait encore intervenir. Dieu pourrait encore se repentir et laisser après lui la bénédiction et nous donner la grâce au lieu de la colère, un réveil au lieu du jugement. Une telle prorogation du jour du jugement pourrait signifier le salut de beaucoup, mais nous ne devons pas perdre de temps.



JEUNER POUR LA DELIVRANCE DES CAPTIFS 


« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug » (Esaïe : 58 / 6).

 

«  Le jour de votre jeûne,… vous traitez durement tous vos mercenaires », déclare le Seigneur par Esaïe. Des siècles plus tard, Jésus a dit des pharisiens et des scribes : « Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes » (Matthieu : 23 / 4), et cela malgré qu’ils respectaient scrupuleusement leurs jeûnes hebdomadaires.

 

Dans ce merveilleux verset, Dieu révèle par Esaïe que le jeûne qui lui est agréable est tout le contraire. Il ne doit pas lier les hommes, mais les délivrer de la contrainte. Il ne doit pas être un instrument pour l’oppression, mais pour la délivrance. La signification des paroles d’Esaïe est à chercher dans le domaine spirituel, non dans le domaine social. Aujourd’hui, les gens ne sont pas liés de chaîne d’acier, mais de menottes invisibles du malin. Ils luttent contre une oppression qui n’est pas sociale, mais spirituelle, satanique.

 

Dans ces jours où l’Esprit de Dieu souffle et où la puissance de Dieu est à l’œuvre, les puissances mauvaises qui sommeillaient dans les cœurs depuis des années, sont contraintes de déposer leur camouflage et de se montrer telles qu’elles sont (cf. Actes : 16 / 17 à 18). L’œil vigilant peut reconnaître que parmi ceux que l’on rencontre en chemin, beaucoup sont opprimés par le diable, tourmentés par les démons, liés par des puissances qu’ils ne comprennent pas et dont ils n’arrivent pas à s’en débarrasser. Dans beaucoup de cas, ils sont dégoûtés par leurs agissements, ils pleurent, déçus de leur propre impuissance à briser les chaînes. Une partie croissante de la jeune génération et désespérément liée par la nicotine, l’alcool, la drogue, les appétits sexuels et la passion du jeu. D’autres sont trompés par des cultes et des milieux d’inspiration satanique, par différentes formes de la magie noire, la sorcellerie et le spiritisme, et ils sont empêtrés dans ces choses. Ce qui est pire, c’est qu’il y a des chrétiens qui sont prisonniers de la peur, de l’amertume, de la jalousie et de l’impureté, et qui savent très bien qu’ils sont en contraction avec le message libérateur qu’ils proclament ; mais comment deviendront-ils libres ? Ils essayent de prier, de croire, de s’approprier les promesses, mais ils sont encore toujours liés.

 

En tous cas, l’Evangile est suffisant pour les besoins de telles personnes. Le pardon par la mort de Christ est fondamental, mais cela n’est pas encore le plan évangile. Une personne qui est dans les griffes de Satan est souvent incapable de réagir à ce message. Et quand elle réagit à ce message, elle peut recevoir le pardon de ses péchés, sans que ses chaînes soient détachées. Elle est sauvée sans être libérée. Comparons (Jean : 11 / 43 à 44), Lazare était vivant, mais ses mains et ses pieds étaient liés de bandes. Mais Jésus a dit : Déliez-le ! Jésus n’attend pas de nous que nous sauvions les gens, nous ne le pouvons pas, mais il nous confie la tâche de les libérer, ce que nous pouvons faire par son nom.

 

Simon de Samarie voulait acquérir avec de l’argent le pouvoir pour imposer les mains, afin de communiquer le Saint-Esprit (Actes : 8 / 18 à 19). Le cas de Simon présente quelques difficultés, mais nous ne devons pas les contourner en affirmant simplement que Simon n’était jamais vraiment converti. Les faits vont à l’encontre de cela, et cette affirmation voile la leçon que veut donner cette affaire. Le Saint-Esprit nous dit que « Simon lui-même crut, et après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe » (Actes : 8 / 13). Nous avons ici les mêmes signes de la conversion qui ont caractérisés les premiers convertis à la Pentecôte : Foi, baptême, appartenance à l’Eglise (Actes : 2 / 41 à 42). Quand Pierre dit à Simon : « Tu n’as ni part, ni lot dans cette affaire », cela ne concerne pas son salut, ni même la réception du Saint-Esprit, mais le pouvoir d’imposer les mains aux croyants pour qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. Dans « cette affaire » son cœur n’était pas pur devant Dieu. Les motifs de son désir et les moyens par lesquels il voulait recevoir ce pouvoir n’étaient pas purs. Pierre ne l’exhorte pas de se repentir de ses péchés en général, mais littéralement « de cette tienne méchanceté » et de la pensée de son cœur. Comment se fait-il que Simon fût « dans des liens de l’iniquité » ? Avant sa conversion, il avait la folie des grandeurs, et par la magie noire, il s’est allié avec les puissances ténébreuses, pour atteindre son but. Aucun homme, qui s’est occupé de spiritisme, de magie, de voyance, de chiromancie, de prédire l’avenir et de choses semblables, ne peut croire qu’il se libérera facilement de la puissance de Satan. Chez Simon, c’était donc de ce « report » de sa vie passée qu’il avait besoin d’être libéré. Combien de chrétiens sont aujourd’hui dans la même situation que lui ?

 

Le pardon n’est qu’une facette du message de Christ ; Son champ d’activité comprenait davantage, comme il l’a déclaré lui-même : « Il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres,…il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libre les opprimés » (Luc : 4 / 18 à 19). Quand le Seigneur était face à face avec une homme possédé des démons, qui aspirait à la délivrance, il n’a pas dit : «  Tes péchés te sont pardonnés », mais il a chassé les démons par sa parole. Quand il a rencontré une femme dans la synagogue, qui était liée par Satan depuis dix-huit ans et qui ne pouvait pas redresser son corps, il n’a pat : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix ! ». Il lui imposa les mains et dit : « Femme, tu es délivrée de ton infirmité » (Luc : 13 / 12). Nous n’avons pas à envoyer les hommes chez les psychiatres, ni les femmes chez les psychothérapeutes. Quand la racine de leurs problèmes est satanique, comment pourraient-ils être guéris par le traitement des symptômes mentaux ou physique ? Jésus n’a pas seulement confier à ses disciples la mission de prêcher l’Evangile, mais aussi de guérir les malades et de chasser les démons (Luc : 9 / 1 à 2). Les soixante dix ont fait ce rapport : « Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom » (Luc : 10 / 17). Dans notre temps très cultivé et instruit, on s’est débarrassé de telles conceptions démodées. Dans la société mondaine, le diable est tourné en ridicule. Même parmi les chrétiens, on considère la possession démoniaque comme une particularité qui arriva du temps de la Bible ou dans les sociétés primitives, ou tout au plus comme quelque chose de très rare dans notre société moderne. Le diable se frotte les mains avec joie sur cet aveuglement.

 

Comme il est important aujourd’hui de posséder le don de discernement de ces esprits et la foi et l’autorité de les chasser. Beaucoup de ceux qui végètent aujourd’hui dans des asiles d’aliénés ont sans aucun doute besoin, non de drogues et de traitements aux électrochocs, mais de délivrance dans le nom victorieux de Jésus. Beaucoup en-dehors de l’église, conduits par le diable, attendent ces gens qui vont à eux avec un message et un ministère de délivrance. Qu’en est-il de ces nombreuses personnes qui sont tombés entre les mains des brigands ? Devons-nous les laisser dans les caniveaux pour qu’ils restent couchés dans leur sang ? Devons-nous simplement passer outre ? Il est vrai que pour une telle tâche, nous devons chercher et recevoir l’onction d’En-Haut. Le serviteur n’est pas plus grand que son maître.

Nous devons être remplis du Saint-Esprit pour pouvoir reconnaître et pour libérer. Mais ce n’est pas tout. Le jeûne est une arme puissante et destinée par Dieu à briser la puissance de l’ennemi (Matthieu : 17 / 21).

 

« Voici le jeûne auquel je prend plaisir », dit le Seigneur, « détache les chaînes…, dénoue les liens,…renvoie libres…, et que l’on rompe toute espèce de joug ! » Premièrement, cela se rapporte à un esclavage littéral. Néanmoins, il y a pour nous une application spirituelle, et nous devons reconnaître le rôle essentiel du jeûne concernant la délivrance. C’est un combat contre le royaume « des princes et des autorités ». Satan est un ennemi obstiné et ne va pas lâcher les âmes et les corps des gens, à moins qu’il ne soit contraint de le faire. Le jeûne exerce cette contrainte. Pour la délivrance d’une personne qui est sous la puissance de Satan, on a souvent besoin de ce qu’on peut appeler « un processus de fléchissement par la prière. Un jeûne entrepris sous la direction de Dieu, fortifie celui qui prie, pour qu’il puisse exercer la pression jusqu’à ce que l’ennemi soit contraint de lâcher prise. Alors le jeûne donnera aussi la puissance, quand le moment sera venu, de prononcer la parole d’autorité qui provoquera la délivrance. Cela peut se faire même si la personne concernée n’est pas présente (Matthieu : 15 / 21 à 28).

 

Le Seigneur veut nous faire savoir quelle profonde pitié il ressent pour ces âmes tourmentées. Il nous a donné la puissance de les délier : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons » (Marc : 16 / 17). Cela nous est-il assez important pour jeûner et pour prier pour leur délivrance ? « Le butin du puissant lui sera-t-il enlevé ? Et la capture faite sur le juste échappera-t-elle ? Oui, dit l’Eternel, la capture du puissant lui sera enlevée, et le butin du tyran lui échappera, … » (Esaïe : 49 / 24 à 25). Mais la délivrance n’est pas possible si la personne qui est liée n’aspire pas et n’est pas prête à confesser dans la repentance tout péché qui a ouvert la porte au diable.
 



JEUNER POUR UNE REVELATION 


Lire Daniel : 9 / 14 et 20, 23.

 

L’Ecriture n’a jamais affirmée que les visions, les révélations ou les songes disparaîtraient avec les temps de l’Ancien Testament ou du Nouveau Testament. Ces moyens n’étaient pas les moyens normaux par lesquels Dieu révélait sa vérité ou sa volonté. Mais le fait demeure aujourd’hui que Dieu peut parler aux hommes d’une manière inhabituelle, comme il l’a fait autrefois. Dans des temps de réveil, lorsque le Saint-Esprit a été répandu, l’église a témoigné que la prophétie de Joël s’est accomplie : « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront » (Actes : 2 / 17 à 18).

 

Dans le monde entier, on ressent un nouveau souffle de l’Esprit. Dieu démontre à nouveau sa présence et est disposé à transmettre ses pensées de la même manière que Joël l’a prédit. Dieu est toujours disposé à le faire, mais c’est nous qui n’y étions pas préparés. Dans ce genre de choses, il faut veiller à ne pas tomber dans un déséquilibre. Il y a un danger d’aveuglement, de fanatisme et de mysticisme. Ce danger a toujours subsisté, mais il n’est pas plus grand aujourd’hui que dans les temps passés, où Dieu parlait aux hommes par des visions et de révélations. Dans les jours de Jérémie, le diable a essayé de falsifier la véritable action de l’Esprit, car le prophète Jérémie parle de ceux qui « prophétisent des visions mensongères, de vaines prédictions et les tromperies de leur cœur » (Jérémie : 14 / 14). Le fait que de fausses monnaies sont en circulation prouvent seulement que les vraies monnaient existent aussi. Satan, ne perd pas son temps à falsifier une chose qui n’existe plus. Pour chaque faux-prophète comme Sédécias, Dieu a son Michée (2 Chroniques : 18). Pour chaque Hanania, Dieu a son Jérémie (Jérémie : 28). Tourner le dos à la réalité par crainte, une attitude qui domine parmi bien des chrétiens évangéliques, signifie qu’on se donne pour plus sage que le Tout-Puissant et qu’on sert le diable. La crainte est une de ses armes les plus efficaces contre la véritable action de l’Esprit. C’est pourquoi, nous devons prendre garde ; nous ne pouvons nous permettre de laisser de côté les avertissements de la Parole. Croyons à ces choses, parce que l’Ecriture les enseigne, mais examinons-les à la lumière de la Parole. John Wesley a vécu des choses surnaturelles dans son ministère et a reconnu que c’était Dieu. Son avertissement est actuel et acceptable : « N’attribue jamais à Dieu des choses qui ne sont pas de lui. N’accepte pas avec légèreté des songes, des voix, des impressions, des visions, des révélations comme venant de Dieu, sans qu’il y ait suffisamment de preuves à l’appui. Ils peuvent être purement naturels ou diaboliques. C’est pourquoi, pense à l’avertissement de l’apôtre : « Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu » (1 Jean : 4 / 1). Eprouvez toute chose par la Parole écrite et laissez tout se plier devant la Parole.

 

Les plus grands hommes de Dieu nous mettent en garde contre les chrétiens qui disent sans cesse : « Dieu m’a montré » ou « Dieu m’a dit », etc… On met sur le compte du Seigneur nos propres pensées, nos propres impulsions naturelles. Ne cherchons pas à interpréter tous nos rêves ! Les visions et les révélations ne viennent pas après cinq minutes de prières ! Méfions-nous des révélations provenant de personnes qui ne sont pas spirituelles. Ce sont des choses trop sérieuses pour les traiter avec légèreté.

 

Il y sans aucun doute une relation très étroite entre la pratique du jeûne et la réception de révélations spirituelles. Beaucoup de religions non-chrétiennes, comme le bouddhisme, l’hindouisme, le confucianisme et l’islam pratiquent le jeûne, parce qu’elles connaissent la puissance de cette pratique, qui détache nos pensées du monde des sens et accroît notre sensibilité au monde spirituel. Le renoncement à la nourriture est encore toujours un enseignement très important du spiritisme, comme du temps de l’apôtre Paul (1 Timothée : 4 / 1 à 3).

 

Dans le premier chapitre du livre de Daniel, nous sont présentés quatre jeunes hébreux qui ont refusé de se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, étant donné qu’ils étaient d’abord sacrifiés aux idoles païennes. Au lieu de cela, ils ont préféré manger des légumes et boire de l’eau. Le résultat fut que Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la science, de l’intelligence dans toutes les lettres et de la sagesse ; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes (Daniel : 1 / 8 à 17). Ils se sont montrés dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui étaient dans son royaume (Daniel : 1 / 20). Ainsi Daniel s’est exercé dans une vie disciplinée dès sa jeunesse, où le jeûne jouait un rôle déterminant (Daniel : 9 / 2 à 3 ; Daniel : 10  / 1 à 3). Et il fut l’un des plus grand voyants de Dieu de l’Ancien Testament. Mais ne nous mettons pas maintenant à ne manger que des légumes et à ne boire que l’eau pour avoir des révélations !

 

Le Nouveau Testament illustre le même point. C’était « lorsque Pierre eut faim et qu’il voulut manger » (Actes : 10 / 10), que Dieu lui a donné une vision, qui conduirait à l’ouverture de la porte de la foi pour les païens. C’est pendant qu’il était en prière sur le toit qu’il reçut cette vision. Après nous avoir communiqué « avoir été exposé à des jeûnes multipliés » (2 Corinthiens : 11 / 27), Paul continue dans le prochain chapitre à nous parler « des visions  et des révélations du Seigneur » (2 Corinthiens : 12 / 1). Le message de l’ange, que Paul reçut au plus fort de la tempête sur la Méditerranée, est venu après un long temps d’abstinence (Actes : 27 / 21 à 25). Dans la solitude de l’île de Patmos, le prisonnier de l’empereur romain n’a certainement pas vécu des vaches grasses du pays lorsqu’il « fut ravi en esprit au jour du Seigneur » et qu’il reçut la révélation de Jésus-Christ (Apocalypse : 1 / 10). Dans l’Ecriture, nous ne trouvons rien qui nous montre que nous devons aspirer ou prier pour des visions, des songes ou des révélations. Mais nous pensons que ceux qui cherchent Dieu dans le jeûne peuvent expérimenter ces choses. Mais de tels témoignages de sa présence ne sont pas l’unique aspect de la révélation.

 

Nous avons sans cesse besoin de la révélation en ce qui concerne la volonté de Dieu pour notre vie. Nous arrivons dans des situations qui réclament de la sagesse et de l’intelligence divine. Nous avons aussi besoin de la révélation pour la parole écrite. Il est important de recevoir de la lumière de Dieu quand nous méditons sa parole, sur des thèmes importants comme l’Eglise et sa fonction, le travail de l’Esprit-Saint dans le croyant, les écrits prophétiques, etc… Nous pouvons lire et étudier, discuter et argumenter, défendre tel ou tel point de vue, mais ce qu’il nous faut, c’est que Dieu nous donne un esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance (Ephésiens : 1 / 17), qui est encore toujours donné à ceux qui cherchent Dieu dans le jeûne et la prière. Daniel a fait cela et le messager céleste est venu vers lui et lui dit : « Je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence…Sois attentif à la parole et comprends la vision » (Daniel : 9 / 22 à 23). Nous avons besoin de lumière et elle sera certainement donnée, dans ces jours sombres, si nous jugeons utile de la rechercher comme Daniel l’a recherchée. La promesse que Dieu a donnée à ceux qui pratiquent un jeûne qui lui est agréable est encore toujours vraie : « Ta lumière se lèvera sur l’obscurité et tes ténèbres seront comme le midi. L’Eternel sera toujours ton guide,… » (Esaïe : 58 / 10 à 11).
 

 

 

LES POTS DE VIANDES DE L’EGYPTE


« Toute l’assemblée des enfants d’Israël partit d’Elim et ils arrivèrent au désert de Sin, qui est entre Elim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d’Egypte. Et toute l’assemblée des enfants d’Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. Les enfants d’Israël leur dirent : Que ne sommes-nous morts par la main de l’Eternel dans le pays d’Egypte, quand nous étions assis près des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété ? Car vous nous avez menés dans ce désert pour faire mourir de faim cette multitude. » (Exode : 16 / 1 à 3).

 

On dit que le chemin le plus rapide pour aller au cœur de l’homme passe par son estomac. Manifestement, Satan a agi comme cela avec Eve, en la tentant avec le fruit défendu. « La femme vit que l’arbre était bon à manger…elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea » (Genèse : 3 / 6). Ainsi, nous pouvons dire que c’était aussi la tentation de manger qui a amené la ruine de l’humanité. Et nous verrons qu’elle peut aussi amener la ruine de l’enfant de Dieu. Le cri de l’estomac a aidé à étouffer la voix de Dieu dans le jardin d’Eden.

 

Satan a trouvé qu’il pouvait adresse un puissant appel à l’estomac de l’homme, et dans les millénaires qui ont suivis, il a poursuivi cette ligne avec un succès apparent. Même Noé, un homme qui marchait avec Dieu, est tombé dans ce piège : « Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne. Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente » (Genèse : 9 / 20 à 21). Nous trouvons Isaac, le patriarche, qui malgré tout ce que Dieu lui avait révélé, préférait Esaü à Jacob. Et pour quelle noble raison ? Par le fait que ce fils aîné apportait le mets préféré de son père sur sa table (Genèse : 25 / 28 ; Genèse : 27 / 1 à 5). Esaü lui-même a vendu son droit d’aînesse pour un aliment, et plus tard, lorsqu’il voulait obtenir la bénédiction, il fut rejeté (Hébreux : 12 / 16 à 17). Dans quelle mesure l’attitude charnelle d’Esaü n’est-elle pas à mettre sur le dos de son père Isaac, qui ne disciplinait pas son appétit ? Une question importante pour des parents chrétiens !

 

La triste histoire du peuple de Dieu pendant la traversée du désert révèle, une faillite continuelle sur ce point. A cause de la nourriture, ils murmuraient, pleuraient et convoitaient. Nous l’avons déjà vu dans (Exode : 16 / 3). Cela se répétera plus tard : « Le ramassis de gens qui se trouvait au milieu d’Israël fut saisi de convoitise ; et même les enfants d’Israël recommencèrent à pleurer et dirent : Qui nous donnera de la viande à manger ? Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Egypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. Maintenant, notre âme est déssèchée : plus rien ! Nos yeux ne voient que de la manne » (Nombres : 11 / 4 à 6). Et plus tard encore : « Ils partirent de la montagne de Hor par le chemin de la mer rouge, pour tourner le pays d’Edom. Le peuple s’impatienta en route, et parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d’Egypte, pour que nous mourions dans le désert ? Car il n’y a point de pain, et il n’y a point d’eau, et notre âme est dégoûtée de cette misérable nourriture » (Nombres : 21 / 4 à 5). L’action de Dieu dans tout ceci est vivement exprimée par le psalmiste : « Ils mangèrent et se rassasièrent abondamment : Dieu leur donna ce qu’ils avaient désiré. Ils n’avaient pas satisfait leur désir, ils avaient encore leur nourriture dans la bouche, lorsque la colère de Dieu s’éleva contre eux ; il frappa de mort les plus vigoureux, il abattit les jeunes hommes d’Israël » (Psaumes : 78 / 29 à 31). « Ils furent saisis de convoitise dans le désert, et ils tentèrent Dieu dans la solitude. Il leur accorda ce qu’ils demandaient ; puis il envoya le dépérissement dans leur corps » (Psaumes : 106 / 14 à 15). Cette convoitise de l’appétit s’est même montrée dans le sanctuaire de Dieu et a amené la malédiction sur la maison d’Eli. Dieu a demandé le vieux sacrificateur avec indignation : « Pourquoi foulez-vous aux pieds mes sacrifices et mes offrandes, que j’ai ordonné de faire dans ma demeure ? Et d’où vient que tu honores mes fils plus que moi, afin de vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple ? » (1 Samuel : 2 / 29).

 

Bien que Dieu nous ait donné un corps et y ait implanté certains instincts de base y compris les besoins physiques, il nous demande néanmoins que le domaine corporel soit soumis au spirituel. Le corps doit donc toujours être notre serviteur, jamais notre Seigneur. Cette convoitise de l’appétit que le peuple d’Israël a laissé apparaître dans le désert, existe encore aujourd’hui. Si autrefois, comme nous dit Paul, Dieu n’a pas trouvé de plaisir à son peuple rempli de cette convoitise et s’il les a fait périr dans le désert, pourquoi devons-nous croire qu’il trouverait aujourd’hui plus de plaisir si son peuple est dans la même situation ? Il est clair que nous pouvons être liés par la nourriture, quand manger est pour nous une tentation à laquelle nous succombons continuellement. «  Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments. Et Dieu détruira l’un comme les autres » (1 Corinthiens : 6 / 12 à 13). Et Pierre dit : « Chacun est esclave de ce qui à triomphé de lui » (2 Pierre : 2 / 19). Paul avait certaines choses graves à dire aux chrétiens indisciplinés de Corinthe. On a remarqué dans leurs agapes des choses si fâcheuses comme l’ivresse et la gloutonnerie qu’il était devenu impossible de célébrer le repas du Seigneur : « Lors donc que vous vous réunissez, ce n’est pas pour manger le repas du Seigneur ; car, quand on se met à table, chacun commence par prendre son repas, et l’un a faim, tandis que l’autre est ivre. N’avez-vous pas de maisons pour y manger et boire ? Ou méprisez-vous l’Eglise de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n’ont rien » (1 Corinthiens : 11 / 20 à 22). Il leur rappela l’histoire d’Israël dans le désert : « Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. Ne devenez point idolâtres, comme quelques-uns d’eux, selon qu’il est écrit : Le peuple s’assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir » (1 Corinthiens : 10 / 6 à 7). On s’est assis pour manger et pour boire, et le Saint-Esprit appelle cela de l’idolâtrie. Paul, voyait chez les Corinthiens les dangereux commencements des mêmes chemins qui ont conduits les pères à la perdition. Nous n’affirmons pas que Dieu qui nous donne toutes choses en abondance pour que nous en jouissions, ne puisse pas bénir notre repas de fête comme notre jeûne. Mais, néanmoins, le fait demeure que le Saint-Esprit nous avertit : s’asseoir pour manger et pour boire peut devenir une idolâtrie, de même que cela peut contribuer à la gloire de Dieu. Ne manquons pas de disciplines dans ce domaine !

 

Les péchés et les soucis, les maladies et la mort proviennent avant tout de la tentation du fruit défendu. Mais Dieu soit loué, un autre homme est entré dans l’arène de ce monde, quand le temps fut accompli, le « dernier Adam ». Il a été attaqué par le même tentateur, non pas dans l’environnement parfait du paradis, mais dans un désert solitaire ; il n’était pas bien nourri de la riche provision du jardin d’Eden, mais son corps était affaibli par un long jeûne et saisi d’une grande faim : « Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pains seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu : 4 / 1 à 4). Ne trouvez-vous pas étonnant que le premier Adam a été tenté par le fruit défendu et que la première tentation du dernier Adam a aussi commencé par la nourriture ? Ce la est significatif. Et la tactique de l’adversaire n’a pas changé. Là où le premier Adam a failli, le dernier Adam a triomphé. Par sa mort et par sa résurrection, il a regagné le paradis aux hommes qui l’avaient perdu à cause de leurs péchés. A la fin de l’Apocalypse, l’apôtre Jean voit l’arbre de vie, duquel l’homme a été chassé par sa désobéissance, un arbre de vie sur les bords du fleuve de cristal, dans la ville de Dieu. Il nous parle de cette bénédiction éternelle qui repose sur ceux qui lavent leurs vêtements et qui entrent par les portes de la ville (Apocalypse : 22).

 

En attendant, nous devons vivre dans un corps sujet à la tentation. Christ nous avertit lorsqu’il nous dit que « le manger et le boire » caractériserait les jours avant son retour, comme ils ont caractérisé les jours de Noé et de Lot. Il nous ordonne de veiller pour que nos cœurs ne s’appesantissent pas par la gourmandise et l’ivrognerie (version Darby) et par les soucis et que ce jour ne nous surprenne comme un piège. « Mais, si ce serviteur dit en lui-même : Mon maître tarde à venir ; s’il se met à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les infidèles » (Luc : 12 / 45 à 46). Lire aussi (Luc : 17 / 26 à 30) et (Luc : 21 / 34). Les disciples doivent renoncer à eux-mêmes, se charger de la croix et suivre Jésus. Quel rôle le jeûne joue-t-il dans la discipline du corps ? Nous devons maintenant examiner cette question.
 



JEUNER POUR LA DISCIPLINE DU CORPS


« Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres » (1 Corinthiens : 9 / 27)

 

Nous avons parlé de l’esclavage de l’estomac, dont nous devons être libéré. Notre conscience doit être imprégnée de ce fait qu’il nous faut de l’auto-discipline dans ce domaine, sinon nous pouvons perdre la puissance spirituelle. Beaucoup de ceux qui jeûnent peuvent confirmer qu’ils ont commencé de reconnaître qu’ils sont esclaves de l’estomac qu’à partir du moment où ils ont entendu l’appel de Dieu leur demandant de renoncer à la nourriture. C’est là que la chair commence à murmurer, et que nous nous énervons. C’est là que nous remarquons qu’il y a en nous un désir puissant qui nous tient. Si on ne prend pas la victoire sur ce désir de manger, on ouvre sa vie à des attaques dans d’autres domaines. Il est reconnu qu’il y a une relation entre trop manger et l’excitation des désirs sexuels. Nous avons déjà vu que le péché de Sodome était lié à l’abondance « de nourriture » dans laquelle il vivait. Dieu disait d’Israël : « Je les ai rassasié et ils ont commis adultère » (Jérémie : 5 / 7  version Darby). Dieu avait averti Israël par Moïse qu’après la traversée du désert, la possession du pays où coulent le lait et le miel, entraînerait de nouvelles tentations, tentation de se rebeller contre Dieu, de l’abandonner et de pratiquer l’idolâtrie : « Israël est devenu gras, et il a regimbé ; tu es devenu gras, épais et replet ! Et il a abandonné Dieu, son créateur, il a méprisé le rocher de son salut, ils ont excité sa jalousie par des dieux étrangers, ils l’ont irrité par des abominations » (Deutéronome : 32 / 15 à 16).

 

« Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Romains : 13 / 14). Ne soyez pas au service de votre corps, vous risquez d’en réveiller les passions ; à force de penser aux appétits de votre nature, vous en exciterez les convoitises. Ne vous préoccupez donc pas des instincts de la chair, ne cédez pas à ses désirs, cela ne ferait que les attiser. Pour ce qui est des relations conjugales, Paul demande des temps de continence (1 Corinthiens : 7 / 5). L’apôtre Paul nous révèle quelque chose de sa discipline intérieure : « Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences… Je traite durement mon corps… (1 Corinthiens : 9 / 25 à 27). Pour l’apôtre, il n’est pas seulement question du danger des tentations d’un corps qui n’est pas dompté, mais du danger de perdre la puissance dans ce grand combat de la vie. Comme l’athlète qui est entravé le jour de l’épreuve et ne remporte pas le prix, faute de ne pas s’être entraîné sérieusement. C’est pourquoi son objectif est d’entreprendre toutes les démarches nécessaires pour vaincre les convoitises et les désirs du corps, pour que la vie spirituelle garde la suprématie. Comment pourrait-il s’attendre à gagner la couronne de la victoire, s’il était lui-même constamment vaincu par ses convoitises insatiables ? Paul réduisait son corps à sa merci, le maîtrisait, le maintenait asservi. Dans le texte original, le langage de Paul est dur : Je me tape des bleus dans la figure, et je le traite comme un esclave. Il se faisait violence. Par le péché, l’homme est devenu un esclave de son corps, maintenant, le corps doit devenir un esclave de l’homme.

 

Dans les jours de sa chair, notre Seigneur et Sauveur savait ce que voulait dire fatigué, avoir faim et soif ; mais il a toujours manifesté une parfaite maîtrise de soi, qui est un fruit de l’Esprit. Quand il était assis au puits de Sychar, pendant la chaleur du jour, il a donné à une femme pécheresse de l’eau vive, pendant que ses disciples étaient à la recherche de nourriture. Quand ils furent revenus avec leurs vivres, ils l’ont pressé de manger. Il répondit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas ». Quelqu’un serait-il venu pendant leur absence et lui aurait apporté à manger ? « Ma nourriture, déclare-t-il, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean : 4 / 8, 31, 34). Quelle maîtrise parfaite du corps par l’Esprit ! N’a-t-il pas jeûné quarante jours et nuits ? N’a-t-il pas rejeté l’attaque de l’adversaire qui le contraignait à changer les pierres en pains ? L’homme ne doit pas vivre de pain seulement, mais il devra parfois vivre uniquement de la Parole de Dieu. La vie de celui qui ne s’est point complu en lui-même, n’était-elle pas une vie de discipline personnelle constante ? Ne nous appelle-t-il pas encore toujours à le suivre sur le chemin du renoncement à soi et à porter la croix ? Mais comment cela peut-il se faire ?

 

C’est une chose très simple, répondra quelqu’un. Le fruit de l’Esprit, c’est la maîtrise de soi. Laisse Jésus vivre en toi, et ce fruit en sera le résultat certain ! En effet, cela est vrai, mais ce n’est pas toute la vérité, que beaucoup ont appris à connaître par la défaillance. Avant que ce fruit ne puisse apparaître, Dieu nous demande souvent de faire un pas pratique. Nous devons vraiment revêtir le Seigneur Jésus-Christ par la foi, mais en même temps, nous ne devons pas avoir soin de la chair pour en satisfaire les convoitises (Romains : 13 / 14). Il est important de savoir que notre vieil homme a été crucifié avec lui (Romains : 6 / 6), voilà presque deux mille ans, mais les clous de la croix ne nous libère pas de la nécessité de discipliner notre appétit. Les épîtres du Nouveau Testament soulignent ces deux points de vue : « Fuis les passions de la jeunesse » (2 Timothée : 2 / 22), nous devons « renoncer aux convoitises mondaines » (2 Timothée : 2 / 12), nous devons « nous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme » (1 Pierre : 2 / 11), « de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence » (1 Corinthiens : 7 / 5).

 

La pensée de s’imposer à soi-même une discipline est fondamentale dans la conception biblique du jeûne. La valeur du jeûne comme aide pour la maîtrise du corps a toujours été reconnue. Le code de l’Eglise d’Angleterre (1562) dit que le premier but du jeûne est « de discipliner la chair, pour qu’elle soit domptée et soumise à l’Esprit ». Ce principe est bien illustré dans la vie du prédicateur William Bramwell ( 1759 – 1818 ) : Il voyait la possibilité d’être lui-même rejeté après avoir prêché à d’autres. Par un jeûne établi, par une vigilance continuelle, par une tempérance habituelle en toutes choses, il a tenu son corps dans la discipline et par là, a gagné en Esprit et en force. « La raison pour laquelle les méthodistes ne vivent pas dans cette délivrance est la suivante : Trop de sommeil, trop de viandes et de boissons, pas assez de jeûne et d’abnégation, trop de distractions avec le monde, mais pas assez d’examens personnels et de prières ». Ce qu’il dit là est-il dépassé pour l’Eglise de la fin des temps ? Des hommes comme Bramwell sont comme un index pointé contre notre monde frivole et aisé. Qu’il est important pour nous de veiller, de prier et de jeûner, si nous ne voulons pas rester des esclaves de notre corps, si nous voulons conserver notre force spirituelle et gagner la couronne de vie ! La nourriture maintient la vie physique, mais le jeûne maintient la vie spirituelle.

 

Mer ténébreuses
 

 

 

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  Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Jean : 8 / 31 – 32   





Ancienne Jérusalem

Jérusalem capitale d'Israël

Jérusalem

Mur des lamentations

Jérusalem au nord de la rue Jaffa

Jardin des Roses à Jérusalem

Vieille ville à Jérusalem

Mur du Temple à Jérusalem

 

Le dome du rocher à Jérusalem

Gethsémané

Porte de Damas à Jérusalem

Couché de soleil sur Jérusalem

Chandelier à 7 branches

Colline située à l'est de Jérusalem

Fleur de sauge de Jérusalem

Cerisier de Jérusalem

La porte des Lions à Jérusalem

Pomme de Jérusalem



Coucher de soleil sur Jérusalem



Village Antique de Capharnaüm, au bord du lac de Tibériade 

Paysage de Samarie

Paysage de Samarie