Le Pentecôtisme en France
(Témoignage de Mr Douglas Scott)
En rendant ce témoignage, mon désir est de glorifier mon Sauveur et de le remercier de la manière dont il a posé sa main bénie sur moi, avant et après ma conversion.
Dès ma tendre enfance, j'assistais au culte où j'avais été baptisé par aspersion comme enfant, mais lorsqu'à un moment on introduisit des cérémonies que ma mère ne pouvait pas comprendre, elle décida d'aller là où elle pouvait comprendre afin de profiter du culte.
C'est ainsi que je me suis trouvé dans une école du dimanche où j'appris l'histoire Sainte et chaque année, dans les examens portant sur les Saintes Écritures, que je possédais dans ma mémoire, je réussissais à gagner un prix.
Dans cette école du Dimanche, personne ne s'est donné la peine de me montrer où je devais commencer la vie chrétienne, personne ne m a conduit à la croix du Sauveur. Un peu plus tard, j'ai quitté l'Ecole du Dimanche pour fréquenter "la Fraternité", et là j'ai entendu les orateurs les plus brillants, mais personne d'entre eux ne m'a donné la clé de la connaissance de Jésus-Christ.
Après ceci la guerre est venue et vers la fin je me suis trouvé en "Kaki " avec un équipement moral excellent mais sans pouvoir le garder, et il va sans dire que je suivis le chemin que suivent tous les soldats, le chemin du péché, parce que je ne pouvais pas résister à la tentation.
Après la guerre, je cherchais la lumière dans une autre Église, mais il n'y en avait point. On prêchait aux gens comme si tout le monde était chrétien, et par conséquent on n'expliquait pas le chemin du salut. J'étais encore dans les ténèbres sur la question capitale : le salut de mon âme. Le monde était maintenant complètement entré dans mon cœur Je travaillais dans un bureau pendant la journée, et le soir, je jouais du violon, soit pour le bal, soit pour le cinéma et je remplissais ce qui restait de ma vie, avec le football et la course à pied.
Satan rendait mon chemin très facile et tout ce que j'entreprenais réussissait, surtout la course à pied. Chaque semaine je rapportais un prix chez moi. Le dieu de ce monde a voulu m'aveugler afin que je ne visse pas la réalité de l'éternité, de manière qu'étant atteint d'un empoisonnement du sang et du tétanos je pensais que c'était la fin. Mais même à ce moment je ne pensais pas à l'éternité.
La soirée que je pensais être la dernière, je l'ai passée en m'amusant avec quelques amis, toute la nuit avec la pensée qu'au moins je jouirais de ceci : ma dernière nuit sur la terre.
Dieu fut bon envers moi. Je recouvrai la santé. Il commença à me prendre en main; gloire à son Saint nom ! Il m'appela en trois occasions différentes, et à la troisième je me donnai à lui, esprit, âme et corps. J'ai trouvé en lui ce que le monde ne pouvait pas me donner : la satisfaction complète.
La première fois, j'attendais une jeune femme, quand un jeune homme s'approcha de moi et me fit cette question : "Êtes-vous sauvé?" Je lui expliquais toutes les choses que je faisais dans la religion, mais pas celles que je faisais dans le monde. Il me laissa un prospectus et j'entendis la voix de Dieu retentir à sa question.
Ensuite, il vint dans notre ville, une mission à laquelle toutes les Églises prirent part, et le dernier soir je me trouvais à la réunion. Il n'y avait pas d'appel direct à la conversion, autrement j'aurais répondu, car le Saint-Esprit commençait à me travailler. D'abord, ceux qui étaient sauvés se levèrent en réponse au désir du prédicateur. Les uns se levèrent tout de suite, les autres ne savaient pas s'ils devaient se lever ou rester assis; finalement ils se levèrent aussi. Je vous laisse juger s'ils étaient sauvés ou pas.
Pour moi je restais assis ainsi qu'une personne à ma droite. La réunion se termina sans que personne vînt me parler de mon âme. J'avais cependant soif de Dieu, et Dieu me conduisit merveilleusement, gloire à son nom!
Un jour, je me trouvais dans une rue de Londres, quand la mélodie d'un chant parvint à mes oreilles. Je m'approchais et je trouvais plusieurs jeunes gens qui prêchaient la Parole de la Vérité. Un de ces jeunes gens s'appelait Mr. BERHOLZ (il a été président des Assemblées de Dieu en Pologne), il prêchait sur la croix et sur les souffrances de Christ. Son message, quoique dit dans un anglais très imparfait, fit ce que plusieurs prédications en bon anglais n'avaient jamais fait. Et c'est ainsi que je fus amené aux pieds de Jésus.
Je me livrais complètement à celui qui était mort au calvaire et les rues de Londres me paraissaient comme pavées d'or quand je rentrais à mon bureau.
Alors Dieu commença à faire une oeuvre de sanctification dans ma vie. Le Saint-Esprit me montra ce qui devait changer. J'avais plusieurs engagements pour aller jouer du violon en divers lieux, mais celui que j'avais pris envers Jésus me suffisait. Mon violon comprit que son Maître était devenu une nouvelle créature en Jésus-Christ et qu'il ne devait plus jouer de ces mélodies profanes.
Je quittais aussi la course à pied, mais je continuais à jouer au football le samedi et pas le dimanche. Mais Dieu me voulait entièrement. Dans sa grâce, Dieu me donna trois avertissements. Deux fois j'eus des accidents à un genou; or je n'en avais jamais eu auparavant au cours de plusieurs années pendant lesquelles je pratiquais le football. Finalement, pendant que je jouais, un voleur prit tout ce qu'il y avait dans mes poches, mon argent et même une montre en or que j'avais gagnée sur la piste. Je décidais de quitter pour toujours le football.
Définitivement sauvé je cherchais un "bercail" spirituel, car je ne désirais pas retourner au " vieux vin" du formalisme. Je priais Dieu continuellement, lui demandant de me conduire dans un foyer vraiment spirituel. Chaque dimanche, je sortais pour le trouver et finalement le Seigneur me conduisit dans une rue où il y avait quatre Églises : l'Armée du Salut, les Frères dits "ouverts" (là dedans j'aurais reçu assez pour faire une belle mort, mais j'avais besoin de quelque chose de plus ; quelque chose avec quoi je pourrai vivre à la Gloire de Dieu et entrer dans son service). Il y avait aussi une Église Spirite et une autre sans étiquette, mais avec du "vin nouveau" au-dedans.
Quand j'entendis chanter ce fut assez pour moi. C'était le même chant que j'avais entendu à Whitecross, le chant dit sous l'onction de l'Esprit. Ce qui me décida à appartenir à cette Église ce fut la manière chrétienne dont on me reçut. Dans nos Assemblées nous devons veiller à bien accueillir nos visiteurs, car cette première prise de contact est d'une grande importance. Dans plusieurs endroits, on les laisse trouver une place, un cantique, sans leur réserver une chaleureuse réception. Cette première réunion à laquelle j'assistai était un service de Sainte Cène. J'entendis parler en langue avec interprétation, mais cela ne me troubla pas du tout. J'étais seulement curieux d'en connaître davantage sur cette manifestation. J'avais trouvé un lieu de repos spirituel et le dimanche suivant, je me suis mis tout à fait au premier rang pour entendre ces langues nouvelles.
J'assistai le mercredi à la réunion consacrée aux jeunes. Ce qui me remplit d'admiration, ce fut d'entendre ces jeunes gens expliquer les Écritures d'une façon magistrale.
Pendant que je fréquentais ces réunions, j'entendis parler plusieurs fois d'une puissance qu'on devait recevoir. Plus tard - le Seigneur en soit béni - je fut revêtu de cette puissance. C'était le baptême dans le Saint-Esprit.
Georges JEFFREYS vint pour une mission dans notre Assemblée et je m'approchai pour être guéri. Quand il m'imposa les mains au nom de Jésus, je sentis la puissance de Dieu qui traversa tout mon être.
Le frère Georges JEFFREYS demanda si je cherchais le Saint-Esprit. Sur ma réponse affirmative, il pria pour moi. Dieu exauça sa prière. Un dimanche matin, pendant que je méditais sur cette parole : "Au-dessous sont les bras de l'Eternel!", e me sentis élevé dans l'infini de Dieu. Sa puissance traversa à nouveau tout mon être me baptisant dans le Saint-Esprit. Je magnifiai Dieu en des langues nouvelles. Les paroles humaines ne peuvent exprimer cette bénédiction. Dieu me montra ce que cette puissance était pour son service et il me conduisit à Whitecross street, à l'endroit où il m'avait sauvé, pour que je témoigne de son amour et de sa grâce.
Là, pendant deux ans, une demi-heure chaque jour, il me fut donné de prêcher la croix de Jésus et nombreux sont ceux qui ont trouvé le salut pendant ces jours bénis.
Les réunions en plein air le dimanche et le samedi furent mon École Biblique, surtout quand il fallait répondre aux questions que posaient souvent les athées et les libres penseurs. Au cours d'une distribution de traités, de maison en maison, j'arrivai à comprendre la nature humaine et son besoin de l'Evangile. Mais ce ne fut que lorsque, sous une tente, nous commençâmes à prêcher la Guérison Divine aussi bien que le Salut, que nous trouvâmes le chemin des cœurs. Nous avons vu que parfois, lorsqu'un malade incurable est guéri par Jésus, toute sa famille acceptait l'Evangile du salut.
Ce fut avec une sainte crainte, que selon le commandement de Jésus (Marc 16-18) pour la première fois, nous posâmes nos mains sur une sœur afin qu'elle soit guérie. A la réunion suivante elle témoigna avoir reçu du Seigneur une guérison complète. Dès lors nous trouvâmes facile d'imposer les mains aux malades.
Je suis arrivé à connaître la Parole de Dieu en posant des questions à tous les pasteurs avec lesquels j'étais en contact et c est ainsi que le pasteur WHITTLE fut vraiment entre les mains de Dieu l'instrument d'une grande bénédiction pour mon âme.
Nous fondâmes l'Assemblée de LAINDON et là nous travaillâmes fidèlement pendant deux ans avant de la laisser entre les mains de Mr. COLEMAN.
Je ne veux pas oublier de raconter comment, étant fiancé à une femme mondaine, Dieu me parla et me montra la triste fin de Salomon. Il me fit comprendre qu'il fallait rompre mes fiançailles et le suivre complètement.
Je rencontrai là de grandes difficultés, étant mal compris même par les chrétiens, mais plus tard Dieu m'a donné une compagne qui m'a aidé dans les luttes spirituelles que j'ai eu à soutenir dans mon ministère.
Avant de terminer, laissez-moi vous raconter comment Dieu m'a conduit pour travailler pour lui en France.
Le missionnaire BURTON de la Mission évangélique du Congo, me conseilla d'aller au Havre pour me perfectionner dans la connaissance de la langue française. Là Mlle BIOLLEY, me fit promettre de revenir au Havre avant d'aller en mission. Nous ne savions exactement que faire, mais avec foi nous remîmes tout entre les mains de notre Père céleste, ayant l'assurance qu'il nous conduirait selon ses promesses. Nous connûmes bientôt que c'était la volonté de Dieu. Cependant comme Gédéon nous demandâmes un signe surnaturel au Seigneur.
Un vendredi soir, à son Collège, Dieu me donna un message en langue arabe qui fut compris par une personne comprenant cette langue. Le président de la réunion l'interpréta et l'interprétation fut reconnue exacte par la personne en question.
Cela nous montre que la "glossolalie" si méprisée par certains dans notre temps est semblable aux langues que les apôtres parlèrent le jour de la Pentecôte.
Pour nous, le message fut plus que tout cela. Ce fut une confirmation divine de notre appel, une réponse directe à notre prière. Alléluia!
Dieu nous dit : "Je t'ai montré le premier pas, je te conduirai pas a pas, car avec ton Seigneur, c'est un pas à la fois".
Depuis ce moment, il nous conduit un pas à la fois. Nous ne demandons pas à voir au loin. Un pas à la fois c'est assez, pourvu que Dieu nous conduise.
Seigneur, bénis ce témoignage pour tous ceux qui sont appelés à ton service
QUE DIEU EN SOIT BENI !
(Témoignage d’Albert Leblond Evangéliste)
e suis né le 31 octobre 1927 à Elbeuf (76500), le corps couvert d’eczéma … et pendant Sept ans, j’ai souffert le martyre des démangeaisons des plaies sanglantes et douloureuses … me réveillant le matin, les pansements arrachés, les draps plein de sang et souvent collés à mes plaies au bras et au jambes … J’étais malheureusement, honteux et je voulais mourir.
Ma maman est décédée, j’avais un an ; mon papa s’était remarié, mais suite à une congestion pulmonaire lui aussi est décédé, j’avais quatre ans.
Mon père travaillait chez un patron d’usine textile et il était premier Adjoint du Maire d’Elbeuf.
Heureusement, j’avais une sœur : Jeanne qui avait neuf ans de plus que moi … Nous étions de religion catholique et Jeanne allait aux offices essayant de trouver de la consolation, car elle faisait de la neurasthénie.
Un soir de juin 1934, ma chère sœur me prit par la main et m’amena à une réunion qui se tenait dans la salle de la brasserie (bière et frites) à 40 mètres de notre habitation. Je me souviens, entrant dans cette salle pleine de monde, l’auditoire chantait : « Un vêtement blanc », puis un homme jeune avec une petite moustache s’est mis à prêcher l’Evangile et invitant les malades à s’approcher pour leur imposer les mains afin de les guérir. Jeanne me prit par la main et Monsieur Marc Nicolle m’imposa les mains au Nom de JESUS … Le soir, ma belle mère me fit les pansements comme d’habitude et je me couchais.
Ce soir là, je m’endormis sans me gratter et le lendemain matin je me réveille enlevant tous mes pansements : je n’avais plus d’eczéma !
Quel bonheur ! Je pleurais de joie, désirant retourner aux réunions …Jeanne fut délivrée de sa neurasthénie recevant le pardon et la vie éternelle en Jésus-Christ …
Le problème, c’est que la belle-mère, n’acceptant pas cette nouvelle religion Evangélique fermait la porte de la maison à clef le soir, et nous devions entrer nous coucher en passant par le toit et la petite fenêtre de notre chambre.
Alors ma sœur Jeanne qui avait seize ans me dit : « Albert, je t’amène et je vais prendre un petit logement, travailler à l’usine et nous continuerons d’aller librement aux réunions Evangéliques ». J’étais heureux et j’ai grandi en suivant de tout mon cœur ces formidables réunions tenues par ces deux pasteurs Marc Nicolle et Daniel Farina. Des centaines d’ouvriers sortaient des usines, venaient aux réunions et nombreux parmi eux furent miraculeusement guéris et délivrés : tuberculose, sciatiques, ulcères, alcoolisme, cancer ; des malades étaient guéris en entrant dans la salle municipale La Ruche. Plus de 700 personnes chantaient, souvent dans les larmes nos merveilleux cantiques d’évangélisation, j’en étais témoin …
Jeanne devint une ouvrière spécialisée à la machine à coudre fabricant des pantalons. Nous habitions un petit deux pièces à Caudebec-Lès-Elbeuf. J’allais à l’Ecole Amiral Courbet, où je reçu mon certificat d’études et termina premier du Canton. Bien sûr Jeanne fut baptisée et remplie du Saint-Esprit chantant de sa belle voix d’Alto dans la chorale dirigée par Andrée Viard.
C’est en 1936 que l’Eglise Evangélique de Pentecôte Assemblée de Dieu d’Elbeuf dirigée par Daniel Farina , achète une usine désaffectée de trois étages démolissant une cheminée en brique traversant tout le bâtiment plus quinze mètres sur le toit. Près de 150 personnes se pressaient le dimanche et les guérisons, délivrance de l’alcoolisme et conversions se multipliaient (rue des Echelettes).
Ce fut au cours de la réunion d’évangélisation de la semaine, le soir à 20 heures, suite à la prédication de Monsieur Farina sur Jean 3/16 que j’ai ouvert mon cœur à Jésus recevant le pardon de mes péchés et la vie éternelle … J’avais treize ans. Je suivais le culte des enfants dirigé par Madame Farina et Mademoiselle A.Viard. Et bientôt furent organisées des réunions dont M. Boudeville fut le responsable. Je me souviens de la première Convention pastorale faite à Elbeuf en juillet 1936. Lors d’une réunion publique du soir, une quinzaine de pasteurs assis sur l’estrade et pendant le chant de magnifiques cantiques se mirent debout et chantèrent tous un chant en langues par la puissance du Saint-Esprit : c’était merveilleux … Le pianiste anglais jouait debout et chantait avec ses collègues … L’auditoire était dans l’adoration devant ce chant spirituel uni et harmonieux. Le fameux Docteur dans les Ecritures : Monsieur D. Gee était présent … ainsi que Monsieur et Madame D. Scott, les Revivalistes Anglais qui nous ont permis d’ouvrir de nombreuses églises en France, en Belgique et en Suisse puis en Afrique. Six mois après ma conversion et au cours d’une réunion de prière chez ma grand-mère Desnoux, je reçus l’appel au Ministère de la Prédication par un don spirituel … Quel bonheur ! Déjà, j’avais dit vers dix ans : « Quand je serais grand je voudrai faire comme Jésus et guérir tous les malades, tellement heureux et reconnaissant d’avoir été miraculeusement guéri de ce terrible eczéma et ce fut à l’âge de 16 ans ½ , ayant donné des preuves de ma conversion, demandées par mon pasteur Monsieur Farina, que le dimanche matin du 28 mai 1944 je descendais dans le baptistère de l’église, pour confesser et obéir à l’enseignement de Jésus-Christ affirmant que je lui serai fidèle jusqu’à la mort. Quel moment merveilleux ! Enfin après dix ans de présence et d’assiduité aux réunions je devenais membre de l’église et je pouvais prendre la Sainte Cène … (les avions américains bombardaient nos ponts).
Désirant progresser dans l’étude de la Bible en vue du Ministère de la Prédication, mon pasteur me conseilla d’assister au camp de la Ligue pour la Lecture de la Bible à Sumène dans le Gard en juillet 1946.
Ma chère sœur s’est mariée en 1939 avec Monsieur Harold Fréret, qui lui aussi reçu l’appel au Ministère et le 25 octobre 1940 naissait leur fille Evelyne.
A Sumène, je fis connaissance de trois pasteurs protestants remarquables …André Foex, André Adoul et René Pache … Puis d’un jeune campeur de Marseille Daniel Quintin. Les études bibliques comblaient mon cœur ! Apprenant qu’un camp de jeunesse allait se tenir à Saint Jean du Gard par les Assemblées de Dieu du Sud de la France, je fis mon baluchon et par autocar j’arrivais dans ce beau village cévenol et découvrais des pasteurs anciens : Monsieur R. Burki, G. Obert, Monsieur Roux et F. Pommier et des dizaines jeunes du Midi. Et c’est pendant ce séjour agréable et instructif que je fis connaissance de celle qui allait devenir ma femme : Odette Barbuis de l’église d’Aix en Provence.
Désirant m’installer dans le Sud Monsieur R. Burki m’offrit de m’héberger chez lui le temps de me trouver une chambre et du travail à Marseille. Je devins membre de l’église ADD place Sébastopol, et dirigeant les cantiques le dimanche, j’avais 19 ans en 1946 … Mes joies suprêmes au cours d’une journée de jeûne et prières au camp de jeunes de Saint Jean du Gard. Je reçus le baptême du Saint-Esprit grâce à l’imposition des mains de Monsieur Pommier …
Je fus embauché à l’usine du Savon Le Chat grâce à l’ingénieur membre de l’église Monsieur Saingfried et je louais une chambre la Belle de Mai.
Tous les matins me rendant à l’usine par le tram n°75 j’apprenais un verset biblique par cœur et révisais les sept versets en me rendant au culte le dimanche matin, j’assistais à une mission de Monsieur Scott. Il y eut de nombreuses guérisons et de nombreuses conversions.
Lors de la Convention Nationale de l’automne en 1946 à Marseille saluant les pasteurs de Normandie Monsieur A. Gallice du Havre me prit les deux mains et m’affirma « Dieu vous appelle au Ministère vous prêcherez l’Evangile et guérirez le malades ».
Le Seigneur confirmait l’appel qu’Il m’avait adressé à 13 ans ½. Quel bonheur !
Puis je reçus l’ordre de faire une préparation militaire à la caserne de Marseille en 1942 …Gardant le contact par courrier avec Odette Barbuis, je vins le samedi et le dimanche a Aix en Provence découvrant l’église et la famille Barbuis.
Surprise ! Je reçus l’ordre de faire mon service militaire en Algérie, rendez-vous au port et montant sur le cargo : Sidi Aïssa le 3 juillet 1947, nous étions 150 bleus … Arrivant le lendemain matin à Alger, nous furent réunis à Maison Carré et repartis dans différents camps. Je fus dirigé vers l’escadrille de Liaison Aérienne de Boufarik (ELA 45) et fit treize mois dans l’aviation à 35 km d’Alger. Nommé dans un dortoir de douze lits, je déposais ma Bible sur le table de nuit, m’absentant un instant pour les toilettes je revins constatant que ma Bible avait disparu. Je dis haut et fort aux garçons de la chambrée : « Si vous me rendez pas ma Bible tout de suite je vais me plaindre au commandant de la Base Aérienne … Ils ont fait la sourde oreille et me suis rendu à la tour de contrôle où était le bureau du Commandant.
Sur la porte je lus : Capitaine Riedel … Frappant j’entendis « Entrez ». Surpris de me voir le saluer en civil, l’Officier me dit : « qui êtes vous et quel est votre problème » Je lui fais part que les garçons de la chambre ont pris ma Bible et ne veulent pas me la rendre, alors il me demanda : « Vous lisez la Bible » « Oui mon Commandant », il me tendit la main et me dit « Moi aussi, je suis Protestant ! ». Prenant le téléphone, il appela un Lieutenant lui ordonnant d’aller à ma chambre pour se faire donner ma Bible et me la rendre aussitôt. De plus, le Commandant me demanda « Désirez-vous aller au Temple de Boufarik ce dimanche » j’ai répondu « Oui » « Je vous ferai une permission écrite pour chaque dimanche. Puis c’est vous lors des manœuvres qui monterez la garde devant mon poste de commandement »
Grâce à Dieu mon problème c’est transformé en privilège. Je devenais l’ami du Commandant. Les gars de ma chambrée me jalousèrent et me nommèrent : « Fayot Leblond » je leur répondis « C’est vous qui l’avez voulu » (Surtout qu’à l’époque dans l’Armée il n’y avait aucune permission de sortie pendant les trois mois de classes de formation). C’est à Alger le dimanche que je découvris une église de frères où allaient M. R Mempiot, je fus invité à midi par Madame Carlier directrice des CCP d’Alger qui touchée par mon témoignage voulait faire venir Monsieur Scott en Afrique du Nord en 1949.
Pour ne plus monter la garde toutes les nuits autour des avions, je suis devenu Caporal grâce aux exercices du peloton de Sous-officiers.
Mon service militaire s’est transformé le 31 août et je me suis marié le 3 septembre 1948 avec Mademoiselle Odette Barbuis à Aix en Provence en présence de plusieurs pasteurs. J’ai trouvé un emploi en confiserie puis je fus embauché à la Nougaterie du Roi René et je fabriquais des tonnes de nougât, de calissons d’Aix, pralines, pâtes d’amande et devenait chef de fabrication : 54 heures par semaine. C’est Monsieur Paul Lafayette qui devenait le pasteur de l’église d’Aix en Provence rue de la Glacière, nous prit et nous forma comme anciens : Sauveur Mazzella, le mari de Christine, la sœur de ma femme et moi. J’ai commencé à prêcher à Aix en 1949, puis nous avons présidé le culte à Manosque Sauveur et moi. Enfin, Monsieur Lafayette a ouvert les églises de Salon de Provence et de Pertuis avec moi sur la moto.
Puis je partis remplacer un mois Monsieur Aimé Cizeron qui était pasteur à Saint Jean du Gard et qui allait à la caserne d’Embrun faire la cuisine à des centaines d’enfants en colonie de vacances dirigée par Monsieur et Madame M. Lefillâtre en 1950. Notre fils Joël est né le 11 septembre 1949 à Aix en Provence. A l’âge de neuf mois il fit une attaque de convulsion et se paralysa, le docteur décide de l’hospitaliser mais mon beau-frère Dominique Barbuis rentrant du travail lui imposa les mains et fut instantanément guéri. Le docteur qui revint pour prendre Joël et le monter à l’hôpital d’Aix constata le miracle opéré par le CHRIST.
Nous partîmes à Saint Jean du Gard grâce et fut nommé Pasteur Paul Lafayette, pasteur stagiaire ainsi que d’Anduze et dépendant du pasteur d’Alès Monsieur André Dugard en 1952. Pour me déplacer je n’avais qu’un vélo. Heureusement le mari d’une sœur d’Anduze Monsieur A. Carairon (maraîcher) protestant m’offrit une mobylette et je pus rouler plus facilement sauf quand il y avait des orages, fréquents en Cévennes. Ainsi je pus me rendre à Colognac prier pour un enfant aveugle de trois ans, il n’avait pas de pupille … les yeux tout blancs. J’ai persévéré une fois par semaine : les pupilles sont apparues et l’enfant apprit les couleurs et les lettres. Quel miracle … Un garçon de 14 ans atteint d’hydropisie est renvoyé de l’hôpital de Nîmes, attendait la mort sur son lit à Saint Etienne Vallée Française. Les parents catholiques me demandèrent de prier pour lui. Je le fis avec foi, leur disant : « je reviendrai la semaine prochaine et je le verrai faisant du vélo dans la cour. » Dieu confirma mes paroles et il fut guéri.
Une jeune fille Marinette Cauneille atteinte de cette même maladie, les reins bloqués, le corps plein d’eau habitant à Labahou (Anduze) fut miraculeusement guérie. Le médecin fut émerveillé car les reins fonctionnaient à nouveau (Marinette s’est mariée avec Philippe Valiton. Suisse)
Bref, le Seigneur confirmait sa Parole et mes prédications et des âmes s’ajoutèrent par le baptême à Anduze et à Saint Jean du Gard.
Je fus nommé à Lons Le Saunier (Jura) en 1956 et dépendait de Châlon Sur Saône où je me rendais chaque lundi. J’obtenais le permis de conduire et une 4 CV Renault. J’ouvris une salle à Champagnolle et une à Saint Claude grâce à plusieurs guérisons dont celle d’un aveugle connu dans la ville de Lons car il vendait des billets de loterie. Je fis une mission sous chapiteau avec mes frères tziganes pasteur Archange et le Commando de la Foi. Nous avions plus de 300 personnes en pleine ville de Lons le Saunier.
Et c’est le 19 octobre 1959 que je fus nommé à Montpellier, église en difficulté doctrinale et chute morale … Environ 80 personnes plus 40 à Ganges. J’ai travaillé seul pendant trois ans remettant de l’ordre et formant des anciens et des diacres. De nombreux gitans suivaient nos réunions et je nommais Monsieur André Boudon comme ancien et responsable pour ouvrir une église tzigane (à Celleneuve : 150 à 200) en 1962.
Au fur et à mesure l’Eglise s’est développée et plusieurs anciens furent nommés et reconnus pour m’aider Monsieur Dalmau, Fesquet, Cléophas, Desson, J.R. Pérez, J. Blésy. Ce qui me permis d’ouvrir des réunions d’évangélisation à Lunel, le Grau du Roi, à Sauve à la Paillade, Sainte Monique, Le Vigan et Gigean. Puis Dieu accompagnait sa Parole par des quantités de guérisons de miracles de délivrances d’épileptiques de conversions services de baptêmes de 8-10-14 candidats avec beaucoup de jeunes et d’étudiants. J’ai fait installer un banc avec vente de Bibles et témoins à l’Université. Nous avions des réunions de jeunes avec 80-90 jeunes le dimanche à 14h30 de la salle de 80 places rue Four des Flammes au boulevard Louis Blanc 200 places en 1973 Quai du Verdanson 350 places plus salle de culte à Lunel, Grau du Roi, La Mosson, Gigean, Sauve grâce aux anciens, il y avait six cultes le dimanche et nous étions environ 450 en 1977. En 18 ans j’ai contribué à former des stagiaires Laurent Burki, F. Margot, B. Bonjour, M. Philippe, Jean Cizeron. Puis j’ai discerné que des jeunes de l’Eglise étaient appelés au Ministère de la Prédication. Le premier Thierry Sujol, ensuite Gérard Moya, René Guitard, Louis Levant, Jean-Claude Cal, Albert Richarson, Alain Garcia, Antoine Dominique, D. Ourlin … Plus d’une quinzaine en 18 ans à Montpellier.
J’ai quitté Montpellier le 31 août 1977 pour remplacer Monsieur R. Burki à Cannes et Grasse. Ouvrant une salle à Mouans-Sartoux et à la Bocca. Nous y avons travaillé ma femme et moi pendant douze ans changeant de salle à cause d’un incendie pour le Centre Evangélique de Pentecôte donnant sur la rue de la République.
Dieu a béni cette église l’amenant à 240 membres Eric Barber a reçu l’appel au Ministère il dirige une belle Assemblée à Taravao (Tahiti) et c’est en juillet 1989 que j’ai arrêté 38 ans de pastorat et continuant le Ministère d’évangéliste et de guérisons divines. J’ai fait grâce à Dieu plus de 300 missions d’évangélisation en France, en Belgique, en Suisse et dans les îles de Polynésie, Nouvelle Calédonie, Wallis, Martinique. Le Seigneur confirme sa Parole par des conversions, des baptêmes, des miracles, des appels au Ministère, j’ai vu aussi trois résurrections.
Conformément à l’enseignement biblique ma femme a toujours porté le voile aux réunions, ne s’est jamais coupé les cheveux et n’a jamais porté de pantalons.
(1Corinth. 11/1-16 et Deutéronome 22/5).
Pour votre enrichissement personnel, je vous conseille de vous procurer la nouvelle Bible Pentecôtiste « Esprit et Vie ». Elle contient 74 études bibliques et des notes remarquables.
A mon Dieu soit toute la gloire et ma reconnaissance !
De 1934 à 2009 … (Hébreux 13/8)
Mars 2009 Mr Albert LEBLOND Évangéliste
